XXXV
LA DÉÇENTRALISATION
Un publiciste français a écrit que “ dans une société démocratique,spour limiter la liberté, il faut diviser son action en multipliant les foyers di: endance locale et en les reliant entre eux Par un engrenage hiérarchique. C'est précisément ce qui caractérise les institutions de notre province. ition judiciaire, la décentralisation municipale, la
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décentralisation scolaire, la décentralisation agricole, la décentralisation dans les affaires temporelles des églises, enfin dans toutes les choses qui touchent de plus près aux intérêts du peuple. Nous ne connaissons pas de pays où le peuple se gouverne plus directement et plus complètement. par lui-même que dans notre province, Ici, il ne peut pas être dépensé un centin de l’argent du peuple, par le gouvernement politique, le gouvernement municipal, le gouvernement dans les choses temporelles de l'Eglise, dans nos sociétés d'agriculture, par nos commissions scolaires, sans que cette dépense ne soit
approuvée par les représentants autorisés du peuple. Nos conseils munici-
paux, nos commissions d'écoles, nos assemblées de marguilliers et de francstenanciers, de membres des sociétés d'agriculture, sont autant de. petits parlements où les élus du peuple délibérèrent des affaires ressortant À leur juridiction respective, discutent, défendent les intérêts de leurs commettants et prennent part aux affaires publiques, qui ne se font et ne se décident que de l’assentiment des parties concernées,
Grâce à cette décentralisation, lés intérêts particuliers de races et de religion jouissent d’une protection complète ; les citoyens d’origine et de croyances religieuses différentes n’ont aucun sujet de haine ou de conflit et vivent dans la plus parfaite harmonie; ils s’estiment mutuellement, comme doivent le faire les habitants d’un pays où le sentiment chrétien est respecté et où l'idée religieuse est profondément enracinée, enfin, comme dans les pays où la vraie civilisation est le plus avancée, Ces libertés, que nous avons con: quises* au prix du sang de quelques-uns des nôtres, nous permettent de conserver sous le drapeau britannique “les mœurs la langue, et les lois civiles de la France de Louis le Grand, de nous proclamer ouvertement français, sans entraves et sans molestation, de jouer un rôle proéminent dans la politique et les destinées de la Confédération Canadienne, Et nos compatriotes d’origine anglaise bénéficient trop de ces libertés pour songer à nous savoir mauvais gré de les avoir introduites dans le pays, nous, les descendants de la France autocratique de Richelieu et de Louis XIV.