‹ Esquisses biographiques extraites des tablettes généalogiques de la maison de Goethals par le Chevalier L'ÿvêque de la BasseMouturieChapitre 2 sur 75 · X. Jüstaes ou Eustache Goeteals , surnommé de · texte numérisé non relu

X. Jüstaes ou Eustache Goeteals , surnommé de

(1) Miræus, dans son Elogiœ Be/gicœ, p. 07 , lui a consacré les distiques guivans ;

Quanta animi virtus , quam rarum mentis acumen ,

Ingenii fuerit copia quanta tui.'

Docronis signal titulus nomenque Solemms ,

Quod tibi viventi sponte dedére schola :

At mage testantur, nullum interitura per avum,

Existunt genii quœ monumenta tui.

Le Mayeur, dans son poème de la Gloire belgique, en fait aussi l’éloge par les vers suivans (t. 2 , p. 197 et 243) :

Aux célèbres leçons que donne Albert-le Grand ,

Près de Thomas d'Aqnin je vois Henri de Gond.

Ami tout à la fois du disciple et du maître ,

Comme eux , avec éclat , il va bientôt paraître :

Son docte sentiment fera décision

Sur les bancs de Paris, de Rome, de Lyon;

Un ordre tout entier lui devra l'existence ;

L’on entendra Tournai bénir sa bienfaisance.

Le corps de la Sorbonne et Philippc-le-Bel Veulent qu'il soit nommé le Docteur Solennel.

Le portrait de cet homme célèbre se trouve dans l’ouvrage intitulé : Prosopographia heroum atque illustriumvirorum , etc. , etc., etc-, auctore Henrico Pentaleone , 2 e partie, p, 244 (à 1 » bibliothèque de Bruxelles), et son buste décore la bibliothèque de sa ville natale, celles d’Anvers, de Liège, de Lille, de Tournai, celles de Bourgogne et de la ville, a Bruxelles; celles encore des universitiés de Louvain, de Gand et de Paris, de Cologne et de Rome (voir Sanderus, Flandria illustrata, tome i* r , page 166).

Mude ou de Nieuwland , frère du précédent , naquit à Tournai, en 12 22. Une éducation brillante et chevaleresque jointe à une grande fortune le fit accuéillir favorablement à la cour du Roi de France Louis IX, qu’il accompagna , en 1248, à la Terre- Sainte en qualité d’écuyer. Après le siège et la reprise de Damiette, il revint en Flandre à la suite du Comte Guillaume de Dompierre, et, vers l’an 1260, épousa, à Gand, Anne de Mol, fille de Jean et de Barbe Van Lede. Van Vaernewyck, historien du seizième siècle, rapporte qu’il fit bâtir dans cette ville une très-belle maison flanquée de tourelles (1).

Plus tard, Chambrier de Guy de Dompierre, il fut chargé par ce Prince de plusieurs missions diplomatiques, et intervint, comme témoin, avec son fils Henri, dans deux chartes de donations faites, en 1287 et 1298, à l’abbaye de Saint-Pierre, par Gérard de Sotteghem , Vicomte de Gand. La première consistant en plusieurs pièces de terre et prés, si-

(1) Cette maison, que la branche aînée a occupée pendant plus de 'deux cents ans, et qui a passé, au quinzième siècle , dans la famille Vanderhaghen , par l’alliance d’Elisabeth Goctlials avec Paul Vanderbaglien , est située dans la Drap Slraet , et porte aujourd’hui le n* 28. Les armes des Vanderhaghen existent encore sculptées au-dessus de la porte cochère (voyez le Byvoegselop Marcus van Vaernewyck , historié van Iîelgis , tom. 2, pag. 56 et aux Appendices, page 319 ci-après).

tuées dans la paroisse à'Ertvelde, et la seconde en une pêcherie sur l’Escaut, au-dessus de Termonde.

Il fit partie du célèbre magistrat des trente-neuf , et mourut à Gand en i3o3j il y fut inhumé dans la chapelle aulique de Sainte-Pharaïlde.

■f XI. Jütta Goethals, sœur de Henri et de Justaes, est née à Tournai en 1224» elle mourut en i 32 q, à l’âge de cent cinq ans, à Gand, où elle était sixième Abbesse de l’hôpital de l’Ermitage, dit Byloke (1). On la trouve inscrite avec ses frères dans le registre des bienfaiteurs de cet hôpital.

Le tombeau de cette sainte fille fut détruit avec celui du fameux Jacques d’Artevelde et les pierres tumulaires de ses deux frères Henri et Justaes précités, lors du sac de l’église de la Byloké par les calvinistes, en 1578.

Les armes qui décoraient sa tombe étaient celles de la Seigneurie de Mude (2), dont elle portait le nom ( Vrouw Jutta van der Mude). Ce nom s’est éteint avec elle.

XII. Pierre Goethals , fils de Justaes et d’Anne de Mol , capitaine des arbalétriers de la ville de Gand, prit part en cette qualité à la glorieuse- ba-

(1) Saudcrus, Flandria illustrata, t. 1 , lib. 4 » fol. 3 aaet 3 a 3 .

(a) D'azur, au chevron d'argent accompagné de trois étoiles d’or.

taille de Groeninghe-lès-Courtrai (i3oa), où il fut armé Chevalier (i); il fit partie du magistrat de Gand en i3o4 ( 2 ), et trouva, ainsi que son oncle le fameux Chevalier Guillaume Wenemaere, la mort au champ d’honneur, près du pont de Rekelinghelès-Deynse, en combattant pour son Souverain contre lesBrugeois révoltés, le 5 juillet i3a5.

Marié à Marguerite Wenemaere , il fut le chef de la branche aînée éteinte en i5a5.

(1) Il figure en quatrième ligne, et Guillaume Wenemaere, .son oncle, en seconde , dans le tableau des héros de cette fameuse bataille (voyez l’ Histoire de la bataille de Çourtrai , par Voisin, p, a8, lig. 8).

« Le matin du u juillet, l’armée flamande comptait 60 mille « hommes, soldats improvisés pour la plupait, mais tous robustes « et décidés è mourir ou à vaincre, tous armés de lances, de « longues épées, de bâtons lerrés, de fléaux, de massues hérisn sées de pointes qu’ils appelaient goeden-dag (bonjour). Dans « le nombre de leurs chefs, on remarquait le puissant Sire de « Heyne, l’un des quatre beers ou grands barons de Flandre, « les sires de Gavre et de Peteghem , G m * de Boonen , templier; « Robert de Leeuwerghem, Baudouin de Raveschoot, Ivon de « Belleghem, Henri de Pétershem; Louis, Pierre, Jean deLich- « tervelde, Baudouin Goethals et Pierre , son frère , capitaine « des arbalétriers de la ville de Gand, Hans de Çourtrai, Tho- « mas van Torre, le Sire de Landcghem , le jeune Sire de « Vynckt, Salomon de Sevecote et Simon Bette de Gand , etc. » ( Fastes militaires des Belges , t. a, p. 367.)

(a) L’Espinoy, Recherche des Antiquitez et Noblesse de Flandres , p. 36 a et 3 g 8 .

XIII. Henri Goethals, frère de Pierre , né en 1167, épousa Marie fFenemaere , sœur de Marguerite, dont nous venons de parler, et fut le premier Administrateur ( Voogd ) de l’hospice Saint-Laurent, fondé, le 23 juin i3a3, par son oncle le Chevalier Guillaume Wenemaere (1). Il fit partie du magistrat de Gand (2). Décédé le 4 février i354, il a été inhumé , ainsi que son épouse , dans le caveau du fondateur, qu’on voit encore dans la chapelle de cet hôpital.

XIV. Gerem IV, frère des précédens , Chevalier du Temple, fut tué à la bajaille de Groeninghe (3).

XV. Ser Baudouin Goethals , frère des précédens, époux de Catherine van Artevelde (morte en i3a5), et l’un des magistrats de Gand (4) , se distingua également à la bataille de Groeninghe (5), ainsi qu’au

( 1 ) La charte de la fondation de Saint-Laurent rapporte , p. 7 : « Joucheer Heinrick Goethals die in houwelic hadde Maria « Wenemaere , was eerslen Yûecht van desen hospitaele tôt « den 4 e van sprockelmaent des Jaers i354. »

(a) L’Espinoy, Recherche des Antiquitez et Noblesse de Flandres, p. 3g5 et 4o4-

(3) Mémoires généalogiques de Devos , n° 1 er , p. 79 .

(4) L’Espinoy, Recherche des Antiquités et Noblesse de Flandres , p. 4 ii et 4 ig.

(5) Il 6 gure aussi , comme son frère , dans le tableau des braves qui se distinguèrent à cette fameuse journée. M. Voisin,

combat de Rekelinghe-lès-Deynse , le 5 juillet i3a5, et se trouva encore à la sanglante bataille de Cassel , le jour de Saint-Pierre, au mois d’août i3a8. Il fut gouverneur deGavereen i3a4 et i3a5.

•j* XVI. Pierre Goethals , fils de Baudouin qui précède et de Catherine van Artevelde , était Protonotaire apostolique et Chanoine de Sainte-Walburge, à Fûmes, et de Notre-Dame à Tournai, où il mourut en 1378 .

■j* XVII. Henri Goethals, frère du précédent, fut Prieur de l’abbaye de Saint-Bavon-lès-Gand.

Il signa les lettres de translation des reliques de Sainte-Pbaraïlde , laquelle se fit le 7 octobre i 337 , par Monseigneur André, Evêque de Tournai. Son nom s’y trouve accolé à ceux d’Elisabeth dé Flandre, de Simon Mirabelle, Baudouin Borluut, Jean d’Idderghem, Thomas de Péronne et Guillaume de Maldeghem ( 1 ).

j- XVIII. Jüstaes Goethals, fils de Pierre et de Marguerite PFenemaere, devint Maître ou Docteur

dans l’histoire de cette bataille , lui a , par erreur, donné le nom de Louis ( voir la note de la page 16 qui précède).

(1 ) Sacra Belgii Chronologia , par J. -B. de Castillon, édition de Gand, 1719, p. 72 et 73. Sanderus, Flandria illustrata , t. 1 ,

ès-lois et en théologie, Chanoine et Ecolâtre (i) du chapitre de Notre-Dame, à Tournai, ainsi que Protonotaire apostolique et théologal du diocèse. Il fut aussi Chapelain et Aumônier du Comte de Flandre Louis de Nevers. U était né en 1288; il est mort en 1349(2).

-f- XIX. Raes ou Erasme Goethals, fils de Raes , et d’Anne Sermachelins , gradué en théologie de l’Univérsité de Paris, prit l’habit des Bénédictins dans la célèbre abbaye de Cambron-lès-Ath , dont il fut élu Sous-Prieur. Il fut, en f 3 g 1 , envoyé par son Abbé en mission à Rome, pour y traiter des

(1) Ecolâtre était une dignité chapitrale. Il y en avait de sept espèces : Doyen , Prévôt, Archidiacre , Ecolâtre , Archiprétre , Pénitencier et Chantre.

(2) Il fut inhumé derrière le maître-autel de l’église cathédrale de Notre-Dame, 5 » Tournai. Sa pierre tumulaire était décorée de ses armoiries et de l’épitaphe suivante :

Hic silus sepulturœ Eüstachii Goethals à Gandd Presbyter, thee logœ et decretalice Doctor, Magister in artibus, Protanotarius apostolicus, Canonicus graduatus et scholasticus hujus ecclesîœ, Canonicus graduai us aulicœ et collegiata; Sanctœ- Pharatldis Gandensi, Capellanus et Eleemosinarius Comitis Flandriœ Nevemensis , virpius, zelatus et eruditissimus , qui obiit anno MCCCXLIX, die Nativitatis Chriiti Jt. I. P.

Cette inscription eiiste encore à la même place , en face de la nef latérale gauche.

affaires de son ordre. Il revint comblé des bontés de Sa Sainteté le Pape Boniface IX, et mourut à Cambron en i3g4 (i).

XX. Jean Goethax-s, dit de Gand, aussi fils de Raes et d’Anne Sermachelins , philosophe célèbre,

( 1 ) C’était une abbaye bien célèbre que l’abbaye fie Cambron dans le Hainaut, à trois lieues de Mons !.... Des religieux de l’ordre de saint Bernard en avaient la propriété. Elle était si étendue et d'une apparence si belle, tant de maisons considérables entouraient son enceinte, que les voyageurs étrangers la prenaient, à quelque distance, pour une petite ville !

Il fallait voir son église avec le grand nombre de ses chapelles, toutes de marbre et ornées de beaux tableaux des grands maîtres flamands et italiens qui bordaient sa nef; son jubé de porphyre, enrichi d’uue multitude de colonnetles et de iigurines d’un merveilleux travail; et les vitraux coloriés, étincelant au soleil de mille nuances délicates et douces à l’œil, qui paraient la rose de son portail et les ogives de son abside!.... Les châssis du cliœur de cette église étaient surtout l’objet de l’admiration des curieux , tant ils étaient parfaitement ouvragés. On y remarquait, comme si cela eût été naturel, toute la passion encadrée dans des colliers d’arabesques en relief et à jour. Le cloître, la salle du chapitre, le réfectoire et lès jardins de cette abbaye que, dans leur stupide impiété, le^ Vandales de nos jours n’ont pas craint de détruire, répondaient à cette magnificence.

L’église de Cambron était célèbre par l’image miraculeuse de la Vierge quî, en i 322, ayant clé percée par cinq coups de javelot par un juif, rendit une grande quantité de sang. Cette profanation sacrilège n’ayant pu être prouvée , fut néanmoins vengée dans une espèce de combat judiciaire, le 8 avril i3a6, par un vieillard des Estincs, nommé Jean Lcfebure.

ai

mourut à Tournai le i4 mai i385, alors qu’il y remplissait la place de Conseiller (i).

XXL Matthieu Goethals , dit de Gand, frère du précédent, littérateur distingué, mourut à Tournai presque centenaire , le aa février i4aa (a).

XXII. Pierre Goethals , fils de Pierre (n° ia)et de Marguerite Wenemaere , Maître ès-lois de l’université de Cologne , Officier et commensal de la maison de Louis de Nevers , avec lequel il assista à la mémorable bataille de Crécy, le afi août i346, fut, l’année suivante , armé Chevalier par le Comte de Flandre Louis de Male , et se trouva au nombre des Gentilshommes qui formèrent la suite de ce prince, alors qu’il alla en i35r rendre hommage au Roi de France Jean II (3).

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