‹ Esquisse du commerce de pelleteries des Anglois, dans l'Amérique septentrionale [microforme]Chapitre 13 sur 19 · SL *] F · texte numérisé non relu

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fnsuite uri autre engagé, nommé Essen, ‘ét lui porta un coup dé sabre, qui n'eut pourtant d‘aütre effét Que de jetter son chapeau à terré, mais én voulant S’échapper, Éééen “tomba à l'eau, et avañt qu'il pt se reconnoître, un Cänadien nofhmé Joseph Parisien, essaya de le frapper à la tête âvec urie hache pésante; il ne l'atteignit pas à la tête, mais lüi diloqua' l'é. ?

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ra deux mois. M‘Donell et Adhémir, armés

Pün de son sabre, et Wautre de Lon piétélét, foursui: voient plüsieurs autte engagés de’ Corrigal du côté de ur Fürt, orsqu’un d‘eux nommé John Mowat, que M‘Donell avüit déjà frappé de #6h sabre, ‘ét.qu'il alloit frapper de nouveau, le tüa d'un coup-de fusil, © Mr. Cotrigal fit'alors rentrer toit’ süit Mônde dans son Fort, ffit toit le soin possible des biéssés;:et tint tonéeil avec 68 hommes sur cé-qu‘ils avoient de mieux à faire pour se mettre à l'abri d'aütres atta. Quës. Peu d'héres Après; Adhémiar, le Cänadien, envoya un canot léger au Lac Sal, où étoit posté Mr, Haldane, de la Compagnie du Nord-Oüest, ‘sous léé ordres duquel M‘Donell étoit placé. : On'en dépé: €ha un aûtre au Lac La Pluie à un Mr, M'Lellani gous léquel Adhémar lui-même avoit agi. Mr. Hal. dane arriva le 24, avec dix hommes dans son canot, êt le lendemain, on vit arriver M‘Lellan, avéc à pet près le même nombre d‘hommées, tous armés. : Ils s‘avancèrent bientôt après à l'entrée des ‘batricades, dont Corrigal et ses ‘horames s‘étoient entourés, ‘et

.demandèrent. qu’on is délivrât. celui qui avoit tué -M‘Nonell. Corrigal leur dit qu’il: n’avoit pas yu tuer M‘Donell, et qu’il ne pouvoit.pas dire qui avoit tiré sur lui ; ils lui répondirent que si on ne livroit pas le meurtrier sans delai, ils alloient les tuer tous, ou les faire tuer par les Sauvages, quand il devroit leur en coûter un baril d‘eau de vie par tête. Poyr éviter l‘effusion du sang, Corrigal leur offrit de laisser entrer trois des leurs dans ses palissades. qui choj. siroient le coupable, s'ils le pouvoient, et qu’il alloit pour cela appeller tout son monde. : Ils le firent en effet, et leur choix tomba sur Fdward Mowat. Core rigal leur dit que ce ne pouvoit être lui, puisqu'il étoit dans le Fort, lors de la mort de M'Donell. Àlors, John Mowat s’ avança, et dit que c’étoit lui qui l’avoit fait, et qu’il le feroit encore pour sa propre défense, si l’occasion s’en présentoit. nil consentit

‘alors volontairement à à se rendre, et il fut conyenp

qu'on feroit descendre avec lui à Montréal; deux des hommes de Corrigal, pour lui servir de témoins $ James late et Robert Leask s’offrirent pour cet cb-

jet, et il fut convenu que si l’on .faisoit . descendre

Mowat à Montréal immédiate ment, les deux témoins descendroient avec lui, mais que s’il étoit détenu jusques au printems, on renverroit un d’eux au Lac à l’Aigle,et que dans ce cas, Mr. Corrigal descendroit à sa place comme témoin.

Après avoir pris ces précautions, Mowat et ses deux témoins se rendirent au Camp de la Compagnie

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‘du Nord Out ; 5 Mowar y fut mis aux fers, ” Le

lendemain, AUEar partit pour le Lac La Pluie avec ‘six hômmes, le'prisonier et ses deux temoiné, et af:

‘riva à cet endroit le deux d'Octobre: : Depüis ce ‘jour jusques au 19, Mowat fut presque toujours aux :

fers, depuis six heures du matin jusques à huit heures ‘du soir : on les lui ôta le 19, mais on les lui rémit le

26, et quoiqu'il nteût ni le désir, ni les moyens de ‘s'évader, on les lui laissa pendant la nuit. Il fut

traité de cette manière jusques au 14 l'écembre, et demeura étroitement confine pendant tout l‘hiver

‘ses témoins mêmes furent sujets à toutes sortes d’in. dignités et d’insultes, et furent obligés de se soumettre à toute sorte de travaux et d’avanies, Fu ga-

gner au moins leur subsistance.

Le 26 Février 1810, on renvôya Leask dj Lac La Pluie, au Lac à l’Aigle, comme on en étoit con venu, et le 25 Mai, Mr. Corrigal arriva lui-méme au Lac La Pluie: le 29, Adhémar partit avec Vowat et Tate, pour se rendre au‘lrendez-vous de la Compagnie du Nord-Ouest, au Fort William sur le Lac Su- | re et deux jours après, Mr. Corrigal partit pour s’y rendre également. Ils arrivèrent tous au Fort William, le neuf de Juin ; Mowat fut aussitôt logé dans une prison étroite et mal saine, qui n’avoit qu'environ six ou huit pieds quarrés, sans aucune ouverture ou lumière quelconque.

Le 21 de Juin, Mr. Añgus Shaw arriva de Montréal au Foft William : c’étoit un des Associés de la

Compagnie du Nord-Quest;: et: un :Magistrat pour les.Lerritoires Sauvages; (cn Conséquence :de l’Acte

de 1803.) Le lendemain, il. fit: amener devant lui

Mowat, gardé par trois hommes, ayant-la bayonnette aubout du tusil. Le prisonier, er recevant. cet.ordre, fit des dificultes, et refusa de s’y:soumittre, dis sant qu’il n’avoit.pas besoin'd’être ameñé devant aucun Magistrat, jusqu’à ce qu’il fut arrivé à Montreal, À1 fut néanmoins arraché de la prison. èt ‘amené. devant le Magistrat, qui ne pouvant rien tirer de lüi, ordonna qu’on leiremît dans. la rec et qu’on lui donnät des ters. ::

Du 22 de Fais au 10 de. Juillet, on fit partir. des canots presque journellement pour Montréal : les té.

moins demandèrent à plusieurs reprises, mais en vain, qu’on les y fit transporter. ‘Pendant ce tems, on ne

leur permit pas d’avoir la: moindre communication avec le prisonnier ; ils: pouvoient seulement jetter les yeux dans sa prison, tandis qu’on lui donnoit sa nourriture. Le dix, Tate eut occasion de lui parler, et lui ayant demandé de quelle manière il étoit traité, Mowat lui dit qu’il nè manquoit pas de vivres, mais qu'il étoit aux fers tous les jours depuis sept heures du soir, jusques à neuf heures du matin. Quelque tems après, il tomba malade ; Corrigal et ‘Tate l'ayant appris, allèrent le voir,. mais on leur refusa

Pentrée de sa prison. Le seize, se trouvant plus

malade, il fit demander Tate, qui le trouva dans un état pitoyable, ayant les bras coupés par ses fers, et F 4

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le corps couvert de cloux. : Il avoit demandé des réà mèdes, mais n'en avoit pas reçu, quoiqu'il y eut ui Médecin sur les lieux. Depuis ce tems, Tate con. tinua de le visiter aussi souvent qu’il lui fut possible, pensa ses plaies, lava son linge, &c. &c. et même une fois, lui procura quelques remèdes. Le vingt-six, M':Lellan et le. Géolier de Mowat, dirent à Tate, que Je prisonier désiroit le voir; Ils allèrent ensemble : Movwat lui dit qu’il lui conseilloit ainsi qu’à Corrigal, d'essayer à se sauver, parceque, quand à lui-même, il croyoit qu’on avoit dessein de le garder là, pour Vassassiner.. M‘Lellan l’assura qu'il se trompoit ; qu’il y avoit un Magistrat sur les lieux, et qu'on lui rendroit Justice. Le prisonier se plaignit de ce qu’on le tenoit ainsi aux fers, au lieu de l’envoyer de suite dans un endroit où son procès pourroit se faire, Le cinq d’Août, on apporta à Tate le couteau et les rasoirs de Mowat, en lui disant qu’on pensoit que sa tête se dérangeait. Tate continua de le yoir de tems à autre, et de lui donner quelques secours jusques au. 17 d’Août, jour auquel on le fit sortir de sa prison pour l'envoyer à Montréal. En sortant, il tomba de foiblesse, et tandis qu’on l’aidoit à entrer dans Je canot, il tomba de $a hauteur au fond du canot à travers le bagage, et se blessa au visage avec ses fers, C’étoit le vingtième canot de la Compagnie du Nord Ouest, qui était parti du Fort William, pour Mont. géal, depuis leur séjour à cet endroit, Fe Le vingt d’Août, on fit également partir Corrigal

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et Tate dans différents canots, et Tate arriva à Mom tréal le 18 de Septembre, | ‘Le lendemain de son arrivée, un serviteur de la Compagnie du Nord-Ouest, qu’il avoit connu pendant son séjour au Lac Supériéur, vint le trouver et Jui ditque Mr, M’Gillivray désiroit beaucoup le voir. J1 le suivit en conséquence jusques à un des Magazins de la Compagnie ; et n’y ayant pas trouvé ce Monsieur, il demanda à être conduit er sa présence. On lui dit d’attendre un instant, et que Mr. M‘Gillivray alloit arriver: quelques minutes après, il entendit quelques gens qui travailloient dans le Magazin, dire, ‘ le voilà, le voilà.” ‘Tate se detourna au bas de l'escalier où il étoit, pour faire place. et comme il le pensait, pour laisser passer Mr. M‘Gillivrayÿ, mais à sa grande surprise, il s’apperçut que c’étoit un Connétable, qui mit la main sur lui, en lui déclarant qu’il étoit son prisonier ! Il fut de suite conduit : devant un Magistrat, et logé dans la prison commune. f6 pour avoir aidé et encouragé John Mowat au meute #f tre de Œneas MMonell,” fa) ke. &c. &c.

L'autre témoin, Mr. Corrigal, arriva à Montréal le 27 de Septembre, et fut confiné en prison sur une

accusation semblable, environ un quart d’heure après son arrivée.

fa) L’accusation d’aider et encourager (au meurtre)ccmme il étoit irrégulièrement spécifié dans l’ordre d'emprisonnement, étoit fondée sur le serment de Joseph Parisien ! Le lecteur se rappelle que ce misérable étoit un de ceux qui se montrérent les plus féroces, parmi les gens.qui firent l'attaque au Lac à l’Aigle, et qu’avec sa hache il pen. ga tuer John Essen, qui étoit sans armes et étoit tombé à l’eau.

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«w-C'est ainsi que l’on se joua de ces deux hommes qui s’étoient offerts volontairement de descendre: à Montreal (au moins cinq cent lieues de distance) ‘comme témoins de John Mowat, qui lui-méme s’étoit rendu sans résistance à cette condition. . Mowat et ses deux: témoins etoient absolument étrangers à Montrea!, et il étoit clair que, si Mowat étoit privé “du témoignage de Corrigal et de Tate, il ne pouvoit esperer d’autres témoins en sa faveur. Àn conséquente, pour empêcher entièrement l'accusé: de profiter de leur témoignage pour se disculper du’ crime dont il étoit accusé, on eut recours à ce moyen inge= mieux d’accuser ses temoins d’être ses complices,

: Corrigal et late (qui‘avoient été dejà détenus par Ja Compagnie du Nord-Ouest, le premier pendant quatre mois, et le second: pendant un an) demeurè. rent en prison à Montréal pendant: six mois environ, et pendant la plus grande partie de ce téms, ils é. prouverent, ainsique Mowat, beaucoup de misère, Pendant une partie de leur detention. cependarit, ils excitèrent la commisération de quelques personnes ‘Charitables, qui leur-firent passer quelques: secours.

Il faut observer que la Compagnie de la Baye d'Hudson n’avoit alors aucun Agent ou Correspondan: à Montréal, ni dans aucun endroit du: Canada.

Ce ne fut que vers la fin de Novembre que les Di. recteurs apprirent les poursuites que l’on faisoit contre leurs serviteurs; ils prirent immédiatément les ‘dérnarches nécessaires pour leur défense, et leur pra=

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