‹ Esquisse iconographique sur quelques nainsChapitre 6 sur 6 · T. XXIV. PI. XV · texte numérisé non relu

T. XXIV. PI. XV

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(P. E. Launois). |

Masson & Cie, Éditeurs.

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de nain achondropIasique(PI.XV).Son histoire mérite d’être résumée. Fils d’un pauvre pêcheur, il était né à Jelot, dans la Frise occidentale, en 1 730. Ses parents étaient d’une taille ordinaire et eurent sept autres enfants qui ne présentaient rien de particulier dans leur conformation. Dès sa jeunesse, Wybrand montra de si rares dispositions pour la mécanique que, lorsqu’il eut atteint l’âge de quinze ans, son père le conduisit à Amsterdam etlemit en apprentissage chez un des premiers horlogers de la’ville.Il devint rapidement un très habile ouvrier, s’établit à Rotterdam où il se maria. Plus tard, soit que ses affaires ne fussent pas brillantes, soit qu’il pensât gagner plus facilement de l’argent en se montrant au public, il abandonna sa boutique d'horlogerie pour voyager de ville en ville et venir à Londres en 1790. Il avait alors 60 ans et sa taille ne mesurait que 27 pouces (0 m. 64) de haut. Sa femme se montrait toujours à côté de lui en public et, bien qu’elle fût d’une stature fort 'ordinaire, elle était obligée de se baisser beaucoup pour lui donner la main. Ils ont eu trois enfants, dont un, mort à l’âge de 20 ans, mesurait cinq pieds et sept pouces de haut. Malgré l’exiguïlé de sa taille et son apparence un peu lourde, Lolkes était d’une agilité remarquable, d’une force peu commune ; il pouvait, sans efforts, sauter à pieds joints du parquet sur une chaise. Sous le rapport du caractère, il était généralement morose et très vaniteux.

« Mynhere Wybrand Lolkes, le célèbre homme en miniature, de la Fl *ise Occidentale et Madame Lolkes, son épouse, qui ont eu trois enfants, tous vivants et baptisés. » Telle est la traduction de la légende qui accompagne la gravure.

L’artiste n'a oublié aucun détail ; il a soigneusement figuré et les membres raccourcis et la main en scie, déformations si particulières sur lesquelles Pierre Marie a, depuis, avec juste raison attiré l’attention. La chaise, figurée à côté des deux personnages, a pour but de mettre en valeur la petitesse du nain ; peut-être même est-elle symbolique, cherchant à faire devinerla façon dont pouvait s’égaliser la taille du nain et celle de sa femme.

Les épreuves photographiques et radiographiques, que nous avons aujourd’hui à notre disposition, sont, à la vérité, plus précises et plus scientifiques. Les estampes, que nous ont laissées les peintres et les graveurs n’en sont pas moins des plus suggestives, car, tout en constituant des documents de grande importance, elles nous montrent comment on savait, au temps passé, allier la plus scrupuleuse exactitude au sens le plus artistique.

lmp. J. Thevenotj Saint-Dizier (Haute-Marne).

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