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FER

On connaît depuis longtemps l'existence de minerais de fer dans la région Laurentienne. Dès 1681, on signalait du minerai

de fer des marais dans les environs de Trois-Rivières et dans la basse vallée du St. Laurent, en un district situé en partie dans la région Laurentienne, et en partie dans les plaines des basses terres du St. Laurent. C'est en 1733 qu'on utilisa pour la première fois ces minerais au haut fourneau; cette industrie qui s'est continuée jusqu'à nos jours consommait en 1908 11,000 tonnes de ces minerais. Certains de ces gisements des marais; tels que ceux du lac à la Tortue s'accroissent si vite qu'ils fournissent du minerai pratiquement d'une façon continue.

Dans l'Ontario les premières tentatives pour établir une industrie sidérurgique semblent avoir été faites en 1800 dans le comté de Leeds. Plus tard en 1820 on essaya, à Marmora dans le comté de Hastings, de traiter des minerais de fer du voisinage; depuis lors on a tenté à diverses reprises d'exploiter et de traiter les minerais d'Hastings et des comtés situés encore plus à l'est dans l'Ontario. Le premier fourneau en marche régulière fut celui de Normandale qui traitait les minerais de marais du comté de Norfolk et qui pendant un certain temps alimenta dans l'Ontario le commerce des Grands Lacs. Plus tard on construisit des hauts fourneaux modernes en différents points de la province d'Ontario en même temps que l'on découvrait des minerais de fer disséminés un peu partout dans la portion précambrienne de cette même province. Excepté les minerais des marais, tous les minerais de fer extraits du plateau Laurentien proviennent de l'Ontario. En 1907 les expéditions se montaient à 205,295 tonnes dont les trois quarts étaient fournies par la mine Hélène dans le district du Michipicoten.

Les minerais de fer du plateau Laurentien apparaissent dans divers horizons; les découvertes qui en ont été faites se recontrent surtout dans la partie la mieux connue du plateau Laurentien, dans la province d'Ontario. Les minerais de fer sont très répandus dans les séries du Keewatin et existent en divers points dans les séries d'Hastings-Grenville qui forment certains districts de l'est de l'Ontario et de l'ouest de Québec. Dans le district de Port Arthur les séries d'Animikie ou du Huronien Supérieur renferment du fer; il en est de même de la formation de Nastopoka qui dans la péninsule de l'Ungava correspond à l'Animikie. Les masses de plagioclasite (anorthosite) de Québec sont souvent accompagnées de minerais de fer titanifères qui ont probablement donné naissance aux énormes quantités de sables titanifères que

l'on rencontre sur les rives du bas tët- Laurent et dans ses affluents du nord. Les grands gisements de fer du sud du lac Supérieur (Mesabi, etc.), sont des concentrations locales et secondaires de minerais de fer dans une formation ferrugineuse; les minerais se rencontrent en masses relativement pures, affleurant quelquefois à la surface mais souvent aussi enfouies sous des jaspes zones et révélées seulement par des sondages. Ces formations ferrugineuses se rencontrent dans les épaisses séries du Keewatin, du Huronien inférieur et Huronien supérieur.

On a retrouvé des amas de minerai de fer dans le Keewatin répandu à l'ouest, au nord et à l'est du lac Supérieur. Un type très caractéristique de gisement est celui qui est associé aux jaspilites qu'on rencontre au lac Nipigon et plus à l'est dans le district du lac Timigami. Ces formations appelées fréquemment formations ferrifères, apparaissent en bandes étroites, souvent d'une longueur de plusieurs milles, encaissées dans des schistes divers et dans des greenstones injectés de massifs éruptifs granitiques. Cette formation ferrifère est très riche en silice, et renferme des bandes dont la coloration grise, brune ou noire est due à la présence de magnétite ou, quoique moins fréquemment, d'hématite. Parfois des filets ou des zones assez larges apparaissent presque entièrement composées de minerais de fer. On pense que de pareils gisements ont une origine sédimentaire.

Un autre type de minerais de fer Keewatin est représenté dans l'Ontario, par les gisements de l'Atikokan à 128 milles environ à l'ouest de Port Arthur. On rencontre là, encaissées presque verticalement dans des assises de schistes chloriteux, trois bandes de magnétite ayant respectivement 40, 10 et 16 pieds de largeur. Ces bandes sont parallèles et distantes les unes des autres de moins de 250 pieds. La magnétite est accompagnée de pyrites de fer en quantité assez considérable pour exiger un grillage du minerai.

La formation ferrifère que l'on rencontre dans les gisements de Moose Mountain environ à 25 milles au Nord de Sudbury est également étroitement associée aux diverses séries de schistes Keewatin et est recoupée en divers points par des granités. Les minerais sont composés de bandes de magnétite alternant avec des bandes de matériaux silicieux, (tels que des nodules de silex), et des roches ressemblant aux grauwackes. Les parties les plus riches forment des amas irréguliers, souvent considérables presque sans quartz mais renfermant souvent de la hornblende et de l'épi-

dote; c'est ainsi que par endroits les masses de magnétite passent insensiblement à la hornblende. Les gîtes d'Atikokan et de Moose Mountain ont été rattachés au type pegmatitique; on suppose que les minerais ont été amenés au jour ou près de la surface avec les magmas éruptifs d'où ils se sont séparés par une sorte de liquation analogue à celle qui aurait formé les dykes de pegmatite. Les matériaux zones appartiennent sans doute à la formation dite ferrifère.

Le gisement de la mine Helen dans le district de Michipicoten, est le plus considérable qu'on ait jamais exploité dans l'Ontario; il a été décrit comme étant d'origine aqueuse, et comme provenant peut-être d'une précipitation chimique. Le minerai renferme une grande quantité de pyrites de fer.

Les minerais se rencontrent à l'extrémité d'une bande étroite de terrains (formation d 'Helen) de un mille trois quarts de long et de 1,000 pieds de large. Cette bande est entourée de schistes Keewatin qui de tous côtés sauf un, s'élèvent en collines de faible hauteur. On suppose que cette formations ferrifère repose sur un synclinal à angle très aigu; d'un côté elle apparaît sous forme d'une roche siliceuse zonée contenant de la sidérose et de la magnétite; de l'autre c'est une sidérose impure chargée de silice et contenant de la pyrite en petits cristaux, en grains ou en amas.

Les minerais eux-mêmes se rencontrent dans la zone de carbonates impurs; ils consistent principalement en hématites et limonites assez poreuses et de formes concrétionnées. Ils sont accompagnés de pyrites de fer en amas de ségrégation distincts et bien délimités. Dans les premiers temps on rencontrait ces pyrites de fer en masses irrégulières et isolées de toutes dimensions; quelques-unes renfermaient plusieurs centaines de tonnes de pyrite finement grenue, mélangée à du quartz et aussi inconsistante que du sable. Plus tard, en profondeur, la quantité de pyrite augmenta, tout en conservant les mêmes caractères, à tel point que sur une section horizontale de l'amas minéralisé il y avait au moins la moitié de pyrite de fer.

Il existe de nombreux dépôts de magnétites dans tout l'est de l'Ontario et dans les parties voisines de la province de Québec, dans les districts occupés par les séries d'Hastings-Grenville. Plusieurs d'entre eux ont été exploités pendant de nombreuses années, quelques-unes mêmes le sont encore actuellement. Les dépôts sont irréguliers et irrégulèrement distribués; quelques-uns

sont de dimensions considérables. C'est ainsi qu'à la mine Mayo dans le comté d'Hastings on a exploité un de ces dépôts par un ciel ouvert de 1,100 pieds de long et 220 pieds de large et qu'on a pu pousser un sondage jusqu'à 140 pieds sans cesser d'être dans le minerai.

Dans beaucoup de cas les amas minéralisés se trouvent contact des calcaires cristallines et des massifs éruptifs (granités par exemple) ; souvent la pyrite est en quantité telle qu'il faut trier le minerai à la main. On admet généralement que ces gîtes sont des gites de contact métamorphique. D'autres dépôts de ces mêmes districts d'Hastings-Grenville que l'on rencontre extrêmement irrégulièrement dans les massifs mêmes de roches éruptives basiques, sont au contraire d'une origine ignée tout à fait certaine. A ces types on peut rattacher par certains points les amas de magnétites titanifères si souvent associées aux massifs de plagioclasite (anorthosite) de l'est du plateau Laurentien; ces amas titanifères ont des dimensions très variables quelquefois considérables.

Dans la région de Port Arthur, les couches légèrement inclinées d'Animikie renferment souvent des minerais de fer d'origine sédimentaire probable. Au lac Loon, à 26 milles environ à l'est de Port Arthur, ces formations présentent deux niveaux ferrifères séparés par une bande d'ardoises noires. Le niveau supérieur, de 200 à 250 pieds d'épaisseur, est formé de carbonate de fer à nodules siliceux. Il se présente souvent sous forme d'une roche zonée composée alternativement de couches d'oxyde de fer ou de carbonates partiellement décomposés et de couches à nodules diversement colorés. L'horizon inférieur de 50 à 60 pieds d'épaisseur se différencie du précédent par la présence de petits granules enchâssés dans des carbonates ou dans un substratum de couleur gris ou gris noir. Par endroits la roche même est remplacée par de l'hématite ou de la limonite et donne ainsi naissance à de véritables amas de minerais.

Le groupe de Nastapoka que l'on rencontre le long de la côte est de la baie d'Hudson est formé de couches sédimentaires généralement peu inclinées dont l'épaisseur atteint plusieurs milliers de pieds. En plusieurs points on voit affleurer au milieu de la série des couches siliceuses renfermant du fer; la partie supérieure de ces couches renferme par endroits de l'ankérite et divers autres carbonates; la partie inférieure est zonée et composée de bandes de quartz rouge et gris imprégné de magnétite alternant avec des

bandes de mangétite et d'hématite. Des amas de minerais à basse teneur semblables aux précédents se rencontrent dans des terrains analogues, au centre de la péninsule d'Ungava et peut-être aussi à l'ouest de la baie d'Hudson aux environs du Grand Lac à l'Ours et du Grand Lac des Esclaves.

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