‹ Esquisses biographiques [microforme]Chapitre 38 sur 188 · FUITE · texte numérisé non relu

FUITE

décembre 1837.

Comme M. Girouard avait pris une part active, quoique modérée, à l'insurrection, le gouvernement avait offert une récompense de $2000 pour son arrestation.

Il partit donc de Saint-Benoît, jeudi le 14 décembre, vers le soir, abandonnant, malgré lui, tout ce qu’il y possédait, à la merci des soldats anglais et des volontaires sous les ordres de Sir John Colborne, le preux chevalier qui, malgré les promesses de la veille, et malgré qu'aucun coup de fusil ne fût tiré sur ses troupes, laissa brûler l’église et les maisons des habitants, dont plusieurs allèrent se réfugier dans les concessions voisines de Saint-Vincent et de Saint-Jean.

M. Girouard passa la nuit, du 14 au 15, dans “ l’Anse-des- Eboulis ” où il fut en grand danger d’être pris par les volontaires mis à sa poursuite ; mais aucun des braves gens chez qui il se réfugia, ne fut tenté de le trahir pour l’appât des 2000 piastres qu’on leur offrait.

Des officiers avaient appris que Paul Brazeau l'avait conduit aux Eboulis, et voulurent le forcér à leur indiquer sa retraite, en lui braquant leurs pistolets sur la tête, puis en l'étendant plusieurs fois sur un billot, et menaçant de le décapiter, mais inutilement, Le brave homme resta ferme et inébranlable ; ses lâches adversaires, n'ayant pu lui arracher son secret, le relâchèrent et continuèrent leur marche pour rejoindre leurs camarades, fiers d'avoir remporté la victoire sur une poignée de gens qui n'avaient même pas les armes nécessaires pour leur résister.

ARTICLE TREIZIÈME

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