CHAPITRE VIL LA RÉGION DES CORDILLÈRES
GÉOLOGIE
La région des Cordillères comprend, au Canada, en bordure, du Pacifique. un territoire montagneux d'environ 400milles de largeur. Cette région doit se rattacher à un grand système de chaînes de montagnes qui couvre au sud la plus grande partie1 du Mexique et qui en remontant vers le nord le long du Pacifique traverse les Etats-Unis, le Canada et l'Alaska. Elle s'étend au Canada sur toute la Colombie Anglaise, sur une partie de l'Alberta occidentale, sur le Yukon et sur une large étendue de pays a voisinant le Yukon et appartenant aux Territoires du Nord-Ouest. La superficie totale est d'environ 600,000 milles carrés.
Le système montagneux du Canada de l'Ouest apparaît dans ses détails comme un assemblage confus de chaînons et de plateaux dont il semble impossible de donner une description ordonnée. 11 existe cependant des caractères architectoniques d'ensemble qui, bien que pas toujours clairement définis, permettent d'en donner une vue générale. Le long de la lisière orientale des Cordillères, les montagnes Rocheuses forment une chaîne parfaitement définie avec des sommets qui dans le sud s'élèvent à 11,000 ou 12,000 pieds. Cette chaîne s'étend sur environ 850 milles du sud-est au nord -ouest depuis la frontière des Etats-Unis jusqu'à la rivière Liard. Elle est bordée à l'ouest par une dépression profonde et continue occupée par toute une série de vallées: au sud par les hautes vallées des rivières Columbia, Fraser et de leurs affluents dont les eaux se jettent dans le Pacifique; au nord par les vallées tributaires de la Peace River et de la Liard river qui coulent vers l'est.
Au nord de la Liard river se détache un contrefort montagneux qui, après avoir suivi sur à peu près cent milles la direction de l'est, se retourne vers le nord où il est connu sous le nom de système Mackenzie; il occupe là un immense territoire presque inconnu présentant entre les vallées des rivières Mackenzie et Yu-
kon une largeur d'environ 300 milles. A l'est du système Mackenzie dont les sommets culminants ne dépassent probablement pas 7,000 pieds, un contrefort se détache à nouveau pour former la chaîne Franklin qui longe à l'est la vallée de la rivière Mackenzie entre les latitudes de 03° et de 66°. Les plus hauts sommets des monts Franklin ne dépassent pas sans doute de beaucoup l'altitude de 5,000 pieds. Vers le nord le caractère montagneux disparaît peu à peu et c'est au milieu d'une grande plaine que la rivière Mackenzie termine sa course avant de se jeter dans l'océan arctique.
Le long du Pacifique la chaîne côtière forme une ligne de hauteurs parfaitement définie; elle s'élève en pentes raides du niveau de l'océan à des altitudes de 8,000 à 9,000 pieds et est recoupée par de nombreuses vallées transversales fort profondes où coulent les rivières qui viennent de l'intérieur de la Colombie Anglaise. Il faut regarder les montagnes des îles Vancouver et des îles de la Reine Charlotte comme faisant partie de la même chaîne et comme n'étant séparées du continent que par une vallée submergée.
Entre les montagnes Rocheuses proprement dites et leurs prolongements vers le nord d'une part, et la chaîne côtière d'autre part, s'étend la partie médiane de la Colombie Anglaise qu'on peut dans l'ensemble diviser en trois parties.
(1.) Dans le sud de la Colombie Anglaise et à l'est de la chaîne côtière s'étend un vaste territoire connu sous le nom de Plateau Intérieur, qui est limité vers la frontière des Etats-Unis par un ensemble complexe de contreforts montagneux, et qui à l'est est séparé des montagnes Rocheuses par divers massifs de montagnes entre lesquelles coulent des rivières à vallées allongées et profondes. L'un de ces massifs secondaires est celui des Selkirks dont les sommets culminants se maintiennent entre 9,000 et un peu plus de 11,000 pieds.
Bien que ce Plateau Intérieur soit strictement parlant une région montagneuse, il forme cependant un contraste marqué avec les chaînes élevées qui le limitent. Son altitude moyenne ne dépasse pas 3,500 pieds dans sa partie nord, la moins élevée il est vrai ; il est traversé par de grandes vallées dont le fonds n'est pas, pour les fleuves importants, à plus de 1,000 pieds au-dessus de la mer. Le pays est accidenté un peu partout de rides et de massifs montagneux, mais rarement l'altitude y dépasse 5,000 pieds.
(2.) Au nord, le Plateau Intérieur est borné par une contrée imparfaitement connue qui renferme divers massifs montagneux reliant la chaîne côtière et les montagnes Rocheuses. Cette contrée à haut relief et très accidentée se continue au nord jusqu'à la frontière du Yukon.
(3.) C'est là que commence une deuxième région de hauts plateaux connue sous le nom de Plateau du Yukon. Cette région s'étend entre la chaîne côtière à l'Ouest et le système des monts Mackenzie à l'est et pénètre dans l'Alaska par la vallée du Yukon. Le terme de Plateau lui convient beaucoup mieux qu'à la région du sud de la Colombie Anglaise. Bien que des vallées profondes de 1,000 à 3,000 pieds recoupent le pays , on peut dire que ces hautes terres se présentent partout sous forme de vastes étendues de terrains à pentes douces. Ce sont probablement les restes d'une ancienne plaine continue qui s'élevait à une altitude de plus de 4,000 pieds dans le sud et décroissait graduellement vers le nord jusqu'à moins de 1,000 pieds.
Sauf dans l'extrême nord, la région des Cordillères est surtout une contrée forestière. Dans le sud il existe cependant de nombreuses vallées ou coteaux intérieurs couverts d'herbe et renommés pour leur fertilité. Certains districts sont connus depuis longtemps pour leur richesse minérale et il s'en ouvre sans cesse de nouveaux à l'exploitation. 11 existe de grandes mines de charbon le long des montagnes Rocheuses dans les divers bassins houillers que l'on rencontre à des intervalles variables sur plusieurs centaines de milles au nord de la frontière des Etats-Unis. Dans l'île de Vancouver, on exploite aussi le charbon depuis très longtemps. On connaît d'autres bassins houillers dans l'intérieur de la Colombie Anglaise et dans le Territoire du Yukon. Les placers du Klondike sont célèbres. Le sud de la Colombie Anglaise possède de remarquables gisements: les immenses amas de sulfures de cuivre aurifères de Phœnix et de Rossland et les mines de plomb de Moyie. Nous n'avons cité que les gîtes les plus connus, mais on peut dire qu'il existe bien d'autres grands districts riches en ressources minérales de toutes sortes, platine, or, argent, cuivre, plomb, zinc, fer, etc.
L'histoire géologique de la région des Cordillères est extrêmement compliquée: les formations les plus variées, depuis le Précambrien jusqu'aux plus récentes s'y rencontrent puissamment développées. A plusieurs reprises d'énormes quantités de matériaux volcaniques recouvrirent les terrains, cependant que d'immenses
masses éruptives se faisaient jour à travers les sédiments et les métamorphis aient. Dès les premières époques géologiques, cette région fut le théâtre de grands bouleversements qui plissèrent et disloquèrent les terrains, les dressèrent en chaînes de montagne à qui une érosion intense donna ensuite le profil actuel.
Les phénomènes orogéniques qui se succédèrent ainsi eurent pour résultat dans leur ensemble de faire surgir de hauts plateaux allongés à peu près du sud-est au nord-ouest, comme le sont encore les chaînes de montagnes actuelles. Comme les anciens bassins de sédimentation s'allongeaient également dans la même direction, il en résulte que si l'on se déplace maintenant du sud-est au nord-ouest, on reste toujours dans les mêmes séries sédimentaires et cela sur de très longues distances. Au contraire si l'on se déplace normalement à l'axe de la chaîne, on recoupe successivement les divers formations.
Les montagnes Rocheuses et le système des monts Mackenzie au nord sont presque entièrement composés de terrains sédimentaires, en général paléozoïques. En certains points on y retrouve cependant d'énormes lambeaux de roches précambriennes; quant aux montagnes Rocheuses proprement dites, il n'est pas rare qu'elles présentent de véritables bassins mésozoïques fortement plissés et disloqués. Par contre la chaîne côtière est essentiellement formée d'un complexe de roches granitiques d'âge Jurassique que pénètrent des roches triasiques ou pi étriasiques analogues à celles qui constituent l'île de Vancouver. En quelques points de la côte et dans les îles de la Reine Charlotte apparaissent des bassins crétacés et tertiaires.
Entre les montagnes Rocheuses et la chaîne côtière, le pays est essentiellement formé d'assises paléozoïques ou mésozoïques inférieures. Ces séries d'origine souvent volcaniques, toujours fortement plissées et disloquées sont recoupées de massifs granitiques quelquefois considérables qu'on rattache généralement au Mésozoïque et au Tertiaire. On les retrouve tiès abondamment distribuées dans tout l'intérieur de la Colombie Anglaise et au Yukon; mais bien souvent elles disparaissent sous de grands bassins plus récents, soit mésozoïques, soit tertiaires. Dans le sud de la Colombie Anglaise, des districts entiers sont formés de couches tertiaires principalement d'origine volcanique. Au contraire, dans la moitié septentrionale de la province, ce sont des terrains crétacés et probablement jurassiques supérieurs qui dominent.
Ph
Planche IAIII.
Rivière Red Deer, deuxième chaîne, montagnes Rocheuses.
La chaîne de Franklin semble être surtout formée de terrains appartenant au début paléozoïque. La partie supérieure de la rivière Mackenzie coule généralement au milieu de terrains dévoniens et recoupe quelques bassins crétacés ou tertiaires. Plus au nord, la plaine qui borde de chaque côté la rivière Mackenzie est formée de terrains crétacés qui s'étendent I rès loin vers l'ouest.
1 >ans la Colombie Anglaise méridionale, il existe un. grand district couvrant une partie des Selkirks et dv* chaînes qui Pavoisinent vers l'ouest forme de schistes et gneiss de divers types accompagnés de calcaires cristallins et de quartzites; l'ensemble est ext reniement bouleversé et est associe d'une façon fort complexe à dvx massifs granitiques et dioritiques. 11 est probable que cet assemblage, connu sous le nom de groupe de Shuswap est, en partie du moins, d'âge précambrien; on connaît en effet certaines portions de ce groupe qui semblent être plus récentes. Des roches analogues existent vers les sources de la Peace River, dans la chaîne des Rocheuses. On trouve enfin sur de très grandes étendues dans le Yukon des formations qui présentent une certaine ressemblance avec les formations précédentes; elles sont généralement classées comme préordoviciennes, mais en fait il n'est pas entièrement certain qu'elles soient aussi anciennes (pie le Précambrien.
Nous avons déjà signalé la grande épaisseur des sédiments cambriens (schistes, calcaires, etc.) et du Précambrien sousjacent que Ton rencontre en bordure méridionale des Rocheuses. Il semble que ces formations se poursuivent tout le long de la chaîne; on retrouve même des couches paléozoïques (cambriennes et postcambriennes) jusque dans le système des monts Mackenzie. A l'entrée des montagnes Rocheuses, en venant de l'est, les sédiments cambriens sont surtout calcaires et argileux; mais si on traverse la chaîne dans la direction de l'ouest en suivant la grande ligne du chemin de fer Canadien du Pacifique, ils deviennent de moins en moins calcaires et, dans l'ensemble, beaucoup plus grossiers. A l'ouest des Selkirks, le système montagneux du sud de la Colombie Anglaise renferme une série sédimentaire d'une puissance d'environ 40,000 pieds qu'on a divisée en deux niveaux: un niveau inférieur formé surtout de schistes calcarifères, de calcaires et de quartzites; un niveau supérieur formé de quartzites, de conglomérats et de schistes divers; ce dernier niveau a été suivi dans la direction de l'ouest; des roches volcaniques, souvent schisteuses, y remplacent
alors les termes sédimentaires. L'ensemble de ces terrains a été rattaché au Cambrien, mais il n'est pas impossible qu'on arrive à relier au moins une partie d'entre eux à d'autres systèmes.
On a trouvé des calcaires et des schistes fossilifères ordoviciens tout le long de la chaîne des Rocheuses et, à l'extrême nord, dans les monts Mackenzie. Il existe probablement des couches du même âge dans le Yukon. La grande série de quartzites et de micaschistes que l'on rencontre avec une puissance de 25,000 pieds dans le sud de la Colombie Anglaise à l'ouest des Selkirks, n'a été rattachée à l'Ordovicien que pour des raisons d'ordre stratigraphique. Jusqu'à présent on n'a retrouvé du Silurien qu'en un seul point de la région des Cordillères, le long du défilé que suit la grande ligne du C. P. R. à travers les montagnes Rocheuses.
Le Dévonien se suit d'une façon très constante le long de la chaîne des Rocheuses sous forme de calcaires et de schistes dont l'épaisseur atteint parfois plusieurs milliers de pieds; on le retrouve dans le système des monts Mackenzie et dans le nord du Yukon. L'île de Vancouver renferme enfin des couches Dévoniennes fossilifères. Partout ailleurs dans la région des Cordillères, on n'a pu retrouver de couches dévoniennes quoique l'on ait parfois relié au Dévonien supérieur certaines séries d'âge douteux.
Dans les montagnes Rocheuses, le Dévonien supporte en concordance des assises carbonifères qui, composées principalement de calcaires et de schistes, atteignent par endroits 5,000 à 7,000 pieds d'épaisseur; les observations paléontologiques semblent indiquer que ces assises ne représentent que la partie inférieure du système Carbonifère. On retrouve ces assises avec un très grand développement dans toute la Colombie Anglaise et jusque dans le Yukon. Elles sont probablement accompagnées partout du Dévonien qu'elles recouvrent en concordance. Tantôt le Carbonifère est représenté en grande partie par de vrais sédiments, tantôt, et c'est le cas le plus fréquent, il est formé de tuffs et de matériaux d'épanchement volcanique d'une épaisseur dépassant parfois 5,000 pieds; au-dessus, reposent d'énormes assises calcaires d'une puissance de 3,000 pieds en certains endroits.
Les assises carbonifères sont ordinairement recouvertes dans les montagnes Rocheuses par des assises crétacées; en quelques points cependant elles supportent des terrains qui semblent être triasiques. Fans l'intérieur de la Colombie Anglaise, c'est au contraire du Trias certain qui surmonte le Carbonifère sous la forme
d'immenses accumulations de matériaux volcaniques; c'est ainsi que dans les environs du lac Kamloops on rencontre des assises de 10,000 à 1 5,000 pieds d'épaisseur qui semblent provenir d'érupl ions sous-marines analogues à celles qui ont dû se produire durant la période1 Carbonifère. Il existe dv* terrains de même nature dans tout le centre de la Colombie Anglaisé, de l'autre côte des massifs granitiques de la chaîne côtière, le long de la côte du Pacifique et dans l'île de Vancouver. Ces assises triasiques, d'origine si fréquemment volcanique sont partout fortement plissées, et intimement mêlées avec les assises carbonifères aussi bien sur la côte que dans /intérieur. Il est possible que dans certains districts les volcans carbonifères aient conservé leur activité sans grande interruption jusque durant la période triasique.
L'activité dv^ volcans de la période triasique a dû à son tour se continuer dans quelques districts du sud de la Colombie Anglaise jusque dans le Jurassique, et on rattache en effet au début de cette période quelques formations d'origine volcanique. Mais à part ces dépôts, on ne connaît dans la chaîne des Cordillères aucune série Jurassique inférieure et ce n'est guère qu'au Jurassique supérieur que recommencèrent les phénomènes de sédimentation.
C'est pendant la période Jurassique que se produisirent les grands mouvements orogéniques qui bouleversèrent toutes les assises accumulées à l'ouest de ce qui forme actuellement les Rocheuses, et qui les dressèrent en une chaîne puissante de montagnes. En même temps avait lieu la grande irruption de roches ignées qui forment maintenant le soubassement de toute la chaîne côtière et qui s'étendent en bordure du Pacifique sur près de 1,000 milles de long; ces roches ne sont certainement pas toutes du même âge ni de la même famille; on trouve tous les termes depuis les plus basiques comme les gabbros jusqu'aux plus acides comme les granités. C'est peut-être de la même époque que date la consolidation des grands massifs éruptifs du sud de la Colombie Anglaise, bien que les observations qu'on a faites un peu plus au sud, dans les Etats-Unis, tendent à la rattacher au Crétacé. Ces massifs sont surtout formés de granités, de diorites quartzifères et de leurs variétés. On ne les trouve guère que dans l'intérieur de la Colombie Anglaise au sud de la grande ligne du C. P. R. ; il est probable qu'on les retrouverait au nord si elles n'étaient recouvertes d'assises crétacées et tertiaires; on a signalé en effet l'existence de massifs éruptifs analogues dans le nord de la Province et dans le territoire du Yukon.
A la fin du Jurassique la région des Cordillères vit s'établir un nouveau régime de sédimentation qui au Crétacé prit une importance sans cesse croissante. Dans le sud des Montagnes Rocheuses, le Jurassique supérieur repose directement sur le Carbonifère et est représenté par les schistes de Fernie, dont l'épaisseur atteint par endroits 1,500 pieds mais qui diminuent très vite de puissance dans la direction de l'est. Ces schistes supportent un Crétacé inférieur à faciès non marin connu sous le nom de série houillère de Kootanie; cette série est en certains points composée de 5,000 pieds de schistes et de grès. Dans les îles de la Reine Charlotte existe une série sédimentaire épaisse de 9,000 pieds représentant à la fois le Jurassique supérieur et le Crétacé inférieur. Cette série qui repose en discordance sur des assises triasiques plissées se compose principalement de grès et de schistes; elle présente à son sommet des veines de charbon et comporte tout un groupe intermédiaire, fort puissant, de matériaux d'origine volcanique.
Du Crétacé inférieur apparait également dans le sud de la Colombie Anglaise, principalement dans la vallée inférieure de la rivière Fraser à l'est de la chaîne côtière avec une puissance en certains endroits de plus de 5,000 pieds. Ce Crétacé présente en réalité de grandes variations d'épaisseur et de composition; les schistes, grès et conglomérats qui le composent semblent être surtout des dépôts littoraux. Dans l'intérieur de la Colombie Anglaise vers les sources des rivières Skeena et Nass se rencontrent d'épaisses séries volcaniques soit de la fin du Jurassique, soit au début du Crétacé, qui supportent des assises relativement peu puissantes de schistes et grès renfermant des veines de houille. Dans le nord de la Colombie Anglaise et dans le sud du Yukon se rencontrent également des couches volcaniques et sédimentaires contenant de la houille et qu'on rattache au Jurassique supérieur et probablement aussi en partie au début du Crétacé.
A la fin du Crétacé inférieur la région des Cordillères Canadiennes semble avoir été exondée, soumise à l'érosion, puis sans doute affectée de mouvements orogéniques. Certains massifs éruptifs de l'intérieur doivent être de cette période. Au contraire le long de la côte du Pacifique, la sédimentation ne fut pas interrompue et les couches du Crétacé inférieur des îles de la Reine Charlotte se continuent sans interruption par environ 3,000 pieds de conglomérats, de grès et de schistes. A la même époque se déposa
Planche LXYI.
Modèle du bassin Cascade, montagnes Rocheuses.
en certains points égalemenl submergés de la côte de l'île de Vancouver et <les îles voisines une série de plus de 5,000 pieds (l'épaisseur composée de grès el de schistes contenant du charbon.
C'est à la fin du Crétacé ou dans les débuts de l'ère Tertiaire qu'eut lieu la surrection de la chaîne des Rocheuses. Les assises paléozoïques et mésozoïques qui forment la lisière occidentale de la grande Plaine Intérieure et qui jusque-là étaient resté horizontales se soulevèrent en formant de longs plis anticlinaux dirigés sensiblement du nord-ouest au sud-est ; puis, les forces orogéniques continuant leur action, ces plis se couchèrent les uns sur les autres, les flancs occidentaux se déversèrent sur les flancs orientaux; par endroits des charriages se produisirent sur plus de 7 milles de longueur. Dans l'ensemble les effets de dislocation et de plissements furent tels qu'actuellement les couches n'occupent probablement pas plus de la moitié de l'étendue qu'elles occupaient primitivement.
Ces mouvements orogéniques qui donnèrent naissance aux montagnes Rocheuses se firent sans doute également sentir dans toute la région des Cordillères mais avec différents degrés d'intensité. A la fin du Crétacé et au commencement des temps tertiaires cette région semble avoir été dans son ensemble soumise à une longgue érosion, qui ébaucha les caractères topographiques de la contrée actuelle.
Durant l'Oligocène, et probablement aussi durant le Miocène, les vallées et les bassins lacustres du centre de la Colombie Anglaise méridionale donnèrent naissance à des formations d'eau douce. Ces formations sont d'étendue variable, fort restreintes à certains endroits et très étendues à d'autres; leur épaisseur est également très irrégulière; en quelques points elle dépasse 5,000 pieds; on y rencontre de temps en temps des couches de lignite. Cette période de sédimentation fut suivie par une période d'activité volcanique qui fut témoin d'une accumulation considérable de tufs et de la consolidation de grandes coulées de rhyolites et de basaltes; ces formations volcaniques, épaisses parfois de plus de 5,000 pieds, reposent le plus souvent sur les sédiments tertiaires; quelquefois elles le pénètrent, remplissant ainsi les inégalités dans l'ancienne surface du sol. On rencontre des couches tertiaires analogues sur de très grands espaces dans le centre de la Colombie Anglaise, au nord de la grande ligne du C. P. R. ; elles s'avancent jusqu'au bassin Crétacé qui commence vers les sources de la rivière Skeena.
Bien que quelques volcans restèrent en activité durant le Pliocène et jusqu'à une date relativement récente, les temps Tertiaires et les temps qui suivirent semblent avoir été dans leur ensemble des périodes d'activé érosion. A partir du Miocène, la région des Cordillères fut manifestement soumise à des soulèvements et des affaissements locaux, et il n'est pas impossible que des phénomènes orogéniques s'y produisent encore. Par endroits les couches tertiaires ont été plissées et certains districts du sud de la Colombie Anglaise renferment de grands massifs de roches éruptives tertiaires.
RESSOURCES MINERALES.
Les Cordillères constituent une région essentiellement minière. Ses mines fournissent pratiquement déjà tout le plomb produit par le Canada, presque tout l'or, environ les trois quarts du cuivre, un peu plus du quart du charbon, et une proportion considérable de l'argent. Cette situation remarquable a été atteinte en dépit des méthodes de prospection les plus désordonnées et bien qu'il n'y ait actuellement qu'une partie tout à fait insignifiante du pays qui soit prospectée; les districts les plus développés sont presque tous en effet cantonnés au sud de la grande ligne transcontinentale du chemin de fer Canadien du Pacifique.
Les travaux de prospection, si limités qu'ils aient été, ont montré cependant que dans cette vaste région il existe des districts bien différents les uns des autres, caractérisés chacun par une certaine catégorie de gisements. Les montagnes Rocheuses et leurs contreforts de l'est contiennent de grandes quantités de charbon, mais semblent dépourvus de toute autre richesse minérale. D'autres districts houillers qu'il faut citer après ceux-là sont les districts de l'intérieur de la Colombie Anglaise, de l'île de Vancouver, des îles de la Reine Charlotte, de la rivière Skeena, du territoire du Yukon.
Les gisements de plomb argentifère sont caractéristiques de la région limitée au nord par la grande ligne transcontinentale du C. P. R., à l'Ouest par les lacs Arrow, à l'est par les montagnes Rocheuses. A l'ouest et au sud de cette région s'étend presque jusqu'à la rivière Fraser un grand district aurifère et cuprifère. De nombreux gîtes de cuivre aurifère existent également sur la côte du Pacifique, dans les îles voisines et dans le bassin de la rivière Skeena. Des gisements de cuivre et d'argent se rencontrent dans les parties centrales du Yukon méridional. Quant aux placers aurifères, souvent si fabuleusement riches, ils s'étendent du nord au sud dans toute la partie médiane de la région des Cordillères, depuis la frontière des Etats-Unis jusqu'au Klondike. Enfin la côte du Pacifique renferme des gisements de fer.
TABLEAU DESCRIPTIFS DE QUELQUES GITES MINÉRAUX IMPOR- TANTS DE LA RÉGION DES CORDILLÈRES.
Substance ou Minéral Recherché.
Nature des Gîtes.
Exemple.
Or
Platine.
Mercure
Cuivre aurifère. . .
Or alluvionnaire dans des sables et graviers pré glaciaires ou dans des dépôts provenant du remaniement de ces sables et graviers
Mispickel aurifère accompagné de pyrites de cuivre et de fer en proportions variables; se rencontre en amas de remplacement, ou au contact de roches éruptives voisines des diorites dans une gangue de grenat, épiodote, calcite, etc.
Or libre avec un peu de pyrite, galène et blende dans des filons de fracture à remplissage quart zeux recoupant des phyllades graphitiques. . ..
Or libre, tétrahédrite argentifère, galène, blende, sulfures de cuivre et de fer dans des filons quart zeux recoupant des phyllades graphitiques. . . .
Or libre dans une diabase schisteuse riche en pyrites et dans des veines de quartz renfermant du mispickel, de la galène et de la pyrite. ....
Dans les gisements de cuivre aurifère. (Voir cui-
vre.
Platine natif en petite quantité dans les placers aurifères
Cinabre dans des veines irrégulières de quartz et calcite recoupant des dépôts volcaniques Tertiaires; aussi en imprégnations dans des grès.
Magnétite, chalcopyrite et pyrrhotine en proportions variables en amas de remplacement dans des tufs et calcaires paléozoïques; au voisinage de massifs de diorites et syénites tertiaires; la gangue est formée de grenat, hornblende, calcite quartz
Chalcopyrite et pyrrhotine accompagnées d'un peu de pyrite et de mispickel en masses filoniennes ou en larges amas remplaçant un porphyre augitique près de son contact avec une monzonite et au voisinage de diorites et syénites Tertaires
Chalcopyrite, bornite, pyrite et pyrrhotine avec un peu de calcite dans une zone de monsonite et de sédiments fissurés au contact des sédiments et des monzonites ou près de leur contact
Klondike, (Y.T.
Atlin, Cariboo, (C.-A.)
District de Lardeau, (C.-A.)
District de Lardeau, (C.-A.)
District de
Poplar Creek,
Klondike, (T. Y.) Rivière Tulameen, (C.-A.)
Près du lac Kamloops, (C.-A.)
District du
Boundary,
Rossland,
Chalcopyrite, pyrite, mispickel et magnétite avec calcite dans une zone de monzonites et de sédiments fissurés
Chalcopyrite et pyrite avec un peu de galène et de blende en veines minces ou en lentilles aplaties au milieu d'une zone minéralisée dans des talcschistes quart zif ères que recoupent les masses
Copper Mountain, près de Princeton, (C.-A.)
Copper Mountains près de Princeton, (C.-A.)
Mine Britannia Howe Sound,
GÉOLOGIE ET ItKSSOl'HCKS MI \ KR ALKS DU CANADA
TABLEAU DESCRIPTIF DE QUELQUES GITES MINÉRAUX IMPOR- TANTS DE LA RÊGIONSDES CORDILLÈRES.
{Suite)
Substance ou Minéral Recherché.
Plomb "'argent itère
Fer.
Charbon.
Nature des Gîtes.
granit iques de la chaine cotière
Chalcopynte et pyrite avec galène et blende dans une gangue de baryte, quartz et calcite; forment des lentilles aplaties dans le schiste
Bornite accompagnée de chalcopyrite, pyrite et pyrrhotineen petites quantités; forment des gîtes de remplacement dans des calcaires au contact de granités. La gangue est composée de pyroxène grenat et calcite
Galène argentifère avec blende et de petites quantités de pyrite formant des lentilles irrégulières dans une zone fissurée de quartzites précambriennes
Galène argentifère, tétrahédrite argentifère argent et or natifs, argentite, blende, pyrites de cuivre
et de fer avec gangue de quartz, sidérose et calcite dans des filons recoupant des couches sédimentaires
Galène, blende, pyrite, pyrrhotine en proportions variables formant des gites de remplacement dans des calcaires cirstallins le long d'une zone de dislocation
Argent natif, argentite, pyrargyrite, galène argentifère dans des filons de fracture à remplissage quart zeux recoupant, des porphyrites. . . .
Amas filoniens composés surtout d'hématite, renfermant un peu de magnétite et recoupant des quartzites précambriens
Magnétite à gangue de calcite, feldspath et épidote, dans des filons traversant des roches éruptives
Magnétite accompagnée en certains points de sulfures de cuivre et de fer; forme des amas filoniens de remplacement dans des roches généralement calcaires au contact d'intrusions granitiques
Anthracite dans la formation de Kootanie (Crétacé inférieur)
Charbon bitumineux dans la formation de Kootanie
Charbon bitumineux voisin des lignites dans la formation de Belly River (Crétacé supérieur) et dans la formation d'Edmonton (Tertiaire) ....
Charbon bitumineux dans le Crétacé supérieur . .
Lignite dans les couches tertiaires.
Exemple.
Mine Tyee, île Vancouver.
Ile Texada, (C-
Mine St- Eugène, (Moyie, C.-A.)
Slocan, (C.-A.)
Lac Kootenay, (C.-A.)
Windy Arm, (Yukon.)
Kitchener,
(C.-A.) Cherry bluff, lac Kamloops,
Ile Texada, (C- A.)
Bankhead,
^ (Alta.)
Fernié Blairmore, Frank.
Contrefort des Rocheuses (Foothills.)
Nanaimo, Comox, île de Vancouver.
Princeton, vallée de Buckley, (C.-A.) Tantalus, (Yukon.)
OR
Ce fut la découverte de l'or dans les alluvions des rivières Fraser, Thomson et Columbia, de 1855 à 1857, et le rush qui s'en suivit en 1858, qui attirèrent pour la première fois l'attention du monde minier sur la Colombie Anglaise. En 1860, on découvrait dans les creeks Williams et Lightning (district de Cariboo) des placers extraordinairement riches qui en 1863, Tannée de leur production maximum, fournirent pour plus de $4,000,000 d'or. Actuellement la production totale du district a atteint environ $39,- 000,000.
L'année 1874 vit apparaître un nouveau district aurifère, celui de Cassiar, qui, dès la première année d'exploitation, produisit pour $1,000,000 d'or. Puis vinrent les découvertes de Dease Lake, d'Omineca, d'Atlin en 1897, de Big Bend et de la vallée supérieure de la Columbia, du Wild Horse Creek, du Granité Creek, enfin dernièrement celle de la rivière Ingenica, affluent du Finlay. En 1907 la production d'or alluvionnaire de la Colombie Anglaise s'évaluait à $828,000, provenant principalement des districts d'Atlin et de Cariboo. La production totale d'or de placers, de la Colombie Anglaise, de 1858 à 1907, s'estime à peu près à $70,000,-
Si riches qu'ils aient été les placers de la Colombie Anglaise ont été surpassés par ceux du Klondike. C'est en 1878 que les premiers prospecteurs pénétrèrent au Yukon; quelques découvertes furent faites dans les années qui suivirent dans divers districts; mais ce n'est qu'en 1896 que la nouvelle se répandit qu'on venait de mettre au jour des gisements extraordinairement riches le long de la rivière Klondike et de ses affluents. Alors commença en 1897 et 1898 un rush sans précédent dans l'histoire des mines; des chasseurs d'or affluèrent venant de toutes les parties du inonde. En 1900, l'année de production maximum, le Yukon expédiait $22,- 275,000 d'or. En 1907 la production tombait à $3,150,000. Elle remonte actuellement à mesure que l'outillage d'exploitation se perfectionne. La production totale du district du Klondike, année 1908 comprise, a été estimée à $225,000,000; on a évalué à $60,000,000 l'or de placer qu'il est encore possible d'extraire.
Le district du Klondike fait partie de la pénéplaine surélevée et profondément recoupée du Yukon; cette pénéplaine ne fut pas soumise à l'action glaciaire. Les graviers les plus anciens du Klon-
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dike, les graviers aurifères du White Channel, ont une épaisseur variable, atteignant parfois 150 pieds. Ils se déposèrent à une époque où la rivière Klondike coulait probablement dans une direction opposée à celle qu'elle suit actuellement. A la fin de la période de White Channel, le district s'affaissa et le Klondike s'engagea dans sa vallée actuelle; les volumes énormes de matériaux qu'il charriait alors s'accumulèrent rapidement sur les graviers White Channel en un lit épais qu'on retrouve encore maintenant en certains endroits avec une puissance de 150 pieds.
Cet affaissement fut suivi d'un relèvement du pays d'environ 700 pieds qui affecta toute la région qui borde le Yukon depuis la rivière Steward jusqu'au-delà de la frontière de l'Alaska. Les cours d'eau dont le niveau de base était ainsi relevé reprirent une activité nouvelle; sans quitter leurs vallées anciennes, ils approfondirent leur lit à un tel point que les eaux non seulement traversèrent les anciens graviers mais atteignirent le soubassement rocheux à des profondeurs de L50 à 300 pieds. Le creusement de ces vallées actuel fut quelquefois arrêté dans sa marche; les eaux durent briser des bancs rocheux et abandonnèrent alors des graviers aurifères qu'on retrouve encore en partie aujourd'hui. Les graviers récents sont aussi aurifères, et c'est même dans ces dépôts que furent piquetés les claims les plus fabuleusement riches.
Les graviers de White Channel se trouvant au-dessus des dépôts alluvionnaires récents subsistent encore en grande partie. Ils sont composés principalement de cailloux roulés et de galets de quartz enrobés dans une pâte formée essentiellement de paillettes de séricite et de petits grains de quartz anguleux. Le quartz qui forme l'élément dominant de ces terrains et l'or qui l'accompagne proviennent probablement de la destruction des veines de quartz légèrement aurifères qui sont si abondantes dans le district.
Les graviers des cours d'eau actuels et les graviers des terrains sont surtout formés de débris schisteux provenant des roches voisines; l'or qu'ils contiennent a été enlevé aux graviers plus anciens de White Channel dont la formation doit remonter au moins au Pliocène. Dans tous ces graviers, l'or est irrégulièrement distribué et se concentre le plus souvent dans des zones d'enrichissement. C'est au voisinage du soubassement rocheux, dans les cinq ou six derniers pieds de gravier ou même quelques fois dans les premiers pouces de la roche que l'or se rencontre le plus fréquemment. Il apparaît en grains généralement grossiers, souvent anguleux et quelquefois cristallins.
Les placers des districts d'Atlin et de Cariboo sont assez analogues à ceux du Klondike: les graviers aurifères y forment deux horizons distincts et les neuves actuels coulent en général dans les grandes vallées creusées par les cours d'eaux anciens. Dans ces deux districts, les anciens graviers aurifères sont d'âge préglaciaire et enfouis en certains endroits sous un épais manteau de drift glaciaire. L'or des formations post-glaciaires semble provenir des anciens graviers. C'est dans les veines de quartz aurifères qui abondent dans ces districts qu'on doit chercher l'origine première de l'or de placer. Quelques autres districts continuent à fournir de petites quantités d'or; et il est certain que de temps à autres on découvrira encore des bonanzas, surtout dans les anciennes vallées préglaciaires.
Bien que la plus grande partie de l'or fourni par la région des Cordillères provienne des placers de la zone centrale qui s'étend du Klondike au nord jusqu'au voisinage de la frontière des Etats- Unis au sud, une assez importante quantité de métal précieux (environ $4,000,000 annuellement depuis 1900) est fourni par des exploitations filoniennes, spécialement par l'exploitation des gisements de cuivre aurifère de Rossland et du district de Boundary. Il existe cependant diverses mines plus spécialement aurifères: près de Nelson, à l'ouest et au sud de la ville, se rencontrent des veines de quartz avec pyrite, chalcopyrite, galène, blende renfermant de l'or natif et de l'or combiné; des veines analogues se trouvent dans la région de la rivière Salmon, mais qui renferment en même temps que de l'or des minerais du tungstène.
Dans le district du Boundary, les filons aurifères se rencontrent soit sur la lisière des gîtes à basse teneur de cuivre aurifère, soit entre ces gîtes eux-mêmes. L'épaisseur des filons est variable, atteignant parfois 10 et 12 pieds; le remplissage est surtout formé de quartz avec calcite et quelquefois sidérose; les minéraux métallifères n'y apparaissent qu'en petite quantité, ce sont de la chalcopyrite, de la pyrite, de la galène, de la tétrahédrite, rarement de l'argentite, de l'argent et de l'or.
Les mines d'or de Nickel Plate et Sunnyside à Hedley sont remarquables par l'association de l'or avec le mispickel qui forme la grande masse des gisements. A Hedley les terrains sont formés d'assises sédimentaires (calcaires, etc.), probablement d'âge carbonifère; des dykes éruptifs, formés pour la plupart de roches analogues aux diorites, pénètrent ces terrains sous forme de nappes parai-
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lèles ou à peu près parallèles aux plans de sédimentation. C'est au contact de ces nappes éruptives et des terrains sédimentaires, fortement métamorphisés et chargés de grenat, d'épidote et de calcite, que se rencontrent les minerais composés surtout de mispickel et de quantités variables de sulfures de cuivre, de pyrrothine, d'hématite, etc. Les masses minéralisées atteignent par endroits, 80 pieds d'épaisseur; elles disparaissent insensiblement dans les terrains sédimentaires mais s'arrêtent brusquement contre les dykes éruptifs.
Il existe dans le district de Lardeau des gîtes de plomb argentifère contenant parfois des teneurs élevées en or. C'est ainsi qu'un filon du groupe de claims d'Eva, qui avait d'abord été reconnu comme filon de plomb argentifère se montra dans la suite extrêmement riche en or. Le gisement se compose de deux veines situées le long de plans de failles qui recoupent une bande de phyllades riches en matières charbonneuses; ces phyllades appartiennent à une série sédimentaire paléozoïque ou peut-être même plus ancienne encore, extrêmement métamorphisée. Ces veines principales sont reliées par de nombreuses veines transversales. La gangue est surtout faite de quartz avec calcite, feldspath, sidérose et séricite; tantôt la gangue remplit à peu près le filon, tantôt elle renferme de la pyrite, un peu de galène et de blende, et enfin, en certains endroits, de l'or; l'or est alors enrobé dans des sortes de veinules de quartz le long des épontes. Le minerai riche se trouve généralement au croisement des veines principales et des veines transversales.
A Silver Cup, dans le district de Lardeau, le gisement se compose également de 2 filons parallèles reliés par de nombreuses veines transversales, et encaissés dans des phyllades graphitiques; mais la gangue est surtout formée de quartz renfermant de la tétrahédrite argentifère souvent en masses considérables; on a retrouvé de la tétrahédrite jusqu'à la profondeur de 600 pieds. De la galène, de la blende, quelques pyrites de cuivre et de fer accompagnent la tétrahédrite. En même temps que du plomb et de l'argent, les minerais riches renferment de l'or avec des teneurs allant jusqu'à $12 à la tonne. Les masses minéralisées ont généralement une forme lenticulaire; quelques-unes sont considérables; c'est au croisement d'un filon principal et des veines obliques qu'elles se tiennent le plus fréquemment.
Dans le district de Poplar Creek, on a signalé de l'or dans des filons quartzeux; dans une des propriétés de ce district, on peut voir affleurer au milieu d'une diabase schisteuse plus ou moins imprégnée de pyrite, un filon quartzeux presque vertical, de 2 à 5 pieds de large, renfermant du mispickel, de la galène, de la pyrite et de l'or natif, tantôt visible à l'œil, tantôt finement disséminé et invisible. L'or se présente sous forme massive, fibreuse ou pelliculaire, soit dans les terrains encaissants, soit dans les sulfures, soit dans la gangue.
platine (or).
Le platine accompagne l'or dans beaucoup de placers de la région des Cordillères, dans le Yukon et dans la rivière Tulameen dans le sud de la Colombie Anglaise.