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recommandons la lecture du rapport fait, en 1874, par un comité
spécial nommé pour s'enquérir de la route la plus courte pour le transport des malles et des passagers entre le Canada et l’Europe et de trouver sur les rives canadiennes un havre accessible en hiver et en é'6, pour être le terminns de la route la plus courte.” Ce comité était présidé par l'hon, M. Robitaille, actuellement lieutenant-wouverneur de Québec et alors député de Bonaventure, Après avoir obtenu le témoignage d'hommes choisis parmi les plus compétents, ce comité a fait au sujet de Paspébiac le r apport suivant: .
‘“ Le port de Paspébiac, situé sur la côte nord de la baie des Chaleurs, offre tous les avantages d’un havre d’ première classe,
ar, d'après les témoignages, l'est accessible en toute saison.
En examinant le mérite et les désavantages du havre de Paspébiac, votre comité a jugé à propos de se renseigner de son mieux sur la navigation du golfe Saint-Laurent,
D’après le témoignage du col, Fari ijana, basé sur de soigneuses études bydrogr aphiues, il appert que les parties sud et ouest sont navigables en toute saison,
“Il a éié démontré à votre comité que Îles glaces polaires apportées dans le golfe pur le détroit de Belle- Isle se diri igent au nord-est d'Anticosti avec une vitesse d’un denfi-mille à l'heure; que les glaces du fleuve Saint-Laurent suivent la rive sud de la même île avec une rapidité de deux milles à l'heure; quo le courant du fleuve, qui est plus fort, force les glaces polaires à se diriger vers la rive sud de Terrenenve, et laisse ainsi libres, tel qu il vient d'être dit, les parties méridionale et orientale du golfe.”
Le témoignage du col. Farijana est positif, des plus favorables au port de Paspébiac.
“ Le golfe du Saint-Laurent, dit-il, étant navigable en toutes
saisons, il est évident que Paspébiac offre le plus d'avantages. Par sa position géographique, le Canada en possède lentier contrôle, Il est plus rapproché des grands centres du Canada qu Halifax ou Louisbourg, Au point de vue commercial, il est prétérable, parce que le trajet par chemin de fer serait moins long, et par conséquent tout le parcours moins.dispendieux, ?
Il est bon de remarquer que ce témoignage du col. Farijana n'est pas basé que sur des études théoriques, mais aussi sur l'expérience pratique. Ce monsieur, en effet, a fait la navigation du golfe Saint-Laurent et de la baie des Chaleurs durant l'hiver. Lors de l'affaire du Trent, en 1861, il a passé l'hiver. en qualité d'ingénieur hydrographe, à bord du navire de guerre que Île gouvernement américain à tenu en croisière dans le golfe pendant l'hiver atin d'empêcher les vaisseaux des Sudistes d'aller se réfugier là pour faire la course aux navires marchands du nord Le vaisseau à bord duquel le col. Farijana se trouvait à fait
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| la croisière dans le golfe sans plus de difficulté qu’en été, ce qui prouve bien que les difficultés imaginaires dont on a parlé quelquefois ne sont que des rêves dont il est facile de prouver | l'inanité. Il en sera de la navigation d'hiver comme il en a été de | la navigation d'été: on à prétendu longtemps que celle-ci était | impraticable; mais l'expérience s’est chargé de démentir cette absurde prétention et les vingt-deux lignes de steamers, sans | :ompter les voiliers, qui font le trajet entre les ports de l’Europe | et ceux de Québec et Montréal attestent d’une manière assez | angible que la voie du golfe Saint-Laurent ne présente aucun ‘1 obstacle et constitue l’une des plus belles lignes de navigation océanique qu'il soit possible d'imaginer, | | Pourtant, la navigation de la baie des Chaleurs est encore plus facile. Ici, il n’y à ni îles, ni écueils ni hauts-fonds, presque partout un navire peut approcher à quelques arpents des côtes sans avoir à craindre les récifs, entin la navigation se fait comme en haute mer, avec la seule différence que les vagues et les vents Ra sont moins forts. Et remarquons en passant que par la voie de | l la baie des Chaleurs on évite les dangereux courants de la baie de (HR Fundy, le cap Sable, l’île de Sable et les autres endroits dangereux il qui rendent si fertile en naufrages la voie suivie par les navires | ‘4 qui fréquentent les ports américains. Cette considération seule suffirait à établir la supériorité de la voie de la baie des Chaleurs. | Mais il en est une autre plus importante: l’abréviation de la | distance entre Les ports de la Grande-Bretagne et ceux du Canada: En prenant Montréal pour point de comparaison, on trouve les
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HR 1 résultats suivants :
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C'est-à-dire que la voie de Paspébiac est de 25 milles plus courte que celle de Portland et de 255 millés plus courte que celle d’'Halifax.
En prenant la vitesse moyenne des steamers et des trains de passagers, on trouve les chiffres suivants :
Ieures de navigation Chemin de fer Total
Par Paspéblac 264,6 F062b1- 6,306 2078) 5e ET0,00 PONT eme RO re IG 46 Halifax rever 10000 lies T0, eee 108770
Pour la durée du trajet, la voie de Paspébiac l'emporte donc de 7.75 heures sur celle de Portland et de 9.75 heures sur celle d’'Hulifax, ce qui a bien son importance pour le transport des mulles et des passagers,
Le port de Paspébiac occupe donc une position exceptionnellement avantageuse sous tous les rapports et il est de la plus haute importance de le mettre en communication continue, en hiver comme en été, avec les grandes villes du Canada, atin de conserver aux chemins de fer canadiens le tratic qui aujourd’hui prend la voie des ports américains. Pour cela, il suffit de construire le tronçon du chemin de fer de la baie des Chaleurs, long d’une centaine de milles, compris entre Paspébiac et Mé ‘apédia.
Au point de vue du commerce de transit comme du commerce interprovincial, ce chemin de fer de 14 baie des Chaleurs est absolument nécessaire et sa construction répondra à un besoin pressant, vivement senti,
[l'ouvrira aux provinces de l’ouest un nouveau port de mer ot, surtout, il ouvrira aux produits variés de la baie des Chaleurs, cette Méditerrannée du Canada, les marchés de Québec, Montréal, Toronto et Winnipeg. Actuellement, une bonne partie du poisson de mer qui se consomme dans les provinces de Québec, Ontario ét Manitoba nous vient des Etats-Unis. En 1882, ces importations se sont élevées, pour les trois provinces, à 7,509,253 livres, ou 3753.59 tonnes, et à $288,559, Ces importations sont ainsi réparties par chaque province :
Morue, aigrefin Ontario , Québec Manitoba lingue......1,691,7161bs $74,396 3,187,480 Ibs $122,299 104,660 1bs $2,598 Hareng....…. 658,199 « 15,296 88,727 « 9,643 40,869 « 1,139
Maquereau ...,. 133,835 ‘ 4,187 19,963 966 49,969 « 1,706 Autre poisson. 0,577 ‘ 1 SORT Nr Vis 1,286 « 182 Homard.,.,,.. 5,806 « 398 145,248 « 4,361 8,838 ‘« 844 Saumon, ...... 225,309 « 21761 97,346 ‘10,506 39,275 « 3,112
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Totaux... 3,723,492 « S117,153 3,638,764 4 861,105 244,897 « $8,001
Une grande partie de ce poisson est prise dans nos pêcheries puis transportée sur les marchés américains et de là expédiée sur les nôtres. Pourquoi ne réaliserions-nous pas nous-mêmes les profits que donne ce commerce? Tous les poissons, surtout le saumon, abondent dans la baie des Chaleurs et les eaux qui
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entourent la Gaspésie; ce qui manque, c’est un moyen de transport rupide, Eh bien, avec de chemin de fer de la baie des Chaleurs, relié à l’Intercolonial, nous aurons ce moyen de transport et nous Ale faire ce commerce nous-mêmes; nous pourrons encore
“angmenter et nous procurer à meilleur marché du poisson plus frais et de meilleure qualité Nous avons surtout besoin de ce chemin de fer pour l'expédition des grandes quantités de poisson sec et salé qu'exigera la consommation des populations toujours croissantes de Manitoba et du Nord-Ouest, Avant peu d'années, nos pêcheurs de la Gaspésie auront là un marché considérable et des plus avantageux, Cela compensera le terrain qu'ils perdent un peu sur certains marchés d'Europe, où les pêcheurs de la Norvège, qui ont appris depuis quelques années à bien préparer la morue, commencent à leur faire une concurrence assez difficile à soutenir, Et du moment que le chemin de fer ouvrira ce débouché à nos pêcheurs, il sera facile de l’alimenter, car nos pêcheries sont inépuisables et peuvent produire encore beaucoup plus qu’elles produisent aujourd’hui,
À ce point de vue, le chemin de fer de la baie des Chaleurs est une entreprise vraiment nationale, D'abord, il donnera un nouvel essor à nos pêcheries, et en second lieu il amènera une somme considérable de tratic à l’Intercolonial et au chemin de fer Canadien du Pacifique, deux lignes construites aux frais du gouvernement comme entreprises nationales.
L'avenir de la plus belle partie de la Gaspésie dépend de la construction de ce chemin de fer. En Amérique, la colonisation n'avance sérieusement qu'avec le développement des voies ferrées, et la région qui avoisine la baie des Chaleurs er le golfe Saint- Laurent, entre Métapédia et Gaspé, si bien douée qu'elle soit sous le rapport du sol et du climat, n'échappe pas à cette loi invariuble du progrès. Que l’on construise le chemin de fer de la baie des Chaleurs, et avant peu d'années la Gaspésie aura une population de 100,000 âmes: ses richesses forestières et agricoles seront exploitées, fourniront une large part à l'exportation; des centres de commerce seront créés, entin le progrès se fera sentir partout et la Gaspésie prendra le rang qu’elle a droit d'occuper parmi les 1égions les plus riches, les plus florissantes, non seulement de la province de Québec, mais même du Canada.
Jusqu'à présent, la population agricole de la baie des Chaleurs ne s’est accrue que par l'excès des naissances sur les décès et c’est à peine si elle Compte quelques centaines de cultivateurs qui ne sont pas nés dans cette contrée. Il en sera bien autrement quand une voie feriée longera le bord de la mer, Toutes les beiles teries qu'elle traversera seront mieux connues, les produits agricoles s’expédieront sur les marchés en tous temps de l’année, l'hiver comme l'été, et alors l’agriculture offrira tant d'avantage qu'elle attirera nécessairement un grand nombre de colons étrangers.
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Les immigrants d'Europe pourront se rendre là avec la plus grande facilité et du moment que les p'emiers seront établis, ils formeront indubitablement un noyau qui se gros+ira d'une grande partie de leurs parents et de leurs ami, Le succès qu’ils ne manqueront pas d'obtenir sera pour les autres un a'trait irrésistible. Ce qui se fait actuellement le long de l'Intercolonial, dans la vallée de la Métapédia, dit assez ce qui se fera dans la région plus riche et plus avantageuse que traversera le chemin de lu baie des Chaleurs, New-.Carlisle deviendra avant peu d'années un de nos principaux pe de mer, en hiver comme en été, et alors le chemin de fer de a baie des Chaleurs sera incontestablement une des lignes les plus importantes de la province, Ce n’est qu’une question de temps Pour cela, il suffit que l’entreprise si éminemment nationale du chemin de fer de la baie des Chaleurs regrive de nos gouvernements tout l’encouragement qu'elle mérite, puis qu'elle soit poussée avec vigueur et énergie par ses promoteurs, Que les gouvernèements de Québec et d'Ottawa ne l'oublient pas: ce chemin de fer donnera indubitablement un essor extraordinaire à la colonisation de la Gaspésie; il nous procurera les avantages d’un port de mer permanent, accessible en hiver: comme en été, capable de rivaliser avec celui de Portland sous tous les rapports, sans compter qu’il est plus rapproché de Liverpool, où s’exportent lés immenses quantités de produits agricoles venant de l'Ouest.