CHAPITRE I
LA PHYSICOTKÉÎLAPIE
Définition — Limites
On peut définir la Physicothérapie : une méthode curative basée simplement sur l'augmentation raisonnée des stimulants vitaux normaux, en vue du perfectionnement de notre gymnastique cellulaire et de l'élimination régulière des parties mortes de l'organisme vivant. Tous les appareils ressortissant à cette méthode n'ont pour but, en effet, que d'exalter les éléments de notre milieu physiologique habituel. Cette exaltation met en œuvre des organes et des fonctions assez torpides pour ne plus être suffisamment influencés par les agents les plus simples de la vie normale.
Par le moyen de l'électricité, de la chaleur, de la lumière, de l'hydriatique, de la cinésie, de l'atmiatrie, etc., nous obtenons une plus-value de tous les phénomènes vitaux ; digestion et nutrition, circulation et respiration, actes sécrétoires et élimi-
nateurs, calorification. Nous suractivons la cellule animale, dans son double rôle d'assimilation et de désassimilation, afin de parfaire ou de redresser les échanges moléculaires.
La santé normale est sous l'étroite dépendance de l'oxydation régulière de nos divers éléments somatiques, et de la complète élimination des résidus, des poisons et des déchets organiques. Toute combustion incomplète, toute oxydation irrégulière ou anormale, et surtout toute évacuation insuffisante des déchets, ont pour corollaire inéluctable l'état morbide.
Mais il faut aussi attacher une importance primordiale à la bonne régulation du dynamisme nerveux : car l'intoxication par les déchets et les poisons trouble toujours la constitution de la cellule nerveuse et la polarisation normale de nos neurones.
Dans notre thèse inaugurale « NERVISME » (1884) nous avons établi que le système nerveux exerce un pouvoir autocratique dans l'organisme, à l'état physiologique, à l'état pathologique et au moment de l'intervention thérapeuthique. Ce rôle principal, essentiel, joué, en pathologie, par la déviation nerveuse, nous rend compte de la place occupée, en physicothérapie, par l'électricité, agent équilibrateur par excellence de l'harmonie cérébro-spinale.
Nous avons dit, depuis longtemps, que la cure physicothérapique a pour mission de relever la fonction nerveuse lorsqu'elle est défaillante, de redresser la fonction trophique lorsqu'elle est déviée. Elle corrobore l'action chimique médicamenteuse et assure les éliminations organiques nécessaires à la dépuration régulière de l'économie.
La variété des ressources puisées dans les agents physiques permet presque d'étendre à l'infini la thérapie naturelle et de la plier étroitement aux
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cas les plus divers, chaque fois qu'il s'agit d'accroître le coefficient trophique, d'équilibrer et d'augmenter le potentiel nerveux.
Mais, en dépit du but dynamique univoque de la physicothérapie, plus le praticien pourra varier ses formes et ses formules de traitement, mieux il réglera et dosera exactement ses méthodes, plus il lui sera loisible de suivre, pas à pas, les diverses indications morbides, d'adapter même aux diverses idio-syncrasies la quantité et la qualité des séances convenant aux divers cas visés par le thérapeute.
C'est pourquoi nous estimons que l'outillage ne saurait être trop étendu, trop perfectionné, trop intensif : plus nous aurons sous la main des appareils nuancés, plus la gamme curative sera complète, mieux nous aurons la satisfaction de conquérir, avec le minimum de temps et d'efforts, le maximum de réactions utiles.
C'est pour ces raisons que, le premier, j'ai pris soin de réunir en un seul faisceau les agents épars de la médication physicothérapique ; de faire construire et de créer ce qui n'existait nulle part ; de modifier, à force de tâtonnements et d'expériences, sans hésiter jamais devant aucun sacrifice, les appareils défectueux ou insuffisants, pour leur substituer ce qu'il y avait de plus précis, de plus moderne et de plus confortable.
Nous avons, à l'heure qu'il est, la satisfaction d'être outillés pour la lutte énergique en faveur de la santé, c'est-à-dire de l'augmentation du dynamisme organique, de l'élargissement de l'hématose, de l'harmonisation du système cérébro-spinal désemparé, de la réintégration progressive du trophisme cellulaire.
Je n'hésite pas à affirmer que, lorsqu'on n'est pas ainsi entièrement armé, de pied en cap, pour le combat par les agents thérapeutiques, on ne pos-
sède qu'une action curative insuffisante. Impossible, avec les maigres ressources dont disposent la plupart des praticiens, même spécialisés, de réaliser les promesses de la physicothérapie, c'est-à-dire de guérir les maladies chroniques.
Les agents physiques (et l'électricité en première ligne) ont pour but et pour effets principaux, de maintenir, en un état de tension régulière, les forces de résistance et d'attraction, qui assurent, sous la direction du système nerveux, les mouvements incessants de la translation moléculaire, par lesquels se font les associations et les dissociations organiques.
La triple alliance de l'électricité, de la chaleur et de l'eau coopère aux différentes étapes du traitement.
Au sujet de l'eau, qu'il nous soit permis de dire qu'elle ne devrait jamais être appliquée froide sous un très grand volume : car elle enlève, alors, à l'organisme une trop forte somme de calorique, ce qui équivaut à une soustraction de potentiel.
C'est par la variété des appareils, et surtout par leur adaptation adéquate aux divers états morbides (selon le doigté clinique de l'observation et de l'expérience), que nous arrivons à susciter, le plus heureusement, les diverses réactions curatives.
Voici les divers syndromes contre lesquels la physicothérapie peut engager le combat avec les plus grandes chances de victoire :
C'est, d'abord, la décongestion, le drainage du sang, pour faire cesser les stases et réfréner la tendance aux engorgements.
C'est la stimulation des fibres musculaires, lisses ou striées.
C'est l'appoint sérieux donné aux efforts éliminateurs et sécrétoires.
C'est la bienfaisante phagocytose, activée par la
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chaleur, l'eau et l'électricité ; enfin, l'apport d'oxygène ou d'ozone à l'alvéole pulmonaire, dans le but de perfectionner directement l'hématose et d'imprimer aux échanges organiques un ébranlement moléculaire favorable.
L'action trophique du massage, des courants, des vibrations, etc., concourt à certaines résorptions difficiles et organise la résistance de l'énergie musculo-nerveuse, grâce à des processus, encore obscurs, de libération cellulaire.
Ce qui est certain, c'est qu'on voit se modifier, par les agents physiques, des états chroniques réfractaires aux ressources les plus puissantes de la pharmacie : bien des malades rentrent ainsi, sans perturbation, en possession de leurs aptitudes physiologiques antérieures, de leurs modalités nutritives intégrales, c'est-à-dire concordant avec leur tempérament, leur constitution et leur milieu d'existence.
Par l'examen du sang et l'analyse urinaire, on arrive à expliquer fort bien le pourquoi du pouvoir anti-diathésique et anti-dystrophique des agents physiques. Il se résume à faire tomber les entraves apportées aux opérations biochimiques et à supprimer les barrages dressés par l'auto-intoxication contre le circulus nutritif normal.
C'est dire que les indications les plus ordinaires de la physicothérapie sont les maladies où interviennent l'auto-intoxication chronique, le ralentissement nutritif, les combustions incomplètes, par conséquent Yarthritisme, et ses diverses modalités — (goutte, rhumatisme, herpétisme, asthme, obésité, diabète, neurasthénie).
Par la haute fréquence, la cinésie vibratoire, l'électro-hydrothérapie, les bains thermo-lumineux, l'ozonothérapie, nous réveillons l'action nerveuse défaillante ; nous redressons insensiblement, auto-
matiquement, pour ainsi dire, les processus nutritifs pervertis ; nous suscitons une activité plus marquée dans les combustions vitales, nous diminuons les surcharges graisseuses et les engorgements œdémateux ; nous augmentons, enfin, la capacité fonctionnelle des émonctoires les plus actifs. Nous empêchons (pour user d'une figure saisissante, mais juste) la cohabitation du mort avec le vivant.
D'autres pratiques nous assurent la déplétion du système veineux, la régularisation du cours du sang, l'accroissement de l'amplitude respiratoire, la dépuration hépatique, urinaire ou cutanée, des malades auto-intoxiqués, aujourd'hui légion. La physicothérapie peut tout, pour l'augmentation de la diurèse et de la diaphorèse. Elle assure aussi la régularité de l'importante fonction copropoiétique.
En favorisant le tirage trop lent de notre poêle organique, en assurant la complète élimination de ses cendres et la combustion définitive de ses fumerons, la physicothérapie active les labeurs intracellulaires, chasse les toxines et leucomaïnes fabriquées par les cellules, augmente le dynamisme nerveux, équilibre la moelle et le cerveau, accroît l'osmose nutritive, exalte et emmagasine l'énergie.
Les agents physiques, appliqués de bonne heure, sont prophylactiques par excellence : ils peuvent empêcher un dyspeptique et un constipé de devenir rhumatisant, goutteux, herpétique, cirrhotique, cardiaque ou brightique : un obèse de devenir un cardiaque et un diabétique ; un rhumatisant chronique musculaire de devenir un atrophié musculaire ; un ura tique de devenir un impotent ; ils préviennent les lithiases, les scléroses, les stéatoses et la plupart des dégénérescences.
Mais il ne faudrait pas croire que les maladies dites de misère échappent aux bienfaits de la physicothéra pi<\ Puisque la méthode est capable d'équi-
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librer notre budget organique, elle recorporc (comme disaient les anciens) aussi aisément qu'elle désassimile. Elle retient et conserve aux débilités leurs phosphates organiques, assure la bonne assimilation des aliments. Si, dès les premiers signes de misère organique, de langueur fonctionnelle, on savait libeller l'aérothérapie, l'hydromassothérapie, les grands courants, l'ozonation bien faite, les bains de lumière, la mécanothérapie, la kinésithérapie, on coopérerait puisamment à la reconstitution du dystrophié, au redressement de ses actes assimilateurs, à la modération de ses déperditions.
L'enrichissement du sang, la meilleure direction du système nerveux, sont œuvre physicothérapique par excellence.
La physicothérapie revendique également les aff ections neuro-arthriques de l'appareil digestif et du plexus solaire, si fréquentes à l'heure actuelle que l'on a pu dire : notre époque est celle des déséquilibrés du ventre.
En complétant les oxydations insuffisantes, nous expulsons les ferments anormaux, nous obvions à la stase alimentaire et à l'atonie ; nous améliorons enfin ces opérations chimiques défectueuses, auxquelles sont dus les trois quarts des états dyspeptiques.
Il nous est aussi facile de rétablir le péristaltisme intestinal, dont la parésie joue le principal rôle dans l'étiologie de la constipation. Nos appareils d'auto-massage, de vibrothérapie, les courants continus ou intermittents, sont souverains contre la coprostase : il est rare que nous ayons besoin de recourir au lavement électrique, selon la méthode de Boudet, de Paris.
Nos pratiques, foncièrement physiologiques (jointes à certaines précautions d'ordre hygiénique et médical proprement dit), préviennent toujours
la paresse fonctionnelle de l'intestin et de l'importante glande hépatique, avec leurs redoutables conséquences : intoxication, tympanisme habituel, entérite mucomembraneuse, engorgement porte (obstruction veineuse de l'abdomen), congestion hépatique, entéroptose et néphroptose (par atrophie ou asthénie contractile de la sangle musculaire de l'abdomen).
Il est incontestable qu'un régime traditionnel approprié et même certains médicaments peuvent apporter, dans ces divers états de la sphère abdominale, leur secours curatif efficace ; mais il faut toujours seconder et compléter ce secours, en restaurant le nervisme de l'être humain, en activant la circulation générale, en augmentant ses réactions défensives : c'est l'œuvre de la physicothérapie, tonique du système nerveux, du S3rstème sanguin et soutien tutélaire du bon fonctionnement trophique.
Ramener à la normale le pouvoir autocratique du système nerveux que j'ai appelé « névrarchie » est aussi le labeur le plus délicat et le plus important du praticien, véritablement conscient de la physiologie pathologique.
Je dirai même que, dans nombre de maladies chroniques, vouloir accomplir un traitement sans le secours des agents physiques, me paraît très difficile et souvent impossible.
La place d'élite occupée par la physicothérapie, dans le traitement des névroses, par exemple, a été, du reste, assurée par les banqueroutes successives de la pharmacie : nombre de maîtres, nationaux ou étrangers, en conviennel loyalement et personne n'a oublié la leçon retentissante de Hayem, sur la précellence de la cure sans drogues : d'Arsonval, Winternitz, Lagrange, Guimbail et d'autres savants, ont proclamé par leurs récents écrits les excellents ef-
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fets des agents physiques et naturels au point de vue curatif.
L'irritable debility, la nervous dépression, la neurasthénie, qui régnent sur tous les produits de la pathologie nerveuse ; l'arthritisme, qui préside et sert de support aux ébats névropathiques, ne sauraient utilement se combattre que par les stimulants fonctionnels, les sédatifs musculaires, les équilibrateurs nerveux, les toni-hématiques, à notre disposition dans les agents naturels transformés thérapeutiquement. Sont quotidiennement tributaires de nos appareils : les névralgies et névrites, les anesthésies et hyper esthésies, les impotences et parésies locales ou cérébro-médullaires, les chorées, le tabès, les tremblements, l'amyotrophie, les maladies de Graves et de Parkinson, etc.
C'est une sorte de recharge, de transfusion nerveuse, que nous devons nous efforcer, dons tous ces cas, de réaliser, tout en évitant les agents toxiques ou perturbateurs, si funestes aux névropathes.
Nous n'observerons jamais d'intolérance insurmontable et l'innocuité des pratiques physicothérapiques est aussi certaine que possible.
L'un des principaux avantages à l'honneur de nos appareils dans le traitement des névroses, c'est la conciliation du sommeil sans narcotisme, sans empoisonnement des neurones. On sait combien l'insomnie vient compliquer et éterniser tristement la plupart des affections du système nerveux, et combien les narcotiques sont funestes à la cellule nerveuse.
Dans les maladies des femmes, la physico thérapie nous assure les bienfaits curatifs du massage vibratoire, de la mobilisation utérine, des bains hydro-électriques et carboniques, avec frictions au gant de crin et au savon, qui font le décapage mé-
il)
canique et antiseptique de la peau ; elle nous fournit les courants résolutifs et les manipulations électrolytiques, favorables à la cure des métrites, fibromes, déplacements de l'utérus, engorgements pelviens.
Les pratiques statiques, la faradisation du basventre, le massage vibratoire des lombes, etc., constituent de merveilleux moyens pour régulariser les fonctions menstruelles.
L'électro-galvanisme s'appliquera, plus spécialement, au syndrome de névropathies faisant cortège aux affections gynécologiques : migraines et névralgies, angoisses et dépression, dyspepsie nervomotrice et affections du pneumogastrique. On peut encore y joindre les tachycardies, dyspnées, lipothymies, vomissements nerveux, entéralgies, cystalgies, crises hysfériformes, etc.. Grâce à la probité scientifique d'un grand nombre de nos confrères, le traitement physique occupe, du reste, aujourd'hui, droit de cité gynécocra tique. Et c'est pleine justice, les succès thérapeutiques féminins tenant souvent beaucoup plus à la stimulation des énergies naturelles de la vitalité cellulaire qu'à des interventions chirurgicales exagérées ou à un abus de la médication altérante.
Bien différente de la médecine pharmaceutique et de la chirurgie, la physicothérapie mériterait, par son innocuité seule, la confiance des malades et des médecins. Ses pratiques, indolores presque toujours (et souvent même dolorifuges), suppriment la sensation de fatigue neurasthénique, due à un influx nerveux insuffisant, à un défaut de disponibilité ou à une déperdition trop grande du fluide vital physiologique.
Cette stimulation salutaire est surtout remarquable dans la neurasthénie et l'hystérie. Dans oe ras, l'électricité, la lumière et la chaleur se trans-
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forment, chez le malade, en énergie vitale, qu'il emmagasine à son plus grand profit.
Il faut toujours se garer du froid, qui équivaut à une diminution de calorique, c'est-à-dire à une soustraction de force. A moins qu'il n'agisse instantanément pour fouetter le système nerveux, il paralyse les phénomènes biologiques et la bienfaisante phagocytose en particulier.
Les manifestations nerveuses et diathésiques de l'herpétisme, si magistralement étudiées par Lancereaux, relèvent aussi de la physicothérapie.
A ceux que la vie sédentaire des villes étiole, vicie, déforme, encrasse et épaissit, dans les dangers permanents de la torpeur fonctionnelle, il faut conseiller toujours les agents physiques, comme la médication se rapprochant le plus de la cure d'air et de la cure d'eaux.
Prenons pour exemple le diabétique urbain et sédentaire qui, ne pouvant pas vivre en plein air, est incapable de brûler son excédent de glycose. Soumettons ce malade, que les médicaments n'arrivent pas à guérir, aux courants de haute fréquence, aux ozonisations, à l'électricité statique, au massage vibratoire, à nos bains hydro-électriques, avec frictions au gant de crin et au savon (qui enlèvent la cuirasse épidermique morte, les légions microbiennes et leurs toxines), à nos bains d'acide carbonique, etc., nous parons ainsi aux mortels dangers de l'anoxémie ; nous évitons au sujet le coma diabétique et l'acétonémie et nous le guérissons, lorsqu'il suit un traitement assez prolongé et qu'il veut bien aussi se conformer à nos préceptes classiques d'hygiène morale et alimentaire.
Nos bains lumino-thermiques, nos bains d'acide carbonique et nos principes d'hydro-massothérapie empêchent les accidents urémiques chez les albuminuriques et les brightiques qui, si leur mal n'est pas
trop avancé, guérissent aussi, parfois, à la condition de suivre un traitement assez long, avec hygiène sévère.
Même remarque pour les innombrables variétés de bradytrophie, de dystrophie, de viciations cellulaires.
Par nos pratiques simples et faciles, le sang, mieux oxygéné, suractive la vitalité des organes ; la capacité énergétique se trouve accrue et le potentiel nervin équilibré à longue échéance.
La physicothérapie est an bloc... Cela est incontestable pour tout esprit impartial.
L'outillage doit, en conséquence, être des plus complets et des plus perfectionnés, au point d'offrir la gamme la plus nuancée, afin de fournir le maximum de réactions utiles indispensables.
Si l'on veut varier les méthodes d'application et doser les agents curatifs physiques, à l'instar de ceux de la pharmacie, il importe de posséder des ressources multiples, susceptibles de s'adapter étroitement aux cas les plus divers.
Récamier l'a dit il y a déjà longtemps : « Il n'y a pas de maladies ; il n'y a que des malades ». Cet aphorisme s'applique surtout à ceux qui viennent demander aux agents physiques un soulagement que les médicaments sont impuissants à leur assurer.
La physicothérapic est loin, d'ailleurs, d'exclure les médications chimiques : elle contient seulement leurs débordements, en assurant leurs succès. Nous prêtons, avec les agents physiques, le concours le plus utile à l'absorption et à l'élimination
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médicamenteuses, c'est-à-dire à la tolérance trop souvent aléatoire des agents chimiques.
Nous prouvons, enfin, par nos méthodes, qu'il est loisible d'obtenir les plus profonds résultats pratiques, sans avoir besoin de maltraiter, sans cesse, le meilleur ami des malades, je veux dire leur estomac.
J'ajouterai même que si les plus grands esprits, parmi nos maîtres, se sont ralliés à la Physicothérapie, c'est surtout en haine de la dyspepsie médicamenteuse : la crainte de cette complication gastrique est, pour le véritable clinicien, le commencement de la sagesse thérapeutique.
J'ai évolué vers la physiatrie, après de nombreuses années d'exercice et de maniement des formules classiques.
L'insuffisance et les périls attachés à ces armes, maniées même par les plus savants thérapeutes, m'ont engagé à réunir en un seul faisceau les agents épars de la médication physique, et à créer, au dire de tous, rEtablissement Physicothérapique le plus complet de France et de l'étranger. Par notre journal, les Annales de Physicothérapie, envoyé à tous les médecins du monde, nous avons provoqué les visites quotidiennes de nos confrères qui s'intéressent à ces nouvelles manières de traitement. Nous avons, par ce moyen, vulgarisé notre méthode, qui consiste dans l'emploi simultané d'appareils qui se prêtent un concours mutuel.
La maladie, avons-nous souvent avancé, est un ennemi qu'il faut circonvenir par tous les moyens. La Physico thérapie bien comprise est, à coup sûr, la méthode qui seconde le plus étroitement les ef-
forts curatifs de l'être pathologique. Elle n'entre jamais en lutte ouverte avec les grands symptômes morbides, comme font, ou ont la prétention de le faire, les agents perturbateurs de l'arsenal médicamenteux. Car les actions physiques sont, essentiellement, directrices du potentiel vital : Si, d'aventure, elles donnent naissance à des réactions visibles et tangibles, ces réactions sont toujours douces et salutaires, exemptes de tendances violentes et vicieuses.
Et d'ailleurs, une maladie saurait-elle guérir autrement que par les seuls efforts de la nature et grâce aux favorables processus de régression du type morbide vers le type physiologique ?
Le but de la Physicothérapie est, surtout, de régler les divers modes d'activité vitale et d'assurer au mieux, les conditions de mouvement ou d'équi. libre dynamiques,
Sauf, peut-être, la Photothérapie et l'Ozonothérapie, dont les effets s'exercent surtout sur le sang, les agents physiques usuels visent principalement le système nerveux, grand recteur des forces physicochimiques. C'est, en effet, le système nerveux qui règle, finalement, les diverses associations moléculaires, et combine, à l'infini, les diverses manifestations vitales qui maintiennent la santé ou créent la maladie ; il va sans dire que la santé intégrale ou idéale n'existe guère et que la maladie, elle-même, n'est souvent qu'une entité curative, une question de degré.
C'est ici que le flair du clinicien conseillera le tact du thérapeute, qui consiste d'abord à ne pas nuire.
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Avec la médecine organiciste, la Physicothérapie n'aurait pu s'établir ; elle bornait toute son ambition à appliquer, par exemple, sur le trajet du nerf sciatique, les pôles d'un appareil à courants continus ou autres. C'est encore sous cette forme restreinte que maint praticien attardé se figure notre méthode.
Or, la Physicothérapie ne saurait exister que comme méthode générale, et ce n'est même qu'envisagée de cette manière qu'elle peut aspirer à sa grande destinée médicale. C'est ainsi que, dans une même séance, il nous arrive de stimuler l'action nerveuse à l'aide de l'électricité, la circulation générale à l'aide du massage vibratoire, les éliminations par la chaleur et l'eau.
Jusqu'à nous, l'électro thérapie, la mécanothérapie, l'hydrothérapie, la thermothérapie, la gymnastique, etc., constituaient des branches différentes, chacune ayant son spécialiste. La spécialité, ainsi conçue, a pour effet de limiter le champ du médecin, au point de substituer le traitement du symptôme à celui du malade.
Croyons-nous vraiment pouvoir guérir un arthritique, par exemple, à l'aide des seules applications électriques ? N'apparaît-il pas comme une nécessité au contraire, de compléter ce traitement par des pratiques hydriatiques, thermiques et mécaniques ?
En présence d'un chronique quelconque, le physicothérapeute doit pouvoir disposer de tous les moyens capables de redresser la fonction nerveuse déviée, d'activer la circulation périphérique, de faciliter enfin les éliminations de toutes sortes, en même temps qu'il relève l'énergie générale.
C'est ce qui nous a incité à mettre en tête de la couverture de nos Annales, cet aphorisme :
« La cure physicothérapique a pour mission de relever la fonction nerveuse lorsqu'elle est défaillante, de redresser la fonction trophique lorsqu'elle est déviée. Elle corrobore l'action chimique médicamenteuse et assure les éliminations organiques nécessaires à la dépuration régulière et l'économie. »
Les lésions des organes constituent des localisations de la maladie. Il y a toujours altération préalable, au moins passagère, des humeurs, trouble fonctionnel du système nerveux, par défaut d'orientation des neurones ou par leur imprégnation de produits toxiques (toxines humaines, généralement). La déviation fonctionnelle précède toujours la lésion.
Il est certain que toute médecine prévoyante doit surprendre, à leur début, les perturbations nutritives ou nerveuses et activer, dans la mesure du possible, les rénovations organiques : rétablir, en un mot, l'unité physiologique dans les individualités cellulaires et dans les humeurs constitutionnelles. C'est ainsi que nous assurerons la normalité des propriétés essentielles des tissus ; c'est ainsi que nous modifierons l'état constitutionnel, redressant les tempéraments morbides, enrayant même les diathèses et mettant obstacle aux néoplasies et aux nosorganies diverses.
Qu'est-ce, en effet, que la santé, sinon l'expression d'une relation parfaite de mouvement et d'équilibre au sein de tous nos actes moléculaires ? Dès que les oscillations de cet état viennent à dépasser une certaine étendue, les malaises commen-
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cent. Ces malaises coïncident avec un défaut d'élimination générale. L'organisme est saturé de produits nocifs et il ne peut se libérer des poisons qui l'assiègent. Lorsque le dérangement et l'aberration persistent dans les actes cellulaires, les altérations de tissus apparaissent avec la maladie.
Favoriser la complète organisation des fonctions organiques ; perfectionner les échanges, surprendre les instabilités et parer aux dérangements des fonctions les plus délicates ; empêcher la débilitation des cellules et la décrépitude des éléments anatomiques les plus nobles ; réhabiliter principalement l'énergie des manifestations nerveuses, en redressant les déviations nutritives, épurer l'économie entière : tel est l'important programme dévolu à la physicothérapie, normalement comprise.
Elle ne se montre pas inférieure à sa tâche, à la condition toutefois de savoir utiliser toutes ses ressources.
En quelques semaines de traitement, on voit reparaître ce mouvement nutritif régulier, qui est l'indispensable condition de la vie normale au sein des éléments anatomiques.
Les agents physiques sont capables d'influencer, au plus haut point, la nutrition, principalement par l'intermédiaire du système nerveux ; existe-t-il, parmi les remèdes les moins contestés de la pharmacie, des nervins, des dynamophores, des reconstituants, aussi éprouvés que la lumière, la chaleur, l'hydriatique, l'électricité ?
Tour à tour, ces agents physiques, isolés ou combinés sous le doigt exercé du clinicien, nous donnent les actions décongestives, éliminatrioes, hématopoiétiques ; ils perfectionnent les échanges et le trophisme intime, libèrent les cellules vivantes, font tomber les barrières néfastes, accélèrent la nutrition ralentie, réveillent les processus normaux,
chassent les hétérogènes, microbes ou toxines, et équilibrent, dans l'économie, le budget des recettes et des dépenses journalières.
Nous obtenons même, fréquemment, l'action sédative et analgésique, conséquence inévitable et salutaire de la bienfaisante remise en marche du mouvement bio-chimique normal. J'ajouterai encore que la physicothérapie est la seule méthode qui nous fournisse des ressources efficaces contre ce grand syndrome de la pathologie contemporaine, la « faiblesse irritable », qui nous oblige à reconstituer sans exciter, travail d'Hercule, si l'on est limité à la seule pharmacie ; jeu d'enfant, lorsqu'on peut manier le clavier des actions iatro-physiques et tirer de l'air, de l'eau, de l'électricité, de la lumière et du calorique, tout ce qu'ils recèlent en influences bienfaisantes, d'une admirable pondération.
En fondant notre Etablissement de Physico thérapie, nous avons cherché, dès nos débuts, à posséder une organisation d'ensemble, capable de parer, surtout, aux mille difficultés de la médecine générale. Nous avons voulu, pour cela, réunir, à l'état le plus perfectionné, tous les éléments naturels, doués de puissance curative.
Notre but et notre plan étaient bons, si nous en jugeons par le grand nombre des établissements similaires nés depuis cette époque et auxquels notre modèle a, sans conteste, donné l'essor.
L'attention des médecins instruits doit être, de plus en plus, attirée sur les méthodes curative s naturelles, et cela sous peine de voir la physicothérapie exploitée (au grand danger des malades et au grand discrédit de la science), par les empiriques et les charlatans !
On sait qu'à l'heure actuelle, les non diplômés tentent de considérer la physiatrie comme un bien commun et envahissent ce qu'il considèrent, à tort.
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comme un exercice légal. Si l'enseignement universitaire attachait plus d'importance pratique à la physicothérapie et lui accordait, théoriquement, la place importante qu'elle revendique, à juste titre, dans l'art de guérir, nous ne tarderions pas à voir disparaître de si regrettables abus.
Jetons encore un bref coup d'ceil sur les ressources de la physicothérapie (air, chaleur, lumière, électricité, eau, mouvement) vis-à-vis de la médecine générale.
Les pratiques hydro-balnéaires (bains, douches, enveloppements, bains d'acide carbonique, massages, etc..) suivant leurs applications et leur température excitent ou apaisent, calment ou tonifient la circulation et le système nerveux. L'hydriatique chaude ralentit les échanges et déprime la cellule nerveuse : l'hydriatique froide stimule la nutrition moléculaire et le système cérébro-spinal.
La Kinésithérapie comprend la mécanothérapie (gymnastique active et passive), la massothérapie mécanique ou manuelle, la vibrothérapie, etc. On en obtient les effets généraux de l'exercice musculaire actif sur la nutrition ; reconstitution cardiorespiratoire, excitation du système nerveux central, régénération de l'énergie digestive, régularité du trophisme normal, redressements orthopédiques variés, etc.
Le domaine de l' électrothérapie dynamique, statique, hydrique, de haute fréquence, est extrêmement étendu : selon la nature du courant (galvanique, faradique, sinusoïdal, triphasé) selon le mode d'application général (électrolytique, cataphorétique, effluves, ozonisation, courants de Morton, résonnateurs, etc.), le champ d'action consiste à activer et à redresser sans cesse et avec grand succès, les actes vitaux le plus directement placés sous la domination du système nerveux. Nous connais-
Les deux vocables Physicothérapie et Physiothérapie sont-ils deux synonymes ou désignent-ils deux ordres d'idées différentes ?
Nous sommes assez à l'aise (en dépit de nos faibles prétentions linguistiques) pour le mot Physicothérapie, puisque nous l'avons créé et fait vivre, en le vulgarisant et en lui conférant une acception parfaitement déterminée en science médicale. (Voir nos Annales de Physicothérapie) .
La Physicothérapie est la méthode curative basée sur l'emploi combiné des agents physiques : ces agents sont appliqués à leur état naturel (air, eau, lumière, etc.) ou bien domestiqué dans un établissement médical muni d'appareils conçus et groupés pour des applications successives ou synergiques extrêmement nombreuses.
Physiothérapie (de phusis, nature) est un terme étymologique beaucoup plus étendu, tellement étendu qu'il en est vague. C'est la mise en œuvre de la médecine naturelle ou naturisme. Or, tous les agents cura tifs sont des agents naturels. La physiothérapie implique aussi bien l'ipéca, le séné, que tout traitement physiologique.
Ce qui caractérise notre méthode physicothérapique, c'est la juste combinaison que nous faisons de nos appareils multiples dans le traitement des maladies chroniques. Pour cela, nous disposons d'une gamme complète d'appareils, permettant d'utiliser tous les agents physiques, sous leurs formes les plus complexes et les plus variées.
Dans notre thérapeutique rationnelle, nous tenons à faire passer le malade avant la maladie et l'état constitutionnel avant le symptôme. L'étiquette nosologique ne servant le plus souvent qu'à indiquer
des symptômes dominants. Pour nous, la maladie ne se manifeste que lorsque la machine humaine est encrassée, L'auto-intoxication relève des toxines humaines avant de relever des toxines microbiennes. A côté de ces auto-intoxications, il y a aussi celles qui proviennent d'un défaut d'utilisation de matériaux nutritifs absorbés en trop grande abondance.
Les perturbations de l'économie reconnaissent deux causes principales : les influences ambiantes (morales ou physiques), qui agissent par l'intermédiaire du système nerveux, et les intoxications de toutes sortes, alimentaires et autre» qui se rattachent aux humeurs. Cette conception générale réconcilie les solidistes et les humoristes anciens.
La Physicothérapie, par ses agents multiples, en même temps qu'elle stimule et redresse la fonction nerveuse, épure l'organisme entier.
Notre méthode consiste à user largement de l'électricité, de l'eau, de la chaleur, de la lumière et du mouvement, pour activer les oxydations, favoriser les échanges et les éliminations de toutes sortes et accroître les énergies vitales, après avoir donné une bonne orientation aux neurones. Elle vient légitimer l'humorisme ancien que nous avons d'ailleurs réhabilité cliniquement dans notre étude sur le Traitement abortif et curatif des maladies aiguës, de la typhoïde et de l'appendicite en particulier, par le calomel, l'huile de ricin, l'eau et la chaleur donnés d'une façon judicieuse.
Elle est préventive et curative. Pour nous, comme nous l'avons toujours dit, le trouble fonctionnel précède la lésion. La cellule nerveuse, plus résistante, est la dernière à s'altérer et à se restaurer.
La médecine expectante qui, dans les maladies aiguës, grâce à l'anorexie et au régime hydrique,
permet au malade de se libérer de ses poisons, est insuffisante chez les chroniques, qui ont besoin de puissants secours pour les aider à redresser leurs déviations fonctionnelles.
La Physicothérapie est la meilleure méthode pour seconder, par un outillage complet et nuancé de ressources multiples empruntées à la physique, le soulagement naturel que la physiatrie jointe à la pharmacothérapie est souvent impuissante à lui assurer.
En d'autres termes, le cadre de la physicothérapie est beaucoup mieux délimité que celui de la physiothérapie : ses actions bien comprises sont directrices et jamais perturbatrices du potentiel vital.
Elle exclut la violence et recherche l'équilibre en s'appuyant principalement sur la régulation harmonique du nervisme et sur le redressement de la fonction trophique, plus ou moins déviée dans les divers états morbides.
La physicothérapie consolide la nutrition des éléments cellulaires de nos tissus, rectifie la névrarchie et s'oppose aux états dystrophiques, par le seul moyen des forces naturelles :
1° Eau (hydrothérapie, balnéo thérapie, vapeurs).
2° Mouvement (kinésithérapie).
3° Electricité (ses diverses modalités). 4° Luminosité (photothérapie, radio et actmothérapie).
5° Chaleur (thermo thérapie).
6° Air (aéro et pneumothérapie, etc.).
Ces six agents (il n'y en a pas sept), peuvent être combinés (hyclro-électro thérapie, hydro-massothérapie, hydro- thermo ou sudothérapie, par exemple) ou associés (gymnastique active et passive, vi-
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brothérapie électrique) pour le plus grand bénéfice des malades.
Mais il faut, pour obtenir tous les résultats curatifs possibles, ne pas se contenter des vagues aspirations phijsiothérapiqaes. Il faut posséder, à portée de la main et prête à l'application opportune, la centaine (je n'exagère en rien), la centaine d'appareils ou de procédés, constituant le jeu complet du physicothérapeute.
En résumé, notre terme physicothérapie est plus définitif, mieux adapté à la méthode scientifique, qui utilise les agents physiques en médecine que le presque homonyme, beaucoup trop large, de physiothérapie.
Les progrès de la thérapeutique par les agents physiques ont été considérablement facilités par les abus de la thérapeutique chimique, a dit M. Marie.
Qui ne sait, en effet, les inconvénients et les dangers de la pharmacologie, même entre les mains les plus magistrales ? Tandis que, maniée par des praticiens prudents et exercés, appliquée avec méthode, après examens préalables approfondis, la physicothérapie ne saurait entraîner aucun inconvénient pour l'organisme (aucun inconvénient immédiat ni ultérieur), aucune aggravation de la maladie traitée.
Mais il faut que la méthode ne soit ni irrationnelle, ni intempestive ; il faut qu'elle ne soit jamais confiée à des personnes incompétentes ou étrangères à l'art médical. Il faut, de plus, qu'elle soit contrôlée, journellement, par le praticien.
M. Marie a insisté, dans un récent Congrès, sur cette nécessité d'avoir à sa disposition les divers agents physiques, afin de pouvoir mettre en œuvre, dans certains cas complexes à traiter, toutes les méthodes physicothérapiques dont nous disposons : électrothérapie, massage, chaleur sèche et humide,
rayons actiniques ou autres, gymnastique active et passive, mécanothérapie, bains d'acide carbonique, etc..
L'importance de la réunion de tous ces agents curatifs est incontestable, pour tous ceux qui ont vu et observé les maladies chroniques, tributaires de ces divers agents et dont la guérison est le but final de nos efforts, la légitimation et la définition même de l'art médical : l'art de guérir.
La mise à l'ordre du jour de ces idées, l'extension heureuse donnée à ce programme, l'élargissement utile de cette thérapeutique spéciale, tout nous prouve que nous étions dans le vrai, lorsque nous avons adopté, le premier, le vocable de physicothérapie. « Physicothérapie » voilà bien le mot propre, notre méthode thérapeutique résidant dans l'utilisation de tous les agents physiques à l'aide de multiples appareils, appropriés aux cas les plus divers et perfectionnés en raison des progrès de la science médicale et de l'art mécanique ou instrumental.
C'est ainsi que nous avons groupé dans notre cabinet les plus puissants agents de la ptrysique ; c'est ainsi que nous faisons bénéficier, chaque jour, les maladies chroniques des améliorations réalisées par le génie civil dans la construction des divers apareils pratiques.
Les grands théoriciens, d'Arsonval, Roentgen, Becquerel, Curie, etc., sèment leurs bienfaits thérapeutiques, auxquels les constructeurs donnent corps, pour ainsi dire, par les progrès de l'instrumentation.
Ce n'est pas le tout d'avoir de bonnes idées : il faut aussi les recueillir, les rendre pratiques ; en un mot, les faire vivre... C'est donc avec raison que les meilleurs esprits demandent à nos confrères de ne pas limiter leur champ d'action physicothéra pique, mais de l'étendre à tous les agents physiques et mécaniques dont les diverses maladies sont tributaires:
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« Quoique l'électricité constitue déjà un domaine très vaste, étant donné l'appui que se donnent actuellement les agents physiques dans le traitement des maladies, il est rationnel que nos efforts portent sur les applications de tous ces agents et ne se limitent pas à un seul, quelque important qu'il soit. » (Marie.)
Ces idées sont aussi celles de Lancereaux, de Landouzy, de Robin, de Hayem, et de tous ceux qui pensent qu'on doit s'adresser à l'ensemble de l'organisme pour la lutte contre la maladie, pour l'effacement des désordres et l'obtention de réactions de défense infra-cellulaire, de nutrition des éléments anatomiques. Stimulants vitaux et modificateurs, les agents physicothérapiques sont capables de transformer littéralement les modalités de l'énergie, les phénomènes bio-dynamiques. Le corps humain est, en effet, un grand transformateur de force et de matière : ses ressources sont indestructibles, éternelles, infinies, lorsque nous savons appeler à la rescousse les quatre formes de la thérapie physique, énergie mécanique, thermique, chimique et électrique, et les faire circuler, pour ainsi dire, dans l'être animé. La réparation, le renouvellement morphologique, la suractivité fonctionnelle, l'expulsion des déchets usés et l'apport de nouveaux matériaux adaptés à la reconstitution : tels sont les effets de la nouvelle thérapeutique, totalement empruntée au milieu extérieur de l'homme et faisant retour ensuite à l'ambiance naturelle, après avoir incorporé à l'économie tout son potentiel énergétique... Voilà la médecine de l'avenir, la plus rationnelle, la plus harmonique, la moins offensive de toutes. Nous le prouverons sans cesse, par nos observations ultérieures, à la manière de Newton, qui démontrait le mouvement en marchant.
CONCLUSIONS : 1° La physicothérapie est une méthode de traitement, résidant dans l'augmentation quintessenciée des stimulants et des agents dynamiques normaux, en vue du perfectionnement physiologique des échanges cellulaires.
2° L'électricité, la lumière, la chaleur, qui sont les causes mêmes de la vie physiologique, doivent être utilisées pour redresser le mouvement vital biochimique dévié. Ces trois formes naturelles, combinées et transformées, dont la vie n'est qu'une résultante, sont les facteurs les plus puissants mis à la disposition du thérapeute vis-à-vis des malades chroniques, qui sont presque tous, d'ailleurs, des dyspeptiques récalcitrants aux médicaments.
3° Les forces physiques et les agents naturels sont en rapport direct avec l'organisme par les voies des communications si perfectionnées du système nerveux. Leur action est toujours tonique et salutaire. Si l'électricité, la chaleur et la lumière sont les causes même du dynamisme vital, l'eau, indispensable à l'osmose, l'air, l'oxygène et l'azote qui font l'hématose, sont aussi nécessaires à assurer des guérisons.
4° On ne peut faire rendre à la physicothérapie ses principaux avantages qu'avec un outillage perfectionné et multiple, permettant d'utiliser tous les agents physiques : électricité, eau, air, chaleur, lumière mouvement, ozone, oxygène, CO2, etc., etc., s'adaptant non seulement aux diverses individualités morbides, mais aux idio-syncrasies ellesmêmes.
5° Les principaux résultats que l'on est en droit d'espérer de la physicothérapie sont : l'élimination des déchets, des résidus et des poisons organiques, la décongestion, le drainage du sang, la suroxydation vitale, l'action du trophicité et la libération cel-
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lulaires, le redressement des opérations chimiques défectueuses par la biologie.
6° Ce n'est pas seulement la bradytrophie et l'arthritisme, ce sont aussi les maladies de misère, que soigne la physicothérapie. Elle équilibre le budget organique, qu'il se solde en excédent ou en déficit. Le nervosisme, la dystrophie sous toutes ses formes, sont de son domaine. Les arthritiques, les neurasthéniques, les déséquilibrés de l'estomac et du ventre, les névropathes, les utérines, sont ses principaux clients.
7° Une tolérance très facile, une habituelle innocuité, jointes à des contre-indications fort rares et à une action toni-sédative harmonique, assurent l'avenir de la Physicothérapie, qui est la méthode de traitement la plus rationnelle à diriger contre les nosopathies urbaines.
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Nous allons maintenant envisager dans les chapitres suivants, les principaux agents physicothérapiques, considérés d'une manière pratique, c'est-àdire en raison de leurs applications cliniques les plus importantes.