‹ Esquisse du commerce de pelleteries des Anglois, dans l'Amérique septentrionale [microforme]Chapitre 7 sur 19 · LOU · texte numérisé non relu

LOU

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On voit évieniment, que l’Auteur n’aime pas à donner les détails particuliers des violences exercées par ceux qui, au moyen de cette jonction, étoient de venus ses Associés. Il en dit néanmoins assez, pour montrer quel système décidé de monopole ils sui. voient dès le commencement; et nous verrons bientôt cette jalousie qui gêna d’abord l’entreprise de Mr. Pangman et de ses Associés, dirigée ensuite contre tout essai de la méme nature.

En 1801 Mr. Dominique Rousseau de Montréal envoya du-Lac Supérieur un canot avec quatre où cinq hommes, sous la conduite de Mr. Hervieux son Commis, avec un assortiment de Marchandises, es. pérant en tirer un parti avantageux en les vendant aux Engagés de la Compagnie du Nord-Ouest, pendant leur rassemblement annuel au Grand Portage sur le Lac Supérieur, Quelque peu important que fut cette entreprise, elle ne laissa pas que d’exciter la jalousie de cette Compagnie. Hervieux plaça sa tente et ouvrit son magasin à une pos de fusil du Fort ou Poste de la Compagnie; il n’y demeura pas long-tems sans voir venir à lui quelques uns des Associés, et entre dutres Mr. Duncan M'Gillivray, qui lui donna l’ordre péremptoire de quitter l'endroit, en lui disänt qu’il n’avoit aucun droit de venir là. Hervieux mit en question le droit de la Compagnie à la possegion exclusive du pays, et dit qu’il ne s’en iroit pas si on ne lui montroit un titre légal de propriétés Après quelques pourparlers, et pour éviter d’autres disputes, it consentit à transporter sa tente dans un autre endroit qu’on lui montra, mais avant qu'il eut pu de faire, Mr. M‘Gillivray revint avec Mr. ‘Archi: bald Norman. M'Leod, un autre Associé. et dix où douge Engagés ou Commis, et l’aborda avec encoré plus d’arrogance que la première fois; et comme Hervieux avoit révoqué en doute le droit de la Com: pagnie à la propriéie du pays, Mr. M‘Gillivray lui ditq lui montreroit son titre, et tirant son poi-

gnard, il Venfonça dans la tente de Hervieux, et la dech:ra du haut en bas. M'‘Leod jetta la tente à terre, culbutta une valise qui contenait les Marchan-. dises d’Hervieux; lui ordonna de s’en aller, en lui faisant les.plus viulentes menaces, et.lui dit, que s’il étoit dans un cértain endroit plus éloigné dans l’inté:

, rieur, qu’il lui nomma, il lui couperoit la gorge. Le

même Monsieur battit un nommé Durand, entre.

prète au service.de la Compagnie, et lui ôta une tente qu‘il avoit achetée de Hervieux pour son propre usage. On la coupa en morceaux avec toutes les solemnités d’une exécution publique, et après l'avoir donnée en spectacle, en cet état, on en fit un feu de joie, comme une leçon aux Engagés de la Compa-. gnie, pour leur montrer à ne paint acheter de cet - étranger.

En conséquence de ces violences Mr. Hervieux fut obligé de retourner à Montréal, à treize op qua torze cent milles de distance, sans avoir pa vendre un quart de ses Marchandisss, dont il auroit trouvé un prompt débit s‘il n‘eut pas é molesté de cette manière. Ceux qui avoient achete une grande par. tie de ses Marchandises refuserent même de le payer,

lorsqu'ils virent la manière dont leurs maîtres le trai.

toient. .

Mr, Rousseau intenta une action contre Mr. M£. Gillivray devant la Cour de Montréal, et obtint #500 de dommages, somme à peine FHEqnIe pour

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compenser la perte réelle qu‘il avoit faite. Cette. somme ne pouvoit absolument pas KMindemniser des profits qu‘il avoit raison d‘espérer, et n’étoit qu‘une bagatelle pour la Compagnie du Nord-Ouest, com. parée avec l‘avantage de conserver son monopole, et d‘empêcher d‘autres' aventuriers de tenter la même entreprise. Un Corps de Jürés en Angleterre n‘au- ‘ roit pas négligé cette considération; mais comme on" suit encore dans le Bas Canada les Lois Françaises : pour les Causes Civiles, cette cause ne fut pas soumise à des Jurés, et la Cour fixa le montant des dommages.

En 1806 Mr. Rousseau tenta une nouvelle entre.

prise de Commerce dans les pays Sauvages. Il se

| … miten société avec un Mr. Delorme, qu‘il envoya de

Montréal dans l‘intérieur avec deux canots chargés

de Marchandises Mr Delorme se rendit jusques

au Lac Supérieur, où, pour éviter toute difficulté, il

prit l‘ancien chemin par le Grand Portage, que la

Compagnie du Nord-Ouest avoit alors abandonnée,

Après trois ou quatre jours de marche difficile à tra-

vers le pays qui se trouve au delà du Lac Supérieur,

il fut joint par Mr. Alexander M‘Kay, Associé de la

Compagnie du Nord-Ouest, suivi d‘un certain nom.

bre d‘Engagés, qui s‘avança par la route qui devoit

suivre Mr. Delorme, et s‘occupa à faire couper des

arbres et à en embarasser le chemin, les portages et

les petites rivières par où il devoit passer. Bientôt

Je chemin fut tellement obstrué qu‘il se trouva dans

impossibilité de faire avancer ses canots chargés.

Son entreprise se trouvant ainsi frustrée, il abandonha ses Marchandises, et retourna en arrière avec ses hommes seulement. En arrivant au Fort William, Poste de Commerce de la Compagnie du Nord-Ouest, il y trouva Mr. M‘Gillivray, par les ordres duquel on avoit obstrué son chemin. Delorme lui offrit les . clets des malles qu'il avoit-eté obligée de laisser derri-. ère lui, et se plaïignit à lui du craitement qu’il avoit éprouvé, mais en vain. Voyant qu'il ne pouvoit obtenir justice, Mr. Rousseau se décida à intenter uné action de dommages contre la Compagnie; mais la. question ne’fut pas décidée, en conséquence de l‘of. fre et de l‘acceptation d‘un compromis: la Compae. gnie offrit de payer les Marchandises que Delorme

‘avoit laissées au delà du Frand Portage, au prix de

la facture tel qu‘estimé: à Montréal. * Par ce moyen Mr. Rousseau perdoit tous les salaires de ses Engagés et toutes les L'épenses qu'il avoit faîtes pour cet équippement, mais il préfera cette lés:ère compensa. tion, toute insuffisante qu'elle étoit, âux risques d’une poursuite légale. :

Les tas que nous venons de citer, méritent une attention particulière, par:equ’ils prouvent combien il est difficile à ceux qui n ont vu les membres de cette Compagnie qu‘à Montréal ou à Londres, de se for. mer une idée de la conduite de la Compagnie du Nord-Ouest dans lintérieur. Les excès que nous » 4 î

venons de rapporter, ne furent point commis par des Commis sans autorité, ou par des Batailleurs que l‘on poavoit désavouer, Mr, M'Leod dont les express sions vis-à-vis de Heryieux, montroient si peu de dé+ cence et de respect pour les Loix de son pays, est mon seulement un des membres marquants de lg Compagnie, mais aussi un Juge de Paix pour les Ter: ritoires Sauvages! et Mr. Duncan M‘Gillivray (mort depuis) étoit neveu de celui qui étoit alors le chef de ‘ la Compagnie du Nord-Ouest, et l‘Agent reconnu - de cette Compagnie, qualité, en vertu de laquelle, il prenoit la première part aux procédes, qui avoient lieu à l‘ Assemblée genérale des Associés hivernants, Mr. Rousseau fut le dernier particulier qui osât seul et sans supports, envoyer des Marchandises dans le Nord-Ouest. Avant lui, plusieurs autres individug respectables de Montréal avaient tenté de faire le Commerce, dans les endroits les plus accessibles ay Nord du Lac Supérieur et dans quelques autres dise tricts, mais avoient été obligé d‘y renoncer, en conséquence de traitements semblables à ceux éprouvés par Mr. Rousseau. Quelques uns d‘eux ont aban. donné entièrement la ‘l'raite des Pebeteries, d‘autres se sont portés vers Michillimackinack et vers le Sud- Quest, où le Commerce a été toujours plus libre. “H sen trouva néanmoins fort peu qui s‘étendissenñt jusques dans l‘Athabasca, ou vers les contrées Sauvages pius reculées au Nord-Ouest. Peu après la formation de la Compagnie du Nord-Ouest, il fut

évident qu'aucun individu isolé ne pouvoit avoir 34 cun-espoir de succès dans ces pays éloignés, et.que poyr y faire le Commerce en opposition à çe Corps,

il falloit des opérations aussi étendues que les siennes,

et des hommes en état de leur résister avec leurs prapres armes, Ce fut d’après ces prin: :."es que se for.

‘ma en 1798, la Nouvelle Compagnie du Nord. Quest, . ou Compagnie de XY. Cette entreprise étoit puissamment soutenue en fait de Capital; elle*étoit con-

duite par des hommes versés dans le Commerce aveg

Jes Sauvages, et en général, de taients beaucoup sue

périeurs. à ceux de leurs adversaires, Il ne leur fut pourtant pas facile, de mettre immédiatement leur Es tablissement, sur un pied d'égalité avec celui de l’Ane cienne Compagnie. Outre les difficultés ordinaires

d’une entreprise de cette espèce, ils avôient encore à

surmonter tous les obstacles que leurs rivaux pous

voient leur faire éprouver. L’Ancienne Compagnie :

entre autres obstacles, engaga non seulement un plus grand nombre d'hommes qu’à l'ordinaire, mais en.

core paya des pensions à tous les Voyageurs expéri+.

mentés qui s’étoient retirés dy service, à condition qu’ils ne serviroient pas leurs rivaux. . Cette raisog jointe à quelques autres, fit que la Nouvelle Cons pagnie se trouvoit toujours inférieure en nombre

dans ces postes d’hivernement dans l'Intérieur, et.

qu’elle éprouva beaucoup de violence et d’opprese. sion de la part de l’autre sociète. La distance des

lieux, et la difficulté de se procurer des témoignages

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