‹ Esquisses biographiques extraites des tablettes généalogiques de la maison de Goethals par le Chevalier L'ÿvêque de la BasseMouturieChapitre 72 sur 75 · CONSEILLERS · texte numérisé non relu

CONSEILLERS

Tel fut le haut mérite de cet homme supérieur, telle fut la faveur dont il jouit auprès des ducs de Bourgogne que nous venons de citer, qu’ils crurent ne pouvoir assez étendre sur lui les gages de leur confiance et de leurs faveurs souveraines. Tour à tour secrétaire et conseiller intime de Philippe-le-Hardi, maître des requêtes et premier conseiller de longue robe, puis membre du grand conseil de Jean de Nevers, Henri fut nommé par Philippe- le -Bon vice-président du grand conseil de Flandre ; et dans tous ces emplois comme dans les ambassades les plus délicates, il se montra toujours et partout supérieur aux éminentes fonctions qui lui furent confiées. Georges GoethalSj le frère de cet homme célèbre, devint aussi conseiller honoraire de Charles VI, roi de France $ Baudouin , leur neveu, membre du conseil provincial de Flandre, était conseiller intime de Philippe-le-Bon et de Charles IV ; Olivier , germain de ce dernier, le fut plus tard de l’empereur Maximilien.

Au i6 r siècle (en 1 5a y) , Gilles Goethals, surnommé Algoet* , obtient successivement par son mérite et remplit avec distinction les honorables charges de conseiller commissaire au conseil provincial de Flandre , d’avocat, puis de procureur général au grand conseil des Pays- Bas ; plus tard, Philippe Goethals- Corthals, l’un des premiers jurisconsultes de son époque, est nommé par Philippe-le-Beau membre du conseil de Flandre, puis conseiller honoraire et maître des requêtes de Charles- Quint ; Jean Goethals-de Locquenghien , surnommé

APPENDICES

Drabbe ou Bonicollius , philosophe illustre et docte devient (i 53 a) membre du conseil souverain du Brabant et Laurent-van den N est, son fils , avant de faire partie du conseil d’État et du conseil supérieur des finances à Madrid, est reçu membre du grand conseil de Flandre à Malines.

Enfin aux 17' et 18' siècles, Josse Goethals-Baronnaige*, watergrawe et moermestre de sa majesté catholique, et Pierre-André Goethalsj gouverneur du Poortacker à Gand, viennent, comme membres des conseils royal et provincial , clore la liste des nobles hommes de leur famille, dont les vertus, les lumières et le dévouement ont embelli les annales des conseils souverains des Pays-Bas.

Illustrations ecclésiastiques.

Le sacerdoce a aussi ouvert à la maison de Goethals la carrière des célébrités, et depuis le 6” prélat de Ninove jusqu’au vénérable archiprêtre que la mort vient d’enlever au diocèse de Gand, les descendans de cette noble race n’ont cessé d’illustrer leur nom par leur piété , par leur mérite et par leurs vertus évangéliques.

Dès le ia” siècle N... Goethals- Algoetus était abbé de Ninove, dont son gr^nd âge et sa modestie lui firent déposer la prélature en 1 199.

Henri de Gand, le Docteur solennel , présente, au 1 3 ' siècle , un des plus beaux génies de l’époque. Il se fait un nom fameux dans la philosophie, dans la théo-

ILLUSTRATIONS ECCLÉSIASTIQUES. a5?

logie et dans les fastes de la littérature , tandis que son frère, Jean de Mude, aussi docteur célèbre, devient par son mérite le favori de Philippe-le-Bel , roi de France, et que sa sœur Jutta van der Mude , abbesse de la Bylokc à Gand, remplit ce même siècle de son édifiante et sainte longévité.

Dans le i4' ! siècle se distinguèrent Pierre Goetlials , prieur des Dominicains, prédicateur célèbre; Justaes Goethals, J. Y. D. , protonotaire apostolique et théologal du diocèse de Touruay, aumônier du comte Louis de Nevers , dit de Crécy ; Pierre et Henri , germains de Justaes, l’un chanoine de Tournay, l’autre prieur de Saint-Bavon à Gand; enfin Raes Goethalsj son neveu, sous-prieur de la célèbre abbaye de Cambron.

Au 1 5* siècle, Henri* , prévôt de Saint-Pierre , à Lille, et doyen du chapitre de Saint-Lambert, à Liège, ajoute, comme nous l’avons dit , un nouveau lustre au glorieux nom deGoethals ; tour à tour chargé de négocier l’acquisition du comté de Namur, de présider le grand conseil de Flandre et de remplir les ambassades les plus délicates , partout il obtient le succès, commande l’admiration, mérite la reconnaissance et la faveur de ses princes. Plus tard Alexandre Goethals , chapelain delà comtesse de Charollais, et Arnould, moine de Saint-André-lez- Bruges , se distinguent par leurs écrits ascétiques et archéologiques; Baudouin* , frère de ce dernier, chapelain, puis conseiller des ducs de Bourgogne, se rend, à la cour de ses maîtres comme parmi scs concitoyens,

APPENDICES

digne de la. plus honorable distinction par la paix de Saint-Liévin 5 enfin Simon Goethals, prieur des Chartreux, à Bruges, voit terminer ses jours avec les derniers jours du siècle.

Durant le siècle suivant, le nom de Goethals se distingue encore dans les fonctions ecclésiastiques : Everard est sous-prieur des ermites de Saint-Augustin ; son neveu Jacques est prieur du monastère de Melle ; un autre de ses neveux, Jérôme Goethals, après avoir été reçu dans la compagnie de Jésus par saint Ignace, va, comme supérieur d’une mission étrangère, porter le bienfait de la parole divine au Mexique , où il meurt nonagénaire en 1 5 q 4 - Egide Goethals , docteur en médecine et en chirurgie, devient chanoine de Saiut-Bavon à Gand, puis protonotaire apostolique du diocèse; André Goethals j fils de Jean Drabbe, est fait chanoine d’Afiligem ; Elhert Goethals obtient une prébende au chapitre de Saint-Amé, à Douai, où son frère, François Goethals- Gobelsroy, surnommé Panagathus et Eucollus, professeur royal et primicier en droit canon de l’université de la même ville, s’était fait recevoir comme chanoine, bien que marié et père de onze enfans. Enfin le fils atué de ce docteur célèbre , François- Albert Goethals , qualifié par V. Andræas , d’homme pieux et docte, devint plus tard le prédicateur extraordinaire de LL. AA. Albert et Isabelle.

Au 17* siècle, la maison de Goethals ne laisse pas de

ILLUSTRATIONS ECCLÉSIASTIQUES. aÔp

donner à l’église des sujets dignes d’elle. C’est ainsi que nous voyons Martin Goethals * savant docteur en théologie, devenir procurateur de l’abbaye de Saint-Hubert où il mourut en i 63 o; l’on voit aussi Jacques Goethals occuper la prélature de Tronchiennes-lez-Gand ; Marie* sa cousine, celle des hospitalières nobles d’Alost; Arnaud '* religieux dominicain, offrir au monde savant le fruit de sa profonde érudition par la publication de deux excellens traités de philosophie, et André Goethals. , frère de ce dernier, prélat de l’abbaye de Waerschoot, chargé de représenter le clergé de sa province en qualité de premier député aux États de Flandre (i).

Au 18* siècle, Josse Goethals* proclamé, à l’âge de 19 ans , Primus de l’université de Louvain , ensuite vicaire capitulaire du diocèse de Gand, dont il a frôlé l’épiscopat, a, pendant 80 ans (jusqu’en iy4 1 2 )> offert à l’édification publique la réunion des vertus les plus pures et du savoir le plus profond. Adrien Goethals * son neveu, chanoine jubilaire du chapitre de Saint-Martin, à Ypres, a rempli ce même siècle de l’éclat de son renom.

Enfin, en ce moment encore, nous voyons à la tête du clergé de Gand Ambroise- Charles Goethals * vicaire général de l’évêché, archiprêtre de Saint-Bavon, et véritable modèle de piété, de courage, de modestie et de résignation.

(1) M. de Saint-Allais a oublié ici Adrien Goethals qui fut prélat de la riche abbaye de Gladbach, où il mourut , le 16 mai 168g. L. B. M.

l6o : i. APPENDICES.

Cette colonne antique et vénérable du catholicisme , qui resplendit de ses propres lumières autant que de ses dix-sept lustres de vertus, vient clore la brillante nomenclature qu'offre dans toutes les carrières honorables une maison illustrée d’ailleurs par ses docteurs , ses philosophes et ses écrivains célèbres autant quelle le fut durant les troubles civils par ses martyrs de la foi et de la fidélité.

Certifié par nous, soussigné, chevalier de l’ordre royal de la Légiond’Honneur , des ordres de Saint Jean de Jérusalem , de Latran , du Phoenix , d’Hohenlohe , de Saint-Hubert , du Saint - Sépulcre de la Palestine, etc., etc., archiviste et généalogiste de l’ordre de Malte et de plusieurs autres ordres , ancien directeur propriétaire du Nobiliaire universel do France et de l’armorial de la Chambre des Pairs, etc.

Paris , le a3 mars i836.

Signé à l’original, SAINT-ALLAIS.

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SUR LA MAISON DE GOETHALS ( en Flandre ) ,

par BS. le chevalier l’évêque de la Bafie-MoAturie.

Extrait du journal de I'Ikstitot historique de Frabce (i).

Les esquisses biographiques sur la maison de Goethalsj insérées dans le deuxième volume de l’annuaire de la noblesse de M. de Saint-Allais, ne pouvaient manquer de produire une certaine sensation parmi les archéologues de la Belgique. Ce travail qui réunit la concision et la pureté du style à l'intérêt du récit, à la variété des citations, a résolu d’une manière satisfaisante le problème suivant , jugé souvent insoluble : répandre tout l’attrait d’une histoire instructive dans un ouvrage de généalogie.

Mais quand on écrit l’histoire, il ne suffit pas de savoir prêtera des particularités curieuses et inédites le charme d’une diction correcte et élégante, il faut, avant tout, se montrer consciencieux en ne laissant aucun doute dans

(i) Cet article a été inséré dans le 4 e volume du Journal de l’Ins~ n lut Historique, p. 366.

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l’esprit de scs lecteurs sur l’exactitude des détails qu’on met sous leurs yeux, et c’est, nous devons le dire, une condition que M. de la Basse-Moûturie a parfaitement comprise et observée, en étayant tous les faitsetgestes de ses héros d’une multitude de témoignages historiques dont l’assemblage a dû lui coûter de grandes recherches. Il a par là mérité le suffrage des généalogistes.

Le plus bel hommage qui ait été rendu aux Esquisses biographiques provient d'un des juges les plus compéteus en cette matière, d’un des hommes les plus recommandables de la Belgique sous le double rapport du caractère et de l’érudition. M. le baron de Reiffemberg, dans l’édition de Y Histoire des ducs de Bourgogne qu’il a récemment publiée à Bruxelles avec des commentaires curieux et des notes intéressantes, reproduit textuellement ( pages i45, 4 2 9 e t suivantes) quarante-deux articles, c’est-à-dire à peu près la moitié du texte des Esquisses biographiques sur la maison de Goethals ; il en aurait sans doute cité davantage si la nature de son travail le lui eût permis.

Ce fait seul répond victorieusement aux contestations auxquelles un généalogiste rigoureux pourrait trouver matière, car jamais plus bel éloge n’est émané d’une autorité plus respectable. A tort prétendrait-on que M. de Reiffemberg a puisé ses quarante-deux articles à la même source que M. de la Basse-Moûturie; les divers articles biographiques qui composent les Esquisses ont été extraits des Tablettes généalogiques de l'antique maison

CRITIQUE SUR NOTRE FHEMlÈRB ÉDITION.

de Goethals rédigées par ce dernier, et ceux qui ont été donnés au baron par M. le comte Goethals-Pecsteen, n’étaient que des copies obtenues au moment où l’on mettait sous presse l’opuscule du chevalier.

Ce serait encore en vain que l’on accuserait même vaguement l’auteur des Esquisses d’avoir embouché la trompette héroïque ; certes, quoique le récit de tant de belles actions eût pu rendre parfois l'enthousiasme naturel et légitime, on trouve moins de traces de celte exaltation dans le texte que dans les notes. Or les notes ne sout pas l’ouvrage de M. de la Basse-Moûturie, et, pour atteindre le vrai coupable, il faudrait, depuis Tritemius jusqu’à M. Coomans aîné, prendre à partie tous les historiens qui semblent s’être donué le mot pour payer le juste tribut de leur admiration aux hommes illustres de la maison de Goethals.

Voici du reste en quels termes M. Jules de Saiut-Genois , archiviste de la ville de Gand , s’est rendu l’écho de ses devanciers dans ses Miscellances historiques :

« Il existe dans tous les pays de ces grandes et impor- « tantes familles où les vertus et le génie semblent héré- « ditaires, où l’illustration se transmet de génération en « génération comme un dépôt que le père aurait reçu « pour le transmettre religieusement à son fils : en Italie, « les Médicis ; en France, les la Rochefoucauld ; en Angle- « terre , les Grcy ; en Belgique, les Lannoy et les Lalaing, « tous noms qui réveillent d’anciens souvenirs qui sem^- « blcnt, malgré nous, commander le respect.

APPENDICES

« Parmi ces familles il en est une surtout dont la ville « de Gand peut à juste titre s’honorer : c’est la famille « Goethals , qui , depuis le fameux docteur solennel « jusqu’à notre vénérable grand-vicaire , digne descen- « daut d’une souche d’hommes célébrés et vertueux , n’a « pas démenti son illustration. »

On voit que l’auteur n’hésite point à placer la famille qui nous occupe, au rang des maisons illustres de l’Europe qui ont su le mieux mériter la vénération des peuples dans la succession des âges. {V oir page 11 de l'Introduction.")

M. le chevalier de la Basse-Moûlurie n’a rien écrit qui approchât de cette effusion de louange»; il s’est borné à exposer des faits et à les appuyer sur des documens irrécusables, comme il convient à un écrivain impartial et consciencieux. En définitive, après avoir scrupuleusement examiné l’ouvrage, nous ne pouvons que joindre nos félicitations aux suffrages que l’auteur a déjà recueillis dans sa patrie, et l’engager à poursuivre sa tâche en continuant à nous faire connaître l’origine et la filiation des grandes familles de la Belgique.

OcTAVK BeBTIH,

Membre de la première classe de Y Institut historique.

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