‹ Esquisse sur la Gaspésie [microforme] (volume 2)Chapitre 28 sur 33 · D ET · texte numérisé non relu

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Casupscul, Assametquagan, Ristigouche et aboutit au conflent des rivières Métapédia et Kistigouche. Il y a le long de ce chemin 12,806 acres de terrain offert en c”trois gratuits. Pour les obtenir, il faut s'adresser aux agents George Sylvain, qui demeure à Rimouski, et Wm. Maguire, qui demeure à New-Carlisle.

Le nombre d'acres destinés à être octroyés gratuitement est présentement de 51,762 et le lieutenantgouverneur en conseil a le pouvoir de l’augmenter au besoin. L'agent des terres pour chaque région, tant qu'il lui reste des lots disponibles à titre gratuit, est tenu d'accorder un permis d'occupation pour cent acres à quicouqre en fait la demande, pourvu qu'il ait l’âge requis, c’est-à-dire dix-huit ans. Sous un mois de la date de ce permis, le concessionnaire doit prendre possession, à peine d’être déchu de son droit. A l'expiration de sa quatrième année de possession, s’il à construit une maison habitable sur son lot et g’il a douze acres de terre en culture, il a droit à ses lettres patentes, sans frais, et devient propriétaire incommutable.

Les terrains offert en vente et déjà arpentés aux frais du gouvernement forment une étendue de 1,066,- 453 acres, cest-à-dire 373,587 acres dans le comté de Rimouski, 248,132 acres dans le comté de Gaspé et 444,734 acres dans le comté de Bonaventure. Ces

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chiffres sont pris dans le Guide du Colon, édition de 1880, publié par le département des Terres de la Couronne.

Ces terrains de la Gaspésie, principalement ceux de la région avoisinant la baie des Chaleurs, offrent des avantages extraordinaires au coion comme à l’immigrant d'Europe. Ce fait est constaté par M. Alexander J. Russell, un des hommes les plus compétents et les mieux renseignés. “Le comté de Ponaventure, dit-il, et la région da la rivière Risticouche, à cause de la supériorité de leur sol et de leur climat, mais particulièrement à cause de leur excellente position

quant aux communication avec l’Europe, offrent au-

tant d'avantages pour s'y établir, que les Cantons de l'est et presqu autant que les meilleures parties de la contrée de l'Outaouais.

“ Le sol du comté de Bonaventure est une terre franche, riche, sans roches, même sur les plateaux que forme le haut des montagnes et il n’y a que dans les endroits où il est trop en déclivité pour être labouré, qu’il n’est pas arable. IL produit de grosses récoltes de blé du printemps, d'avoine (1) et d'orge, bien supérieures, en ce qui regarde le rendement à l’acre et la qualité, à celles que l’on obtient dans les comtés qui bordent le Saint-Laurent.

(1) Le poids moyen de l’avoine est de 43 livresau minot mesuré.

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“ Le sol du comté de Gaspé est semblable, Les pêcheries de ce comté sont très précieuses.

“ J'ai constaté que la région de l'intérieur, jusqu’au Saint-Laurent, sur la route adoptée plus tard par le major Robinson comi'e ligne pour le chemin de fer Intercolouiai, ot cu général une région arable’ et fertile et ce ju: cn.cnt est basé sur l’expérience que j'ai acquise en faisant tr:vailler le sol sur un parcours de cent milles, pendant que je dirigeais les travaux de confection du chemin.

“ Cette région est la partie la plus salubre et la plus pittoresque de tout le Canada. La température d'hiver est de dix à quinze degrés plus chaude que celle de Québec, tandis qu’en été ses riches vallées et ses hautes collines sont rafraichies par les douces brises de la mer.

“ Les rivières sont navigables sans interruption

vaux, depuis leur embouchure jusqu'aux environs de leurs sources, puis entre les ports de cette région et ceux de l’Europe le prix du fret est d’une piastre moindre, par tonneau, qu’à partir de Québec, et sur ses rivages toutes les exploitations, sur mer et sur terre, s'offrent à l’entreprise du colon.”

Les actes de vente de ces terrains renferment les conditions suivantes : 1° l'acquéreur doit prendre

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possession de la terre ainsi vendue dans les six mois à compter de 4 date de la vente et continuer d'y rider et de l’occuper, soit par lui-même, soit par d’autres, pendant au moins deux ans, à compter de cette date ; 2° dans le cours de quatre années au plus, il doit défricher et mettre en culture une étendue de terre égale à au moins dix acres par chaque cent acres el y construire une maison habitable d’:4 moins seize pieds sur vingt; 3° il ne peut ètre conpé de bois avant l'émission de la patente que pour «tr. chement, chauffage, bâtisses ou clôtures et toui buis coupé contrairement à cette condition est cor: ‘Jéré comme ayant été coupé sans licence sur les terres publiques ; 5° nul transport des droits de l’acquéreur n’est reconnu dans aucun cas où il y a eu défaut dans l’accomplissement d’aucune des conditions de vente ; D° les lettres patentes n’émanent, dans aucun cas, avant l'expiration des deux années d'occupation, ni avant l’accomplissement de toutes les conditions, même quand le prix de la terre est payé en entier 6° l'acquéreur s’oblige à payer pour toutes améliorations utiles qui peuvent se trouver sur la terre vendue, appartenant à d’autres qu’à lui ; 7° la vente est faite sujet aux licences de coupe de bois actuellement en force.

Ces conditions sont des plus libérales et quand les

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colons sont de bonneoi, industrieux, le gouvernement leur donne toutes les facilités possible pour les remplir et se montre très peu exigent pour ce qui regarde la régularité dans le service des versements sur le prix d'achat. Il est donc très facile de s'établir sur un vaste domaine dans la Gaspésie. Ainsi un père de famille qui a deux grands gucons peut prendre un lopin de six, cents acres, deux cents acres pour lui-même et autant pour chacun de ses fils, le tout pour $120 ou $180, puisque les terrains se vendent presque partout de 20 à 39 cents l'acrc. Dans les endroits où il y'a des octrois gratuits, il peut s'emparer de ce domaine absolument pour rien, Et «ss terres sont fertiles, des plus faciles comme de: plus avantageuses à cultiver, “ Il n’est pas douteux,

dit M. le commandant Lavoie, que les comtés de É xaspé et de Bovaventure seraient aujourd'hui les él plus riches du pays si l'opulent marchand et le pauvre tra pêcheur avaient compris autrefois, comme ils le con- sai prennent à présent, de quelle importance pouvait être pet pour eux et pour la nation entière la mise en exploita- gli tion de leurs terres si éminemment bonnes et qui peu- ne vent être amendées si la population de cette partie du aik pays, dans. la quelle dix arpents de terre feraient Le vivre une fumille nombreuse, tandis que centarpents qu'

ne suffisent pas toujours dans le voisinage des villes, est pauvre pour la plupart par suite de son aversion

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pour les travaux des champs..,. L'expérience mantrera aux Gaspésiens que par l’agriculture ils peuvent acquérir l’aisance,” et il aurait pu dire sans faire erreur, la richesse, “ Cette région, ajoute-t-il dans son rapport pour 1876, qui comprend une ttendue de côtes de deux cent vingt-quatre milles, offre partout les plus grands avantages possibles pour la pêche. Le sol, qui est l’égal des meilleures terres qu’on puisse trouver dans notre pays, possède des aväntages qui ne se rencontrent nulle part ailleurs et le colon peut trouver dans la terre comme d‘ns la mer une abondante quantité de nourriture et devenir riche en peu d'années s'il sait diviser convenablement son travail et ses opérations,” |

En effet, si le colon de la Gaspésie procède avec méthode et partage convenablement son temps entre l’agriculture et la pêche, de manière à ne se livrer à celle-ci que dans les moments où l’agriculture, les travaux de la ferme ne requièrent pas son temps et ses labeurs, il peut faire beaucoup d'argent en très peu de temps. Une grande partie des pêcheurs, négligeant la culture de leurs terres, ne peuvent pas en tirer ce dont ils ont besoin pour vivre et dépensent ainsi tout le produit de leur pêche ; mais s'ils soignaïent leur culture, elle les ferait vivre dans l’aisanse et ce qu’ils gagneraient à la pêche, dans les mortes saisons,

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serait du surplus qu'ils pourraient chaque année mettre de cût: ot nweumuler ainsi une jolie petite fortune. Un culuivatenr laborieux ct intelligent peut

dans le cours de !‘t6 ct de l'automne fuire chaque année de $250 à ::00 par la pêche, sans le moins

du monde négliger sa culture.

Est-il ailleurs un seul endroit qui offre pareil avantage au colon et à l’émigrant européen ?

Il est en Europe une classe de gens qui réussirait phrticulièrement bien dans la Gaspésie: ce sont les populations qui habitent les côtes de l'Irlande et de la Bretagne. Ces gens-là vivent d'agriculture et de pêche, deux iudnstries qu'ils connaissent parfaitement. Mais ils ne cultivent que des terres plus. ou moins stériles, de peu détendue et les pêcheries qu'ils exploitent ne sont rieu, comparées à celles de la Gaspésie. Avec le rude travail qu'ils s’imposent 1à bas pour vivre dans l’indigence ou la misère, n'est-il pas évident qu'ici ils vivraient dans l'abondance et s'acquièreraient bien vite un joli patrimoine ? Il en coûte toujours de s'éloigner du pays natal : le souvenir des ancêtres, les traditions de famille forment des liens

qu’il est douloureux de rompre; mais qu'ils envi. Î

sagent l'avenir, qu'ils songent au bien-être qu'ils

peuvent procurer à leurs enfants en abandonnant

leurs côtes stériles pour venir s'établir daus la région

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& si riche en ressources naturelles de la Gaspésie et ces braves gens auront bien vite fait leur choix et accompli leur sacrifice. Ils seront reçus à bras ouverts, comme des frères, par nos bonnes populations de la Gaspésie, dont les mœurs douces et paisibles, l'honnêteté et la généreuse hospitalité ‘sont presque passées en proverbe. Cette population est des plus sympathiques, pour les étrangers comme pour les siens, et un brave homme est toujours accueilli par

| elle avec la plus franche cordialité, quelles que soient

sa langue, sa nationalité ou ses croyances religieuses.

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