‹ esquisse des moeurs et de l'histoireChapitre 56 sur 64 · IMITATION DU CANTIQUE DE DÉBOBA · texte numérisé non relu

IMITATION DU CANTIQUE DE DÉBOBA

Galaad sommeillait sous ses bosquets tranquilles ; Les fils de Dan songeaient à leurs nombreux vaisseaux ; Azer , se contentant de plaintes inutiles , Restait au bord des eaux.

Mais le fier Zabulon , Nephtali plein de gloire , Aux bords du Mageddo pour nous ont combattu ; Et le Chananéen , leur cédant la victoire. Plia sous leur vertu.

Les étoiles du ciel , oui , les étoiles mêmes , En suivant le chemin que Dieu leur prépara , Ont lutté, comme nous, dans ces périls extrêmes , Ont vaincu Sisara.

Le torrent de Cison , à ses ondes rapides Vit se mêler le sang de nos fiers oppresseurs. Cadumin a reçu leurs cadavres livides ; Célébrons les vainqueurs !

Ah I honte , honte à vous , qui , restant sous vos tentes , N'avez pas partagé les combats du Seigneur I Son Ange vous suivra , de ses ailes ardentes *^ Secouant le malheur.

Mais qu'on vante Jahel , la femme courageuse ! Elle n'a point pâli devant un grand effort. Elle a frappé le chef, n'écoutant, généreuse, Qu'un juste et saint transport.

miTAtiON DU CANTIQUE DE DéBOEA. i^5

Quand Sisara , traînant sa défaite et sa honte , Vint lui demander l'eau que sa soif implorait, Elle offrit, à ses vœux obéissante et prompte, Un grand vase de lait.

Puis lorsque le sommeil surprit le chef impie , Le voyant étendu sous son vaste manteau , Elle saisit , priant T arbitre de la vie ,

Les clous et le marteau. "^,.^^

Elle a percé du fer cette tête guerrière ; Â ses pieds Sisara se débat et se tord ; De son sang inhumain s'abreuve la poussière , Il s'épuise , il est mort !

Sa mère cependant , penchée à la fenêtre , Tournait vers Thorizon ses regards obscurcis , Et se disait : Pourquoi tardent-ils à paraître, Les coursiers de moi; fils?

Mais des femmes du chef aussitôt la plus sage Par des discours flatteurs la rassurait soudain : « Dissipez votre effroi , digne mère ; on partage « Les trésors du butin.

«( On offre à Sisara la plus belle captive , « Un casque éclatant d'or , les pompeux vêtements , « L'écharpe qu'a brodée une main attentive , « Les plus riches présents. »

4{6 IWITATIQH DU CANTIQUE DB DiBOlLU

Ainsi dans leur orgueil , ainsi disaient ces fenunes ; Et Sisara mourait , frappé par le Seigneur I Périssent comme lui , tous ceux qui , dans leurs âmes , Ont bravé sa fureur 1

Mais gloire , gloire à ceux qui marchent dans sa voie ! Qu'ils brillent radieux comme brille , au matin. Le rayon triomphant, tout imprégné de joie . De l'astre souverain 1

Juin i8A8.

LA MBSSB BU SAINT-£SPRIT. 44?

LAMEHSEDSHAINT-EHPRiT,

Pai la même.

Parmi les fêtes choisies

Que l'an ramène en son cours ,

Et de qui les poésies

Sont si douces à mes jours,

J'aime l'heure grave et sainte ,

Guidant vers la docte enceinte

L'écolier que Dieu chérit ;

Et j'ai des pleurs pour réponse,

Quand la cloche nous annonce

La messe du Saint-Esprit.

Entrons dans l'humble chapelle Dont il aime le séjour ; C'est la fêté solennelle De l'étude et de l'amour.

Ecoutez ces voix ferventes , Que des lèvres innocentes Vers vous élèvent , Seigneur !

44^ LA IIBS8E DU SAINT-B8PBIT.

Ecoutez aussi les mères :

Leurs larmes sont leurs prières ; Venez , Esprii-Créatéar 1

Conduisez vers la science , Surtout vers la piété , Ces enfants , notre espérance Et notre félicité.

Eclairez Tesprit timide ; Du sentier parfois aride Applanissez la hauteur.

Guidant celui qui s'égare , Que votre souffle répare Les torts de Thumaine erreur I

Oh I voyez comme vous prie Leur groupe humblement penché 1 A chaque tête chérie Un bonheur est attaché I.

Notre peine ou notre joie , Mon Dieu , dépend de la voie Qu'ils doivent choisir. un jour.

Espiit-Saint , soyez propice A leur humble sacri&ce, Vous qui créâtes l'amour.

Silence ! le saint mystère

LA MESSE DU SAINT-EgPBlT. 449

Un moment est suspendu 1 Uq accent doux, quoique austère.

De leurs cœurs est entendu.

Oh , que j'aime en sa sagesse , Ce prêtre dont la jeunesse Hier cherchait des avis ; Et dont la voix éloquente Instruit , pure et pénétrante , La jeunesse de nos £ls 1

Priez , oui , priez encore ; C'est l'espoir, c'est le bonheur.

Consacrez-vous dès l'aurore Au divin consolateur.

Enfants ! près du sanctuaire , Voyez monter la prière De vos maîtres sérieux ; Pour que la moisson soit bonne Ils demandent que Dieu donne La force à leurs bras pieux.

Avec eux prenez courage, Enfants, marchez sur leurs pas, Et vous aurez l'héritage Que le sort ne ravit pas.

Prie avec un zèle extrême ,

45o LA MSSSE DU SAINT -EfPBIT.

Toi surtout, mon fils que j'aime , Marchant parmi les premiers ; Quand l'encens aux oieux s^élance, Je respire en espérance Le parfum de tes lauriers.

3 octobre 4 8Â9.

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