‹ Esquisses biographiques extraites des tablettes généalogiques de la maison de Goethals par le Chevalier L'ÿvêque de la BasseMouturieChapitre 70 sur 75 · CÉLÉBRITÉS MILITAIRES · texte numérisé non relu

CÉLÉBRITÉS MILITAIRES

distingue par la prise de Provins (en Brie) sur les d’ Armagnac j plus tard, au service de Charles VII, il contribue, avec son cousin Georges , au gain de la bataille de Formigny ; et après avoir rendu son nom célèbre dans la guerre du bien public , il meurt par suites de blessures conquises au siège de Dînant, en 1466. Ses fils Philippe, Evrard , Louis * tous trois jeunes et vaillans chevaliers, trouvent dans les combats un trépas glorieux ; Paul , Henri, Jacques et Jean , fils de Georges Goethals-van der Hecke, ainsi que leur germain Hugonin, trouvent aussi la mort dans les champs de la gloire.

Michel Goethals, fils de Michel Wittem, noble francarcher de Charles-le-Téméraire, après s’être fait connaître dans les campagnes de Suisse et de Franche-Comté, surprend avec six de ses compagnons d’armes la forteresse de Saint-Michel en Lorraine ( 1 4 ^ 5 ) ; ses frères Jean , Baudouin, Simon, Olivier, tous quatre pages, puis francs-archers de la noble garde du même prince, signalent également leur vaillance aux batailles de Liège et de Montlhéry, comme aux sièges de Nuys, près du Rhin , et de Nancy. Le dernier de ces cinq frères avait été, en 70, chargé de conclure un traité d’alliance entre la cour d’Angleterre et Charles IV. Enfin Jacques et Henri, tous deux fils de Jacques G. -Ackerman, tous deux chevaliers du Saint -Sépulcre , vont aussi tous deux conquérir leurs glorieux éperons au brillant fait d’armes de Guinegate (1479). Us les reçoivent des mains de Maximilien qui y commandait en personne.

APPENDICES

Pendant le 16* siècle, Henri , fils de Pierre Goethals- Wittenbroot, écuyer de l’archiduc Philippe, obtient avec son cousin Joseph Goethals-Sersimoens, l’agrément de son maître pour suivre en Italie Charles VIII, roi de France; il se distingue à la bataille de Tortone et reçoit, en récompense , le cordon de Saint-Michel ; Jacques, son frère , capitaine d’une compagnie de picquenaires au service de Philippe-le-Beau et colonel de la garde bourgeoise de Gand, en i 53 o, est, en rémunération de ses loyaux services, élevé à une dignité de la cour; Augustin , fils de Jacques, commandait une compagnie de 100 cuirassiers à la prise de Tunis; il rendit son nom fameux dans les batailles de Pavie, en i 5 a 5 (où Olivier Goethals, fils de Jean-van Tliielt, fut tué), il assista aussi aux affaires de Cérisoles ( 1 544 ) > de Gravelines (1557) 5 aux combats de Musselingen et de Saint-Quentin ainsi qu’au siège de Metz (i5o2).

Au 1 7 e siècle, la maison Goethals, réduite pour ainsi dire par le malheur des temps et par les guerres civiles à la seule descendance de Josse Goethals-van Guchte, ne présente que peu de guerriers ; cependant nous voyons Josse Goethals-van Grysperre, troisième fils dudit Josse, occuper successivement dans l’armée les grades de capitaine de la garde wallone et de colbnel de la garde bourgeoise de Gand. Avant lui, Jean, fils de Pierre-Typoets, archer de l’archiduc Albert, puis enseigne dans la compagnie d’Arschot, avait en 1602 trouvé une mort glorieuse sur la brèche d’Ostende; et Josse Goe-

COURTISANS ET DIPLOMATES. zty

thals-Baronaige était, à la fin du 1 7' siècle, cornette de cavalerie puis capitaine d’une compagnie de la garde bourgeoise de Gand.

Enfin Charles Goethals-de Merbois * aujourd’hui lieutenant général commandant une division militaire du royaume Belgique, et ses deux fils, Auguste* capitaine d’état-major, et Jules * officier d’artillerie, viennent clore d’une manière honorable et flatteuse pour l’avenir, la liste des illustrations belliqueuses de leur maison.

Charges de la cour et missions diplomatiques.

Les guerriers sont rarement des courtisans; mais il arrive le plus souvent aux princes guerriers d’admettre de préférence à leur intimité et à la confidence de leurs intérêts politiques, les hommes dont ils ont dans les combats éprouvé le dévouement autant que la vaillance. Il ne faudra donc point s’étonner si dans la nomenclature qui va suivre se trouvent reproduits des noms déjà cités dans le chapitre précédent : cela tient au cumul de leurs emplois. Du reste, nous les distinguerons par une astérique * (i).

Au 10 e siècle Pietro Bonicolli *, déjà cité, reçut en récompense de ses exploits guerriers la vaste terre sei-

( 1 ) Quoique les fonctions d'aumônier du souverain soient une charge de la cour, cependant, pour éviter les répétitions nous avons relégué tous les ecclésiastiques au dernier chapitre ; un seul , le doyen de Liège, a été l’objet d’une double et inévitable exception comme diplomate et comme président du conseil souverain.

APPENDICES

gneuriale de Mude et la charge de premier écuyer (dapifer) du comte de Flandre Arnould-le-Jeune.

Aux derniers jours du 1 1* siècle, Gerrem Gocthals, i* r du nom et 5“ seigneur de Mude*, sous-arrière petitfils de Pierre, qui précède, est admis dans l’intimité du comte Robert de Jérusalem dont il est écuyer. Le jour de Noël de l’année 1 1 01 , il est chargé de le représenter au couronnement de Baudouin, roi de Jérusalem.

Dans le i3 e siècle, Justaes Goethals* , arrière-petitfils de Gerrem I er , est successivement admis à la cour de Louis IX, roi de France, et de Guillaume de Dompierre, comte de Flandre, en qualité d’écuyer. Tandis que son frère, Jean de Mude, se rend , par son mérite, digne de devenir un jour l’un des favoris de Philippele-Bel.

Au i4« siècle, Liévin Goethals-de Calckine et Georges Goethals-de Gruutere figurent à la cour des comtes de Flandre, Louis de Nevers et Philippe-le-Hardi , en qualité de chambriers, et Olivier *, leur cousin, chambellan de Charle VI , roi de France , s’attache ensuite à la cour du duc de Bourgogne , dont il devient l’écuyer. Il est, en i3gy, chargé par ce prince d’aller traiter de la rançon de. Jean de Nevers, qui avait été fait prisonnier à Nicopolis.

Dans le siècle suivant, Henri Goelhals, prévôt de Saint-Pierre, à Lille, et doyen du chapitre de Liège, rehausse encore l’éclat de son caractère sacerdotal par les dignités qu’il obtient à la cour et par les importantes

COURTISANS ET DIPLOMATES. U/fy

missions confiées à sa prudence et à son habileté sous les trois glorieux règnes de Pliilippe-le-Hardi , de Jeansans-Peur et de Philippe-le-Bon. Pierre Goethals-de Hondt* , l’un des plus braves officiers des armées bclgiques, occupe à la cour du duc de Bourgogne la double charge d’écuyer et de chambellan, et va, en i44°» remplir uue mission d’honneur auprès de Charles YII ; son fils Everard, chevalier de la milice dorée, est aussi chargé d’une mission délicate à la cour d’Allemagne , et Olivier j fils de Michel Goethals-Wittem, est, en 1470 , chargé de conclure uu traité d’alliauce entre la cour d’Allemagne et Charles I er . Il devient plus tard le conseiller de Maximilien.

Au 16' siècle, Jacques Goethals fils de Pierre Wittenbroot, exerçait à la cour de Philippe-le-Beau, et ensuite de Charles-Quint, la charge de grand panetier ; Jean j fils de Pierre-Devos, stipulait les conditions du traité de Crépy et passait ensuite à la cliambellauie de Philippe II, et Lièvin Goethals-PanagathuSj greffier de la chancellerie impériale, et héraut d’armes de Flandre, conservait jusqu’à sa dernière demeure les té • moignages de la noble et touchante amitié de son souverain.

Au 1 7' siècle, la maison de Goethals se trouve, comme nous l’avons dit , considérablement réduite par les guerres civiles ; cependant nous la voyons encore représentée à la cour et dans les hauts emplois par Michel Goethals-'lliihaut , auditeur à la chambre des comptes

appendices.

et maître aux homieurs (grand maître des cérémonies) de la cour à Bruxelles, en i6^3 , et par Josse Goethals- Baronnaige *, grand maître des eaux et marais du comté de Flandre (i).

Enfin aujourd’hui encore le lieutenant général Charles Goethals * est venu reprendre auprès du roi des Belges la haute position assignée à sa famille par la succession des temps.

Magistrats renommés.

Nous allons dans ce chapitre nous borner à une énumération rapide des membres de la famille Goethals qui ont marqué dans la magistrature de la Flandre , cette sœur de la puissance souveraine ( 2 ) , depuis l’époque de sa naissance jusqu’au jour de ses funérailles (3).

Au 1 3* siècle, le chevalier Justaes Goethals-de-Môl* ,

(1) Notre vénérable et docte doyen laisse encore échapper une belle et noble illustration ; je veux parler de don Emmanuel- François Goethals , marquis de Diekirch, qui étaiten 1670 premier président d’Etat et secrétaire général de la guerre , à Madrid. ( Voir aux Appendices, p. a37.)

(a) Voir la Notice sur le Magistrat de Gand , page i85.

(3) Le premier pouvoir administratif institué en Europe d’une manière régulière fut le collège des trente-neuf magistrats de la ville de Gand, qui fut fondé en 1228 par Ferdinand de Portugal. 11 subsista jusqu’en i3oi , époque à laquelle Philippe-le-Bel le réduisit en deux tribunaux (la Keure et les Parchoks) composés chacun de treize membres et renouvelés chaque année. Cette institution subsista sans altération sensible jusqu'au 6 juillet 1794 , époque de sa dissolution par les républicains français.

Page 1