‹ Esquisses biographiques extraites des tablettes généalogiques de la maison de Goethals par le Chevalier L'ÿvêque de la BasseMouturieChapitre 59 sur 75 · JOUTES · texte numérisé non relu

JOUTES

son cheval nécessaires pour lui servir en tout au camp dechiadont ( lorsque ) qu’il sera heure de dire faittes vos debvoirs.

Cryeé que on fait q.nt on dist as campions quil fâchent leur dehvoir.

« Nous faisons le ban de par Monseigneur le comte de Haynt et le prevost de Mons que ch. un qui sra ent. {entre) les cordes a leure {l’heure) q. li doij campions sront ou camp, sieche {s’asseye) par terre et chil a cheval ou à piet e taise coye sans faire noise et ossi q. nulz ne quelconque a cheval ne a piet soit proisine u non {parent ou non) asdis campions ou a l’un deaux, ne diche parolle ne fâche signe quelqconqz àyaux ne a l’un deaux ne porter à aucun deaulx conseil déception proffit ne demaige quelconqz sur euqueijr et entre fourfait $ celui ou chieux qui le feroie.t ou le vollente de Monseigneur le Ducq de corps et davoir {biens) de laquelle puynission nulz ne sra espargniez s’il y esquiet et se garde cascun de meffaire. »

« Chieux bans doit estre fait la p.miere foix tantost q. ly prince u sen lieuten. est venu ou camp, la seconde foix tantost q. li appellant est venu ou camp, et le tierce foix q.nt {quand) il aront fait serment et il remontent à cheval.

« Item quant il seront montet à cheval et ahanesget adunc leur debura dire li,baillieux q. il faicht leur dehvoir et puis entems quil se combalteront le bailly lui

APPENDICES

quart de feables ( le quart des hommes de fief ) à luy deveront aller et venir aval (parmi) le camp p.r regarder le pr. signe de p.olles ( paroles ) aucun des campions seroit confortez ne consilliet.

Les serms ( sermens ) que ly campions doint faire est telz quil senssieult ( s’ensuit).

« Premiers quant il seront dessendus ou camp li appellant premiers quant il sera venu dev.t le livre pour serment faire doit oyr lire les ordonn. telle que il doit pour lui et son cheval ainsi qu’il est escript par devers le court et chou (ce) fait se doit engenouiller devant le livre et puis lui doit estre dit : Ainsi Sire Chr ( chevalier ) jurezparles Saintes Evangilles qui sont en celivre escriptes et contenues et par li corps N.re Seigneur Jhs Crist dont vous voies chiend (ci endroit * ici) le ymaige representet que vous navez sur vous ne sur vo cheval couttiel ne aut baston quelconq qui vous a esté lieutte (permis) et que vous montrez apparamment et aussi que sur vous ne avez ne arez haulx , noms propres , noms sorcheries ne autres quelconques choses qui puis. t ne doivent à dechevanche appartenir pour vo proffit et au domaige de vo adversaire et ainsi vous le jurez et il doit dire q. oy et baisier les Sains.

« Après chou fait et q.nt ly appiellans serat allez à la cayere (chaise) li appiellez doit venir pardevant le livre et faire semblam. nt. » „

Les tournois, les joutes, les i*as d’armes, furent sus-

IOUTES. 2<j5

pendus dans toute l’Europe à la suite de l’événement qui priva la France de son roi , le valeureux et chevaleresque Henri II , qui , dans le pas d’armes donné par lui auprèsdu château des Toumelles, à l’occasion dumariage de Philippe II, roi d’Espagne, avec Elisabeth sa fille, en i55g, reçut un coup mortel de la main de Montgommery, son capitaine des gardes.

Cependant, telle était la force de I’halntnde'ou du charme attaché à ces dangereux divertissemens qu’un an après il y eut encore à Orléans un tournoi dont le prince Henri de Bourbon-Montpensier fut aussi la victime : une chute de cheval le fit périr. Les tournois cessèrent alors tout à fait, et c’est à peine si l’on en retrouve l’image dans l’espèce de pas d’armes dont Charles IX et Henri III furent les tenans au mois d’août i5y3.

Avec l’abolition des tournois disparut l’antique chevalerie qui avait , jusque sous Charles-Quint , fait l’honneur de l’Europe et l’admiration du monde entier.

Carrousels.

Le carrousel était aussi un divertissement ou exercice guerrier, mais il n’offrait rien de dangereux; il consistait ordinairement en courses de bagues , de têtes , etc., entre plusieurs quadrilles ou esquadrilles de chevaliers. ( Il devait y en avoir au moins quatre composés chacun de douze personnes ).

« C’est apparemment de ciirrus solis (char du soleil ),

« dit Moreri, que le mot de carrousel a été formé, ou « des chars et des carrosses qu’on y menait. » Ces joûtes, qui rappelaient les jeux de l’ancienne chevalerie, furent introduites en France par Henri IV. Il y eut un carrousel fort brillant sous Louis XIII, en 1612, à l’occasion de son mariage avec Anne d’Autriche, infante d’Espagne; mais aucun ne peut être comparé pour la magnificence à celui que Louis XIV donna en 1662 sur la place des Tuileries qui en a retenu le nom de place du Carrousel. 11 y eut cinq quadrilles. Le roi était à la tête des Romains ; son frères commandait les Persans , le prince de Condé les Turcs , le duc d’Enghein son fils les Indiens, le duc de Guise les Américains. Trois reines assistaient à ce spectacle. La reine mère, la reine régnante et la reine d’Angleterre, veuve de Charles II.

Le comte de Sault, fils du duc de Lesdiguières, remporta le prix, et le reçut des mains de la reine-mère.

NOTICE

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