‹ Esquisse sur la GaspésieChapitre 3 sur 15 · TOUTE · texte numérisé non relu

TOUTE

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Comme on le voit, pour la décade comprise eiitre 1871 et 1881, c’est le comté de Eimouski qui accuse

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le plus fort taux d’augmentation; il excède Gàspé de 0.29 et Bonaventure de 9.62 pour 100. Cela est du en grande partie à la construction du chemin de fer Intercolonial, qui a facilité l’accès de beaucoup do terrains auparavant inaccessibles ou trop éloignes et stimulé puissamment la colonisation.

A l’exception de la partie comprise dans le comté de Eimouski, c’est-à-dire de la 'partie de ce comté désignée au recensement de 1871 sous le nom de Rimouski-Est, il n’y a pour ainsi dire qu’une seule concession d’établie dans la Gaspésie, celle qui avoisine le bord de la mer. Les habitations forment une lisière qui entoure complètement le grand plateau de l’intérieur, et c’est à peine si dans Shoolbred, le long de la rivière Nouvelle et dans quelques autres localités, on aduvert quelques lots dans les concessions de rintérieur et fait de courts chemins pour y conduire. La colonisation a là un vaste champ d’exploitation, et si toutes les ressources, les richesses naturelles, les facilités d’établissement de cette belle région étaient bien connues dans notre province, appréciées à leur juste valeur par les hommes qui sont en position d’aider efficacement la colonisation, enfin si ces richesses, ces ressources, ces facilités d’accès des parties intérieures étaient bien mises à la connaissance des immigrants. d’Europe, il est incontes-

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ble que le courant de rimmigratiori se dirigerait sur cette partie de la province de’ préférence aux autres et qu’au prochain recensement la Gaspésie aurait une population d’au moins 100,000 âmes. Qu’on fasse de Paspébiac un port de mer régulier, en reliant cette localité à l’Intercolonial par un chemin de fer, et avant dix ans la région de Gaspé sera entièrement transformée, deviendra rune des parties les plus riches et les plus avancées de la province et meme du Canada.

CHAPITEE II

TOPOGUAriIIE — MONTAGNES — EIVIÈRES — LITTORAL — PRINCIPAUX CENTRES DE POPULATION —

PLACES d’eau

La Gaspésie forme un immense plateau dont le principal versant incline vers la paie des Chaleurs. Ce plateau est divisé en deux parti-^s distinctes ]jar les monts Notre-Dame, qui ne sont que l’extrémité orientale de la chaîne des Alleghanys. A partir de Gaspé, l’axe de cette arête montagneuse longe la rive méridionale du golfe Saint-Laurent, à une douzaine de milles du bord de^la mer. La partie la plus élevée a une largeur qui varie de deux à six milles. En par-

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tant de Gaspé, ces montagnes gagnent vers Tintérienr, dans la direction du nord-ouest, puis se retournent vers Touest aux environs de Sainte-Anne-des-Monts et du Cap-Chattes, où elles prennent la direction du sud-ouest. Les parties les plus élevées se trouvent dans la région où la rivière du Cap-Chat et la rivière Matane prennent leurs eaux : là, il y a des sommets qui ont jusqu’à 3,973 pieds de hauteur.

Ces montagnes, cependant, ne forment pas une chaîne continue, car les principales rivières qui se jettent dans le golfe Saint- Laurent ont leurs sources au delà et au sud de la ligne décrite par cette série de monts isolés.

Sous le rapport de la continuité et de l’altitude, cette chaîne de montagnes est d’un caractère varié. L’arête principale ou l’axe de cette chaîne est à une distance du Saint-Laurent qui varie de douze à vingtcinq milles. En arrière de Métis, le sommet de ces montagnes ne s’élève que rarement à plus de seize cents pieds, et cette région constitue plutôt un haut plateau, accidenté par quelques pics élevés, qu’une rangée de montagnes continue.

Sans être d’une qualité supérieure, le sol est pour la plus gTande partie susceptible de culture et s’améliore en allant vers le Saint- Laurent, où l’on rencontre généralement dès teirains glaiseux, profonds et fer-

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tiles, surtout dans la vallée de la rivière Métis. Au nord de cette rangée de monts élevés, il y a une autre lisière montueuse, mais plus basse, au delà de laquelle s’étend une bande de terre fertile qui a parfois une largeur considérable. ' Cette bande ainsi que les terrains bas qui bordent le fleuve et rembouchure des rivières dont il reçoit les eaux, sont très propres à la culture et presque partout recouverts d’établisse-^ ments. A la rivière Sainte- Anne, la chaîne se diviseen deux branches, dont Tune court au sud teandis que l’autre s’avance vers le fleuve. A Mont-Louis, la chaîne incline à l’est et son élévation diminue en allant vers le cap Gaspé, où elle se termine, laissant sur une longueur de vingt milles au-dessus du cap liosier, entre elle et le golfe, une large lisière de bonne terre.

Au sud de cette chaîne, il y a une grande valléeintérieure dont la surface est en plusieurs endroitsaccidentée par des hauteurs ou rétrécie par les terrains montueux qui la bordent de chaque côté, au nord et au sud. Sa largeur varie de dix à trentemilles et elle offre généralement tous les caractèresd’un plateau élevé. Le sol de cette grande vallée est pauvre et léger en certains endroits, pierreux en d’autres, mrâs il est généralement arable et fertile. Il y a même de grandes étendues d’excellentes teiTes„

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notammenl dans la région où la rivière Matane a ses sources et le long du cliçmin Kempt.

Du côté de la baie des Chaleurs et formant la limite sud de la vallée intérieure qui vient d’être décrite, il y a une autre ligne de hauteurs, accidentée en plusieurs endroits par des monts de peu d’étendue, mais d’une certaine élévation. V ers l’angle nord du

comté de Bonaventure et pas loin des bords de la rivière Bonaventure, trois de ces monts ont respectivement 1,394, 1,324 et 1,757 pieds d’altitude. Le mont Conique, vers les sources de la rivière Cascapédia, a 1,910 pieds de hauteur.

Le versant méridional de cette rangée de hauteurs s’abaisse graduellement jusqu’à la baie de.S' Chaleurs. Il forme une bande de bons terrains arables, large de vingt à trente milles, offrant tous les caractères d’un plateau un peu élevé vers sa limite septentrionale, coupée transversalement par les vallées profondes et étroites au milieu desquelles coulent les grandes rivières qui ont leurs sources dans le plateau intérieur situé au nord de la rangée montueuse qui vient d’être décrite. La lisière qui borde la baie des Chaleurs est partout formée par des terrains d’excellente qualité. Depuis ^la Poînte-au-Maquereàu jusqu’à la rivière Cascapédia, le littoral décrit en s’avançant dans la mer une courbe qui augmente considérablement la

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largeur de cette lisière de bons terrains arables. Le sol est uni et Ton pourrait avec avantage former des établissements jusqu’à une trentaine de milles de la côte. A l’ouest de la rivière Cascapédia, la surface du'sol est plus accidentée et presque toutes les pointes qui projettent dans la mer sont dominées en allant dans l’intérieur par des montagnes isolées, mais qui ont jusqu’à 1,800 pieds d’élévation, comme Je mont Tràcadigèche, en arrière de Carleton.

Le long de la rivière Eistigouclie, les montagnes sont moins élevées et bordent presque la rivière. Ces montagnes offrent au regard les paysages les plus pittoresques qu’on puisse imaginer. Leurs flancs quelquefois abruptes, mais généralement inclinés en pentes douces, sont entourés par des vallées d’une étendue considérable et de la plus grande richesse.. Le sol, même sur la cîme des montagnes, est partout riche, fertile et généralement exempt de roches, puis couvert de belles forêts de bois dur. La vallée de la rivière Nouvelle forme la plus belle partie de cette région montueuse, mais possédant un sol qui sous le rapport de la fertilité ne le cède en rien à celui des plus riches régions de la vallée du Eichelieu et du Saint-Laurent.

Vu de la mer, le littoral de la Gaspésie n’offre à l’œil qu’une série continue de paysages magnifiques,

OÙ le pittoresque le dispute au grandiose. Du côté du golfe, le rivage forme une ligne courbe à peu près régulière et dont la course n’est accidentée que par de petites sinuosités, à peine perceptibles à une légère distance. Il n’y a d’enfoncements un peu considérables qu’à l’embouchure des principales rivières, dont l’estuaire forme ce qu’on appelle dans le langage du pays des barachois.

L’entrée de ces rivières fournit généralement aux goélettes et aux navires d’un faible tirant d’eau des mouillages où ils peuvent attérir avec plus ou moins de facilité. A Matane, à Sainte-Anne, à la Eivière- Blanche, à Mont-Louis, à rAnse-à-Griffou, à la Eivière-au-Eenard, il y a de ces mouillages qui constituent autant de petits ports fréquentés par les goélettes employées à la pêche ou au tîommerce de cabotage.

A Sainte-Anne, le village est bâti sur une presqu’île sablonneuse, formée par un barachois et l’embouchure de la rivière. Les habitations s’étendent le long du fleuve, de chaque côté de ce point central. rUne grève de sable blanc, ferme et unie, s’étend .autour de l’anse. Vers l’intérieur, à quelque distance du fleuve, le terrain s’élève et les collines s’étagent les unes au-dessus des autres jusqu’à ce qu’elles se terminent par les Chic-chocs, dont quelques cîmes,

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■dans les environs, ont plus de trois mille cinq cents pieds de hauteur.

Plus loin que Sainte- Anne, en descendant, on aperçoit les Cheminées, rochers ainsi nommés à cause de leur forme, et plusieurs gentilles cascades de cinquante à soixante pieds de hauteur, dont la blancheur contraste avec la teinte sombre des arbres voisins. Toute cette côte, depuis Sainte-Anne, est haute, escarpée, coupée par de profondes ravines. Dans rintérieur, les terres sont bonnes et pourraient nourrir un orand nombre de familles.

A trente-six milles plus bas que Sainte-Anne est Mont-Louis, remarquable par Tabondancd de la pêche, la fertilité des terres de la vallée et tes avantages de son port pour les petits bâtiments employés aux pêcheries. Le blé mûrit ici aussi bien que dans les environs de Québec. Les habitations du poste sont placées sur les bords de la rivière et abritées contre les vents par Téperon d’une haute montagne.

La baie formée par l’embouchure de la rivière Madeleine est bordée à l’est par un banc de gravier d’environ un mille de longuenr et peu élevé au-dessus du niveau des hautes marées. Ce petit port offre un bon mouillage aux bâtiments d’un faible tirant d’eau^

La baie de la grande rivière au Eenard forme un demi-cercle dont le diamètre peut être d’un mille.

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L’entrée est entre deux caps, sans cesse minés par les ,flots ; autour du bassin le terrain présente un ampliithéâtre couvert de verdure et couronné de bois franc. Cette baie est assez sure ; les bâtiments y mouillent sur un bon fond et à Tabri de tous les vents, si Ton excepte ceux qui viennent du nord. Autour de la rivière au, Eenard, le sol est excellent ; il produit de bon blé, de Torge, de Tavoine, des pommes de terre qui viennent à merveille.

Environ quinze milles plus loin que la rivière au Eenard, une terre basse s’avance, au pied des montagnes et se termine à la mer par une pointe qui n’a guère plus de trente à quarante pieds de hauteur. C’est le cap des Eosiers, ou Eosier. A sept milles au delà de ce cap se termine parle promontoire du Fourillon la chaîne des montagnes qui bordent la rive droite du Saint- Laurent. LeFourillon est une péninsule étroite qui s’avance hardiment jusqu’à une lieue dans la mer, entre l’anse du cap des Eosiers et la baie de Gaspé. Du côté nord, il prései;ite un roc nu, taillé à pic et s’élançant à une hauteur de sept cents pieds ; c’est le reste d’une montagne dont une moitié a été précipitée dans la mer après avoir été minée à sa base par la glace et par les eaux ; l’autre moitié est restée debout, droite comme une muraille.

Au sud du Fourillon est l’entrée de la baie de

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Gaspé, belle nappe d’eau large de huit milles et s’avançant environ six lieues entre deux teiTes hautes. L’une, le revers du Fourillon, est montageuse ; l’autre est diversifiée par des coteaux, des vallons, des bois, des groupes de maisons. La terre du nord est généralement escarpée. Sur quelques points, néanmoins,, les montagnes s’éloignent de la mer et laissent à leur base un espace plus uni, sur lequel se sont formés les établissements de la Grande-Grève, du Cap-aux-Os et de Penouille. Au fond de la baie de Gaspé est le meilleur port de toute la côte; il est séparé de la baie par deux pointes qui laissent entre elles un canal navigable pour de gros navires. Avant d’arriver à l’entrée du port, on rencontre à la côte sud l’entrée de la petite rivière Saint- Jean, près de laquelle, sur un côteau, est le village de Douglasstown. Sur la côte opposée se trouve la pointe au Penouille, d’où l’on aperçoit tout le port, avec une grande partie du bassin, ainsi que le village. Dans le port de Gaspé se jettent la rivière Darmouth ou du Nord- ' Ouest, et la rivière York ou du Sud-Ouest. L’entrée de i la dernière forme le bassin, qui a moins d’un mille de longueur et dont la profondeur varie de cinq à neuf brasses d’eau. Ce port intérieur peut recevoir une flotte considérable.

Le village de Gaspé, situé à la tête de cette baie.

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1 est une localité qui ne peut manquer de croître en ! importance, à cause de la commodité de son port qui, isans être très grand, est accessible aux gros navires let offre un abri sur contre la violence des vents. Les. 1 navires incapables de tenir tête aux tempêtes du golfe 'viennent s’y réfugier et les bâtiments de pêche y [touchent, soit pour faire des provisions soit pour [charger des marchandises à destination des pays étran-igers. Les maisons, disséminées sur une colline qui I domine tout le port, présentent un coup d’œil charimant. Il ïi’y a pas en Canada d’endroit plus attralyant et plus salubre dans la belle saison. C’est la. [place d’eau à la fois la plus retirée et la plus pitto- ‘/tesque du bas du fleuve. Les eaux de la baie ont toujours la température fraîche stimulante qu’il faut ipour le bain de mer, cette souveraine panacée capable ‘de rajeunir ceux dont la vigueur et la santé ont été ruinées par les habitudes sédentaires ou' routinières de la vie des villes. Outre les bains de mer, il y a pour achever de réconforter, la vue du paysage environnant, disposé pour charmer la vue, les dilicieuses i promenades à pied sur le rivage ombragé par la forêt voisine et les petites excursions sur une belle nappe , d’eau à l’abri des vents. Il y a aussi la brise, qui se [lève d’ordinaire sur la fin de la matinée, pendant les jours les plus chauds de juillet et d’août, et dont la

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fraîcheur augmente le bien-ôtre du touriste et du malade qui visitent ce lieu enchanteur. Gaspo est le seul port du golfe qui arme des goélettes balei-^ nières et cette aventureuse industrie de la grande pêche s’est conservée par tradition* dans les mêmes femilles. Ceux qui s’y livrent aujourd’hui descendent des hardis marins qui se fixèrent à Gaspé après la déclaration de l’indépendance par les Etats-Unis et s’adonnèrent aussitôt à cette pêche, qui rapportait alors de gros profits

“ A proprement parler, on ne fait pas la pêche de la morue à Gaspé, mais la plus grande partie de ce poisson qui est pris sur les côtes du nord et du sud y est apportée tout préparé pour l’exportation. Ce commerce attire un bon nombre de navires et fournit de l’emploi à la population pauvre de l’endroit et des environs. L’occupation, certes, ne manque pas dans le port non plus que dans les fermes, qui sont mieux cultivées ici qu’ailleurs.”

Le village de Percé, le chef-lieu du comté et du district judiciaire de Gaspé, est bâti sur la pointe du promontoire qui borde la baie de Malbaie à l’ouest. C’est un des sites les plus pittoresques de toute la Gaspésie et il est renommé à cause du singulier rocher qui se trouve en face. Ce rocher paraît avoir autrefois été lié avec le mont Joli ; il n’en est séparé que par un

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étroit canal, qui assèche à basse mer. La longueur de cette île de roc est de quatre ou cinq arpents et sa largeur léest guère que de soixante à quatre-vingts pieds. Dans tout son pourtour le rocher n est qu’une falaise continue, dont la hauteur. moyenne est de deux cent quatre-vingt-dix pieds. Vers le milieu, la mer et la glace ont perce dans ce roc une arche assez grande pour permettre aux berges d’y passer sous Voiles. C’est de cette arche que la localité tire son nom de Percé J qui n’est qu’un abrégé de Poc-Percé. Du côté du mont Joli, le cap Percé est coupé à pic. Dans cette direction, le plateau se rétrécissant, s’avance de plusieurs pieds au-dessus de la mer et se termine en pointe.

C’est Percé qui emploie le plus d’hommes et de bâteaux à la pêche. Le port est excellent pour les petites embarcations et les rivages rocheux de cette localité sont très propres à la préparation du poisson.' Si Percé ne peut se vanter d’avoir un port sur, il possède des beautés naturelles qu’on ne rencontre nulle part ailleurs, un sol fertile, bien cultivé et produisant en abondance des céréales de toutes sortes.

La Grande-Rivière est une des paroisses les plus populeuses — elle a 2,150 habitants — et le&plus riches de la Gaspésie. Les gens se livrent surtout à l’agriculture et il y a là des fermes qui feraient honneur aux régions agricoles les plus avancées. Les établis-

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semeiits s’avancent dans rintcrieur, où il y a d’excellentes terres, et progressent sensiblement. Le village forme à l’emboiichure de la rivière une espèce d’amphithéatre qui offre un coup d’œil des plus agréables. Il règne partout une propreté et une aisance qui donnent un charme particulier à cette localité.

U Anse-du-Cap est un centre de commerce assez considérable. Il y a plusieurs mareliands dans cette localité et les affaires ne manquent pas d’activité. Le port est fréquenté par un bon nombre de goélettes qui font le commerce de cabotage et meme par des navires qui viennent y prendre des cargaisons de poisson pour les marchés d’Europe et de l’Amérique du Sud.

Port-Daniel, comme son nom l’indique, est un petit port d’une importance réelle.' Il est fréquenté par un bon nombre de goélettes, engagées dans le commerce de cabotage et surtout par celles de l’ile du Prince-Edouard, qui viennent y prendre des cargaisons de l’excellente pierre à chaux que l’on trouve dans cette localité. Outre la pêche, qui est bonne, l’agriculture fournit aux habitants de cette paroisse des produits abondants et l’on compte dans Port-Daniel des cultivateurs riches.

Paspéhiac est une des plus belles paroisses de la baie des Chaleurs. Les terres sont fertiles et culti-

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vées avec. soin. Les habitations des cultivateurs sont proprettes et bien bâties : tout révèle Taisance et la prospérité.

C'est ici que la princière maison Robin, dont la fortune se compte par millions, a sa principale place d’affaires , - la résidence de son premier employé, qui dirige et contrôle tous les autres établissements, indique assez que ses patrons figurent parmi les millionnaires de l’île de Jersey. A une couple de milles du havre de Paspébiac se trouve la magnifique résidence de Thon. Théodore Eobitaille, actuellement lieutenantgouverneur de la province de Québec, et un peu plus loin le coquet village de New-Caiiisle, qui est le cheflieu du comté et du district de Bonaventure.

Dans Paspébiac, le terrain s’approche en pente douce du rivage et offre partout un niveau à peu près uniforme. Les terres sont fertiles et généralement bien cultiv^és, notamment celles de la maison Eobîn, qui feraient honneur aux endroits de la province où l’agriculture est le plus avancée.

Le port de Paspébiac est déjà muni d’un quai où les navires d’un moyen tonnage peuvent accoster avec la plus grande facilité. Du côté de l’est, il est protégé par une espèce de digue naturelle, un cordon littoral qui s’avance à une certaine distance dans la mer. Grâce à la libéralité du lieutenant-gouverneur

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Eobitaille, qui a donnë le terrain, et de la municipalité de New-Carlisle, qui a souscrit $2,500, le gouvernement fédéral a commencé en 1881 une jetée qui aura cinq ’ cents pieds de longueur et donnera aux bâtiments de treize à quatorze pieds d'eau à marée basse, dans les grandes marées. En cet endroit, les petites mers montent de 3.5 et les grandes de 6.5 pieds.

Paspébiac est le terminus du premier tronçon du chemin de fer de la Baie des Chaleurs, actuellement en voie de construction. Une fois le chemin de fer en exploitation, ce port aura une importance considérable, vu qu'il est accessible par la navigation océanique en hiver comme en été.

Le village de New-Carlisle, bâti sur une petite éminence et entouré pour ainsi dire par la mer, offre un coup d'œil des plus jolis et des plus agréables.

New-Richmond, entre les deux rivièreg Cascapédia, est une paroisse riche, très avancée au point de vue de l'agriculture et offrant en plusieurs endroits des sites d'une beauté ravissante. Il se fait ici un commerce de bois assez considérable. Sous le double rapport du site et de la richesse, ISTew-Eichmond est une des premières paroisses de toute cette région.

Maria est située au fond de la baie de Cascapédia,

• formée par l'estuaire de la rivière du même nom. Les

terrains de Maria sont plats sur les bords de la mer et la paroisse est pour ainsi dire entourée pan des hauteurs qui sont en quelque sorte la -continuation du mont Tracadigècbe. Le sol est fertile et le homard se prend en grande quantité dans la baie, ainsi que le hareng et plusieurs autres poissons. L’agriculture est la principale occupation des habitants, qui en général vivent dans Taisance.

Carleton est la paroisse la plus avancée de la baie des Chaleurs. Le village est bâti sur les bords de la baie de Tracadigèche, au pied d’une montagne qui a plus de dix-huit cents pieds de hauteur et sur un des sites les plus pittoresques qu’il soit possible d’imaginer. Cette localité est déjà très recherchée comme place d’eau et le sera encore davantage quand on bâti un hôtel assez spacieux pour recevoir tous ceux qui désireraient y passer l’été. C’est incontestablement une des plus belles paroisses de cette région. Il s’y fait un commerce d’une certaine importance et qui ne pourra que se développer avec l’ouverture du chemin de fer. Il y a dans cette localité une tannerie, un moulin à farine, un moulin à carder et plusieurs magasins. Enfin Carleton possède le seul couvent qu’il y ait dans toute la Gaspésie et un quai qui rend des plus faciles l’accès de cette localité.

La partie ouest de Carleton est située sur le bord

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de la baie de Tracadigetche, que domine la montagne du même nom. Les deux côtés de la baie sont formés par la pointe de Tracadigetche, à Test, et celle de Miguasha (terre rouge) à Touest. Cette baie mesure une dizaine de milles de largeur et quatre ou cinq de profondeur. Elle est pour ainsi dire entourée, du côté de la terre, par la montagne, dont les parties les plus élevées ont une attitude de 1,814 pieds audessus du niveau de la mer. Entre réglis(3 de Carleton et la rivière Nouvelle, qui se jette dans Textrémité nord-ouest de la baie, le flanc de la montagne forme presque partout une falaise abrupte, et ne laisse entre elle et le rivage de la mer quhine lisière de terrain de moins d’un inilie de largeur, sur une distance d’un demi-mille. A Textrémité est de la baie, l’estuaire de la petite rivière Carleton forme un grand baracliois qui est entom'é par deux longs bancs de gravier. Celui de l’ouest s’avance une couple de milles dans la mer, en partant du pied des montagnes, et il a deux cent cinquante à trois cents pieds de largeur. Ce banc commande incontestablement un des plus beaux, sinon le plus beau point de vue de toute la baie des Chaleurs, et forme l’un des plus beaux sites qu’on puisse imaginer pour une place d’eau. Protégé du côté du nord par la montagne contre les vents froids . qui soufflent de cette

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direction, il n’est exposé qu’aux brises refraîchissantes et si hygiéniques qui viennent de la mer et maintiennent constamment la température à un degré uniforme. Du côté de la baie, la grève a très peu de déclivité, se compose d’un gravier fin, libre de cailloux ainsi que de tout autre obstacle et offre l’un des endroits les plus favorables, les plus agréables, les moins dangereux et les plus propres pour prendre les bains de mer, sans compter que la pêche, même la pêche au homard, abonde dans les environs, notamment dans la rivière Nouvelle, où l’on prend des truites qui pèsent jusqu’à quatre et cinq livres. L’agriculture est pratiquée avec assez de soin et d’intelligence dans Carleton, et le long du chemin qui fait le tour de la baie, les établissements présentent partout un air d’aisance, de confort et de prospérité qu’on n’observe qu’à la Grande-Rivière, dans toute cette partie de la Gaspésie.

Entre la rivière Nouvelle et la rivière Patapédia, les montagnes s’avancent jusqu’à la mer et au bord de la rivière Ristigouche. Le terrain est partout très accidenté, mais se compose d’un sol de bonne qualité, même sur le sommet des hauteurs^ qui sont couvertes de beaux bois. Cette région n’est qu’une série de paysages d’une beauté ravissante et sous ce rapport elle égale pour le moins les plus belles parties de

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TEcosse et de la Suisse. Elle est le rendez-vous d’un assez grand nombre d’amateurs qui viennent de l’Angleterre et des Etats-Unis pour jouir du spectacle qu’offrent ces beaux paysages ainsi que des agréments de la chasse et de la pêche, qui abondent dans les environs. A Métapédia, les MM. Vanderbilt et quelques autres millionnaires de New- York, formant le club Eistigouche, ont une superbe maison d’été où ils se rendent chaque année pour jouir de tous ces agréments.

Le littoral de la baie des Chaleurs offre plusieurs endroits qui ne sauraient être surpassés comme places d'eau. La douceur et la fraîcheur du climat, la pureté de l’atmosphère, la beauté des points de vue, tout concourt à faire de cette région un véritable paradis terrestre pour ceux qui ont besoin de repos ’ou se trouvent dans la nécessité de refaire une santé délabrée. Ici les constitutions les plus faibles, les tempéraments les plus délicats n’ont pas à craindre la froideur des vents de nord non plus que les changements soudains dans la température ; le plateau intérieur de la Gaspésie enlève aux vents qui viennent du golfe leur froideur comme leur humidité et partout l’on ne sent qu’une brise de mer légère, rafraîchissante, capable de redonner la force et la vigueur aux constitutions les plus avariées.

Les deux plus belles places d’eau sont incontestablement Carleton et New- Carliste. La grève est on ne peut plus belle, mieux adaptée pour prendre des bains de mer, les paysages environnants sont d’une beauté ravissante, en un mot tout semble avoir été disposé comme à dessein pour faire de ces localités les deux stations balnéaires les plus attrayantes de la province. Carleton, surtout, est sans rival et laisse bien loin dans l’ombre la Malbaie, Cacouna et toutes les autres places d’eau qui attirent chaque été des milliers de touristes jusque des parties les plus reculées des Etats-Unis. Si cette localité était plus connue, elle deviendrait en peu de temps la place d’eau la plus recherchée, le Old Orchard Beach de la province de Québec. Jusqu’à ces dernières années, elle était d’un accès assez difficile, vu que les touristes ne 'pouvaient s’y rendre que par la navigation, eh faisant le grand tour par Gaspé, ce qui faisait un voyage long, fatigant et dispendieux'; mais ces inconvénients ont disparu depuis l’ouverture du chemin de fer Intercolonial et aujourd’hui l’on peut se rendre de Québec à Carleton en moins de quinze heures et en ne faisant que trente-cinq milles par la navigation, ce qui prend moins de deux heures et constitue l’un des plus beaux trajets que l’on puisse parcourir. Il ne manque à Carleton, pour devenir une place d’eau

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So

h la mode, qu’un hôtel, et des capitalistes aussi entreprenants que clairvoyants sont en voie de combler cette lacune. Quand cela sera fliit, Carleton deviendra assurément une des stations balnéaires les plus recherchées et les plus fréquentées.

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