DU SYSTÈME CAMBRIEN OU HURONIEN
Les bords des lacs Huron et Supérieur nous offrent une série de schistes, grès, calcaires et conglomérats, intercalés avec de puissantes assises de diorite, et reposant en stratification discordante sur le système laurentien. Comme ces roches sont inférieures au terrain silurien, eu comme d’ailleurs elles n’ont jusqu’à présent offert aucun fossile, elles peuvent bien être rapportées au système cambrien (le cambrien inférieur de M. Sedgwick). Les schistes de ce système, sur le lac Supérieur, sont de couleur bleuître, et renferment des couches de silex corné qui a des 3,
Dee bandes calcaires, et dont les fentes sont souvent remplies d’anthracite.
Ces roches sont recouvertes d’une épaisseur considérable de trapp, sur lequel sont superposées de puissantes assises de grès blanc et rouge, qui passent quelquefois à l’état de conglomérat, renfermant des orbicules de quartz et de jaspe. Des couches d’un calcaire rougeâtre argileux se trouvent interposées dans ces grès, qui sont entrecoupés et recouverts par une seconde formation de diorite d’une grande épaisseur, offrant une structure columnaire. Cette formation qui, d'après les observations de M. Logan, a une épaisseur totale de près de quatre mille mètres, est traversée par un grand nombre de dykes de trapp.
Dans la formation correspondante de la rive septentrionale du lac Huron, on rencontre des grès ayant un aspect plus vitreux, et des conglomérats plus abondants que sur le lac Supérieur, associés pourtant avec des schistes et des conglomérats schisteux semblables à ceux que nous venons de décrire, le tout offrant de grandes masses intercalées de diorite. Une couche de ca!caire ayant une épaisseur de seize mètres forme
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— Ji — une partie de cette série, à laquelle M. Logan donne une puissance de plus de trois mille mètres. M. Logan a constaté, après l’irruption des diorites interstratifiées, celle de deux systèmes de dykes de diorite, et un troisième de granite d’une époque intermédiaire entre ces deux derniers. La formation des veines métallifères appartient à une époque plus récente encore. Les espèces principales de ces veines sont le cuivre natif, le quartz, le spath calcaire, la dolomie, la fluorine et la barytine avec plusieurs zéolithes, dont la plus abondante est la laumontite : on y rencontre en outre la heulandite, la stilbite, la thomsonite, l’'apophyllite et l’analcime, ainsi que la prehnite et le datholithe. Ces veines ne sont métallifères que lorsqu'elles traversent les couches de trapp.
Les localités les plus importantes pour le cuivre natif sont les iles près de la baie de Népigon, lac Supérieur, Sur l’île Saint-Ignace, une veine coïncidant avec la stratification a été suivie d’une extrémité de l’île à l’autre. Elle offre, partout où elle a été exploitée, du cuivre natif, souvent en belles cristallisations, et associé avec du cuivre sulfuré. Le cuivre natif a aussi été exploité sur l’île de Michipicoten, à Maimanse et à Mica-Bay,
sur la rive orientale du lac, où il est associé avec le cuivre sulfuré et le pyrite de cuivre. L'argent natif, souvent cristallisé, accompagne le cuivre dans toutes les localités indiquées sur les îles Saint-IgnaceetMichipicoten. A la mine de Prince, sur l’île de Spar, ce métal se trouve dans une veine de quartz et spath calcaire accompagné d'argent sulfuré, cuivre sulfuré, galène, blende, malachite et arséniate de cobalt. L'argent natif s’y rencontre sous la forme de petites lames dans le spath calcaire, dont plusieurs essais sur des portions d’une masse de quelques centaines de livres, ont fourni de trois à quatre pour cent d'argent contenant des traces d’or. Sur l’île Michipicoten on trouve du nickel arsenié associé avec l’arseniure de cuivre (doineykite), ainsi qu’un silicate vert hydraté de nickel et d’alumine, contenant trente etun pour cent d'oxyde denickel. Le nickel existe aussi à la mine de Wallace sur le lac Huron, sous la forme d'un sulfure arsenié associé avec de la pyrite ; ce minerai fournit treize pour cent de nickel avec un peu de cobalt.
Les veines jusqu’à présent examinées sur le lac Huron n'’offrent pas de cuivre natif ; le cuivre pyriteux y prédomine, mais les mines de Bruce
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dde ont fourni des quantités considérables de cuivre sulfuré et de phyllypsite dans une gangue de quartz, de barytine et de dolomie. À la mine de Wallace, à la rivière Racine et au lac Écho, il y a aussi des veines considérables où le métal se trouve sous la forme de cuivre pyriteux.
Cette formation huronienne s’observe sur une distance de près de cent-cinquante lieues sur les lacs Huron et Supérieur, et offre partout des veines métallifères qui n’ont été que très-peu exploitées jusqu’à présent. Mais on ne peut douter que cette région ne contienne des dépôts métalliques qui deviendront un jour une source de grandes richesses pour le Canada. La formation houillère de l’état voisin de Michigan fournira alors le combustible nécessaire aux procédés métallurgiques.
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DES TERRAINS PALÆOZOÏQUES.
Sur les îles au nord du lac Huron on trouve une série de couches fossilifères qui reposent horizontalement sur les strates inclinées de la formation huronierne. Plus au sud, les couches fossilifères reposent directement sur les roches du système laurentien , pendant tout leur affleurement le long de la vallée du Saint-Laurent. Les formations fossilifères ainsi indiquées correspondent aux plus anciennes couches de l’Europe, désignées par Murchison sous le nom du système silurien, mais formant la partie supérieure du cambrien de Sedgwick. A cette formation succède le terrain silurien supérieur
de Murchison (silurien de Sedgwick) et le devonien; ces groupes, à l'exception d'une petite étendue de la formation carbonifère, occupent toute la partie canadienne du grand bassin, qui est limité au nord par les terrains laurentiens et huroniens.
M. Logan a fait voir que le bassin ainsi indiqué peut être divisé en deux parties par un axe anticlinal, qui, suivant la vallée de l’'Hudson et du lac Champlain, entre dans le Canada, près de la baie de Misiscoui, et, se dirigeant ensuite vers le nord-est, gagne le Saint-Laurent près de Deschambault, à dix lieues à l’ouest de Québec. La partie occidentale formerait alors un bassin secondaire renfermant les terrains houillers d’Apalachia, Michigan et Illinois, tandis que Ja partie orientale contiendrait ceux du Nouveau- Brunswick et du Massachusetts. Les roches de ces deux bassins présentent d’ailleurs des différences remarquables dans leurs conditions physiques et chimiques. Les formations de celui de l’ouest sont à peu près horizontales et offrent une conformité parfaite, tandis que dans celui de l’est il y a manque de conformité entre le silurien inférieur et supérieur et entre le devonien et le car-
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bonifère. Les couches du bassin oriental sont en outre plissées et contournées , et en quelques parties ont subi de profonds changements chimiques et minéralogiques. Nous donnerons d’abord une description des dépôts sédimentaires du bassin occidental.
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