AVANT-PROPOS
Dès les premières lignes de ma thèse inaugurale, soutenue en 188%, f insistais sur la nécessité d'utiliser les agents physiques dans le traitement des maladies.
Ma pratique générale de la médecine, pendant une dizaine d'années, m1 amena à cette conviction que, s'il suffisait du calomel, de Vhuile de ricin, de la chaleur et de Veau pour juguler et guérir les maladies aiguës, en revanche, les états chroniques, qui témoignent de V altération fonctionnelle et organique profondes, requièrent, à côté d'agents chimiques et hygiéniques incontestablement salutaires, l'emploi des grands modificateurs physiques — dont l'organisme n'est, somme toute, qu'un résultat.
Cet ouvrage a donc pour but la vulgarisation d'idées personnelles, fondées sur une expérience de plus de 20 ans. C'est, en effet, vers i8go, que nous donnions à un nouveau corps de doctrine thérapeutique le nom de Physicothérapie, pour indiquer l'action combinée des divers agents physiques, groupés dans le même Etablissement.
Pour répandre les bienfaits de cette nouvelle méthode, pour affirmer certaines convictions, comme aussi pour remonter certains courants f nous créâmes notre organe : Les Annales de Physicothérapie, largement répandues dans le corps médical.
Nous eûmes bientôt la grande satisfaction d'assister à la marche rapide de l'Idée. La physicothérapie est la plus constante, la moins infidèle et la plus scientifique de toutes les méthodes curatives . Sa raison d'être est de stimuler, de soutenir ou d'entretenir la force vitale et V énergie de résistance; d'apporter au contingent de la défense organique le maximum de secours, de fortifier le terrain cellulaire, en exaltant les propriétés particulières à chacun de nos tissus .
On verra cette méthode surtout toute puissante à la période Jonctionnelle des états pathologiques, alors qu'il faut prévenir des lésions anatonuques, non encore installées et accroître le potentiel du nervisme.
Notre ouvrage se divise en deux parties, à ptu
près égales; la première a pour but de décrire les agents de la physicothérapie les plus importants dans la pratique ; la seconde, (àpartir du chapitre XII), de donner un tableau clinique des principaux états morbides, mis aux prises avec ces agents physiques de traitement. Autant que possible, chacun des chapitres est suivi d'un court résumé dont lé but est de fixer et de préciser les idées émises. C'est ainsi que nous nous sommes efforcé de demeurer tou,ours sur le terrain solide de la pratique.
Pénétré de la généralité des lois qui régissent la nature, nous avons accordé, à la lessive de l'organisme, un rôle considérable dans la guérison Depuis 30 ans, nom nous sommes attaché à montrer que, s'il est vrai que la machine humaine mfflt a son propre nettoyage, à l'état normal, il lui
^at'^certainscas,uneaidepassagère,pouractiver seséchanges et pousser à V élimination deses produits résiduels et toxiques - toxines humaines -pour employer notre propre expression.
La Physicothérapie, par sa gymnastique cellulaire intégrale, devient l'agent le plus puissant du Ubre échange assimilateur. Le physicothérapeute devra, néanmoins, avoir toujours présent à l'esprit ou a lui faudra recourir aux moyens simples pour libérer l'économie des déchets mobilisés dans le torrent circulatoire: en même temps, il Pliera a la désinfection de ce que nous avons
appelé : l'égout collecteur de l'organisme. — L'eau et les purgations sont nécessaires à la guérison des chroniques, comme elles sont indispensables à ceux atteints de maladies aiguës (/) .
Le pouvoir recteur du système nerveux ne peut s'affirmer que dans un organisme libéré de toute contamination.
(r) Voir notre communication: Traitement abortij et curatif des maladies aiguës, de la typhoïde et do. Vappendicite en particulier, par le calomel, l'huile de ricin, la chaleur et l'eau, donnés d'une façon judicieuse.
(British Médical Association, Juillet i9oi.) British mechcal
Journal M Octobre 1001.