‹ Esquisse sur la GaspésieChapitre 4 sur 15 · GÉOLOGIE SUPERFICIELLE — SOLS — ÉTENDUE DES DIFFÉ- ■ RENTS TERRAINS · texte numérisé non relu

GÉOLOGIE SUPERFICIELLE — SOLS — ÉTENDUE DES DIFFÉ- ■ RENTS TERRAINS

Au point de vue géologique, la Gaspésie •forme l’extrémité orientale de la contrée montueuse désignée par M. le professeur Hunt sous le nom de région apalachienne et elle n’est que la continuation ou le prolongement des Cantons de l’Est. En effet, les terrains de la Gaspésie sont absolument semblables à ceux des Cantons de l’Est sous le double rapport de leur composition et de leur configuration.

Ces terrains appartiennent aux formations géologiques appelées ‘‘ groupe de Québec” par Sir William Logan, le fondateur de la commission géologique du Canada. Ils forment trois séries de strates plus ou moins altérées, bouleversées et appartenant au silurien inférieur. Ces trois séries sont : V une série de

LA GASPÉSIE

strates paleazoïques plus ou moins altérées, dans la ])iupart des localités où elles ont été observées ; 2° une série de roches éruptives, trachytiques et granitiques ? 3° une série de dépôts superficiels ou quaternaires.

Les altérations qu’ont subies plusieurs de ces forinations paléazoïques, les pertubations dont elles" laissent presque partout voir les traces, font qu’il est un peu difficile de déterminer d’une manière exacte l’àge auquel elles appartiennent; mais il est évident qu’elles doivent être classées dans les groupes de l’âge silurien inférieur et supérieur, de l’âge devonien et du sous-carbonifère.

Une lisière de terrains appartenant à la formation de la rivière Hudson s’étend depuis la rivière au Marsouin jusqu’à l’anse à la Tierce, distance excédant soixante milles, sur les bords du golfe Saint- Laurent. Ces terrains se composent de bandes de grès, de dolomites et d’argile bitumineuse. Ces formations? cependant, sont bien moins étendues et bien moins importantes que celle du groupe de Québec, qui recouvrent les calcaires et les grès de Gaspé ainsi que la formation sous-caibonière de Bonaventure, sur les bords de la baie des Chaleurs. Le groupe de Québec occupe une position médiane entre les formations calcaires et celles de Chazy, ou représente les deux réunies. Il se divise en trois formations qui sont^

4 LA GASPÉSIE

par ordre ascendant, celle de Lé vis, celle de 'Lauzon et celle de Sillery.

. La formation de Lé vis se compose en grande partie de schistes ou d’argiles noires contenant beaucoup de graptolites et d’autres fossiles. La formation de Lauzon se compose d’argiles rouges et vertes, de grès et de dolomites, mais surtout de strates métaphorpliiques parmi lesquelles figurent pour la plus grande partie des roches talqueuses et magnésiennes : schistes serpentines, etc. La formation de Sillery se compose pour la plus grande partie d’argiles rouges et vertes, de grès et de dolomites, mais renferme en certains endroits des roches altérées, des schistes cristallins, des strates épidotiques et gneissoïdes.

Telles sont les roches qui forment la base des terrains de la Gaspésie. Comme nous l’avons vu plus haut, elles sont presque partout recouvertes par les calcaires et les grès ainsi que par la formation souscarbonifère de Gaspé. -

La formation calcaire de Gaspé correspond, par sa position, aux séries inférieures de la formation de Helderberg. Bien que composée en grande partie de couches de calcaire gris, elle renferme aussi des lits d'argile et de schiste noirs qui appartiennent au silurien moyen. La partie inférieure de cette formation se rencontre dans les Cantons de l’Est et la partie

36 L.i GASrÉSIE .•

supérieure, celle qui renferme le plus de calcaire, a son plus grand développement dans la Gaspésie. A rextrémité orientale de la péninsule, au cap Bany, à Percé ainsi qu’en plusieurs autres localités, ce calcaire présente des foJaises abruptes et des pointes qui ont été usées et creusées par Taction des eaux de la mer.

La formation des grès de Gaspé, ainsi que ses fossiles l’indiquent, appartient à Tage devonien et correspond aux formations d’Oriskany, de Ilarniiton et de Chemung des géologues américains. Elle se compose de grès, d’argile et de conglomérats interstratifiés et renfermant en certains endroits beaucoup de débris de plantes à l’état de fossiles. A l’anse du Petit Gaspé, il y a dans ces strates une coucbe légère de charbon impur, puis à Douglasstown et en plis-:sieurs autres endroits des sources de pétrole suintent à travers les lits de cette formation.

La formation de Bonaventure appartient à l’âge .sons-carbonifère, mais ne renferme })as du tout de charbon. Ses strates se composent principalement de conglomérats, associés avec des grès, des argiles rouges et verdâtres, renfermant parfois des restes de plantes carbonisées. En beaucoup d’endroits elles sont percées par des dykes de trapp. Elles recouvrent en position discordante les couches du grès de Gaspé.

LA GASPÉSIE

Cette formation se rencontre sur la côte orientale de Gaspc et surtout le long de la baie des Chaleurs, où sir William Logan estime qu’elle n’a pas moins de trois mille pieds d’épaisseur.

Sur les formations de Québec et de Sillery, qui forment la côte septentrionale de Gaspé, reposent en stratification discordante sept cents mètres environ de calcaire et schistes fossilifères qui représentent le terrain silurien supérieur, auxquels succèdent plus de mille cinq cents mètres de grès devoniens intercalés avec des schistes rouges. Sur la côte méridionale de Gaspé, les coviches relevées de ce teiTain dévonien sont recouvertes par mille mètres de couches horizontales de grès ineulier qui forment la base du bassin liouillier du Nouveau-Brunswick, mais ne contiennent pas de minéral combustible. Les calcaires fossilifères de Gaspé peuvent être suivis vers le sudest jusqu’au lac Memphrémagog. Le terrain devonien qui est purement siliceux, dans le comté de Gaspé, offre vers-ie sud-ouest des couches de calcaire qui se trouvent dans la même vallée avec les calcaires siluriens dont il vient d’être parlé.

La formation de Bonaventr»’e a peu d’étendue. Elle forme la lisière comprise entre la baie des Chaleurs et une ligne tirée depuis le confluent de la rivière Métapédiac avec la Eestigouche jusqu’à la

38 'la*gaspésie

tête de la baie de Cascapédia, puis une autre ligne s'étendant de rernbouciiure de la petite rivière Cascapédia à Testuaire de la rivière de Port-Daniel, enfin entre le littoral du golfe et une troisième ligne partant . de Doiiglasstown, tiéchissant un peu à l’ouest vers le milieu de sa longueur et aboutissant aux environs de l'embouchure de la Grande-Piivière.

Le groupe de Québec forme une bande dont la largeur varie de quinze à trente milles et, longe le rivage du golfe Saint- Laurent entre la rivière Métis et le cap Gaspé. Sa largeur augmente en allant vers l'est et elle n’est entamée que par une étroite banda de terrains appartenant à la formation de la rivière Hudson, entre la -rivière au Marsouin et l’anse à la Tierce, et à son extrémité sud par une petite étendue de terrains de la formation de Chazy, entre la rivière Sainte-Anne et la tête de la rivière Madeleine.

L'espace compris entre ces deux lisières, bordant le rivage du golfe Saint-Laurent et celui de la baie des Chaleurs, est occupé ou plutôt recouvert par les calcaires et les grès de Gaspé. Le grès forme une espèce de carré long s’étendant en droite ligne à l'ouest de la partie de la formation de Bonaventure comprise ente Douglasstowii et le cap Eouge, puis se prolongeant jusqu'à la rivière Bonaventure, dans l'intérieur des, terres. Un peu plus à l'ouest, (à mi-distance entre

LA GASPf-:SIE

le golfe et la baie des Chaleurs, il y a une autre aire de grès qui s etend du nord-est au nord-ouest depuis la grande rivière Cascapédia jusqu'à la rivière Metapédia. Enfin, ces terrains de grès entourent Temboucliure des deux rivières Cascapédia et forment là le trait d'union entre les deux parties de la formation de Bonaventure, qui borde la baie des Chaleurs de chaque côté de New-Eichmond.

Ces différentes formations ont respectivement les étendues qui suivent, autant qu'on peut en juger par les explorations faites jusqu'à présent :

Formations

31üles

Acres

Calcaires de Gaspé

Grès de Gaspé

Groupe de Québec

'FormUion de Conaventure. .....

GOO

Formation de T Hudson

Ce tableau montre clairement que la plus grande partie du sol déjà Gaspésie est d'excellente qualité, focile à cultiver et produit abondamment le foin ainsi que toutes les espèces de céréales.

Les terrains calcaires, qui occupent une étendue de 2,560,000 acres, appardennent aux formations siluriennes supérieure et moyenne, qui se rencontrent dans toute la partie nord du Non veau-Brunswick

LÀ GASPÉSI'E

C’est dans ces formations que se trouvent les terrains élevés les plus riches de la province. Les terres fertiles et cultivées de la vallée de la rivière Eestigouche et les terres qui bordent les deux rives de la rivière Saint- Jean, en approchant de sa source, reposent sur ces roches et en sont formées en grande partie.

Les terrains de cette formation sont ordinairement plus lourds et plus forts que ceux de la région carbonifère. Les roches dont ils se forment sont génér^alement des schistes plus ou moins durs qui, en se désagrégeant, donnent naissance à des terrains d’une force considérable, comme disent les cultivateurs, et quelquefois très durs. Il s’y rencontre aussi des couches de bonne pierre calcaire, plus .ou moins riches en fossiles. Dans l’ouest de l’Etat de Kew-York, ces formations constituent les terrains les plus riches et les plus fertiles.

Les grès rouges qui recouvrent une grande étendue delà Gaspésie forment aussi des terrains d’une grande fertilité. Les terres les plus riches et les mieux cultivées de l’Ecosse reposent sur des roches rouges de cette espèce. Au Nouveau-Brunswick, les excellentes terres de la vallée de Sussex, de Sackville et de la rivière Shepody se trouvent dans le voisinage de roches de cette nature.

LA GASPÉSIE

D’ailleurs, la fertilité du sol de la Gaspésie est attestée par les récoltes qu’il produit, ainsi que cela est démontré à la page 9 par les chiffres relatifs à D production du blé, La comparaison est encore plus avantageus^ quand on l’applique à la production totale des autres provinces de la confédération. Cela se voit clairement par le tableau suivant :

Gaspésie

Minois de hlê à V acre

Gaspé 15.00 miiiots

Boi aven tare 11.70 “

Ptismousld 8.30 ‘‘

Province du l^ouveaii-Brunsvvick

Nouvelle-Ecosse h

“ Québec

“ Ontario

C’est-à-dire que dans la Gaspésie le Tendrement moy €71 de hlé excède de 1.24 minot par acre le rendeme7it de la même céréale dans la province d'Ontario, dont le sol est réputé des plus fertiles. Et l’on peut dire sans crainte défaire erreur que si la culture était aussi bien faite, aussi soignée dans la Gaspésie que dans la province d’Ontario, le rendement serait d’au moins 25 pour cent plus élevé. Il est donc évident, incontestable que le sol de la Gaspésie est riche, fertile, capable de faire vivre dans l’aisance et la richesse les colons qui le cultiveront avec soin.

LA. GASPÉSIE

CIIAPITKE IV

CLIMATOLOGIE — POSITION ASTEONOMIQUE — LES VENTS — LES SAISONS — TEMPÉRATUEES MOYENNES — LONGUEUR DE LA SAISON AGRICOLE —

NEIGE— -PLUIE

Nous avons vu ailleurs que la Gaspésie est située • entre 47° 49' et 49° 15’ de latitude nord. Sous la même latitude, en Europe, on trouve le nord de la France, y compris la vallée de la Loire, le nord de la Suisse et de l’Autriche, puis le sud de l’Allemagne et de la Eussie, jusqu’à la mer Noire et la mer Caspienne. C’est-à-dire que cette latitude embrasse tout le centre et la partie la plus riche comme la plus habitée de l’Europe continentale. Les Iles-Britanniques,. une partie de la France, la Belgique et la Hollande, la plus grande partie de rAliemagne et de la Eussie, le Danemark, la Suède et la Norwège sont au nord de cette latitude et ont, en général, une température moins élevée que celle de la Gaspésie.

Au point de vue climatologique, cette dernière région occupe une position spéciale. La mer qui l’entoure sur trois côtés régularise son climat et atténue les variations entre le froid et la chaleur. La

nature môme des differentes parties de cette mer partage la péninsule de Gaspé en deux régions climatiques distinctes, celle du nord et celle du sud. La région du nord, exposée aux vents plus ou moins froids du septentrion ainsi qu’au voisinage des eaux refroidies par le courant du Labrador et des glaces qui entrent dans la partie nord-est du golfe par I0 détroit de Belle-Ile, est un peu plus froide que celle du sud. Cela n’empeclie pas qu’elle jouit d’une température aussi chaude que celle des parties les plus peuplées de l’Ecosse et assez élevée pour faire mûrir toutes les céréales, principalement le blé, qui vient en abondance et de première qualité dans toute la région qui avoisine la rive sud du golfe Saint- Laurent. Le climat de la région du sud est un peu plus chaud et, pour ce qui regarde les opérations agricoles, bien supérieur à celui de la Grande-Bretagne et de rirlande. Ainsi le maïs, qu’on ne peut pas cultiver en Angleterre à cause de la température, réussit parfaitement dans le comté de Bonaventure, où il en a été récolté des centaines de> minots en 1831, tel que le constate le recensement. Protégée d’un côté par les monts hfotre-Danie et Shickshock contre les vents du nord, exposée de l’autre aux brises chaudes du sud, qui lui apportent une. parde de l’air chaud du giüf-stream, recevant presque perpendicu-

LA GASPÉSIE

lairement les rayons ardents du soleil du midi, cette région du sud jouit d’un climat des mieux équilibrés et des plus avantageux, comme des plus agréables. Il faut voyager dans la baie des Chaleurs, respirer les brises si douces et si pures de cette petite mer intérieure, pour apprécier le climat si salubre et si réconfortant de ce beau pays, qu’on appelle avec tant de raison la Méditerranée du Canada. Ici, le climat est si pur, si salubre, que les maladies sont inconnues, à tel point que les quatre ou cinq médecins dispersés parmi les 39,593 âmes qui habitent les comtés de Bonaventure et Gaspé ont peine à vivre modestement de l’exercice de leur profession.

Sui les bords de la baie des Chaleurs le vent de nord-est, si cru, si humide et si désagréable dans la vallée du Saint-Laurent, né se fait pas du tout sentir ; il est arrêté par les montagnes et complètement neutralisé par les courants d’air chaud venant du sudouest. Le vent d’est, ordinairement, est accompagné ■ de pluie en été et de neige en hiver Mais, chose remarquable 1 dans cette région la pluie et la neige ne sont jamais de longue durée, et quand elles persistent pendant plus d’une journée, on trouve éela extraordinaire, surtout en été. Le vent sud-est a plusieurs traits de ressemblance avec le sirocco de la Méditerranée, qui est aussi un sud-est ; comme lui il

LA GASrfLSIL

est cliaud, limnide, lég-er et rapide. Lorsqu’il se montre en hiver, il j^rodiut souvent des dégels, surtout aux approches de réquinoxe*

Le vent du sud direct, que Toîi croirait plus chaud que le sud-est, est néanmoins plus tempéré. Pendant la saison où il se montre le plus fréquemment^ on le regarde comme une brise agréable et presque rafraîchissante, à raison de la vapeur humide dont il il absorbe beau.

Le vend de sud-ouest est plus fréquent durant rété que pendant Thlver. Ce n’est que vers le solstice d’été qu’il règne d’une manière plus constante que les autres vents. Il devient lagent principal des oiages qui surviennent dans les mois de juillet et d’août. Souvent la brise du sud, qui a coutume de s’élever vers dix ou onze heures, fait place au sudouest qui, dans l’après-midi, remplit le ciel de nuages orageux ; deux ou trois heures se passent en éclats de tonnerre et en éclairs, puis la crise se termine avant le coucher du soleil par des ondées tantôt plus, tantôt moins abondantes.

L’équinoxe d’automne apporte un changement h cette direction du courant de l’air et c’est alors le vent d’est qui, pendant quarante oi\ cinquante jours, a la prépondérance, sans cependant régner seul ; après

LA GASPKSIE

cette période le sud-ouest se ranime et partage le reste de la saison avec le nord-ouest qui s’éveille et avec l’ouest direct, qui est le plus égal, le plus serein et le plus agréable des vents de cette région. C’est encore le sud-ouest qui, vers vers le vingt avril, fond la neige et les glaces ; c’est aussi lui qui apporte la pluie à certaines époques du printemps et de l’automne. Il est connu que ce vent n’est autre que le vent des tropiques, dévié et modifié, mais naturellement chaud, ce qui explique pourquoi il élève presque toujours le température.

Le vent de nord-ouest est essentiellement froid, sec, élastique, impétueux, plus fréquent l’hiver que l’été. Il a beaucoup d’analogie avec le mistral provençal. Dans la- baie des Chaleurs, comme dans les autres parties du littoral de l’ Atlantique, parler du nord-ouest, c’est désigner un vent violent, froid, incommode, mais sain, élastique, ranimant les forces abattues. Seulement ît a cela de perfide en hiver, que tandis qu’un ciel pur et un soleil éclatant réjouissent la vue et invitent à respirer l'air, si l’on soit des appartements on est saisi d’une bise glaciale qui arrache des larmes. Moins rude en été, on le désire pour calmer la violence des chaleurs et il lui arrive assez souvent de se montrer après une pluie d’orage.

LA GASPÉSIE 47

Les vents dominants dans la baie des Chaleurs sont le vent d'ouest, et son opposé, le vent d'est.

La marche des saisons est régulière. L'influence du soleil commence à se faire sentir d'une manière plus ou moins constante dans la dernière partie du mois de février. Elle augmente graduellement en mars, et à partir de ce mois le mercure monte presque tous les jours au-dessus du point de congélation. Pendant ce mois, dont la température moyenne varie entre 17° et 20°, le temps est généralement très beau? le ciel est clair et le soleil brille ardemment. Le dégel commence régulièrement à partir du 20 et la neige se fond assez rapidement. En avril, la chaleur solaire est assez puissante pour exercer son influence sur toute la nature. En plusieurs endroits la neige finit de disparaître entre le vingt et le vingt-cinq, puis quelques jours plus tard la terre peut être travaillée. La température moyenne de ce mois varie de 30° à 36°. Il y a quelques jours de neige et un plus grand nombre de pluie. Avec la première semaine de mai, la neige disparaît complètement des teires cultivées et du premier au huit le sol est prêt à recevoir les semences, dans les parties élevées et bien égouttées. La température, moyenne de ce mois est de 40° à 50° et le nombre des jours pluvieux est peu considérable ; il n'a pas excédé huit en 1881.

LA GASPÉSIE

La végétation se développe avec luie force extraordinaire et vers la fin les feuillages verdoyants, les fleurs . printanières et les semailles qui commencent à recouvrir le sol annoncent que la belle saison a définitivement commencé, que la végétation est en pleine activité.

En 1880, la température moyenne des trois mois i de printemps a été de 48° 1’ à Caiieton et de 48° 2'

I à ISTew-Carlisle. En rapprochant ce chiffre de celui ;de la température moyenne de quelques localités ibien connues, en Europe, on forme le tableau suivant :

Localités Temjpérature du printemps

Londres, Angleterre 47^^ 6^

Liverpool 46 2’

Glasgow, Ecosse 45® 9’

Edimbourg 45® 0^

Bt-Pctersbourg, Itussie 35® 9^

Berlin, Prmse .47® 4'

Paris, France 50® 6'

New-OarlUle, baie des Chaleurs 48® 2’

Carleton 48® 1’

Ce tableau, dont les chiffres sont pris dans Blodgett, pour les villes d’Europe, et dans le Rapport du bureau de Météorologie du Canada pour 1880, pour la baie des Chaleurs, établit hors de conteste que la température moyenne du printemps est plus élevée, plus chaude que celle de Londres, de Liverpool, de Glasgow, d’Edimbourg, de Saint-Pé-

LA GASPÉSIE

tersboiirg, de Berlin et qu’elle n’est que de 2° 4’ moins élevée que celle de Paris. Ce fait se passe de commentaires.

Les variations de température, ou plutôt les tempciatures extrêmes, ont été comme suit durant ces trois mois :

Plus haute iempêraiiire Plus basse tempéraivre

mais

.avril

mai

mars

avril

mai

New-Carlisle

Carletori

to

Pointe-aii-Père. ...

Le nombre dé jours neigeux et pluvieux ainsi que la quantité de neige et ;de pluie tombées ont été comme suit:

NEIGE PLUIE

mars avril mai mars avril mai

jrs

pcs

jrs

pcs

jrs pcs jrs pcs

jrs

pcs

jrs

pcs

New-Carlisle...

2 traces

Carleton

Pointe-au-Père

A Carleton, la dernière gelée a eu lieu le 14 mai : elle a été légère, puisque le thermomètre n’est descendu qu’à 24°. A ISTew-Carlisle, elle a eu lieu le 8 du même mois, avec le thermomètre à 24° 8’.

Les chaleurs d’été commencent avec le mois de juin. Dans les premiers jours de ce mois la température est quelquefois abaissée par les vents d’est, qui apportent avec eux l’air froid venant du courant

LA GASPÉSIE

polaire ou des banquises qui arrivent à cette époque sur les bancs de Terreneuve. Cela n a pas d’autre effet que de rendre le temps un peu cru et de prôduire la plus basse température du mois, qui a été, en 1880, de ‘35° 8’ le 4 juin. Après cela, la chaleur augmente constamment et régulièrement jusqu’à 70° vers le 15 et à 80° ou même 82° vers la fin. du mois, dans les plus 'hautes température, avec 58° à 60° pour la température moyenne. Les mois de juillet et d’août, les plus beaux de l’année, amènent les plus hautes températures, qui atteignent j usqu’à 90°, tandis que les plus basses, au commencement de juillet, ne descendent pas au-dessous de 40°, ce qui arrive très rarement. Le chiffre ordinaire des plus basses températures varie de 50° à 55°. Pour ces trois mois, la température moyenne a été comme suit en 1880 :

Juin

Juillet

Août

Eté

New-Carlisle

Carleton

Pointe-au-Père

Cap-Rosier (1)

Toute la Gaspésie....

En comparant ces températures à celles de certaines places des plus peuplées en Europe, on arrive aux résultats suivants :

(1) Les chiffres pour le Cup-Rosier s’appliquent à l’ année 1871-72.

Lk GASPfcSlE 51

Juillet

Trois mois J été

Lor.drcs, Angleterre

Livcrp»»! -

Glasgow, K cesse

Kdimbourg '

St-Pétersbourg, llussie

Berlin, Prusse

Paris, France

Xew-Cai ime, baie des Chaleurs

Carie ton, “ “

C’est-à-dire que la température d'éte de la baie des Chaleurs est à peu près la même que celle de Taris et de Berlin, maïs qu’elle est de trois à sept degrés plus élevée que celle des principales villes d’Angleterre, d’Ecosse et de Eussio.

Quant aux températures extrêmes, elles sont comme suit:

Pi us hautq iempéralure Plus has^-e température

juin juillet août j n'n juillet août

New-Carlisie 83'^ 5’ 8 5’ 5’ ... 35'" 8’ 40^ 4’ 35^ 8’

GarMou 86<".5’ 87^5' 90» 5’ ....35Q 5’ 44» 0’ 39» 0’

Poinle-au-Père 83» 1’ 74» 7' 82» 7’ ... 37» 0’ 4C» 1’ 42» 1'

La variation quotidienne, entre la plus.liaute et la plus basse température, est de vingt à trente degrés et ne dépasse qu’exceptionnellement ces chiffres. Dans la baie des Chaleurs, surtout, la régularité et Tuniformité des oscillations du thermopiètre, durant l’été, constituent le trait caractéristique du climat, ou plutôt de la délicieuse température de cette saison.

LA GASPÈSIE

Les vents du nord-est et du nord ne se font pas sentir ; celui du nord-ouest, qui survient parfois après les orages, est plutôt sec que froid, en sorte que le mercure ne subit que Tinfluence de la chaleur solaire, puis monte et baisse régulièrement avec elle. Les autres vents sont des brises venant de la mer, dont elles prennent la température, et ils n exercent aucune influence sensible sur le tliermornètre ; ils ne font qu’agiter Tair, le rendre un peu moins sec, et par là même ils donnent à la température une douceur et une fraîcheur qui ont un charme particulier. C’est précisément ce qui caractérise le (ÿlimat et le rend si agréable et si salubre en été.

Les pluies sont peu fréquentes et peu considérables durant les mois d’été. Cela se voit dans le tableau suivant:

NOMBRE DE JOURS PLUVîEÜX ET QUANTITÉ DE PLULE

juin juillet août été jrs pcs jrs pcs jrs pcs jrs pcs

New-Oarlisle 4 0.15 13 3.04 7 1.58 21 4.77

Caiieton., 6 1.95 12 2 82 9 2.^4 27 7.41

Pointe-au-Père 7 1.21 12 2.20 8 1.15 27 4.5G

Cap-Rosier 14 5 71 13 3.17 7 2.66 34 11.54

La Gaspésie 7^ 2.25 12^ 2M 7| 2.01 28 7.07

Le nombre des jours pluvieux ne forme pas 30 pour cent des quatre-vingt-douze jours que renferment les mois de l’été. Et ce nombre comprend

LA GASPÉSIE

tous les jours où il est tombé la moindre ondée, eûtelle durée seulement quelques minutes. ‘ Durant la même saison, il y a eu 53 jours pluvieux à Montréal et 41 à Québec, puis il est tombé 9.62 pouces de pluie dans la première de ces villes et 11.46 dans Tautre. Gomme on le voit, Tété est moins pluvieux dans la Gaspésie, principalement dans la région de la baie des Chaleurs, que dans les parties de la province qui sont plus à Touest.

L’automne, surtout la première partie, est une des plus belles saisons. La température baisse graduellement à mesure que le mois de septembre s’avance, mais le mercure ne descend jamais au point de congélation. Les plus grands -écarts du thermomètre varient entre 35° et 40° pour les plus basses températures, vers la fin du mois, et 70° à 80° pour les plus hautes, dans la première partie. Le temps est généralement frais, calme, serein, des plus agréables et des plus propices aux travaux des champs. C’est dans ce mois qu’on finit la récolte, qui commence entre le quinze et le vingt-cinq août. Après l’équinoxe d’automne, les vents de sud-ouest et même de nord-ouest commencent à amener les pluies qui préparent le sol pour le labourage. La fraîcheur que ces pluies établissent prépare aussi les gelées, qui commencent vers la mi-octobre. Durant ce mois, le

LA GASPÉSIE

tliermomètre ne descend pas au-dessous de 24® et cela n’arrive que rarement dans les derniers jours du mois. L’aiTachage des pommes de terre et des autres plantes-racines se fait dans les beaux temps qui caractérissent la première partie du mois d’octohm. Dans la région de la Pointe-au-Père et du cap lîosier, sur le golfe Saint-Laurent, il y a quelquefois, entre le 20 et le 25 octobre, des légères tombées de neige, mais cette neige se fond de suite, ne reste que quelques heures sur le sol et n’a pas d’autre effet que de bien préparer la terre au labourage. Vient ensuite une période de beau temps avec une ou deux bordées de neige, jusqu’au vingt et un novembre, époque à laquelle commence l’Iiiver. Cette période de beau temps est ce qu’on appelle au- Canada l’été de la Saint-Martin. Tous les Européens, surtout les Anglais, qui ont passé cette saison dans la baie des Chaleurs ou les Provinces Maritimes déclarent que cette période de beau temps est une des plus belles saisons qu’il soit possible d’imaginer. L’aut(^ine, dit le capitaine Moorsom, est une saison dont le climat peut rivaliser avec celui de n’importe quel pays. En septembre et octobre, la température est la môme qu’en Angleterre ; mais en novembre la saison, qui est sur son déclin, semblable à une lampe qui s’éteint et de temps en temps jette une lueur passagère, a

LA GASPÊSIE

des jours dont la beauté n’a pas d’égal en Angleterre. C’est ce qu’on appelle l’été de la Saint-Martin. Sa durée varie de quelques jours épars, en certaines années,' à autant de semaines en d’autres années. Ces jours-là, l’atmosphère est remplie d’une teinte vaporeuse, comme s’il y avait du feu dans les bois au delà du cercle de l’horizon visuel. Le soleil ne jette qu’un éclat amati et ses rayons x^lus également réfiuctés ne produisent qu’une ombre très flüble. L’air est généralement calme, aussi doux et aussi chaud que celui des plus belles matinées de la première partie du mois de mai.”

Pour les trois mois d’automne, les températures moyennes sont :

Septembre Octobre Novembre Automne

New-Carlislc 58^ 8’ 46*^ 1’ 27^ V 43^ 2’

Carleton 54"^ T 42^ 4^ 20^ 7’ 39"^ 3'

Pointe-au-FO;re 49^ 8' 41» 2^ 26^ 9’ 39» 3’

Cap-Rosier 50» 3' 39» 9’ 27» V 39» 3’

La Gaspésie 53» 4’ 42» 4’ 25» 8' 40» 5’

Comparons ces températures d’automne avec celles des principales villes de l’Europe.

Localités Température de V automne

Londres, Angleterre 50» 7’

liverpool “ 49» 1^

Glasgow, Ecosse 48» 0/

Edimbourg “ 470 9»

îSt-Pétersbourg, Russie 40» 3’

LA GASPESIE

Localités Température de V automne

Berlin, Prusse 49"^ 2’

Paris, France 52® 2’

Kew-Carlisle, baie des Chaleurs 43® 2'

Caiieton, ‘‘ 39® 3'

En prenant New-Carlisle pour point de comparaison, la température d’automne de la baie des Chaleurs n’est que de 7° 5’ moins élevée que celle de Londres, que de 6° plus basse que celle de Liverpool, Glasgow et Berlin, que de 4^" 7 au-dessous de 'celle d’Edimbourg et elle est de 2° 9 plus élevée que celle de Saint-Pétersbourg, la capitale de la Eussie.

Les températures extrêmes sont indiquées dans le tableau qui suit ; ' .

Plus haute température

Plus basse température

sept. oct.

nov.

sept. oct.

nov.

New-Caiiisle...

Carleton

61® Oi

Pointe-au-Père... 70® 2’ 62® 3’

Cap-Eosier......

Le nombre des jours plu

vieux et neigeux ainsi que

la quantité de pluie et de

neige

tombées donne les

chiffres suivants, pour cette saison :

PLUIE

KEIGE

sept. oct.

nov.

sept. oct.

nov.

jrs pcs jrs pcs

jrs pcs jrs pcs jrs pcs jrs pcs

New-Carlisle...

Carleton

Pte-au-Père ...

Cap-Rosier

Montréal ...

Québec

LA GASPÊSIE

Ce tableau montre clairement que l’automne est beaucoup plus pluvieux et plus neigeux à Montréal et à Québec que dans la Gaspésie. En prenant, pour la Gaspésie, KcAv-Carlisle comme point de comparaison, on trouve* les différences suivantes :

Jours plumeux Epaisseur d.e pluie Jours neigeux Epaisseur de neige

Montréal

. 42 jours

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