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argent, qu'en écriture cursive qui n'en diffère presque pas. L'écriture originale du titre était donc dans un caractère tombé en désuétude et difficile à peindre pour un chrétien, et même pour un juif peu exercé dans la paléographie de sa langue.
» Léonard de Sarzane , à ce qu'il semble, croyait que le mot po terminait l'inscription hébraïque. Hebraicus. dit-il . brevisque et sic se habet id est : Hiesns Nazarenns Rex. Ceci est une erreur: le substantif "pD est dans Y état construit que les grammairiens hébreux appellent "{:z:. Il ne signifie pas simplement roi, mais roi de. Son complément était le nom tfnrr les Juifs; sens entier : roi àe-ïes Juifs, c'est-à-dire roi des Juifs. D'ailleurs, tous les écrivains anciens sont unanimes sur ce point que pour le sens l'hébreu n'était pas plus court que les deux autres langues. Outre le témoignage des saints évangélistes, nous avons encore à cet égard celui de Sozomène, d'Eusebe, et de tant d'autres qui ont parlé de l'invention de la croix par sainte Hélène \ »
Bosio et Lupi donnent 7 signes à demi bri-es
1 L'inscription hébraïque du titre de la Sainte-Croix restituée, et l'heure du crucifiement de N.-S. Jésus-Christ déterminé.... par M. Drach, rabbin converti, 2e édit., Rome.. 1831, et te dissertation corrigée et augmentée par Fauteur dans
Annales de philosophie chrétienne, t. xvin, p. 292 2e séne;.
APPENDICE x!V. .")71
de L'inscription hébraïque. Corrieri n'en donne que deux ou trois tout à l'ail méconnaissables.
H. Drach, qui examina, pendant deux fois, la relique, avec la plus grande attention, y découvrit 10 signes dont nous donnons ici le fac-similé qu'il dit avoir calqué :
et la traduction syriaque qu'il y a jointe :
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Lnsuile il en donne l'explication suivante : « La première fois qu'amené dans la chapelle de la basilique de la Sainte-Croix de Jérusalem, par l'éminentissime cardinal Capellari, j'aperçus ces débris de lettres, je déclarai à Térudit prince de riïglise romaine, digne à tant de titres des hautes fonctions de préfet delà Propagande, que j y reconnaissais récriture vulgaire et profane de notre nation vers la fin du second temple, les caractères qui nous ont été conservés sur les médailles des Machabées ; en un mot l'écriture Numismatique. En calculant l'espace vide qui sépare les traits de la sainte tablette, je jugeai à l'instant que le litre hébreu devait être en syriaque ; non en syriaque classique, mais en syriaque corrompu
tel qu'il se parlait à Jérusalem lorsque le Fils de Dieu conversait parmi nos pères , et tels que récrivaient encore les Rabbins des premiers siècles, après la dispersion définitive du peuple d'Israël. Toutefois pour ne rien précipiter daus une matière d'une si grave importance, j'ai médité sur cet objet près de deux mois avant de publier mon opinion; et je puis dire que maintenant mes premières conjectures se sont converties dans mon esprit en certitude. Je ne crains plus d'affirmer avec assurance que les traits qui figurent sur ce qui nous reste à Rome de la tablette du titre, appartiennent aux mots suivants. Exprimés en caractères sacrés ou lettres carrées, ces mots font (lus avec les points massorétiques) : Yeschuang notzri mêlé, r: -^; ^-\
«Ce qui fait voir que le texte, dans son intégrité, portait cette phrase :
km in''i Vd nn y i m *
a-y-da-hu-e-Y hh-Ie-me i-r-ts-no ang-u-ck-eY Judœorum rex Xazarenus Jésus
En syriaque pur il eût fallu : Yeschuk nolsroyo malco dihudoye; ce qui figuré en caractères carrés est :
fcnvm kdVd ych& snen '.■
M. Rohault, comme nous l'avons vu dans son fac simile ne trouve plus que cinq signes avec
1 Drach, ibid.
lesquels il reconstitue de la sorte le titre entier de la Croix, en marquant par des lignes les deux parties du litre que les corrosions et le temps ont fait disparaître.
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Nous avouons que nous ne pouvons comprendre la restitution qu'il fait ici du litre hébraïque. Nous comptions lui en demander l'explication a lui-même, quand nous avons appris sa mort, qui a eu lieu au mois d'août de cette année 1875*.
5- — Objections contre la manière dont sont écrites les lignes grecque et latine.
« Les Grecs et les Latins, dit-on, écrivaient de a gauche à droite, et l'inscription est écrite de » droite à gauche. »
Ceci, bien loind'ètreune objection, estune preuve de son authenticité. Un faussaire n'aurait pas manqué de formuler ce titre selon Tordre ordinaire de l'écriture grecque et latine. Mais les Juifs écrivaient de droite à gauche ; une inscription qui devait être lue, principalement parles Juifs, a du être écrite selon leur mode d'écriture 2. D'ailleurs les inscriptions grecques de droite à gauche sont nombreuses et assez connues. Elles procèdent de l'ancienne écriture, dile Boustrophêdon, parce qu'elle allait de gauche à droite et de droite à gauche, comme lorsque les bœufs tracent leurs sillons.
1 Voir une notice sur cet artiste chrétien dans la Semaine Religieuse de Paris, du 21 août 1875.
* Les Hébreux ont aussi écrit de gauche à droite. Voir la médaille donnée et expliquée par le P. Hardouin, Pline, infol. 17-23, t. i, planche vu; le P. Souciet, Recueil de dissertations antique, in-4° Paris, 1715, et Jean B. Bianconi, de antiquis lilleris Hébrœorum etGrxcorum,y. 29, in-4°, Bononiae,
j\ APPENDICE XIV.
Nous en donnons ici un modèle :
Ul
Sq O
sV-
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En voici la traduction :
AxaxaXtç À/çaxou [xarsep A Acacalis d'Acratès, mère, 10 ans.
Aeepoira OxauXou xoupa Aerope d'Ocsulos, vierge1.
1 Voir un plus ton^ extrait dans les Annales de philosophie chrétienne, t. xvi, p. 458, (2e série) et dans le Dict. diplomatique de D. de Vaines, réédité par M. Bonnetty, au mot Bousfrophedon, et l'inscription entière dans l'abbé Barthélémy, Atlas, pi. 19 et l'explication dans Œuvres, t. iv, p. 261, in-S°, Paris, 1821.
L'inscriptiongrecqued'unestatued'Agamemnon était à rebours, au rapport de Pausanias dont voici les paroles :
« Entre ces huit statues celle d'Agamemnon » porte seule l'inscription de son nom, dont l'écri- » ture va de droite an auche. »
Tûv 01 ovr.i) tojtojv etcc ulovw Toi rl'^l\,j.u~'.i vAya;j.sy.vovo; TO ov,ux z':-.'. vsYf-jc^uc'vov' ylyp '->~~'J- - 8« xctl touto licl Ta Xatà £/. ôaltMv {Elide, lib. v, i.. 25, t. n, n. 5,p. 1 J 3, in-8°.Lipsise, 1770.)
Pour ce qui regarde l'écriture boustfophédon, il suffit de citer le passage suivant du même historien :
ce II y a encore une autre manière d'écrire apï> pelée par les Grecs bouslrophédon. Voici com- » ment elle est disposée : à l'endroit même où se » termine une ligne, on commence la ligne sui- » vante; on tourne comme dans la course des » chariots qui ont plusieurs tours à parcourt rir. »
Z^aotTcc es a/./.y. tcov ypaujjuxTtov, BouGTfoxïjSov xaX6Ua:vEX- XrjV£ç. Ta oe Icti toiovgV kicotoû TtéparoçToù eicouç ixurrpscpét uni £-Ôjv to Ssutsgov Mnrsp iv SiauÀou Spopu». (I6Û2. c. 17, n. 3, p. 76.)
A Rome, ces inscriptions devinrent si nombreuses qu'on apprenait aux enfants à former leurs lettres des deux manières :
« Quand les précepteurs, dit Quintilien, voient » que les élèves savent assez bien écrire les lettres
)> de la manière ordinaire, qu'ils les fassent écrire >• de nouveau à reculons, et les mêlent par divers » changements \ »
Mais ce qui met fin à cette discussion c'est que les murs de Pompéï nous ont reproduit deux de
alphabets, l'un écrit de gauche à droite, et au-dessous un autre réiroagi, comme dit Quintilien, c'est-à-dire de droite à gauche. C'était un écolier, on peut dire un gamin, qui avait tracé cet exemple des exercices qu'on lui faisait faire dans ses classes2.
((Ajoutons une réflexion,, dit M. Drach, puisque l'occasion s'en présente. Le titre devait être prêt lorsque le Divin patient sortitdu prétoire pourallereiïacer nos péchés, en se sacrifiant sur le calvaire. Car ce titre ne pouvait être fixé sur l'instrument du supplice, ni porté de\ant le condamné, comme c'était l'usage, qu'en vertu d'une disposition formelle de la sentence, laquelle sentence devait être portée textuellement sur un registre public à ce destiné, et relater les expressions même du titre. Les auteurs profanes fournissent une foule d'exemples de condamnés qui sont allés au supplice précédés de leur titre titulus) ou cause (akia). Ce serait faire
* Quum satis affixisse eas pueris recto illo, quo primum scribi soient, contextu videntur, retroagant rursus, et varia permutatione perturbent (Quint. Inst. orat. i, c. i, n. 25).
- Voir ces curieux alphabets dans les Graffiti de Pompei du P. Garruci, pi. i, n. 5, et l'explication dans le texte p. 27.
gratuitement parade d'érudition, que de compiler
ici toutes les citations que nous trouvons dans les commentaires, sur Suétone (Caligula et Domitien); sur Dion Cassius, liv. liv; sur Eusèbe, Hist. ceci., v, i, et toutes celles entassées par Niquet, Bosius, Juste-Lipse, ainsi que par tous les écrivains qui se sont occupés de la sainte Croix.
» Ce qui m'intéresse davantage, c'est de trouver la teneur du titre dans les monuments de la synagogue. Or, le Talmud, traité Sanhédrin, loi. 43, recto, nous apprend que pendant la marche vers le calvaire on proclamait devant Jésus-Christ N.-S. la sentence de la condamnation rab Ksr moro. Ce qui ne veut dire autre chose sinon que l'on porlait devant lui la tablette qui énonçait la cause delà condamnation.
» Cet endroit duTalmud mérite une attention particulière en ce que nous y trouvons le contenu du titre de la sainte Croix, 11 y est dit que l'on proclamait devant Jésus, qu'il allait k la mort parce que, )> au moyen de ses sorhléges, il avait cherché à >> séduire Israël et à le détourner de [obéissance: bxrep rx îvtii mrm vppyo rj : ; et ils l'ont crucifié » la veille de Pàque, rcs araa ïro&na. » Voilà bien, à ne pas s'y tromper, le sens du titre : Rex hidœorum; « c'est-à-dire il a voulu sé- » duire le peuple et le détourner de j'obéisb sance pour se faire reconnaître roi d'Israël.» Telie était l'accusation calomnieuse des Jufs
appeni icb xiv. ;;;fj
contre le Messie qui était venu pour les sauver.
» Admirez encore ici la mauvaise foi et la malignité desRabbins. Obligés de rendre hommage à une vérité alors incontestable parce qu'elle était trop notoire, savoir que Notre Seigneur Jésus-Christ lut condamne par Pilale comme séditieux, comme criminel d'Etat, ils rapportent le sens de la cause ou du titre en le déguisant sous des termes qui font allusion en même temps au vrai motif qui les a portés à demander avec acharnement la mort du Juste : celui d'avoir voulu, selon eux, substituer un culte étranger au culte établi dans le pays. Car tel peut être aussi le sens des mois nnoi rr»DD. Conférez même traité de Sanhédrin, fol. 67, recto et suivants.
» La sentence était donc déjà exécutoire dans toutes ses parties, et avait force de chose jugée : c'est-à-dire qu'on ne pouvait plus revenir sur aucune de ses dispositions.
» C'est là, selon moi, ce qui nous donne le véritable sens de la fameuse réponse de Piiate aux Juifs: cjuod scripsi, scripsi. On peut paraphraser ces paroles de la manière suivante :
« Vous n'ignorez pas jusqu'à quel point j'ai fait » violence à mes propres sentiments pour vous » complaire, mais sur ce point je ne saurais faire » droit à votre réclamation. Il ne dépend plus de i> moi de changer la moindre chose au protocole
» des jugements du tribunal proconsulaire : » Quod scripsi, scripsi. »
» D'ailleurs, la sentence une fois prononcée, il n'était plus permis de l'altérer en aucune manière, ni pour l'aggraver ni pour l'adoucir. C'est une maxime de droit reconnue par tous les jurisconsultes tant anciens que modernes.
« Proconsulis autem tabella sententia est, quœ 9 semel lecta neque augeri littera una neque minui >. potest, sed utcumque recitata, ita Provinciœ » instrumento profertur [Apul. Florid. à la fin.)*
a De amplianrîa vel minuenda pœna damnato- :o rum post sententiam dictam, sine principali )• auctoritate, nihil est statuendum (Paul. Jur. » consul.) »
ce Hoc jure utimur ut judex qui semel vei pluris » vel minoris condemnavit, ampli us corrigere » sententiam suam non possel ; semel enim maie b vel bene ofïicio (un et us est (Ulpian. Judex, ss. de D rejudicata1 . »