‹ Esquisse sur la GaspésieChapitre 11 sur 15 · YOIEFJE— PORTS DE MER ET NAVIGATION · texte numérisé non relu

YOIEFJE— PORTS DE MER ET NAVIGATION

La Gaspésie est entourée par un chemin bien supérieur, en ‘général, à ce que l’on voit dans les autres parties de la province de Québec. Ce chemin est un peu accidenté en certains endroits ; mais il est partout dur et aussi carossable qu’un chemin macadamisé. Nous ne connaissons rien de plus beau que la partie de cette grande voie publique qui traverse la vallée de la Métapédia, puis longe les bords de la baie des Chaleurs et du golfe Saint- Laurent jusqu’au

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village de Gaspé. Nous y avons voyagé pendant six semaines continuellement et sans éprouver la moindre fatigue. L’autre partie, surtout le chemin maritime^ n’est pas aussi belle, mais n’en est pas moins un bon chemin carossable. Dans les endroits peu habités, le gouvernement veille lui-même à l’entretien du chemin, qui est toujours maintenu en très bon état.

Outre ce grand chemin, il y en a beaucoup d’autres dans les endroits malheureusement trop peu nombreux où la colonisation a pénétré dans l’intérieur et s’est un peu éloignée des bords de la mer. Ces chemins sont aussi eh bon état et l’on peut dire sans crainte que sous le rapport de la voierie, la Gaspésie l’emporte beaucoup sur presque toutes les autresparties de la province. Le sol est si propice, si bien égoutté, que tous les chemins qu’on ouvre deviermont beaux aussitôt.

Actuellement, il n’y a qu’un chemin de fer dans la Gaspésie, l’Intercolonia], qui traverse la vallée .de la Métapédia et va du nord au sud depuis le Saint- Laurent jusqu’à la rivière Eistigouche, distance d’une centaine de milles. Le chemin de fer de la Baie des Chaleurs, actuellement en voie de construction, traversera la partie sud de la péninsule et reliera la station de Métapédia, sur l’Intercolonial, au Bassin de Gaspé, qui en est éloigné d’environ 200 milles.

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Le premier tronçon, long d’une centaine de milles, aboutira au port de Paspdbiac et sera bientôt mis en exploitation. La compagnie chargée de conduire cette entreprise à bonne fin compte parmi ses directeurs quelques-uns des hommes les mieux posés dans la finance et les affaires de chemins de fer. Pour les cent milles compris entre Métapédia et Paspébiac, la compagnie a du gouvernement de Québec une subvention de 1,000,000 d’acres de terrain, et du gouvernement fédéral un subside de $620,000 en argent, ce qui assure le succès de l’entreprise.

A la session de la législature de Québec, en 1883, il a été incorporé une autre compagnie pour construire un chemin de fer dans la partie nord de la Gaspésie, ‘‘ depuis un point quelconque sur l’Intercolonial, entre Eimouski et Petit-Métis, jurqu’au ou près du Bassin de Gaspé, en passant par Matane, Cap-Chatte et Sainte- Anne-des-Monts. Ce chemin de fer aurait environ cent quatre-vingts milles de longueur puis compléterait un réseau qui entourerait toujte la Gaspésie et formerait environ cinq cents milles de voie ferrée.

Mais les habitants de la Gaspésie ont un autre moyen de transport et de communication qui a bien ses avantages : la navigation. Avec leurs barges^ ils font aisément les petits transports d’une localité à

une autre et, dans le haut de la baie des Chaleurs, de leurs résidences aux stations de rintercolonial, qui longe le rivage sud de cette baie jusqu’à Bathurst. Ce transport est peu coûteux et presqu’aussi prompt, aussi rapide que celui que pourraient fournir les chevaux et les chemins ordinaires. Pour les grands transports, principalement sur côte du nord et de l’est, il y a les goélettes, qui font un trafic considérable et constituent le moyen de transport le plus en vogue pour Téchange des produits naturels et des marchandises entre ces localités et Québec ou les autres centres de commerce où s’écoulent les produits de la Gaspésie. Ce transport en goélettes est très peu dispendieux et à la portée de tous les habitants de cette région.

Le commerce avec les pays étrangers, c’est-à-dire les neuf dixièmes du commerce de poisson, se fait par des navires '^venant d’Europe. Ces navires prennent ordinairement leurs cargaisons à Gaspé, à Percé et Paspébiac, qui sont des ports sûrs et commodes, notamment ceux de Paspébiac et de Gaspé. Ce dernier se trouve au fond de la baie du même nom et peut contenir sans peine une flotte de mille grandes voiles. Il y a aussi de bons quais à Paspébiac, mais l’eau n’est pas aussi profonde. A Percé, il n’y a pas de quai, mais les bâtiments peuvent charger et déchar-

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ger en rade avec la plus grande facilité. La même chose pourrait se faire en beaucoup d’autres endroits^ notamment à rAnsé-du-Cap, au Port-Daniel, etc. Tl y a un beau quai à Carletoii pour les navires d’un faible tirant d’eau et la baie de Ti’agadigèclie offre un liavre aussi sûr qu’il est commode aux navires tirant trop d’eau pour accoster à ce quai. Quant à la navigation de la baie des 'Chaleurs, elle est des plus sûres et des plus faciles, puisqu’elle se fait au large, en pleine mer, et qu’elle n’est obstruée par aucune île, aucun récif ou obstacle quelconque.

Il y a deux lignes de steamers qui déserve it la Gaspésie: la ligne des vapeurs de Québec et colle do Campbelltown à Gaspé. La première, comme sor. nom l’indique, met les ports de la partie nord-est de la Gaspésie, jusqu’à Percé, en communication directe avec Québec, Montréal et les villes de la Nouvelle' Ecosse. L’autre fait le service entre Campbelltown^ où elle se rattache au chemin de fer Intercolonial, et toutes les localités de la baie des Chaleurs, jusqu’à Gaspé. Elle reçoit une subvention du gouvernement pour le transport des malles. Le steamer de cette ligne fait deux trajets par semaine, aller et retour, et celui de la ligne de Québec ordinairement deux voyages par mois, jusqu’à Montréal. Le petit steamer Beaver, qui appartient à un négociant de Québec,

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fréquente aussi les ports de la Gaspésie et fait escale à presque toutes les localités.

Comme on le voit, les moyens de communication ne manquent pas aux habitants de la Gaspésie et ces nombreux moyens de transport sont comparativement très peu dispendieux. Il est vrai que cela ne dure que six ou sept mois par année; mais cet inconvénient disparaîtra avec la construction du chemin de fer de la baie des Chaleurs, qui est en voie de progrès. Du reste, il y a toujours Tlntercolonial qui est à la portée, hiver comme été, de la plus grande partie de la population de la Gaspésie et la met en communication régulière avec toutes les grandes villes du Canada.

CHAPIÏEE X

COMMERCE — IMPORTATIONS ET EXPORTATIONS — TON NAGE DES DIFFÉRENTS PORTS — PAYS AVEC LESQUELS SE FAIT LE COMMERCE

Le commerce extérieur de la Gaspésie est enregistré aux ports de Gaspé, Percé et New-Carlisle, ou Paspébiac. C’est dans ces trois ports, et les ports intérieurs qui en dépendent, que sont inscrites les

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importations et les exportations de la partie sud de la Gaspésie. Celles de la partie nord dtant enregistrées à Québec ou Eimouski, il est à peu près impospossible de les distinguer et de donner des statistiques complètes et exactes sur le commerce extérieur de la région du nord, commerce qui est considérable, puis qu’il comprend l’exportation du bois, du poisson, etc.

A partir de 1867, le tableau du commerce de la Gaspésie semble accuser une diminution constante. Cette diminution n’est qu’apparente et s’explique par plusieurs circonstances bien connues. Avant la confédération, tout le commerce qui se faisait entre h. Gaspésie, puis la Nouvelle-Ecosse et le Nouveau- Brunswick, figurait naturellement dans le commerce extérieur, ou avec l’étranger, vu que ces deux provinces ne formaient pas alors partie du Canada. Depuis la confédération, les douanes ainsi que les restrictions commerciales qui existaient à l’égard de ces provinces ont été abolies et tout le commerce qui se fait entre elles et la Gaspésie est passé dans le domaine du commerce intérieur, ce qui diminue d’autant les cbiffres du commerce d’importation et d’exportation des ports de Gaspé et de la baie des Chaleurs. Aujourd’hui, une bonne partie du poisson qui s’exportait directement de ces ports est expédiée à Halifax et là embarqué sur les navires qui le transportent à l’étran*

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ger, en sorte que le chiffre de ces exportations se trouve dans les régistres du port d’Halifax au lieu de ceux des ports de la Gaspésie. Il en est de même pour une partie des importations.

Une autre cause qui a fait diminuer en apparence le chiffre de ces importations, c’est rétablissement de lignes de steamers et du- chemin de fer Intercolonial. Il y a eu d’abord le ligne des vapeurs de Québec et des ports du golfe, qui a eu pendant plusieurs années jusqu’à trois steamers pçur faire le service du commerce entre Québec et les ports de la baie des Chaleurs. Lç Beaver, appartenant à M. Alexandre Eraser, est entré peu après dans la même ligne. Enfin le chemin de fer Intercolonial a été ouvert au trafic^ il y a plusieurs années,- entre Québec et les ports de la baie des Chaleurs. Ces nouveaux moyens de transport ont fait une révolution dans le commerce d’une, bonne partie de la Gaspésie et aujourd’hui presque tous les articles de consommation qui s’importaient directement de l’étranger dans les ports de Gaspé et New-Carlisle s’achètent à Québec, Montréal et Toronto, puis sont expédiés par la navigation à vapeur ou les chemins de fer, ce qui diminue d’autant le chiffre des importations et du commerce extérieur. Il se fait autant, même beaucoup plus d’affaires commerciales dans la Gaspésie, mais elles se font' avec

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les grandes villes du pays et n’apparaissent pas dans les tableaux des importations aux ports de Gaspé et New-Carlisle.

Ainsi s’explique la diminution apparenté, dans ce commerce, qui semble ressortir du tableau suivant :

Gaspé New-Carlîsïe Percé Total

Expor.

Iinpor.

Expor.

Iinpor.

Expor. Impor.

Export.

Impor.

La plus grande partie de ces exportations se compose de poisson. Les détails ne se trouvant pas dans les Tableaux du Commerce et de la Navigation ; mais les renseignements qui suivent, fournis au département de la Marine en 1871 et qui s’appliquent exclusivement au port de Gaspé, montient que le poisson forme la plus grande partie de ces exportations.

Tableau des exportations et du nombre des bâtiments déclarés à Ventrée et à la sortie au port

de Gaspé durant Vannée 1 87 1

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