‹ esquisse des moeurs et de l'histoireChapitre 57 sur 64 · A CELLE QUI PART · texte numérisé non relu

A CELLE QUI PART

A CELLE ODi PART,

Par la même

Elle est venue à nous dans la saison des roses, Quand la terre frémit d'espoir et de bonheur ; Quand le cœur, enivré de leurs métamorphoses, Aux rayons du soleil s'ouvre comme des fleurs.

Elle est venue à nous dans la saison charmante Où la nuit, courte et pure, a la douceur du jour ; Où, lorsque au sein des bois quelque rossignol chante, On sent sous sa paupière une larme d'amour.

Oh ! c'était bien alors qu'elle devait paraître!, Artiste , rossignol , femme et rose à la fois ! Elle que Ton chérit , dès qu'on peut la connaître , Il fallait ce doux cadre à ses jeux , à sa voix.

Oh ! comme il était bon de causer avec elle , A l'ombre des grands ifs et des hauts peupliers I Elle est jeune de cœur comme l'aube nouvelle , Et n'a rien oublié de ses jours printaniers.

45a A CELLE QUI PAET.

On aime à lui parler de tout ce qui nous touche ; Elle écoute si bien et de l'âme et des yeux I A ce qui nons plaisait un seul mot de sa bouche Donne un nouvel aspect , e* nous Taimons bien mieux !

Sa voix intelligente aux accords du poète Prête Taccent qu'il rêve et demandait en vain, n est plus d'un trésor éclos de sa palette , Et le clavier docile obéit à sa main.

Mais , hélas ! tout printemps pâlit sous la couronne , Tout été voit flétrir ses plus riants bosquets ; Les jours les plus charmants conduisent à l'automne , Et toute amitié vive achemine aux regrets !

Elle part I... Puisse au moins des rayons de Tannée Le dernier , le plus doux , luire sur son chemin I En s' éloignant des bords où nous l'avons aimée , Puisse-t-elle trouver un horizon serein !

Ah I puisse le bonheur se mesurer pour elle A notre enchantement rempli d'émotion , A sa grâce touchante où Tâme se révèle , A son charme, et surtout notre affection I

9 octobre 18^9.

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