IMITATION DU CANTIQUE DE DÉBOBA
Galaad sommeillait sous ses bosquets tranquilles ; Les fils de Dan songeaient à leurs nombreux vaisseaux ; Azer , se contentant de plaintes inutiles , Restait au bord des eaux.
Mais le fier Zabulon , Nephtali plein de gloire , Aux bords du Mageddo pour nous ont combattu ; Et le Chananéen , leur cédant la victoire. Plia sous leur vertu.
Les étoiles du ciel , oui , les étoiles mêmes , En suivant le chemin que Dieu leur prépara , Ont lutté, comme nous, dans ces périls extrêmes , Ont vaincu Sisara.
Le torrent de Cison , à ses ondes rapides Vit se mêler le sang de nos fiers oppresseurs. Cadumin a reçu leurs cadavres livides ; Célébrons les vainqueurs !
Ah I honte , honte à vous , qui , restant sous vos tentes , N'avez pas partagé les combats du Seigneur I Son Ange vous suivra , de ses ailes ardentes *^ Secouant le malheur.
Mais qu'on vante Jahel , la femme courageuse ! Elle n'a point pâli devant un grand effort. Elle a frappé le chef, n'écoutant, généreuse, Qu'un juste et saint transport.
miTAtiON DU CANTIQUE DE DéBOEA. i^5
Quand Sisara , traînant sa défaite et sa honte , Vint lui demander l'eau que sa soif implorait, Elle offrit, à ses vœux obéissante et prompte, Un grand vase de lait.
Puis lorsque le sommeil surprit le chef impie , Le voyant étendu sous son vaste manteau , Elle saisit , priant T arbitre de la vie ,
Les clous et le marteau. "^,.^^
Elle a percé du fer cette tête guerrière ; Â ses pieds Sisara se débat et se tord ; De son sang inhumain s'abreuve la poussière , Il s'épuise , il est mort !
Sa mère cependant , penchée à la fenêtre , Tournait vers Thorizon ses regards obscurcis , Et se disait : Pourquoi tardent-ils à paraître, Les coursiers de moi; fils?
Mais des femmes du chef aussitôt la plus sage Par des discours flatteurs la rassurait soudain : « Dissipez votre effroi , digne mère ; on partage « Les trésors du butin.
«( On offre à Sisara la plus belle captive , « Un casque éclatant d'or , les pompeux vêtements , « L'écharpe qu'a brodée une main attentive , « Les plus riches présents. »
4{6 IWITATIQH DU CANTIQUE DB DiBOlLU
Ainsi dans leur orgueil , ainsi disaient ces fenunes ; Et Sisara mourait , frappé par le Seigneur I Périssent comme lui , tous ceux qui , dans leurs âmes , Ont bravé sa fureur 1
Mais gloire , gloire à ceux qui marchent dans sa voie ! Qu'ils brillent radieux comme brille , au matin. Le rayon triomphant, tout imprégné de joie . De l'astre souverain 1
Juin i8A8.
LA MBSSB BU SAINT-£SPRIT. 44?
LAMEHSEDSHAINT-EHPRiT,
Pai la même.
Parmi les fêtes choisies
Que l'an ramène en son cours ,
Et de qui les poésies
Sont si douces à mes jours,
J'aime l'heure grave et sainte ,
Guidant vers la docte enceinte
L'écolier que Dieu chérit ;
Et j'ai des pleurs pour réponse,
Quand la cloche nous annonce
La messe du Saint-Esprit.
Entrons dans l'humble chapelle Dont il aime le séjour ; C'est la fêté solennelle De l'étude et de l'amour.
Ecoutez ces voix ferventes , Que des lèvres innocentes Vers vous élèvent , Seigneur !
44^ LA IIBS8E DU SAINT-B8PBIT.
Ecoutez aussi les mères :
Leurs larmes sont leurs prières ; Venez , Esprii-Créatéar 1
Conduisez vers la science , Surtout vers la piété , Ces enfants , notre espérance Et notre félicité.
Eclairez Tesprit timide ; Du sentier parfois aride Applanissez la hauteur.
Guidant celui qui s'égare , Que votre souffle répare Les torts de Thumaine erreur I
Oh I voyez comme vous prie Leur groupe humblement penché 1 A chaque tête chérie Un bonheur est attaché I.
Notre peine ou notre joie , Mon Dieu , dépend de la voie Qu'ils doivent choisir. un jour.
Espiit-Saint , soyez propice A leur humble sacri&ce, Vous qui créâtes l'amour.
Silence ! le saint mystère
LA MESSE DU SAINT-EgPBlT. 449
Un moment est suspendu 1 Uq accent doux, quoique austère.
De leurs cœurs est entendu.
Oh , que j'aime en sa sagesse , Ce prêtre dont la jeunesse Hier cherchait des avis ; Et dont la voix éloquente Instruit , pure et pénétrante , La jeunesse de nos £ls 1
Priez , oui , priez encore ; C'est l'espoir, c'est le bonheur.
Consacrez-vous dès l'aurore Au divin consolateur.
Enfants ! près du sanctuaire , Voyez monter la prière De vos maîtres sérieux ; Pour que la moisson soit bonne Ils demandent que Dieu donne La force à leurs bras pieux.
Avec eux prenez courage, Enfants, marchez sur leurs pas, Et vous aurez l'héritage Que le sort ne ravit pas.
Prie avec un zèle extrême ,
45o LA MSSSE DU SAINT -EfPBIT.
Toi surtout, mon fils que j'aime , Marchant parmi les premiers ; Quand l'encens aux oieux s^élance, Je respire en espérance Le parfum de tes lauriers.
3 octobre 4 8Â9.