‹ Esquisses de philosophie moraleChapitre 3 sur 66 · XC1J · texte numérisé non relu

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au delà de l’organe , et de l’autre cette cause agissant toujours par l’organe, rattacher le phénomène à l’organe, c’est le rattacher à la cause. Toutefois, comme on n’altère jamais la vérité sans inconvéniens , cette confusion dans la science de deux idées distinctes en elles-mêmes, a entraîné les physiologistes dans un système entièrement hypothétique sur le principe des phénomènes de la vie. A force de confondre les deux idées , ils ont fini par regarder comme une vérité démontrée l’identité des deux choses. Chaque organe est devenu pour eux le principe des phénomènes qui s’y produisent : l’estomac , de la digestion ; le foie , de la bile ; le cerveau, de la pensée. Et, comme chaque organe n’est qu’une réunion de molécules matérielles, pour expliquer comment de cette réunion de molécules peut résulter une force, il a fallu attribuer à l’agrégation la vertu qui manque aux élémens ; il a fallu concevoir que des molécules qui n’ont point par elles-mêmes la propriété de penser, de digérer, de sécréter la bile, puis-

DU TRADUCTEUR

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quelles ne la conservent pas lorsque l’agrégation est dissoute , constituent , par leur agencement seul, des causes capables de penser , de sécréter la bile , et de digérer. Il a fallu, en un mot, faire de la force vitale une résultante d’une foule de forces particulières , qui ne sont elles-mêmes chacune que des résultantes de l’organisation particulière des différons organes corporels. Or, une pareille théorie n’est qu’une hypothèse ; car, si l’on peut regarder comme démontré que l’organe est indispensable à la production du phénomène, il n’y a ni fait, ni induction, ni analogie qui portent à croire que l’organe soit le principe de cette production. Non-seulement la supposition de la distinction de la cause et de l’organe, s’accorde tout aussibien avec les faits; mais il nous serait facile de prouver que cette dernière hypothèse n’implique ni les contradictions que l’on trouve dans la première , ni les conséquences, pour le moins étranges, qui en découlent.

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