‹ Esquisse sur la Gaspésie [microforme]Chapitre 33 sur 41 · CHAPITRE XV | COMMENT ET QUAND $E RENDRE DANS LA GASPÉSIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV | COMMENT ET QUAND $E RENDRE DANS LA GASPÉSIE

De la Nouvelle-Ecosse, du Nouveau-Brunswick et de la partie ouest de la province de Québec, l’accès de la Gaspésie est des plus faciles, surt:ut pendant la saison de la navigation, Comme nous l'avons vu ailleurs, il y a plusieurs lignes de steamers qui conduisent dans cette localité. De Québec, il y a la ligne des vapeurs de Québec, qui fait un service bi-mensuel entre Montréal et Québec, puis Métis, Gaspé, Percé et quelques autres ports de ls baie des Chaleurs. Le Beaver, qui appartient à M. Alexander Fraser, voyage aussi entre Québec et tous les ports de la Gaspésie, notamment ceux de la baie des Chaleurs, où il se rend jusqu’à Paspébiac. Le prix du passage sur ces deux lignes est très pou élevé. On peut an-si se rendre presque en tout temps de Québec dans tous endroits de | : .spésie en goélette, et cela pour une bagatelle.

Le chemin de .cr Intercolonial, qui va de Québec à Halifax et Saint-Jean, les deux grands ports de mer de la Nouvelle-EBcosse et du Nouveau-Brunswick, traverse la partie ouest de la Gaspésie, à laquelle il donne facile accès en tout temps de l’année. C’est un “hemin de fer de première classe sous tous les rapports et dont l'exploitation, qui est faite par le gouvernement du Canada, ne, laisse absolument rien à désirer. À Campbelltown, et prochainement à Dalhousie, ce chemin se relie à une ligne de stoamers.

- subventionnée par le gouvernement et qui fait le service de toutes

les localités situées sur les bords le la baie des Chaleurs et jusqu’à Gaspé. Par cette voie on peut se rendre promptement et à peu de frais dans ces localités. Pour les endroits situés dans la partie nord de la Gaspésie, il faut laisser le chemin de fer à Rimouski ou à Métis, puis de là se rendre en voiture où l’on veut aller,

Entre l’Europe et la Gaspésie, le trajet est des plus faciles. Il ÿ a plusieurs lignes de stecamers qui font le trajet entre les ports le la Grande-Bretagne et ceux de Québec ot d'Halifax. Les deux lus recommandables sont la ligne Allan et la ligne Dominion, ui ont des agences à Paris ainsi que dans toutes les principales villes de l'Irlande, de l'Ecosse et de la Grande-Bretagne. Les Bteamers de la ligne Allan partent de Liverpool et de Glasgow, font généralement escale à Londonderry et.se rendent directement à Québec en été, puis à Halifax en hiver. De ces deux ports es immigrants peuvent se rendre dans la Gaspésie par les voies que nous venons bn ia Les steamers de la ligne Dominion Yoyagent aussi entre Liverpool et Québec en été, de sorte que urant cette saison ils offrent les mêmes avantages que ceux de a ligne Allan, aux immigrants qui désireraient aller se fixer dans dans la Gaspé-ie. Le passage entre les ports anglais et Québec ou Halifax dure.au plus une dizaine de jours et sur ces deux lignes les passagers de pont, comme les autres, sont traités avec tous les égards et tous les soins désirables. A l’arrivée dessteamers à Québec et Halifax, le bagage des passagers est traasporté du uai à la prochaine station de chemin de fer aux frais des comjagnies et gratuitement pour les passagers. La loi permet à ces férnior de rester à bord quarante-huit heures après l’arrivée du avire dans le porc, à moins que ce navire n’ait un contrat pour le transport des malles, ou ne doive poursuivre sa route pour gvriver à sa destination. Le capitaine est tenu de déposer les Éémigrants et leur bagage à un débarcadère convenable de la ville et. sans rétribution, entre le lever et le coucher du soleil. L'émigrant doit arriver dans la Gaspésie au commencement du printemps. C’e:: À cette époque que commence la pêche, et s’il n’a pas d'autres ressources pour vivre, il peut louer une embarcation ainsi que les autres appareils nécessaires, des grandes Maisons qui font le commerce du poisson. Ces maisons lui avangeront aussi, à Compte et par anticipation sur le produit de sa pêche, ce dont il aura besoin pour vivre, lui et sa famille. Tout

. bu faisant la pêche il pourra, s'il est actif et laborieux, se choisir

#n lopin de térre puis y faire un peu de défrichement qu’il ensemencera le pritemps suivant, Cuu l'aidera et lui permettra de ge bâtir une petite maison, ce qui complètera son établissement. Et

la vie est si facile, si peu dispendieuse dans la Gaspésie. Un

arpent ‘dé terrain ensemencé en légumes et en pommes de terre

peut fournir à la consommation d’une famille nombreuse, et le : bord de la mer est toujours là, avec son excellent:poisson de toutes sortes, pour fournir son large contingent à l'alimentation d'une famille. Des légumes, des pommes de terre, d’excellent poisson

‘en abondance, c'est déjà beaucoup, et l’émigrant peut se procurer

tout cela avec le moindre travail. Durant l’hiver,;'il pourra se faire une barge, des filets, etc., et douze où quinze mois après son

poisson

rocurer

Lrra 8e ès son

arrivée il sera presqu’aussi avancé, aussi bien installé que beau-

; coup de gens qui sont nés dans le pays ou :y vivent depuis long-

temps. Dans tous les cas, il est sur de trouver dans la pêche de quoi faire vivre sa famille dans une modeste aisance, et cela en arrivant.

Page 1