‹ Esquisse sur le Canada [microforme]Chapitre 13 sur 45 · VOIES DE COMMUNICATION · texte numérisé non relu

VOIES DE COMMUNICATION

Chemins ordinaires. — Voies de transmission par malle-poste ct télégraphie, — Navigation du Saint - Laurent, obstacles naturels vaineus. — Le Saint-Laurent; — canaux Lachine, Beauharnais, Cornwall, Welland, — La meilleure route vers les régions de l'Ouest. — Les rivicres Saguenay, Richelieu et Outaouais, avec les Canaux de Chambly, Grenville et des Rideaux, — Glissoires pour les trains de bois. — Canaux de Burlington et de Desjardins, — Grande-Rivière, rivière Tranche et autres, — Chemins de fer. — Route du Saint-Laurent comparée aux voies américaines,

Avant d'entrer dans l'examen de nos grandes voies de communication, disons que de bons chemins ordinaires traversent en tous sens la province, qu'il n’est pas de recoin, pour peu qu'il soit habité, quelqu'éloigné qu'il se trouve des centres de population, qui n’ait une route qui y conduise. Tous ces chemins ne sont pas de première classe, tant s’en faut, mais tous sont facilement praticables, et de fait sont parcourus par la malleposte qui pénètre tous les jours dans les éta-

blissements formés sur les grandes routes publiques, et deux fois par semaine dans les établissements les plus reculés. Il est inutile d'ajouter que des lignes télégraphiques sont établies partout où le besoin s’en fait sentir, et qu’elles sont doublées et triplées entre les grands centres de population et d’affaires.

De lembouchure du Saint-Laurent au fond du lac Supérieur, en suivant le cours du fleuve et la direction des lacs, il y a au delà de six cents lieues, Peu de rivières dans le monde ont un parcours aussi long, mais aucune n’est navi-

gable pour de grands bâtiments sur une distance pareille ; le Saint-Laurent seul offre cet avantage | pour des navires d’un tonnage trois fois plus | considérable que celui des vaisseaux dont se servirent Colomb et Cartier pour la découverte de l'Amérique et du Canada. La nature avait rendu le Saint-Laurent navigable jusqu’à Québec pour les vaisseaux des plus grandes dimensions, et capable de porter jusqu'à Montréal des navires de mer de cinq à six cents tonneaux ; mais là un obstacle, le saut Saint-Louis, en interrompait le cours; au-dessus de cet endroit, il était ouvert pour de grands bâtiments encore; mais de

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Montréal à Kingston quarante-un milles de rapides formaient une barrière à la navigation; puis venait le lac Ontario ; du lac Ontario au lac Érié se présentait, dans environ neuf lieues de distance, une ascension de 330 pieds et la chute de Niagara ; de là aux lacs Iluron et Michigan les grandes eaux étaient libres; mais l'entrée du lac Supérieur était encore fermée par le saut Sainte- Marie. Eh bien, tous ces obstacles, tous ces empêchements formidables élevés par la nature ont disparu ; vous pouvez partir d'aucun port des Océans avec un navire de deux cents tonneaux , et vous rendre sans obstacle au fond du grand lac sans transbordement, Le saut Saint- Louis, près Montréal, est évité par le canal Lachine, long de trois lieues; les rapides des Cèdres, Coteau, Long-Saut, Gallops et quelques autres, par les canaux de Beauharnais, Cornwall et Jonction, longs de onze lieues ; la chute de Niagara et les rapides qui laccompagnent, par le canal Welland long de neuf lieues, et le saut Sainte-Marie par un autre canal, celui-ci très-

court, construit par les Américains nos voisins, Les canaux Lachine, Beauharnais, Cornwall et

Jonction, ont en tout vingt-sept écluses, dont É

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les dimensions intérieures sont en dedans des portes de 200 pieds sur 45, avec 9 pieds d'eau sur les seuils, Le canal Welland à aussi vingtsept écluses de 150 pieds sur 26 de large, et 8 1,2 pieds d’eau sur les seuils.

Le lecteur verra par là que ce n’est pas sans raison que le Canada s'enorgueillit de sa grande route, qui d'ailleurs lui coûte à peu près en somme 70,000,000 de francs,

Évidemment la route du Saint-Laurent est sans rivale. Elle est la meilleure et la plus sûre, et la plus économique pour Fémigrant, soit qu'il veuille se fixer dans une portion quelconque du Canada, soit qu'il se dirige vers les Etats de l'ouest de l'Union américaine, FObhio, le Michivan, lindiara, Filinois, lowa, le Wisconsin, le Minesota : car elle se relie avec tous les chemins de fer américains qui atteignent les lacs à Buffallo, Cleveland, Sanduskv, Toledo, Détroit, Chicago, Milvaukie, et avec nos propres chemins de fer. Toute cette navigation canadienne se faisant à travers les eaux fraîches d’une grande rivicre et de grands lacs, est éminemment avantageuse pour la santé des voyageurs et la conservation de certains articles de commerce qui

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s, pour être peu profondes et retenues sans cours, du canal de l'Érié dans l'État de New-York.

Avant d'aller plus loin sur cette question de la supériorité de la voie du Saint-Laurent sur toute autre, pour une notable portion de l'Amérique du Nord, examinons les autres grandes routes intérieures navigables possède Île pays :

loutes ces diverses branches d'un même tronc S'échelonnent de chaque côté de Partère principale, La première est au nord, le Saguenay qui donne une navigation de près de trente lieues pour les grands navires océaniques. La seconde est le Richelieu qui relie le Saint-Laurent avec le lac Champlain par le moyen du canal Chambly, creusé pour éviter les rapides du même nom, Ge canal a près de quatre lieues, comprend dix écluses, dont les sas ont cent vingt pieds delong sur vingt-quatre delarge, etsix pieds d'eau franche. Puis vient POutaouais, qui, à son embouchure, est fourni d’une écluse de cent quatre-vingt-dix pieds sur quarante-cinq, avec six pieds d’eau pour permettre aux grands ba-

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