CHAPITRE NL
Conduite de la Compagnie du Nord-Cuest à l'égard
de celle de la Baye d’ Hudson. Observations sur
da Compagnie de la Baye d'EHudson.—Sa Char-
tre et son Droit de Jurisdiction. Effets de K Acte
de Jurisdiction du Canada. Suggestions quant à
- da meilleure méthode d‘Etablissement pour diffé. . rentes parties de “Amérique. Septentrionale.
Des que les Marchands de Pelleteries de Montréal se trouvèrent en contact, avec les Sérviteurs de la Compagnie dela Baye d'Hudson dans Pintérieur,. ils témoignèrent à leur égard la plus grande animosité. Outre l'avantage que leur donnoit leur supériorité npmérique, ils employoient généralement pour remplir leur but, des gens perdus de caractère, qui, comme le dit Sir Alexander M‘Kenzie, ‘ se croyoient obligés d'exécuter tous les ordres de ceux qui les employoient, et quelqu’illégaux que fussent ces” ordres, le Maître qui les donnoit en étoit seul responsable.” On peut en citer un fait arrivé en 1800 qui donnera-une idée’ de leur cruauté.
Mr. Frederick Schultz, Coramis de l’Ancienne Compagnie du Nord-Ouest, commandoit en 1800,
60 { un poste situé près du Lac Ste. Anne, ou Népigon. Il avoit parmi ses hommes un nommé Labau, ieune homme intéressant d’environ dix neuf'ans, qui entendoit l’Anglois, et qui, pendant l’hiver précédent, s’étoit lié avec les serviteurs de la Compagnie de la Baye d'Hudson qui avoit un poste auprès de là. Le printems, lorsqueles l'raiteurs de part et-d’autre se disposoient.à laisser leurs hivernements, Labau se décida à se joindre aux gens de la Baye d'Hudson et. à descendre avec eux à leur Factorerie sur la côte. Schultz l'ayant appris, envoya son interprète lui ordonner de revenir à son devoir, et lui rappeller qu’il étoit endetté envers la Compagnie du Nord-Ouest. Labau fit répon<e qu’il payeroit à la Compagnie ce qu’il lui devoit, mais qu’il ne vouloit pas demeurer plus’ long-tems à son service. Schultz ayant reçu cette réponse, s’écria que si ce coquin ne vouloit pas revenir de bon gré; il sauroit bien ly forcer : il prit san poignard, l’aiguisa avec soin, et vêtu de ses meil«
leurs habits, se rendit au poste de la Baye d'Hudson, où il trouva Labau, et lui demanda d’un ten furieux, s’il vouloit revenir avec lui ; Labau fut intimide, et répondit que oui en hésitant, mais cherchant le mo. ment qu’il crut.convenable, il essaya de s'échapper de la chambre; çe que voyant Schultz, il tira son, poignard et lui en porta un coup que Labau essaya envain de parer; il fut frappé dans les reins et mourut le même jour.
ahautoir aimé de ses camarades, .et la convie
et
de Schultz excita de tels murmures parrhi tes Fngu gés de la Compagnie assemblés au rendezsvous au Grand Portage, qu’on ne jugea pas à propos de l’ent ployer plus long-tems dans ce quartier. C'ést à quoi se, borna toute l'attention que l‘on fit à ce meurtre a. troce. Schultz descendit tous les Canots de là Conrpagnie jusqu'à Montréal, où il demeura libfe et sans être molesté petidant quelques mois. La Compagnié le prit ensuite de nouveau à son service, mais l’éme ploya dans une partie de ses Etablissements où s4 conduite n‘étoit pus aussi bien connue, Il deméurd À'son service pendant plusieurs années, et vit maine tenant tranquille dans le Bas Canada.
Les deux. Compagnies du Nord-Ouest après s'étre
téunies et avoir expulsé tous les particuliers di Cac nada qui faisoient la Traire, n-eurent plus d'autre ris vale au Nord et à l'Ouest du Lac Supérieur qué 1à Compagnie de la-Baye d'Hudson. Dès lors tüufé la férocite qu’avoit excitée parmi les Commis et leg Engägés des deux Compagnies, six ans de guërre et de violences continuelles, se trouva n‘avoif d’autré objet que la Compagnie de la Baye d‘Hudson ? ét il ya tout lieu de croire non seulement qu‘ott forte un plan-régulier pour chasser ses Traiteurs dé tous les endroits aäbondants en Castor, mais encore qu'on
sæ flattoit de réduire cétte Compagnie au point dé
l‘engager à céder à sa rivale de Commerce, les droits que lui donnoit sa Chartre. fa) Ses Serviteurs fus
{a) La Chartre de la Baye d'Hudsôn a été octroyée par Charles ff en 1676
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