‹ Esquisse sur le Canada [microforme]Chapitre 10 sur 45 · partie, et dont il sera dit quelques mots ci-après · texte numérisé non relu

partie, et dont il sera dit quelques mots ci-après

La colonie paraît animée d’un excellent esprit public, qui, en dehors des petits intérêts de partis, sait parfaitement distinguer l'intérêt général, et s'efforce de faire comprendre aux différentes classes de la société combien le pays a été

bien traité par la nature, et ce qu'il faut faire

pour acheminer cette belle contrée vers l'avenir qui l'attend.

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CONFIGURATION PHYSIQUE DU CANADA ET RENSEIGNEMENTS GÉOLOGIQUES ET MÉTE 0: OGIQUES.

Surface de la contrée, — Forme et caractère des montagnes, — Limites de la vallée de Saint-Laurent. — Chaines des Laurentides ct des Apalaches où Alléganies, — Configuration du pays. — Cours des rivières, — Niveau de la vallée du Saint-Laurent, — Rive nord et rive sud, — Caractères géologiques principaux, — Climat du pays. — Température comparée, — Hivers du Canada. — Météorologie,

Bien que la surface du Canada soit en général accidentée, il ne s’y trouve pas néanmoins de sommets beaucoup élevés, puisque ceux qui le sont le plus n'attcignent pas cinq mille picds d’élévation, encore est-ce un cas isolé. Nos montagnes n’aflectent en aucun endroit la forme de pics ou d’aiguilles, leurs sommets arrondis

sont toujours couverts, jusqu’à la cime, de bois de hautes futaies; et quand le roc apparait à nu et taillé, à la façon d’un mur, sur les bords des rivières, le couronnement prend toujours la

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forme d'un plateau sur lequel croissent de grands arbres,

Deux chaînes de montagnes, dont l’ensemble s'appelle la hauteur des terres, et qui ont une direction générale du nord-est vers le sud-ouest, circonscrivent des d ‘1x côtés la vallée du Saint- Laurent, ct séparent, au nord, les caux des affluents de ce fleuve d'avec celles qui se jettent dans la baie d'Iludson. Cette première chaîne prend le nom de Laurentides, Au sud, la hauteur des terres formée par les monts Alléganies où Apalaches, sépare les eaux du Saint- Laurent d'avec celles qui se rendent directement à l'océan Atlantique, par les rivières Ristigouche à la baie des Chaleurs, Saint-Jean à la baie de Fundy, Penobscot, Iludson et autres. De la hauteur des terres, le sol s’abaisse vers le lit du fleuve par une descente de moins en moins rapide à mesure qu’on se dirige vers l’ouest; car la vallée du Saint-Laurent se relève tout naturellement à mesure qu'elle s’avance dans l’intérieur, mais de façon que le fond de la vallée se relève plus que ses bords, en sorte qu'arrivées vers le plateau central de l’intérieur, les rivières se croisent et s’entrelacent, celles qui vont vers

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l'Océan, venant prendre leurs eaux dans le voisinage immédiat des lacs, et celles qui se jettent vers ces derniers allant puiser au loin dans le sud.

La hauteur moyenne, dans le fond des ravines de la chaîne des Alléganies, dans l'intérieur du district de Gaspé, est à peu près de niveau avec l'élévation des caux des lacs Ifuron et Michigan et les sommets des Apalaches, dans le voisinage du lac Érié, états de New-York et Pensylvanie, sont à peu près de la même hauteur au:dessus de l'Océan que ceux des Alléganies, dans les districts de Gaspé, Québec et l’état de Vermont ; mais dans l’ouest le fond des grands lacs est de beaucoup plus élevé que le lit du golfe et du fleuve Saint-Laurent dans les districts de Gaspé ct Kamouraska. Il n'y a que deux cent trentecinq pieds de différence de niveau entre les eaux du golfe et celle du lac Ontario, sur une distance d'environ deux cent cinquante lieues, et le lit du lac Ontario a cent brasses de profondeur, et il y à trois cent vingt-neuf pieds de différence entre les niveaux des lacs Ontario et Érié à quelques lieues de distance, et le lit du lac Érié n’a que dix-huit brasses de profondeur.

Dans toute l'étendue du cours du Saint-Laurent la rive nord est plus accidentée que la rive sud, Les innombrables rivières qui arrivent au Saint-Laurent dans son long parcours ne prennent pas une course uniforme, elles y arrivent à toutes sortes d’angles, mais presque toutes viennent de l’ouest, courant à l'est sur la rive nord, et du sud courant au nord sur la rive sud, excepté vers les grands lacs où les rivières qui s’y jettent viennent de toutes les directions.

Le territoire a beaucoup plus détendue sur la rive nord que sur la rive sud, et les bords de la vallée du Saint-Laurent y sont plus larges; aussi est-ce de ce côté que sont situées les rivières Îles plus considérables et les plus vastes, et les plus belles forûts.

L’assiette sur laquelle repose le bassin de la vallée du grand fleuve participe du caractère des terrains gneïsoïdes primitifs et des terrains de transition, dont les rochers surgissent à la surface en plusieurs endroits du pays, mais surtout sur la côte nord pour le gneiss dans les deux sections de la province, et sur la côte sud pour les terrains de transition. Des différents caractères géologiques qui partagent le pays, quelques-uns sont

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communs avec les états voisins de l'union américaine, Tous paraissent antéricurs dans leurs éléments, et par conséquent inférieurs en gisement aux formations houillères, et même aux formations dévoniennes des terrains de transilion, ces dernières ne se montrant qu'aux deux extrémités du pays. L'époque silurienne apparait comme caractère dominant,

Les roches qui prédominent sont, en prenant la classification purement minéralogique, les roches lerrifères, les roches calcarifires, lès roches argileuses et les agrégats, parmi lesquelles les espèces les plus communes sont les calcaires et les grès. Le Canada est très-riche en mincraux, et le lecteur trouvera la liste des principaux au chapitre des produits naturels du pays.

Le climat du Canada cest en général très-salubre, surtout vers le bas du fleuve. Aucune maladie endémique ne rèsne dans le pays, si ce n’est la fièvre intermittente dans quelques parties du Haut Canada, encore disparait-elle de la plupart des localités, à mesure que les défrichements se font et que les quelques marais qui avoisinent les grands lacs se dessèchent ou se comblent dans les environs des villes.

J y a naturellement, dans une étendue aussi vaste, des différences météorologiques dont suivent les principales : en prenant pour types le climat de Québec pour l'extrémité est de la province, le climat de Toronto pour l'extrémité oucst, et celui de Montréal pour le centre du pays. La température s'élève graduellement en allant vers l’ouest, de facon à mettre une différence de quinze jours à peu près entre le printemps de Toronto et cclui de Québec, et la même différence pour le commencement de l'hiver, La température moyenne d'été est un peu plus élevée à Québec qu'à Montréal, et un peu plus à Montréal qu'à Toronto, La moyenne température d'hiver est de quelques degrés plus basse à Québec qu'à Montréal, et à Montréal qu'à Toronto. Québec est donc l’endroit des plus grandes chaleurs d'été comme des plus grands froids d'hiver; ce qui fait qu'en somme, la moyenne température annuelle varie peu entre Québec et Toronto. On verra plus loin quel effet le climat a sur les productions des différentes parties du pays, eflet, comme on l’a déjà dit, qui n’a d’empire que sur la production de certains fruits et quelques arbres et arbustes délicats,

À Québec, la température d'été s'élève assez souvent jusqu'à 59° centigrades, ctest descendue, mais par de rares exceptions, aussi bas que 34°, Le maximum de chaleurs observé à Toronto pen. dant une période de dix années, a été de 55°, mais cette élévation y est peu commune, et la plus basse température pour la même période est tombée à 28° sous le zéro.

Une moyenne température pour la période de trois années, 1847, 1848, 1849, prise pour Toronto et Montréal, a donné comme degris moyens : pour Toronto 7°, 50 au-dessus €: z6r0, pour Montréal 7, 71, établissant une variation de 0°, 21 seulement.

Remarquons en passant, pour éviter les recherches comparatives, que M. Arago évalue la température moyenne de l'Europe à 45°, 56, ct le docteur Craigie, celle de l'Angleterre à 50° Fahrenheit ou 10° centigrades, et que la moyenne température annuelle du Canada est entre les moyennes des villes de {openhague (7°. 7) ct de Berlin (8°. 1).

La différence la plus grande dans la météorologie du Haut et du Bas Canada est dans le fait suivant, que la neige couvre la terre au com-

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mencement de l'hiver pour disparaître en quelques jours au printemps, dans le Bas Canada, tandis qu'elle ne séjourne que quelques semaines sur le sol dans la plus grande partie du Haut Canada, et que son épaisseur est d'environ trois pieds dans les bois de la section est, tandis qu'eile ne s'élève qu'à quelques pouces dans la section extrème ouest habitée,

Nos hivers, que Européen est accoutumé à regarder comme affreux, sont pour nous la saison des plaisirs, et vous entendez souvent dire à des étrangers, durant un hiver passé au Canada: «Mais après tout c'est charmant votre hiver, ct c’est qu'on n’en souffre pas du tout, »

La neige dont les étrangers s’effraient nous fait les plus beaux chemins du monde, et Phiver est à la campagne le temps des charrois, des travaux dans les bois et des promenades, et si d’un côté ils sont un peu trop longs, d’un autre on ne saurait dire combien ils contribuent à la santé publique en chassant tous les miasmes, ct combien ils ameublissent le sol et le fertilisent, til ne faut pas non plus oublier que la végétation est ici d’une rapidité extraordinaire dans

sa Croissance,

L'air de nos hivers est si sec et si vivifiant, qu'on ne s'aperçoit ouvre, sans thermomètre, d'une variation de plusieurs dégrés, et d'ordinaire, les jours les moins agréables dans cette saison sont ceux dont la température s'élève trop pour la sason.

Le vice de notre climat consiste dans sa trop grande sécheresse l'été, vice qui diminue avec le défrichement du pays, et qui se fait moins sentir dans le bas Saint-Laurent, districts de Gaspé, Kamouraska et Québec, et dans les deux langues de terre qui constituent les comtés de Lincoln, Welland, Essex, Kent et Lambton en conséquence de leur situation par rapport aux grandes masses d’eau qui les entourent, Mais ces loca- Ltés extrèmes de la province ont par contre de cet avantage immense, deux petits Inconvénients qui leur sont propres; pour le bas Saint-Laurent les grands vents de nord-est avec accompagnement de pluies battantes, lPautomne; et pour la section ouest, les pluies froides et la boue des chemins, congelée où se congelant durant une partie de l'hiver,

L'automne, aux dernières saisons, ‘est sujet à amener sur nos eaux navigables des brumes

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quelquefois épaisses qui sont certes une part des

misères dont notre pays, tout favorisé qu'il est, n’est pas exempt.

Le Canada à peu à se plaindre des phénomènes météorologiques, tels que les ouragans dévastateurs, le tonnerre ct la grêle : bien qu'il arrive des accidents produits par ces causes, ils sont si peu fréquents, ct si limités dans l’espace parcouru, qu’on peut presque se flatter d’être exempt de ces malheurs sur les bords du Saint- Laurent. Les rivières bien encaissées dans leurs lits ne sont, non plus, Jamais sujettes à ces débordements qui, dans certaines parties de lancien et du nouveau continent, causent de temps à autre de si grands malheurs,

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