‹ Esquisse sur la GaspésieChapitre 7 sur 15 · FOKÉTS ET INDUSTRIE FORESTIÈRE · texte numérisé non relu

FOKÉTS ET INDUSTRIE FORESTIÈRE

Les forêts de la Gaspésie sont généralement peu connues et c’est probablement à l’ignorance des ressources, des richesses qu’elles renferment, qu’il faut attribuer le fait qu’elles ne sont, pour ainsi dire, pas exploitées. On trouve dans ces forêts toutes les essences qui sont les plus recherchées pour l’exportation : le pin, l’épinette, le merisier, l’orme, le frêne, le cèdre, etc. Le feu a fait des ravages assez étendus dans certaines parties de la vallée de la Métapédia ; mais, ailleurs, les forêts sont encore à l’état de nature et n’ont été entamées que par des exploitations passagères et peu considérables,

La construction des navires, qui se rattache pour ainsi dire à l’industrie forestière, pourrait se faire dans les conditions les plus avantageuses sur les bords de la baie des Chaleurs, où l’on peut se procurer à si bas prix des bois de première qualité pour cet usage. « ‘‘ Il y a sur les bords de la baie, dit l^erley, de de très grandes facilités pour la construction des navires. Le bois est d’excellente qualité et renommé pour sa durabilité, notamment l’épinette rouge, qui

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est regardée comme im bois égal à ce que Ton peut trouver de meilleur dans n’importe quelle partie du monde. M. MacGregor, député de Glasgoiv et secrétaire du Bureau de Commerce, dit dans un de ses rstpports officiels : “ Les navires construits en épinette ‘‘ rouge de la baie des Chaleurs sont d’une durabilité ‘‘ remarquable. En 1839, dans le port de Messine, je ‘‘ suis monté à bord d’un navire, que j’avais vu a Paspébiac en 1824, appartenant à Eobin & Cie, et “ qui était à décharger une cargaison de morue sèche, destinée à l’alimentation des Siciliens. Ce navire, qui comptait plus de trente ans d’existence, était “ encore parfaitement sain.

Les forêts de cette région n’ont jamais été explorées avec soin comme celles des autres parties de la province, mais ce qu’en disent les arpenteurs qui ont parcouru la zone avoisinant le bord de, la mer montre clairement que la Gaspésie est aussi remarquable pour la richesse de ses forêts que pour celle diS' son sol et de ses pêcheries. Citons quelques extraits pour établir cet énoncé.

Le canton de Milnikek a été arpenté et exploré par MM. H. LeBer et P. Murison, qui disent dans leurs rapports :

“ Le bois qui croît sur la crête de ces montagnes et dans leurs plaines consiste en sapin, épinette

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blanche, pin, bouleau et merisier. Sur la plupart des crêtes de montagnes, il reste encore beaucoup de ces bois de construction, mais ils sont de qualité secondaire, (H. LeBer.)

“ Les terres sont belles et en pente douce près des sources du ruisseau de Malt et des deux ruisseaux Connors ; il y a une bonne pousse de merisier rouge, de merisier blanc et quelques érables. Tout le bois de commerce a été coupé, c’était du pin de première qualité ; mais il y a une bonne quantité de bouleaux qui seront plus tard employés pour Texportation et pour d’autres fins ” (P. Murison).

En parlant du canton Humqui. M. LeBer dit “ qu’on n’y trouve point de ' pin comme dans Milnikek, mais autant et même plus d’épinette propre au commerce. Il y a beaucoup de cèdre. Les autres bois sont le sapin, le bouleau et le merisier.”

' Le canton Cabot a été exploré par l’arpenteur T. A. Bradley qui constate dans son rapport, qu’ ''il y a des plaines fertiles, unies et qui ne sont interrompues par aucune élévation. Sur ces plateaux le sol est très-fertile. Le bois franc prédomine, comme le bouleau, l’érable et l’épinette. Ce dernier bois surtout est très abondant et fort employé par les marchands de bois de la localité. On trouve sur ces rivières (les rivières Blanche et Tartigou) une grande quantité de

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bois propre aux moulius et que Ton exploite depuis les sources jusqu'à Temboucbure de ces cours d'eau. Les principaux bois sont Tépinette, le pin et le cèdre, avec un peu d'érable et de bouleau blanc et noir."

M. Tarpenteur G aron a constaté que dans le canton McïTeider, qui est traversé par la rivière ïartigoii, “ le bois est de bonne qualité, surtout l'érable et le merisier, qui constituent les espèces dominantes. Le pin est très rare, mais il existe encore une petite quantité d'épinette marchande. Le cèdre est en général abondant et de qualité supérieure."

Au rapport de l'arpenteur Grondin, le canton Tessier est uni et couvert de bois de la plus belle venue, tel que l’érable, le merisier, l'orme, le frêne, répinette." Ce canton est traversé par la rivière Matane et se trouve en arrière de la seigneurie du même nom.

“ Les espèces de bois qui dominent dans le canton Tourelle, dit l'arpenteur Eoy, sont le sapin, le bouleau, le merisier, l'épiuette et le cèdre. Il y a de l'érable, mais en petite quantité. Les cédrières sont en assez petit nombre ; mais le cèdre est de bonne grosseur et de qualité supérieure. Nous avons rencontré un grand nombre de souches de pins ; mais je ne me rappelle pas avoir vu un seu! de ces arbres debout.”

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Dans les cantons de la Eivière-au-Eenard, du Cap Eosier et de Gaspé-Nord, surtout dans les profondeurs, le sol est plan, boisé d'érable et de merisier ainsi que de frêne ; mais cette dernière espèce commence à devenir rare, à cause du grand usage qu'en font les pêcheurs pour faire des barils.

Les forêts du canton Fortin se composent d'épinette, de sapin et de merisier. Dans le canton Eameau, qui est traversé par la Grande-Eivière, il y a un peu de pin, une très- grande quantité de beaux cèdres et un peu d'érable. Le merisier, qui est généralement sain et d'une grosseur assez remarquable, se rencontre partout mêlé au bouleau, au sapin et à l'épinette. Le cèdre, surtout, pourrait fournir beaucoup au commerce d'exportation.

Les bois de commerce se trouvent en abondance dans les forêts de Pabos. On a pris un peu de pin dans les endroits les plus rapprochés de' la mer ; mais il en reste encore dans l’intérieur suffisamment pour alimenter une grande exploitation pendant bien des années. On trouve aussi en abondance, même dans les premiers rangs, tous les autres bois de commerce, tels que le cèdre, l'épinette, le sapin, le merisier et le frêne. Le merisier est abondant, fort gros, très sain et constitue un article de première classe pour l'exportation.

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M. rarpenteiir Legendre a fait rexploration d’une grande partie de la région égouttée par les rivières Pabos et Port- Daniel et nous extrayons les notes suivantes de son rapport :

x)e la rivière Nouvalle aux Fourches, grande abondance de bois de commerce : cèdre, peuplier, orme, etc. Ces bois sont généralement très grands, gros, d’excellente qualité. Les coteaux et les montagnes fournissent du pin en petites quantités, mais beaucoup d’épinette. Le sommet des hauteurs est presque partout boisé en merisier et bois mou.

“ J’ai vu là du merisier qui pouvait former un plançon de trente pieds de long sur vingt pouces carrés. Il y a déjà eu exploitation de ces forêts, mais il reste encore assez de pin et d’épinette pour donner une valeur considérable à ces terrains . .

‘‘ La Samaragne est le meilleur pouvoir d’eau . .

Le sapin et l’épinette abondent et la clescente du bois est facile.”

Le même arpenteur a fait l’exploration des rivières Bonaventure et Cascapédia et parle ainsi des forêts i qu’il a vues :

‘‘ Le bois, qui se compose en ces endroits (dans la ; vallée de la petite rivière Cascapédia) de cèdre, | de merisier, de peuplier, d’épinette et de sapin, j est d’une grosseur remarquable et en grande quantité^

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J’ai vu plusieurs cèdres de dix-huit à vingt pieds de circonférence et généralement sains . .

“ De la Fourche au trente-deuxième mille du côté, est, il y a beaucoup d’épinette, de cèdre et de peuplier. J’ai remarqué que dans cette région les bas- -, fonds sont bien boisés de bois mou . . .

“ Quant au reste de la branche sud-ouest des Fourches, il n’y a pas de bois de valeur; mais à partir de l’arrière ligne du canton de Newport, on trouve en abondance du cèdre et du peuplier sur les bords de la rivière, et sur les hauteurs et les ruisseaux du pin et de l’épinette.

“ La rivière Hall (un des affluents de la rivière Bonaventure) est bien fournie de merisier, de pin et d’épinette, ainsi que les rivières Pabos.”

Une grande partie de la grande rivière Bonaventure a été explorée par M. * Henry O’Sullivan, un homme des plus compétents. Les notes qui suivent sont prises dans son rapport.

‘‘ La première branche de l’ouest, où le pin, le sapin, l’épinette et le cède abondent ....

“ Sur les 2e et 3e milles, il a été fait jadis du bois d’écarrissage. Le long de la grande rivière, jusqu’au 2e piquet de mille et une bonne distance sur la branche de l’ouest, il y a de magnifiques terres d’une

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étendue d'environ dix mille acres. Les vallées sont bien boisées d'épinette, pin, sapin et peuplier et sur les hauteurs c est de Tépinette blanche, quelques pins et merisiers blancs.

Le cèdre de la rivière Bonaventure mérite une mention spéciale : je n'ai encore rien vu dans aucune partie de la province pour l'égaler en dimension, qualité ou quantité. Il y a aussi beaucoup de pin, d’épinette, de sapin et de peuplier et suivant les rapports des explorateurs et hommes de chantiers qui ont visité les sources des rivières Hall, Duval et Creuse, l'érable et le merisier abondent dans ces localités."

Constatons en passant que les plus belles forêts de la Gaspésie se trouvent dans la vallée de la rivière Bonaventure. Il y a là du pin en abondaùce et de la plus belle qualité, de l’épinette, du cèdre, de ce cèdre que M. Sullivan représente comme extraordinaire et bien supérieur à tout ce qu'il a vu dans toutes les autres parties de la province. H y a dans la vaUée de cette rivière suffisamment de beau pin, de première qualité — on en a mesuré qui avaient trois pieds et demi et quatre pieds de diamètre au-dessus de la souche — pour faire des millions et des millions de pieds de bois carré ou scié. L’épinette fournirait aussi son très^ fort contingent, sans compter le merisier et

le cèdre. Et ces beaux bois se trouvent non-seulement dans la vallée principale, mais aussi dans les vallées secondaires des affluents de la rivière, ce qui est assez dire que ces riches forêts couvrent une immense étendue et peuvent alimenter presque indéfiniment une exploitation forestière des plus considérables conmie des plus lucratives.

Cette exploitation pourrait se faire dans les conditions les plus avantageuses qu’il soit possible d’imaginer. Dans les exploitations ordinaires, le transport des provisions pour les bûcherons et les bêtes de somme employées dans la forêt, à plusieurs centaines de milles des grands centres de commerce, à travers des régions où les chemins sont dispendieux à ouvrir, montueux et à peine praticables, le tiansport des provisions, disons-nous, constitue une dépense considérable. Ces inconvénients, ces causes de dépenses n’existent pas en ce qui regarde l’exploitation des forêts de la rivière Bonaventure. Là, le terrain se prête bien à l’ouverture des chemins et en hiver la glace, sur la rivière et ses tributaires, fournit les ^ chemins les plus beaux et les plus unis. Puis les distances à parcourir sont peu de chose, puisqu’elles n’excèdent pas en moyenne une trentaine de milles entre les bords de la mer et le centre des belles forêts ; ce n’est rien comparativemeiit à l’éloignement des

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forêts dans les autres parties de la provincé. Ainsi, dans le haut de rOutaouais, où se fait la plus grande partie des'. bois de pin que nous exportons, il faut transporter les provisions à des distances de deux ou trois cents milles et même plus. Pourtant, plusieurs maisons qui exploitent ces forêts ont réalisé des fortunes colossales dans cette industrie. Que serait-ce donc si leurs opérations avaient été, comme cela peut ,se faire dans la vallée de la rivière Bonaventure, à quelques milles des endroits où Ton peut se procurer lies provisions à bas prix et les transporter dans les chantiers pour une bagatelle !

Enfin la descente des bois préparés, qui coûte si cher sur le Saguenay, le Saint-Maurice et TOutaouais, ,en frais de glissoires, d'estacades et en manœuvres, ne coûterait comparativement rien sur la rivière Bonaventure. Ici, il n'y a besoin de rien de tout cela, pour la bonne raison que le cours de la rivière, dans toute sa longueur, n'est obstrué par aucun obstacle. Je dois faire remarquer, dit M. l'arpenteur Sullivan, qui l'a explorée d'un bout à l'autre, que tout le long de la rivière, depuis- la grève jusqu’au lac le plus éloigné (d cinquante-deux milles et demi de la mer), il n'y a pas une seide chute ; mais c'est au contraire un rapide continu, libre de tout obstacle quelGonq^lel' Est-il possible d'imaginer une rivière plus propice

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U la descente du bois ? Pas de chute, pas d’obstacle naturel d’une nature quelconque et courant rapide: partout. Il suffit de jeter les billots à l’eau et de les laisser descendre d’eux-inêmes. En des circonstances aussi favorables, dix hommes peuvent faire l’ouvrage qui en exigerait un cent et plus sur des rivières^ moins avantageuses. Enfin l’estuaire de la rivière forme un havre excellent où les bâtiments peuvent charger le bois avec la plus grande facilité, firotégés contre les vents et contre tout ce qui pourrait les obstruer ou les empêcher en d’autres endroits moins bien situés. Tout cela démontre clairement que sous tous les rapports les superbes forêts de la rivière Bonaventure peuvent être exploitées dans des conditions exceptionnellement avantageuses. C’est pour toutes ces raisons que la vallée de cette rivière et de ses nombreux affluents constitue indubitablement la plus belle région forestière de la Gaspésie, et peut-être même de la province.

Il y a aussi de belles forêts dans la vallée de la rivière Houyelle. L’arpenteur Murisson en parle dans les termes suivants :

Le sol dans cette localité (à 20 milles de l’embouchure de la rivière) est ^riche et le bois de grandes dimensions, sain et droit, principalement l’épinette, qui serait très propre à l’exploitation. Dans les en-

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virons et entre les 9e et 10e nailles, il y a des pins de bonne qualité qui croissent sur le versant des montagnes, des deux côtés de la rivière. Les cours d’eau qui se jettent dans la rivière principale sont petits- L’épinette et le sapin sont de grandes dimensions. Il y a aussi du merisier et du bouleau. D’excellent bois de charpente de la même qualité abonde sur le versant des montagnes. ”

Dans le canton de Mann, le sol est parfaitement uni, de la meilleure qualité et couvert de merisier et d’érable de très grandes dimensions. La grande vallée du ruisseau Busteed est boisée de pin et renferme aussi du merisier d’une taille énorme. La vallée du ruisseau Harrison se compose aussi d’un sol de qualité supérieure et^ le bois est d’une taille énorme. Les espèces dominantes sont l’orme, le frêne et le merisier. Il y a des frênes qui sont aussi gros que des pins. La qualité du sol et du bois est de meilleure en meilleure à mesure qu’on avance dans l’intérieur, en allant vers la rivière Escuménaç.

On peut juger du sol et du bois du canton Eistigouche par le rapport 'suivant que M. l’arpenteur Legendre a donné au sujet du deuxième rang de ce canton :

Le bois de toute espèce et le sol que j’ai rencontré sur tout le parcours de ce cordon sont d’excellente

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qualité et Ton m’assure qu’il en est ainsi jusque près et à quelques places au delà de la ligne extérieure nord de ce canton. Quant à moi, je n’ai rien vu qui puisse livaliser avec cette partie du deuxième rang. Les merisiers sont d’une grosseur énorme, abondants et sains. Il y a des merisiers magnifiques. On voit des épinettes qui peuvent mesurer seize pouces carrés à soixante pieds de la souche. Enfin le sol, composé de t(îiTe*jaune, est le plus riche que j’aie vu. Parmi tous ces arbres que je viens de mentionner, il pousse aussi d’énormes cèdres, indice certain de la bonne qualité du sol. ”

Ce canton, ainsi que celui de Métapédia, qui l’avoisine, ont été explorés avec soin par M. W. A. Sims. Dans son rapport ce monsieur dit :

Le canton de Ptistigouche est situé à la tête du courant de marée de la rivière Eistigouche, qui le borne au sud. Le terrain est de la terre brune ou jauné de bonne qualité, exempte de pierres et reposant en général sur des couches de trap qui, en se décomposant, forment un sol extrêmement fertile. Il est bien boisé et produit du bouleau noir et jaune, de l’érable, du bouleau blanc, du sapin, de l’épinette, du hêtre et du frêne. Ces derniers bois se rencontrent aussi mêlés de pin et de cèdre, sur le versant des collines. L’étendue des plateaux dans les ravins et les

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vallées est très restreinte. Le bois qu'on rencontre en ces endroits est générelement du bois mou mêlé de frêne et d’ormeau. Cette description s’applique au canton Métapédia, qui est aussi borné au sud par la rivière Eistigouche."

Toutes ces données, puisées aux. sources les plus authentiques et les plus autorisées, démontrent clairement que les forêts de la Gaspésie, notamment celles de la région qui borde la baie des Chaleurs entre la rivière Saint- Jean et la rivière Métapédia, sont aussi riches en bois de commerce que celles du Saguenay„ du Saint-Maurice et de l’Outaouais. Il y a dans ces 'belles forêts de la baie des Chaleurs assez de pin, d’épinette et de merisier pour alimenter pendant des années et des années un énorme commerce d’exportation. Quant au cèdre, c’est le seul endroit de la province où l’on en trouve autant, d’aussi beaux et d’aussi gros. Le frêne et l’orme atteignent aussi des proportions colossales et pourraient fournir leur bonne part à l’exportation.

Quant à l’exploitation de ces belles forêts, elle est des plus faciles et infiniment moins dispendieuse que n’est cette industrie dans des autres parties de la province.

Ailleurs, il faut aller chercher le bois jusqu’à trois, quatre, même six et sept cents milles des endroits où

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il est embarqué à bord des navires pour être expédié en Europe. Dans la Gaspésie, les forêts les plus éloignées ne se trouvent pas à cent milles du bord de la mer. C’est déjà un avantage immense. Il en est un autre plus considérable encore. Le cours des rivières où Ton 'descend le bois, dans les autres partiesi de la province, est accidenté, intercepté en beaucoup d’endroits par des chutes et des cascades où il est impossible de faire passer le bois, et pour éviter ces obstacles, il faut construire des glissoires et faire des travaux d’améliorations qui coûtent des sommes énormes. Il n’y a rien de tout cela dans la Gaspésie ; les forêts sont traversées par des rivières dont le cours est rapide, mais n’offre pas le moindre obstacle sérieux à la flottaison des bois. Il suffit pour ainsi dire de les mettre à l’eau et de les laisser descendre d’eux-mêmes. Enfin le transport en Angleterre est bien moins dispendieux que de Québec et des autres ports du Canada. Outre qu’ils ont de quatre à cinq cents milles de moins à parcourir, c’est-à-dire de huit cents à mille milles pour l’aller et retour, ce qui est considérable, les navires fréquentant les ports de la baie des Chaleurs, Percé, Pabos, Port Daniel, Nev/-Carlisle, New- Eichmond, Carleton, etc., n’ont pas un seul sou à payer pour pilotage, quaiage, remorquage, toutes choses qui s’élèvent à des montants considérables dans les autres ports.

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Toutes ces considérations montrent à l’évidence que l’industrie forestière offre les plus grands avantages et la plus belle perspective dans la Gaspésie^: si elle n’a pas encore été exploitée d’une manière sérieuse et sur une grande échelle, c’est uniquement parce que les richesses des forêts de cette contrée sont généralement inconnues.

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