‹ Esquisse sur le Canada [microforme]Chapitre 12 sur 45 · RER EE ET · texte numérisé non relu

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quantité pour être exploité avec des profits considérables dans le comté de Beauce, près Québec, sur les bords de la rivière Chaudière, De faibles traces d'or en veines ont été observées dans les mines de cuivre du lac Supérieur et dans le district de Saint-François ct Québec, où lon trouve aussi largent natif, Il y a du nickel ct du cobalt près du lac Huron et des traces ailleurs. Le cuivre se montre sur les bords des lacs Huron et Supérieur et dans le district de Saintfrançois. Le plomb existe sur l'Outaouais ct dans le district de Gaspé. Le fer dans les différentes conditions sous lesquelles il se présente dans la nature, abonde dans beaucoup de localités du Ilaut et du Bas Canada, mais surtout dans le voisinage de la rivière Saint-Maurice près de la ville des Trois-Rivières. Les schistes cristallins de la côte nord sur toute l'étendue du pays conticnnent des messes de minreais de fer, particulièrement de fer oxidulé.

Nous allons examiner maintenant quels sont les produits les plus ordinaires et les plus utiles de nos forêts, en mentionnant d'abord ceux qui

sont communs à presque tout le pays, puis nous dirons quels sont les arbres qui manquent à cer-

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Lains lieux, et quels sont ceux qui sont exclusivement propres à certains autres.

Les arbres, donc, que lon trouve presque partout dans nos bois sont, le chêne, lérable, le noyer, le charme, l’orme, le merisier de deux variétés, Je frêne, le pin de trois varictés, la pruche, les épinettes rouges, jaunes et noires, le sapin, le cèdre, le peuplier, le tremble et le bouleau de deux variétés : tous ces arbres atteignent des dimensions considérables et poussent partout en Canada, excepté sur la côte du Labrador où ne croissent que le bouleau, le sapin, les épinettes (mélèzes) et une des varictés de pin. Les arbustes communs à toute la contrée, sont les cormiers, les saules, les aunes, les coudricrs, les cerisicrs sauvages. Nos bois produisent également les groscilles, les gadelles, les fraises, les bleuets, le genièvre, les mûres sauvages cl une foule d’autres arbres, arbustes, baies et plantes de plusieurs espèces dont quelques-unes servent en médecine et dans les teintures; ces plantes, parmi lesquelles il ne faut pas oublier le ginseng qui a tant de renom en Chine, se voient dans toute l'étendue de la province, depuis Gaspé jusqu'à la rivière Détroit,

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Le noyer noir, le châtaignier, le bois de fer, le carthame, et quelques plantes très-peu nombreuses, sont exclusivement propres à la péninsule de Pextrémité ouest du Faut Canada, Le chène est plus commun et meilleur dans le Ifaut Canada que dans le Bas, il en est de même du frêne et de lorme; mais toutes les autres espèces mentionnées sont d’une qualité supérieure dans le Bas Canada,

Il est surtout un bois précieux pour la construction des vaisseaux par son incorruptibilité et sa force, et dont le prix commence à être connu sur les marchés étrangers, c’est ce que nous appelons Épinette rouge ou Tamarac; ce bois paraît réunir le plus à la fois de toutes les qualités requises dans les bois de construction. Les plus petites des espèces d'arbres de haute futaie mentionnés plus haut, atteignent une élévation de soixante ct dix pieds et un diamètre de deux pieds dans leur pleine crue. Nous avons des pins de cent cinquante pieds, et de six pieds de diamètre qui font des premiers mâts d’un seul morceau pour des navires de deux mille Lonneaux. Notre noyer noir, notre érable piqué et ondé, et notre merisier rouge ondé, offrent

des bois superbes à l’ébénisterie et à la marqueterie,

Le Canada a expédié à Paris, pour l’exposition universelle de 1855, des échantillons de tous les produits mentionnés ici, tels qu’on peut les trouver en abondance pour le commerce.

Naturellement tous les grains et tous les l6gumes potagers se cultivent et viennent bien d'un bout à l’autre du Canada ; il en est de même du tabac, du chanvre, du lin, du houblon; les pommes, les prunes, les cerises, viennent de même, ainsi que bien d’autres fruits. Les meilleures pommes de tout le continent sont celles de Montréal, qui produit aussi les meilleures poires et les meilleurs melons, ce qui vient probablement beaucoup de la culture qu'on y donne ; les meilleures prunes et les meilleures cerises dites de France, sortent du district de Québec, où plusieurs autres fruits ne viennent bien qu’abrités par de hautes futaies contre les atteintes du vent de nord-est en automne. Les raisins réussissent passablement à Montréal; mais les pêches ne viennent bien qu’à l’ouest de Toronto, et surtout dans le voisinage de la rivière Niagara, Les animaux sauvages du Canada sont l’ori-

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gnal (espèce d'élan), le caribou (granderenne), le chevreuil, l'ours noir et roux, le lynx ou loupcervier, le chat sauvage, la marte, le vison, le loup, le renard, le carcajou ou kinkajou, le pécan, nom du pays d’un animal qui se rattache au groupe des petits ours, le castor, la loutre, le rat musqué, la marmotte, le putois, la moufette, le lièvre qui abonde dans le Bas Canada, et diverses espèces d’écureuils, Voici

pour ne mentionner que les espèces un peu grandes, les animaux qui peuplent toutes nos forêts partout, avec ces différences: que l’orignal ne se trouve pas sur la côte du Labrador, et ne dépasse pas généralement sur la côte nord la rivière Saguenay à l’est, et la rivière Outaouais à l’ouest, et ne se voit pas plus haut que la rivière Richelieu au sud-ouest, ce qui en fait exclusivement un animal du Bas Canada, et que la moufette se trouve dans l’ouest, où ne se voit pas l’orignal. Le loup est bien rare en bas de Qucbec, mais les renards y sont communs et trèsgrands; sur la côte nord au Labrador et dans le territoire du Saguenay, les renards noirs et

argentés sont communs, le prix de cette fourrure

est incroyable, ayant atteint quelquefois le chiffre

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de 600 francs pour une seule peau de renard noir,

Nos oiseaux sont de toutes les variétés de canards, oies sauvages, plongeons d'eau salée comme de lacs, le dinde sauvage qui n'habite que dans l’ouest du Haut Canada, la perdrix qui se voit partout et en abondance, surtout dans le Bas Canada, la caille, les grues, les bécasses, bécassines, bérons, pluviers de différentes espèces, grandes et petites, les oiseaux chasseurs, aigles, épervicrs, et autres, avec la tribu des chats-huants; les ortolans, la grive, les piverts, les mésanges, et grand nombre d’autres dont plusieurs au beau plumage et au mélodieux gosier; n'oublions pas dans ces deux genres notre oiseau-mouche, et le rossignol qui vient d'assez bonne heure le printemps.

Les poissons les plus communs de nos lacs et rivières, sont la truite saumonce, la truite commune , le maskinongé, le touradti, le poisson blanc, qui sont de très-larges espèces, le brochet, la perche, ct une foule d’autres : | l’éturgeon qui atteint une longueur de plusieurs pieds habite quelques endroits du fleuve. I se pêche peaucoup de poissons dans les grands

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lacs de l’ouest ; mais cela n’est qu'une bagatelle, un rien, comparé à nos pêcheries du golfe et du bas Saint-Laurent, oùla morue, le maquereau , le hareng, la sardine, la truite de mer, l'anguille, 1e saumon et plusieurs autres espèces abondent au point d'attirer beaucoup de pécheurs des États-Unis. 1 se prend chaque année dans ces parages pour des valeurs considérables de ces poissons, sans compter les profits retirés de la pêche aux marsouins, et loups marins, et de la chasse aux baleines et aux pourcies. Des armateurs ont fait dans cette industrie des fortunes colossales, [n’est pas besoin de mentionner les animaux domestiques dont les différentes races européennes ont été introduites dans le pays pour croiser où améliorer par de beaux sujets, Certes, une petite population de 2,000,000 est bien faible, fournit bien peu de bras pour l'exploitation d’un sol fertile, et d’une aussi vaste étendue, et de toutes les richesses dont on vient d’esquisser en quelques mots le tableau; et le lecteur peut voir qu'il y a place sous le soleil canadien pour l'application de l'intelligence, du

capital et du travail, ces trois leviers de l’induslie humaine,

Jetons un rapide coup d'œil sur l’industrie du pays sous les deux chefs principaux : 1° d’extraction de la matière brute; 2° de conversion de la matière première en objets manufacturés pour la consommation intérieure ou l'exportation, Nous ne ferons qu'indiquer les noms des choses dans ce chapitre, les chiffres statistiques devant se donner plus loin dans un article spécial : les extraits que le lecteur trouvera dans un autre chapitre des dénombrements personnels, lui feront en même temps connaitre le nombre de bras qu'occupe chaque industrie.

À part de l'extraction du sol des pierres propres à la construction des édifices et monuments, on s'occupe en Canada de l'exploitation des gypses comme matières fertilisantes ; du grès quartzeux blanc comme matière première pour la confection des verres, des terres colorantes pour le badigeonnage des édifices, de l'or natif, du cuivre et surtout du fer à ses divers états. Nous n'indiquons naturellement ici et plus bas que les substances exploitées en quantités assez considérables. Le capualiste européen ou l'industriel désireux de faire des applications opératives en Canada, pourra, en comparant l'énoncé qui vient

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— 6) — d'être fait des produits naturels avec ce que l’auteur mentionne maintenant de ceux qui sont exploités, et en référant aux tables statistiques des occupations de la population, se faire une idée correcte des ressources dont on tire parti, ct jusqu’à quel point on le fait, et de celles qu'on n’exploite pas encore , et juger par là quel genre d'industrie promet les meilleurs profits à des applications de capitaux.

Les exploitations des matières minérales dont on vient de parler, ne produisent pas assez pour la consommation du pays, et bien que la plupart de ces substances soient abondantes dans la terre, on importe l'or, le fer, le cuivre, les terres colorantes dans leur état brut.

Les bois de nos forêts, exploités pour les usages des constructions de la marqueterie et de l’ébénisterie, font le principal item de nos exportations, et sont avec les pelleteries non manufacturées et les articles en espèce de l’industrie agricole dont les produits en Canada sont les mêmes que ceux de PAngleterre et du nord de la France, à peu près les seules matières que nous exportions à leur état brut; les autres ne formant que des quantités comparativement

insignifiantes. Nos bois fournissent encore des æommes qui servent dans la confection des vernis, et dans certaines préparations officinales ; telles que les gommes de sapin, d’épinette et de pin.

Les productions naturelles dont l’industrie canadienne s'empare pour les convertir en d’autres articles ou les modifier, sont désignées dans les quelques renseignements qui suivent sur nos établissements manufacturiers, Fly a en Canada, sur tous les points, des fonderies manufacturant toutes les espèces de produits qui sortent ordinairement de ces établissements, depuis les pièces des grandes machines à vapeur jusqu'aux plus petits ustensiles de ménage, La conversion des substances argileuses en briques et en objets de poterie s’epère dans un grand nombre d'établissements de ce genre. Quelques industriels fournissent aussi des quantités considérables dardoises d’une bonne qualité ; néanmoins la production dans tous ces différents ocnres est loin de suffire à Ja consommation,

L'industrie manufacturière du Canada tire partie de nos bois dans la construction des navires, €@t sous ce rapport Québec est un des

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plus grands chantiers de construction du monde entier, et on pardonnera à Porgucil national, qui me fait consigner ici le fait, que le navire de 1,600 tonneaux, le Boumerang, construit à Québec par M. Théophile Saint-Jean, est celui qui à fourni le passage le plus prompt qui se soit jamais fait d'Angleterre en Australie, ayant remporté un avantage de sept Jours sur son compétiteur le plus voisin le Marco-Polo, tout en rendant à destination sa cargaison en parfait état, maloré les efforts de voilure, Nos manufactures de meubles, de voitures et d’'ustensiles, où le bois entre pour principale matière, nous dispensent d’avoir recours à létranger pour suflire à notre consomination ; parlant toujours d'une manière générale et ne mentionnant que le caractère dominant sans eptrer dans ces mille détails que les statistiques seules peuvent élu cider, Il faut encore jouir aux manufactures des produits de nos feiets la potisse et Ta perlasse, et la transformation que font subir aux bois bruts nos immenses et nombreux moulins à scies, en confectionnant des madriers, de la planche, de la latte, etc.

Les dépouilles des animaux à fourrures et des

oiseaux sont aussi préparées de diverses manières; néanmoins les peaux exportées en nature nous reviennent assez souvent manufacturées,

Des quantités considérables d'huiles sont confectionnées avec les graisses des cétacés du golfe et de la rivière Sunt-Laurent, et on prépare en grand le poisson séché, salé et fumé :

notre production excède la consommation en ce genre ; bien qu’il y ait moyen de produire beaucoup plus que nous le faisons, puisque des étrangers viennent tous les ans dans nos eaux, tirer partie de la surabondance de nos ressources, Notons ici la manufacture du cuir de marsouin arrivée à un point de perfection qui en fait un pr Juit nouveau, ainsi que le cuir de baleine, malgré que la baleine passe pour ne pas avoir de peau.

Les produits bruts de l’industrie agricole occupent dans leur transformation une assez grande somme de travail,

Nos moulins à moudre changent nos grains en farine de plusieurs descriptions et qualités. Nous extravons du sucre en abondance de la séve de nos érables. Nous préparons nos viandes pour là consommation et lexportation

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en salaisons ct en funaisons ; mais il serait superflu de mentionner toutes ces industries qui sont le complément de l'exploitation du cultivateur : il suffit de dire que notre population est essentiellement agricole et que, de nos nombreux produits, nous exportons comparativement peu de grains en nature,

Le Canada compte beaucoup de manufactures d'étofles de laines et de lin, de machines de toutes sortes, d'outils, de cuirs, de papier, de caractères d'imprimerie, d'instruments’ de musique, et des boutiques de tous les arts et métiers, Dans ces divers genres, la confection est excellente pour tous les objets d'utilité ordinaire : en matière de goût nous le cédons naturellement de beaucoup à l'Europe, mais à l'Europe seulement.

L'auteur sent que bien des détails donnés dans ce chapitre peuvent paraître fastidieux ; mais le but de cet ouvrage lui faisait un devoir de les énoncer. Les statistiques commerciales feront connaître ce qui n’a pu trouver place ici, sur les importations et les exportations du Canada.

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