‹ Esquisse sur la GaspésieChapitre 13 sur 15 · MERCK ET DE LA COLONISATION · texte numérisé non relu

MERCK ET DE LA COLONISATION

Ce qui a manqué jusqu’à présent à la province de Québec pour lui donner le premier rang, au point de • vue du commerce de transit, c’est un port de mer permanent, c’est-à-dire accessible pour la navigation océanique en hiver comme en été. Durant cette dernière saison, notre belle voie du Saint- Laurent est sans rivale et offre incontestablement les plus grands avantages à l’exportation des produits agricoles de l’Ouest; mais du moment que Tliiver arrive, les ports de Québec et de' Montréal sont bloqués par les glaces et les immeqses quantités de produits venant de l’Ouest parchemin de fer sont ol)ligées de prendre la voie des Etats-Unis pour atteindre la navigation océanique dans les ports américains. C’est-à-dire que nos chemins de fer perdent une grande partie du trafic venant de l’Ouest parce que nous n’avons pas, dans la province, un port de mer accessible en hiver et par les chemins de fer et par^ la navigation.

LA GASPÉSIE

Eh bien, ce port d’hiver nous l’avons dans la baie des Chaleurs, à Paspébiac, et il ne faudrait construire qu’une centaine de milles de chemin de fer pour nous en assurer tous les avantages. Contrairement à l’idée erronée, malheureusement trop répandue, la navigation de, la baie des Chaleurs, — que l’on pourrait appelée la Méditerranée du Canada — n’offre pas le moindre obstacle sérieux à la navigation durant les mois d’hiver, au moins du côté de la province de Québec. Jusqu’à Pa,spébîac et même plus loin en allant vers l’ouest, la surface de la mer est toujours libre de glace et ne présente aucune obstruction à la marche d’un navire, surtout d’un navire à vapeur. Il n’y a pas, non plus, entre la baie des Chaleurs et ïerreneuve de glaces dans le golfe qui puissent affecter la navigation. Enfin, en tout temps de l’année un navire à vapeur peut faire sans la moindre difficulté le trajet entre Paspébiac et Liverpool. A ceux qui auraient quelque doute sur ce point, nous recommadons la lecture du rapport fait en 1874 par un comité spécial nommé pour s’enquérir de la route la plus courte pour le transport des malles et des passagers entre le Canada et l’Europe et de trouver sur les rives canadiennes un havre accessible en hiver et en été, pour être le terminus de la route la plus courte.” Ce comité était présidé par riion. Robitaille, actuellement lieutenant-gouverneur de

142 LA GASPÉSIK

Québec et alors député de Bonaventure. Après avoir obtenu le témoignage d'hommes choisis parmi les plus compétents, ce comité a fait au sujet de Paspébiac le rapport suivant :

Le port de Paspébiac,, situé sur la "côte nord de la baie des Chaleurs, offre tous les avantages d'un havre de première classe, car, d'après les témoignages, il est accessible en toute saison.

‘‘ En examinant le mérite et les désavantages du havre de Paspébiac, votre comité a jugé à propos de se renseigner de son mieux sur la navigation du golfe Saint-Laurent.

‘‘ D’après le témoignage du col. Farijana, basé sur de soigneuses études hydrographiques, il appert que les parties sud et ouest sont navigables en toute saison.

“ Il a été démontré à votre comité que les glaces polaires apportées dans le golfe par le détroit de Belle-Isle se dirigent au nord-est d'Anticosti avec une vitesse d'un demi-mille à l'heure, que les glaces du fleuve Saint-Laurent suivent la rive sud de la même île avec une rapidité de deux milles à l'heure ; que le courant du fleuve, qui est plus fort, force les glaces polaires à se diriger vers la rive sud de Terreneuve et laisse ainsi libres, tel qu'il vient d'être dit, les parties méridionale et orientale du golfe.”

LA. GA6PÉSIE 143

. Le témoignage du col. Farijana est positif des plus favorables au port Paspébiac.

“ Le golfe du Saint-Laurent, dit-il. étant navi~ gable en toutes saisons, il est évident que Paspébiac offre le plus d’avantage. Par sa position géographique, le Canada en possède l’entier contrôle. Il est plus rapproché des grands centres du Canada qu’Halifax ou Louisbourg. Au point de vue commercial, il est préférable, parce que le trajet par chemin de fer serait moins long, et par conséquent tout le parcours moins dispendieux.”

Il est bon de remarquer que ce témoignage du col. Farijana n’est pas basé que sur des études théoriques, mais aussi sur l’expérience pratique. Ce monsieur, en effet, a fait la navigation du golfe Saint-Laurent et de la baie des Chaleurs durant l’hiver. Lors de l’affaire du Trent, en 1861, il a passé l’hiver en qualité d’ingénieur hydrographe à bord du navire de guerre que le gouvernement américain a tenu en croisière dans le golfe pendant l’hiver afin d’empêcher les vaisseaux des Susdites d’aller se réfugier là pour faire la course aux navires marchands du nord. Le vaisseau à bord duquel le col. Farijana sc trouvait a fait la croisière dans le golfe sans plus de difficulté qu’en été, ce qui prouve bien que les difficultés imaginaires dont on a parlé quelquefois ne sont que des

LA GASPÊSIE

rêves dont il est flicile de prouver rinanité. Il en sera de la navigation d’hiver comme il en a été de la navigation d’été : on a prétendu: longtemps que celle- -ci était impraticable ; mais rexpérience s’est chargée de démentir cette absurde prétention et les' vingtdeux lignes de steamers, sans compter les voiliers^ qui font le trajet entre les ports de rEurope et ceux, de Québec et Montréal attestent d’une manière assez tangible que la voie du golfe Saint-Laurent ne présente aucun obstacle et constitue l’ime des plus belles lignes de navigation océanique qu’il soit possible d’imaginer.

Pourtant, la navigation de la baie des Clialeurs est encore plus facile. Ici, il n’y a ni îles, ni écueils, ni hauts-fonds, presque partout un navire peuvt approcher à quelques arpents des côtes sans avoir à craindre les récifs, enfin la navigation se fait comme en haute mer, avec la seule différence que les vagues et les vents sont moins forts. Et remarquons en passant que par la voie de la baie des Chaleurs on évite les dangereux courants de la baie de Fun<ly, le cap Sable et les autres endroits dangereux qui rendent si fertile ‘ en naufrages la voie sniviq par les navires qui fréquentent les ports américains. Cette considératiou seule suffirait à établir la supériorité de la voie de labaie des Chaleurs.

IA GASPÊSIE

Mais il eti est une autre plus importante : Tabréviation de la distance entre les ports de la Grande- Bretagne et ceux du Canada. En prenant Montréal pour point de comparaison, on trouve les résultats suivants :

De Liverpool à Paspébiac, navigation 2,500 milles

De Paspébiac à IMétapédia par le chemin de fer de la

baie des Chaleurs, en construction 101 milles

De Métapédiac, à la jonction de la Chaadière, par

l’Intercolonial 2D4

De la jonction de la Chaudière à Montréal, par la

Grand-Tronc 163 » 568 «

De Liverpool à Montréal, via Paspébiac 3,066

De Liverpool à Halifax, navigation 2,480 milles

D’Halifax à la jonction de la Chaudière par l’Iuter-

colonial 683 railles

De la jonction de la Chaudière à Montréal, par le

Grand-Tronc 163 “ 843 “

Do Liverpool à Montréal, via Halifax 3,323 “

De Liverpool àPortland, navigation (1) 2,796 milles

De Portland à Montréal, par le Grand Tronc 297 “

De Liverpool à. Montréal, via Portland 3,093 “

C’est-à-dire que la voie de Paspébiac est de 25 milles plus courte que celle de Portland et de 255 milles plus courte que celle d’Halifax.

En prenant la vitesse moyenne des steamers et des trains de voyageurs, on trouve les chiffres suivants :

Heures de navigation Chemin de fer Total

Par Pasi>ébiao 156.25 22.75 179.00

« Portland 174.75 12.00 186.76

« Halifax 165.00 33.75 388-75

{1) Cliiffire étàUl par Sandford Flemming.

LÀ^ GASPÉSIE

Pour la durée du trajet, la voie de Paspébiac l’emporte donc de 7.75 heures sur celle de Portland et de 9.75 heures sur celle d’Halifax, ce qui a bien son importance pour le transport des malles et des passagers.

Le p>ort de Paspébiac occupe donc une position exceptionnellement avantageuse sous tous les rapports et il est de la plus haute importance de le mettre en communication continue, en hiver comme en été, avec les grandes villes du Canada, afin de conserver aux chemins de fer canadiens le trafic qui aujourd’hui prend la voie des ports américains. Pour cela, il suffit de construire le tronçon du chemin de fer delà baie des Chaleurs, long d’une centaine de milles, compris entre Paspébiac et Métapédia.

Au point de vue du commerce de transit comme du commerce interprovincial, ce chemin de fer de la baie des Chaleurs est absolument nécessaire et sa construction répondra à un besoin pressant, vivement senti.

Il ouvrira aux provinces de l’ouest un nouveau port de mer et, surtout, il ouvrira aux produits variés de la baie des Chaleurs, cette méditerranée du Canada, les marchés de Québec, Montréal, Toronto et Winnipeg. Actuellement, une bonne partie du poisson de mer qui se consomme dans les provinces de

LA. GASPftSlK

Québec, Ontario et Manitoba nous vient des Etats- Unis. En 1882, ces impoi tâtions se sont élevées pour les trois provinces à 7,509,253 livres, ou 3,753. 55 tonnes, et à $288,559. Ces importations sont ainsi réparties par chaque province :

Morue, aigrefin Ontario Québec Manitoba

lingue

1,691,716 Ibs

$74,396 3,187,480 Ibs $122,299

104,660 Ibs $2,598

Hareng

Maqueroiiu. .

Autre poisson

Homard. . ,

Saumon

Totaux

Une grande partie de ce poisson est prise dans nos pêcheries puis transportée sur les marchés américains et de là expédiée sur les nôtres. Pourquoi ne réaliscrions-nous pas nous-mêmes les profits que donne ce commerce ? Tous les poissons, surtout le saumon, abondent dans îa'baie des Chaleurs et les eaux qui entpurent la Gaspésie ; ce qui manque, c’est un moyen de transport rapide. Eh bien, avec le chemin de fer de la baie des Chaleurs, relié à rintercolonial, nous aurons ce moyen de transport et nous pourrons faire ce commerce nous-mêmes ; nous pourrons encore Taugmenter et nous procurer à meilleur marché du poisson plus frais et de meilleure qualité. K’ous avons surtout besoin de ce chemin de fer pour l’expédition des grandes quantités de poisson sec et salé

LA GASPÉSIE

qu'exigera la consommation des populations toujours croissantes de Manitoba et du Nord-Ouest. Avant peu d'années, nos pechei^rs de la Gaspésie auront là un marché considérable et des plus avantageux. Cela compensera le terrain qu'ils perdent un peu sur certains marchés d’Europe où les pêcheurs de la Norwège, qui ont appris depuis quelques années à bien préparer la morue, commencent à leur faire une concurrence assez difficile à soutenir. Et du moment que le chemin de fer ouvrira ce débouché à nos pêcheurs, il sera facile de l'alimenter, car nos pêcheries sont inépuisables et peuvent produire encore beaucoup plus .qu'elles produisent aujourd'hui.

A ce point de vue, le chemin de fer de la baie des Chaleurs est une entreprise vi'aiment nationale. D'abord, il donnera un nouvel essor à nos pêcheries et en second lieu il amènera une somme considérable de trafic à l'Intercolonial et au chemin de fer Canadien du Pacifique, deux lignes construites aux frais du gouvernement comme entreprises nationales.

L'avenir de la plus belle partie de la Gaspésie dépend de la construction de ce chemin de 'fer. En Amérique, la colonisation n'avance sérieusement qu’avec le développement des voies ferrées et la région qui avoisine la baie des Chaleurs et le golfe Saint-Laurent, entre Matapédia et Gaspé, si bien

LA GASPÉSIE

douée qu'elle soit sous le rapport du sol et du climat, n’échappe pas à cette loi invariable du progrès. Que Ton construise le chemin de fer de la baie des Chaleurs et avant peu d’années la Gaspésie aura une population de 100,000 âmes ; ses richesses forrestières et agricoles seront exploitées, fourniront une large part à l’exportation ; des centres de commerce seront créés, enfin le progrès se fera sentir partout et la Gaspésie prendra le rang qu’elle a droit d’occuper parmi les régions les plus florissantes, non seulement de la province de Québec, mais même du Canada.

Jusqu’à présent, la population agricole de la baie des Chaleurs ne s’est accrue que par l’excès des naissances sur les décès et c’est à peine si elle compte quelques centaines de cultivateurs qui ne sont pas nés dans cette contrée. Il en sera bien autrement quand une voie ferrée longera le bord de la mer. Toutes les belles terres qu’elle traversera seront mieux connues, les produits agricoles s’expédieront sur le& marchés en tous temps de l’anuée, Thiver comme l’été, et alors l’agriculture offrira tant d’avantage qu’elle attirera nécessairement un grand nombre de colons étrangers. Les immigrants d’Europe pourront se rendre là avec la plus grande facilité et du moment que les premiers seront établis, ils formeront indubitablement un noyau qui se grossira d’une

LA GASrÉSIE

grande partie de leurs parents et de leurs amis. Le succès qu’ils ne manqueront pas d’obtenir sera pour les autres un attrait irrésistible. Ce qui se fait actuellement le long de rintercolonial, dans la vallée de la Métapédia, dit assez ce qui se fera dans la région plus riche et plus avantageuse que traversera le chemin de la baie des Chaleurs.

New-Carlisle deviendra avant peu d’années un de nos principaux 'ports de mer, en hiver comme en été, et alors le chemin de fer de la baie des Chaleurs sera incontestablement une des lignes les plus importantes de la province. Ce n’est qu’une question de temps.

CHAPITEE XII

AI)mNrSTHATION civile et religieuse — EGLISES ÉCOLES

Pour les lins de l’administration civile, la Gaspésie est devisée en districts judiciaires, en mnnicipalités de comté et en municipalités locales.

Les comtés de Eonaventure et de Gaspé forment chacun un 'district judiciaire distinct de la partie de cette région comprise dans^ les limites du comté do Rimouski. Le siège du district de Gaspé esta Percé, où se trouvent le palais de justice et tous les oüiciers

LA GASrÉSIE

du tribunal. Le chef-lieu du district de Bouaveutuie ^ est à New-Carlisle. Il fout dire a ‘la louange des Gaspésien^ qu’ils ne donnent pas beaucoup d’occupation aux officiers de justice criminelle et civil^^ puisque les affaires de ce genre, dans Gaspe et Boiiaventure, suffisent à peine pour foire vivre modestement cinq ou six avocu-ts.

La municipalité de comté est administrée par le conseil de comté, qui se compose des maires de toutes les municipalités locales. Le président de ce conseil est le préfet du comté. Ce conseil ne siège que rarement et ne s’occupe que des affaires d’intérêt général pour le comté. Il y un conseil pour chacun des comtés de Bonaventure et Gaspé et le reste de la Gaspésie est soumis au contrôle administratif du conseil de comté de Eimousid.

La municipalité locale, c’est-à-dire de paroisse ou de canton, est administrée par sept conseillers, dont le président s’appelle maire, élus par les contribuables de la paroisse ou du canton. Ce conseil s’occupe de voierie ainsi que de toutes les affaires de police et d’administration locale. En 1880, il y avait douze municipalités locales dans le comté de Bonaventure et seize dans celui de Gaspé.

L’administration des écoles est sous le contrôle des commissaires et des syndics d’écoles, qui perçoivent

LA GASPÉSIE

les taxes scolaires et veillent à tout ce qui concerne les écoles. Ces commissaires et ces syndics sont élus par les contribuables, qui ont ainsi le contrôle indirect des sommes qu’ils paient pour les fins de Tinstruction publique.

Dans la Caspésie, comme dans toutes les autres parties de la province de Québec, l’instruction primaire est obligatoire, en ce sens que tous les citoyens sont tenus de contribuer au maintien des écoles, au moyen d’une taxe modique imposée sur leurs propriétés et produisant un montant égal à la subvention scolaire accordée par le gouvernement à chaque minicipalité. Chaque père de famille est tenu en sus de payer une rétribution mensuelle, variant de vingt-cinq contins à deux francs, pour chaque enfant en âge de fréquenter l’école, (de sept à quatorze ans) qu’ils y assis- ' tent ou non.

Les deniers publics affectés à l’enseignement sont répartis proportionnellement à la population et au nombre d’élèves qui fréquentent chaque école primaire ou aufre institution d’éducation. Une somme de quarante mille francs est affectée annuellement au soutien des écoles dans les municipalités pauvres, en sorte que les personnes qui n’ont que le nécessaire ne sont pas inquiétées pour leurs contributions scolaires, ^

TA GASPÊSIE

Dans les localités de religions diverses, c’est la majorité religieuse qui gouverne. Si la minorité n’est pas satisfaite de Tadministrution des écoles, en ce qui la concerne spécialement, elle n’a qu’à fiiire le choix de trois syndics pour diriger ses ]iropres écoles et à signifier sou dissentiment au président des commissaires. Dès lors les écoles de la minorité prennent le nom d’écoles dissidentes et les syndics sont investis à leur égard des memes ])ouvoirs que les commissaircs à l’égard de celles de la majorité. Toutefois les commissaires continuent de prélever les contributions sur toute la municipalité, mais à la. charge de remettroi aux syndics le montant prélevé sur les contribuables dissidents, ainsi qu’une partie de la subvention publique proportionnée à leur nombre.

Grâce à ces garanties la minorité, qu’elle soit catholique ou qu’elle soit protestante, n’a jamais à redouter aucune oppression et la plus parfaite harmonie ne cesse d’exister entre les différentes croyances.

Les recettes des commissaires d’écoles proviennent de trois sources : les taxes, la rétribution mensuelle et la subvention du gouvernement. Les taxes sont prélevées sur toutes les propriétés foncières. La rétributibn mensuelle est une taxe que paie chaque enfant en état de fréquenter l’école. Ces taxes sont presque insignifiantes, ainsi que cela se voit par les

LA GASPÉSIE

chiffres suivants, qui indiquent le montant des recettes scolaires provenant de chaque source de revenu :

Bonaveniure

Cotisations $10,595.80

nétribution mensuelle 2,468.39

Subvention du gouvernement 3,823,29

Gaspé $10,429 67 547.55 1,918.29

Ces deux totaux forment $29,773.99 ; mais il n’a été payé que $24,032.41 par les contribuables : >$13,- 064.19 par ceux de Bonayenture et $10,968.22 par ceux de Gaspé. Ces différentes sommes ont été employées à l’entretien de 139 écoles, 105 catholiques et 34 protestants, fréquentées par 600 élèves. Tous ces chiffres sont tirés du Rcqrport du Surintendant de V Instruction pour Vannée 1881-82. Il est impossible de donn:.r des détails pour la partie de la Gaspésie comprise dans Bimouki, vu que le rapport ne donne que les totaux pour tout le comté. Dans tous les cas, les détails qui précèdent montrent que l’instruction élémentaire ne fait pas défaut dans la Gaspésie, puisqu’il y a une école par 43 élèves et que cette instruction ne coûte pas cher aux habitants, qui ne paient pour cette fin que 52 centins par tête dans Gaspé et 69 centins dans le comté de Bonaventure, où les écoles sont très bien tenues, grâce au zèle des

LA GASrÉblE 155

habitants pour tout ce qui se rattache à rinstruction de leurs enfants.

Pour ce qui regarde le service religieux, les curés catholiques reçoivent la dîme, c'est-à-dire le vingtsixième des céréales et des pommes de terre, en certaines localités. La Gaspésie forme partie du diocèse de Kimouski, qvâ a pour titulaire Mgr Jean Langevin et dont le siège est dans la ville de Eimouski. Le clergé catholique de la Gaspésie se compose d’environ cent prêtres.' Les ministres du culte protestant sont entretenus au moyen dé contributions par les membres de leur congration et par les secours qu’ils reçoivent de certaines associations formées dans les grandes villes pour venir en aide aux congrégations trop pauvres ou trop peu nombreuses pour entretenir un ministre exclusivement à leurs frais. G’est assez dire que pour les catholiques comme pour les protestants, les frais de culte et de service religieux s’élèvent comparât! vent à bien peu de chose.

Au point de vue des croyances religieuses, le recensement de 1881 répartit la population de la Gaspésie comme suit :

Bonaventurc Gaspê IlimousJci Gaspésie

Catholiques 13,877 17,755 16,725 48,357

Anglicans.... 2,173 2,536 15 4,724

Méthodistes : 132 319 147 598

Presbytériens 2,670 43 365 3,078

Diverses sectes 56 32 15 103 t

LA GASPÊSIE

C’est-à-dire que la population catholique forme 85 pour 100 de la population totale.

Toutes ces données montrent que pour ce qui regarde radministration civile et religieuse, la Gaspésie jouit d’une organisation complète et n’a rien à désirer. L’Européen qui émigre dans cette région si favorisée par la nature est sûr d’y trouver tout ce qu’il faut pour faire respecter ses droits, pratiquer son culte religieux et faire instruire ses enfants.

CHAPITEE XIV

Page 1