‹ Esquisse sur la GaspésieChapitre 6 sur 15 · SS · texte numérisé non relu

SS

Mai.......

Juin

J irillet

Août

Septembre

Octobre

N ovembre

Décembre....

Année.......

Pour chacune des i

saisons,

on

trouve les

chiffres

.suivants :

Printemps

Eté

AiUomne Hiver

Année

New-Oaiiisle....

Carleton

Pointe-au-Père.

Cap-Rosier

Québec

5’ IGo

Montréal

650 rp .

Londres

Llverpool

Glasgow

Edimbourg

Paris

Berlin

Saint-Pétersbourg 35^ 9'

Les températures indiquées par ces tableaux sont à peu près les mêmes, excepté celle de Thiver qui est plus froide, que celles des parties les plus peuplées de l’Europe, et sous ce rapport la Gaspésie constitue l’iine des plus belles régions du Canada. Le climat de la belle saison, dans la baie des Chaleurs, est renommé pour sa douceur, sa régularité et sa salu« brité, ce qui attire là beaucoup de personnes malades ou dont la santé est délabrée par le travail. Puis il est bien connu que dans l’intérieur, la température d’été est plus élevée, vu que là elle ne subit pas autant l’influence qu’exerce la fraîcheur de la mer que dans les localités où ont été faites les observations données plus haut.

D’ailleurs, ce qui prouve que le climat de la Gaspésie est bon, des plus favorables aux opérations agricoles, c’est le fait que le blé vient bien dans toutes les parties de cette contrée et mûrit parfaitement. A la première exposition universelle de Paris, il a été décerné une mention honorable à du blé récolté dans le comté de Gaspé, qui est pourtant inférieur à celui de Bonaventure, sous le rapport du climat. Enfin le maïs, qu’on ne peut pas cultiver dans la Grande- Bretagne à cause de la température, vient à parfaite maturité dans la Gaspésie, où il en a été récolté plusieurs centaines de minots en 1881, ainsi que le fait est constaté dans le recensement. Une autre preuve.

LÆ GxVSrÉSIE

de la douceur du climat, c’est la culture en plein air du melon et de la tomate, deux plantes des plus sensibles, culture qui se fait dans la baie des Chaleurs avec la plus grande facilité.

La chaleur et rhrùnidité sont les deux principaux agents qui rendent le sol et le climat favorables à la production agricole. Nous avons vu que pour ce qui regarde la chaleur, la saison agricole de la Gaspésie est préférable à celle des principales régions de l’Europe, puisque la chaleur d’été est plus élevée. Quant à riiumidité, le tableau qui suit montre qu’elle ne fait pas défaut.

I^omhre de jours /pluvieux et quantité de pluie tombée dans la. Gaspésie, en 1Q12 pour le Cap- Rosier et 1880 pour les autres localités.

Pointe-au-Père Cap-Rosier New-Carl;slc Carleton

jrs

PLUIE

pcs

jrs

PLUIE

pcs

jrs

PLUIE

pcs

jrs

PLUIE

pcs

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre...

Octobre

Novembre...

Décembre ...

traces

Année.,..

LA GASPKSIE

Pour chacune ries quatre saisons on trouve ce qui suit, dans la Gaspésie et certaines autres localités :

rrintejnp:^ Automne II ver Année

jr,3 pcs jr-3 iic>3 • jrs pcs jrs pcs jrs pcs New-Curlislc... *9 2.58 24 4,77 30 7.46 3 0.32 55 15.13

Carloton 16 4.83 27 7.41 20 31.27 2 0.20 74 23.71

Pointe-au-POre 25 5.06 27 4.56 38 0.14 4 0.26 04 30.02

•Cap-Uüsicr 33 7. GG 34 11.54 26 5.60 6 llG 70 26; 05

Québec.., 51 10.58 41 11.46 25 7.84 9 l.U 326.30.90

Montréal 47 9.41 53 9.62 27 8.33 20 2.41 147 £0.80

Ijondres 4.00 6.00 6.15 20.69

Liverpool 6.19 9.78 10.81 34.10

Glasgow 3.80 6.39 5.82 21.33

Edimbourg 5.40 7.10 8.90 28.08

Paris 5.53 5.02 6 51 22.61

Berlin 5.66 7.21 5.45 13.56

St-Pctershourg 2.89 6.73 5.11 14.73

Sous ce rapport, comme sous les autres, il y a similitude complète entre le climat de la Gaspésie et celui des parties centrales et les plus peuplées de TEurope. Comparativement à Québec et Montréal, le nombre des jours pluvieux est de moitié, même de beaucoup moindre, surtout au printemps et en automne, ce qui rend ces deux saisons infiniment plus favorables aux opérations agricoles dans -la Gaspésie que dans les districts de Québec et Montréal. Quand il est constaté qu’au lieu.de 55 à New-Carlisle et 74 à Carleton, le nombre des jours pluvieux est de 126 à Québec et de 147 à Montréal, il faut bien admettre que sous ce rapport le climat de la Gaspésie est bien supérieur à

70 LA GASPÉSIE

celui des parties de la province situées plus à Touest.

Quant aux jours neigeux et à la quantité de neige, les voici, tels que donnés pour les périodes indiquées à Tautre tableau :

P7'intemps Automne Hiver Année

jrs pc3 jrs pcs jrs pcs jrs pcs

New-Oarlisle 6 6.00 4 9.00 18 32.00 28 47.00

Carletoii 10 10.50 7 11.50. 25 59.50 42 81.50

Poirite-au-Père 17 21.50 11 21.83 43 56.50 71 99.82

Oap-Roskr... 14 51.60 7 4.20 ]6 98.40 37 154.20

Québec 24 54.40 19 29.30 53 92.30 96 176.00

Moritrcal... 26 33.70 20 15.80 45 59.90 91 109 40

Le nombre de jours neigeux, pour toute raniiée, a été de 28 à Nevf-Carlisle et 49 à Carleton, au lieu de 91 à Montréal et 96 à Québep, ou beaucoup plus du double de ce qu’il a été dans la baie des Chaleurs. La quantité de neige tombée a été de 47 pouces à Ntxv-Carlisle et de 81.50 à Carleton, au lieu de 109.40 pouces à Montréal et 176 à Québec, ce qui montre clairement que durant la saison des neiges le temps est bien plus beau eCbien plus clair dans la Gaspésie que dans les districts de Québec et de IMontrcal.

Ces tableaux indiquent aussi qu’il y a une différence seirsible dans la température et bétat de l’atmosphère entre la partie nord et la partie sud de la Gaspésie. Au nord l’influence des glaces, qui arrivent par le détroit de Belle-Ile accompagnées par les vents de nord et de nord-est, abaisse la température hivernale

LA GASPÉSIE

et augmente la quantité de neige, de meme que dans les autres saisons, notamment le printemps et Fautomne, ces courants froids et humides font descendre le thermomètre et font naître des temps crus et humides qui caractérisent la présence des vents de nord-est. Au sud, au contraire, ces vents de nord-est sont inconnus ; ils sont arrêtés par les montagnes Shickshock qui leur enlèvent leur froid et leur humidité. C’est pourquoi dans cette dernière région on ne connaît pour ainsi dire que les vents d'est et d'ouest ; le seul rhumb qui vienne du nord est celui du nordouest, et comme ce vent est toujours sec, il n'a rien de désagréable et n'afiecte la température que pour la rendre plus agréable, surtout en été. L'extrait suivant, emprunté au rapport de M. Sims, donne une bonne idée du climat de la baie des Chaleurs et de la vallée de la Métapédia : i

“ Le pays (qui entoure la baie des Chaleurs) produit toutes les espèces de grains qu'on récolte dans le Bas-Canada. Les brouillards y sont très-rares. Il tombe de la neige vers la fin d'octobre et l'hiver commence au milieu de novembre ; mais le beau temps continue souvent jusqu'à la fin de ce mois. L'épaisseur de la couche de neige est au maximum de cinq à six pieds ; elle disparaît au commencement de mai et quelques jours plus tard le sol est propre à rece-

LA GASPÉSIE

voir les semences. Dans la direction de la baie des Chaleurs et de la rivière Eistigoache, le vent souffle généralement de Touest ou de Test ; les fortes bourrasques sont rares...

“ Le climat de cette partie du Canada (la vallée de la Métapédia, qui commence à une vingtaine de milles du Saint- Laurent) ne diffère pas beaucoup de celui de Québec, bien qu'il y fasse moins chaud en été. Les froids, vifs n'y sont pas aussi fréquents et cependant la pluie et les temps doux n'existent pas en hiver. Il tombe de la neige vers le 22 octobre ; mais elle ne reste pas sur la terre plus d'un ou deux jours. Vient ensuite une période de beau temps avec une ou deux bordées de neige^ jusqu'au 2i novembre, époque à laquelle l'hiver commence définitivement. Dans les hivers ordinaires, la couche de neige a quatre pieds d’épaisseur ; elle a parfois atteint jusqu'à six pieds. Les terres cultivées ne sont plus couvertes de neige au 20 avril et le labour commence du premier au huit mai. De cette date au 28 du même mois on sème le seigle et les pois ; à la fin du mois, l'avoine, et vers la fin de juin, 1 orge et les pommes de terre. La récolte commence généralement le 25 août et dure jusqu'à la fin de septembre, époque à laquelle on fait celle des pommes de terre."

Tout cela prouve surabondamment que le climat

LA. GASPÈSIE

de la Gaspési6 né laisse absolument rien à désirer, qu’il est bien adapte aux opérations agricoles et propre à procurer le confort aux habitants de cette belle et riche contrée.

CHAPITEE V

MINÉpALOGIE — ESPÈCES MINÉRALES — GISEMENTS SUSCEPTIBLES D’EXPLOITATION

Les richesses minérales de la Gaspésie sont malheureusement peu connues. Les explorations de la Commission Géologique ont été peu nombreuses, limitées à la bande de tenainqui avoisine les bords de la mer ou de quelques-unes des principales rivières qui traversent cette région, puis, il faut bien le dire, faites trop à la hâte pour produire les résultats que ne manquerait pas de donner un examen plus minutieux et plus soigné de cette partie de la province.

Au reste, les hommes les plus compétents n’ont pas le moindre doute sur la richesse minérale de la Gaspésie et ils sont bien convaincus que le jour où cette grande et belle contrée pourra être parcourue plus aisément, visitée plus en détail et explorée plus facilement, on y découvrira indubitablement de riches dépôts de minerais. Voici ce que nous trouvons à ce sujet dans le Rapport du Ministre de VIntérieur

LA GASPÉSIE

pour Vannée 1882, dans la partie qui traite des travaux de la Commission Géologique et de Texploration ‘ fiiite par un de ses membres, M. Elis, dans une partie de la Gaspésie :

“ Cette région est probablement une région importante ; mais les difficultés qui s’opposent à son exploration sont très grandes. Le cours raboteux, rempli de précipices, des rivières qui la traversent ; les forêts denses qui recouvrent toute l’étendue comprise entre ces rivières, à l’exception des sommets de montagnes dénudés qui s’élèvent au-dessus du niveau de la forêt, de même que l’absence de sentiers ou de chemins quelconques, sont des obstacles qui ont jusqu’à présent empêché de se procurer des renseignements détaillés et réellement exacts sur la géographie et la géologie de cette région.

“ Cependant, on peut maintenant affirmer que cette vaste contrée montùeuse n’a pas de rapport avec les formations cambriennes (siluriennes inférieures) du groupe de Québec, mais qu’elle constitue une aire détachée des formations pré- cambriennes qui forment la principale zone minière des Cantons de l’Est, zone qui s’étend depuis k frontière de Vermont, en allant vers le nord-est, jusqu’un peu en arrière de la latitude de Québec. Jusqu’à présent on a constaté dans la région des montagnes Shichshock l’existence seu-

LA GASPHSÎK

lement de la serpentine et du fer chromique ; mais comme ces minéraux accompagnent partout des gisements de clirysolite ou d’asbeste, ainsi que de cuivre, de plomb, d’antimoine et de fer, meme d’or ou d’argent, dans la région qui se trouve jdus au sudouest, il n’est pas invraisembable de prédire qu’on trouvera aussi ces minerais dans la région non explorée de la péninsule de Gaspé.”

La même opinion est exprimée par M. le professeur Hunt, dans une brochure publiée en 1865.

Sous ce titre, dit-il en parlant des Cantons de l’Est, est comprise la zone montiieuse, située au sud du Saint-Laurent, ainsi que la région plus au sud-est s’étendant jusqu’à la frontière et formant une succession de vallées qui se suivent depuis les sources de la rivière Connecticut en allant vers le nord-est jusqu’à la baie des Chaleurs. Il est vrai que les Cantons de l’Est, tels qu’on les désigne ordinairement,, ne comprennent j)as ce prolongement vers le nordest ; mais, comme il leur appartient au point de vue de la géographie et de la géologie, on peut avec raison l’inclure sous la même désignation . . , Les Cantons de l’Est, en sus, abondent en minéraux métalliques, en marbres, en ardoises, etc.”

Ces citations établissent clairement la richesse’ minière de la Gaspésie. Puis nous avons la preuve

LA GASPÈSIE

iiT(5futable de ces richesses dans l’existence des gisements et des espèces qui ont été bien constatés et dont nous allons donner une brève énumération.

Pétrole, — La présence du pétrole dans les roches de Gaspé a été constatée il y a plus de trente ans, pour la première fois, par les membres de la commission géologique du Canada. Des explorations subséquentes ont établi que ce minéral existe en plusieurs endroits de cette région, sur les bords des rivières Dartmouth, York, Saint-Jean et Malbaie. A beaucoup d’endroits, dans cette région, le calcaire est recouvert d’un grès dont la partie inférieure est de même âge que la formation d’Oriskany. Ce grès se trouve près de r’embouchure de la rivière York, et comme le calcaire, il est imprégné de pétrole. Sur les bords de cette même rivière, à douze milles environ du bassin de Gaspé, on trouve des parcelles de bitume solide dans les cavités d’un dyke coupant le grès.

A la source d’bù provient le pétrole de Silver Brook, l’un des tributaires de la rivière York, cette huile sort d’une masse de grès et de calcaire arénacé qui plonge vers le sud-est à un angle de 13° et se trouve à près d’un mille de la couronne de l’anticlinale. L’huile, qui se ramasse dans les mares d’eau, le long du ruisseau, a une couleur verdâtre et une

LA GASPÉSIE

odeur aromatique bien moins d&agrt^able que celle du pétrole d’Ontario. Plus loin vers l’ouest, à une douzaine de milles de l’embouchure de la rivière, rhujle surnage à la surface de l’eau, à l’affleurement du calcaire. Il y a aussi du pétrole à la fontaine Adam, sur le derrière du lot B du canton d’York, à une couple de milles S. S. E. de l’entrée du bassin de Gaspé. Le pétrole suinte pareillement à travers la boue du rivage à Saixly-Beach et ïïaldimand, deux localités qui, comme la précédente, se trouvent sur des grès et l’anticlinale qui passe un peu au nord de la source de Silver Brook. Un peu à l’est, deux milles à l’ouest de la Pointe-au- Goudron, qui tire son nom du pétrole qu’on y trouve, il y a une autre source qui se trouve à trois quarts de mille de l’anse au Marsouin. Sur le borct-sud de la grève dé Douglasstown, environ un mille à l’ouest du village, le pétrole suinte à travers la boue et les graviers du rivage. Plus loin vers l’ouest, à la deuxième bifurcation de la rivière Saint-Jean, il y a aussi dir pétrole, ainsi que sur les bords d’un ruisseau qui se décharge dans l’anse Saint-George, sur le côté nord-est de la baie de Gaspé.

Rcsirie fossile — Cette matière se trouve dans quelques lits dei^grès dévoniens de Gaspé. Elle se présente sous forme de lames irrégulières, dans les

LA GASPÉSIE

bords de ces lits de grès, en couches de quelques lignes d'épaisseuo’. Elle ressemble un peu à l’ambre ; mais elle se rapproche davantage de la sclërétinite et de la middletonite.

On pourrait tirer de cette matière de grandes quantités d’huile à brûler et à lubrifier, en la distillant comme on distille la houille et les schistes bitumineux. Des expériences faites sur une petite échelle, dans le but de constater si cette résine pourrait servir à la production du gaz d’éclairage, ont douné pour résultat 2 I pieds cubes de gaz, de qualité supérieure, par livre de résiue, laquelle perdit par la distillation 26 pour cent de son poids. Comme la matière volatille représente environ 33 pour cent de la résine, il est évident que si l’on pouvait se procurer cette résine dans un état de plus grande pureté, elle remplacerait fort avantageusement la houille pour la production du gaz d’éclairage.

Cuivre — Ce minerai doit exister en abondance dans la Gaspésie, puisque les monts Shickshocks sont composés des roches chloritiques du groupe qui, dans les Cantons de l’Est, renferme les mines d’Acton, de Wickham et de Harvey-Hills.

Les seuls endroits où l’on ait constaté l’existence de dépôts de cuivre, dans la Gaspfsie, sont l’embouchure de la rivière du Grand-Capucin, à quatre milles

LA GASPÈSIE

plus bas que le cap de Chastes, le voisinage du mont Serpentine, près de la baie de Gaspé, et au Port- IJcUiiel. Au Grand-Capucin on a remarqué Texistence de petites pyrites de cuivre dans une mine de quartz enfermée dans une gangue de schiste rouge. On a trouvé de bons échantillons de cette pyrite près du mont Serpentine, à six milles de la tête de la baie de Gaspé. Enfin, on a constaté que la partie inférieure des schistes et des calcaires de Port-DanieP renferment aussi de petites quantités de cuivre, et sir William Logan prétend quhl y a les mêmes probabilités de la présence des dépôts de cuivre dans toute la région de Test (de la Gaspésie) que dans les cantons situés plus au sud-ouest.

Plomb — La galène se trouve en quantités assez considérables pour être exploitée dans des veines qui traversent le calcaire de Gaspé, au cap de Gaspé et .à l’Anse-des-Sauvages. A la baie du Petit-Gaspé, le filon se trouve dans une masse de calcaire stratifié qui plonge environ S. O. 24° et forme vers le nord une montagne d'environ 700 pieds de h^iut, c'est-àdire le promontoire de Gaspé. Ce filon a une largeur d'environ dix-huit pouces : il se compose de calcite renfermant des masses de galène ainsi que des petits morceaux de blende et de minerai de cuivre. En creusant un puits de vingt pieds dans la veine prin-

LA GASPÉSIE

cipale et quelques autres veines parallèles, bn a obtenu vingt tonneaux de minerai qui ont donné douze tonneaux de plomb pur. On a aussi trouvé de la galène dans plusieurs autres localités, notamment dans les calcaires qui se rencontrent au sud du promontoire de Gaspé, ainsi que du côté nord, dans une veine qui semble être la continuation de celle de Fause du Petit-Gaspé. On a aussi trouvé des petites quantités de galène en veines dans les calcaires de Percé, de mêmeqiFà Fanse à Cousin et il est évident qubn en trouverait encore ailleurs, dans ces endroits, en faisant des recherches un peu plus soignées. Dans tous les cas, ce qui est déjà connu pourrait faire Fobjet d’une exploitation payante.

Chrome — Ce minerai se trouve en quantité susceptible d’exploitation dans les serpentines du mont Albert, sur les bords de la rivière Saint- Anne. On le rencontre sous la forme de fer chromique, par masses détachées pesant jusqu’à vingt livres chacune, et d’après Fexamen des lieux fait par sir William Logan, il est constaté que les couches de ce minerai, qui ont été suivies sur une distance de plus d’un demimille, forment un dépôt considérable et offrent im vaste champ à l’exploitation.

C’est de ce fer chromique ou oxyde de chrome qu’on obtient le bi-chromate de potasse, avec lequel

LA GÀSPÊSIE

on prépare les chromâtes de plomb ronge et jaune — ou jaune chrome — ainsi que Toxyde de chrome vert, dont on se sert en peinture comme couleur verte indélébile et pour préparer une encre verte d'imprimerie. On emploie aussi de grandes quantités de bichromate de potasse dans la teinturerie et pour l’impression des indiennes.

Asheste — Ce précieux minéral, qui est l'objet d'une exploitation considérable dans q'ueques parties des Cantons de l'Est, a été trouvé par sir Wiliam Logan dans les environs du mont Albert, à l'extrémité des montagnes Shickshock, dans le voisinage de la Serpentine. Ce gisement n'a guère d'importance par luimême ; mais il indique l'existence de couches plus considérables, qu'on ne manquera pas de découvrir en faisant des examens plus soignés et des explorations plus étendues.

Serpentine — A l'extrémité orientale des montagnes Shickshock il y a une grande exposition de serpentine qui paraît venir au-dessus des conglomérats calcaires, avec une bande mince 'de schiste noir qui la sépare des conglomérats, et fait un contour vers l'épaulement sud-est de la chaîne, formant le mont Albert, un de ses principaux pics. Elle se continue vers le sud-ouest sur une distance considérable, le long du tributaire de la grande rivière Cascapédia, constituant le flanc sud de la chaîne, et finalement

LA GASPÊSnS

elle disparaît plus loin sous les terrains sihiriens moyens. L'épaisseur de cette grunde masse de serpentine est estimée à environ 1000 pieds. Le tout présente des stratifications, très claires et très distinctes dans quelques endroits et plus obscures dans d'autres. Une grande partie des 600 pieds inférieurs est d'im vert bouteille, avec des lits, vers le haut, de couleur rougeâtre et panachée et brun verdâtre, très bien parsemés de petits cristaux de diallage. Les 400 pieds du haut montrent très bien leur disposition en lits par les différences de couleurs sur les tranches changées par l'influence atmosphérique ainsi que sur les surfaces récemment exposées. Les surfaces exposées à l'air sont marquées d'une série de bandes ronges et blanches opaques, les blanches étant plus larges que les rouges ; elles varient d’une ligne à un demipouce et deviennent souvent interstratifiées de lits de couleur chamois brunâtre, qui varient en largeur de la même manière. Quand la serpentine est taillée et polie, elle présente des bandes parallèles brunes, avec des lignes ressemblant à des veines rouge sang, qui coupent celles qui sont rouges sur la surface exposée à l'air. Ces lignes rouges sont quelquefois disposées en faux lits.

Au mont Albert, dans Gaspé, ^es serpentines qui sont là associées avec des schistes chloritiques, épido-

LA GASPKSIE

tiques et liornblendiqiies et qui ont été décrites à la page 281 (de la Géologie du Canada) recouvrent une étendue d'au moins dix milles carrés. Une grande partie de la serpentine est distinctement stratifiée et souvent rubannée de couleurs rouge brun. U y a peu de doute qu'on puisse obtenir là et dans beau-coup d'autres localités de cette région toute quantité voulue de belles variétés de serpentines propres à être euiployées comme marbres.

Il y a d'autres gisements considérables de serpentine dans les environs du mont Serpentine et là aussi on pourrait ouvrir des carrières capables d'alimenter une exploitation importante.

Pierre à ciment — D'après M. James Richardson, de la commission géologique du Canada, les dolomies noires jaunissant par Faction du temps et de l'air, que l’on trouve au portage de la Montagne et qui sont semblables à celles de la Grande-Coupe, à six milles plus bas que la rivière du Grand- Etang, forment une matière qui fait un ciment hydraulique très fort, se durcissant en quelques minutes, sous Faction de Feau, en une masse très dure et tenace, de couleur jaunâtre. L'étendue de la formation qui renferme ces bandes de matières à ciment démontre qu’on pourra trouver une quantité considérable de cette pierre dans les différentes localités qui bordent la rive sud du Saint- Laurent.

LA GASPÉSIe

Ardoises et pierre meulière- — Sir William Logan^ qui a lui-même exploré ces localités, colistate que Ton pourrait obtenir de magnifiques dalles et de bonnes ardoises à toiture de quelques couches de calcaire arénacé qui se trouvent un peu à Touest de Tanse à la Vieille ; elles se fendent facilement en plaques de presque toutes les épaisseurs voulues, d’un quart de pouce à trois ou quatre pouces, ce qui est dû à la présence du mica dans les plans de division. Le lit de conglomérat siliceux, à la base de la série des calcaires, ainsi que d’autres d’un caractère semblable et ^ en plus grande quantité, sur la rivière de l’Ouest^ pourraient fournir de bonnes pierres meulières.

Pierrés à aiguiser — A la chute de la rivière Dartmouth, dans la détour que la rivière fait au nord du mont Serpentine, et le long cette rivière, les couches à la base des calcaires sont un peu tendres et arénacées et passent parfois en grès à lits minces propres à fournir des pierres à faux. On a aussi trouvé dans la vallée de la rivière Bonaventure des roches qui feraient d’excellentes pierres à faux et même de bonnes pierres à aiguiser les - autres outils. Ces roches sont par lits et pourraient se travailler facilement.

Marne — Cette substance peut servir à de nombreux usages. Quand elle est pure, on l’emploie pour

LA GASPÉSIE

blanchir les bfitiments, nettoyer les métanx, etc. En la calcinant, on obtient une diaux très blanche et on ne peut plus propre à fciire du mortier de première qualité. Mais son principal usage se trouve dans ragriculture, pour ramélioration des sols trop sablonneux ou trop glaiseux. Aux sols glaiseux, elle fournit la chaux qui leur manque et aux terres sablonneuses elle donne une coiisistence qui les fait produire •abondamment. En Europe, mais en France surtout, la marne est considérée comme une soiu ce de richesse et comme T un des meilleurs amendements par tous les cultivateurs.

Dans la Gaspésie, la marne se trouve en plusieurs endroits, notamment sur les bords du lac Métis, à son extrémité supérieure, sur la côte du Saint-Laurent, à cinq ou six milles plus bas que la rivière Matanci dans les lacs de Port-Daniel et ceux de New-Ptichmond et principalement aux environs de Ney/-Carlisle, sur les bords de la baie des Chaleurs. A une couple de milles du village, dans une vallée d’un mille et demi en superiicie, il y a quatre ou cinq petits lacs au fond et sur les bords desquels on trouve un lit de marne blanche et pure d'une épaisseur de cinq ou six pouces. A Matane, le dépôt, qui a une quinzaine de ponces d’épaisseur, forme le fonds de plusieurs marais qui occupent une aire de soixante et

LA GASPÉSIE

quinze arpents carrés. Ces gisements pourraient être exploités avec le plus grand avantage par les agriculteurs des régions environnantes.

Pierre à chaux — Les calcaires siluriens inférieurs de la formation de Chazy et du groupe de Trenton, qui fournissent de la pierre à chaux de première qualité, se rencontrent en plusieurs endroits dans les terrains calcaires de la Gaspésie. Le dépôt le plus considérable et le plus pur se trouve à Port-Daniel. Il fournit d’excellente chaux. De grandes quantités sont exportées chaque année à rile-du-Prince- Edouard, où il n’y a pas de pierre à chaux. Cette exploitation est considérable. De la carrière, la pierre est transportée sur un tramway jusqu’aux bâtiments à bord desquels elle est chargée. Il en est expédié plusieurs cargaisons chaque année et ça augmente d’année en année. C’est une industrie importante pour cette localité, qui peut aussi fournir d’excellente chaux, pour les fins dô instruction et de l’agriculture, à toutes les paroisses de la baie des Chaleurs.

LX GASPÊSIE

CHAPITEE VI

Page 1