‹ Esquisses de philosophie moraleChapitre 47 sur 66 · Parmi ceux qui ont adopté le langage · texte numérisé non relu

Parmi ceux qui ont adopté le langage

des nécessitaires , on doit cependant mettre une grande différence ; car quelques-uns, non-seulement admettent la réalité des distinctions morales, mais prétendent qu’elles ne sont concevables que dans leur hypothèse. Avec de tels hommes, le dogme de la nécessité peut être une opinion sans danger : nous soupçonnons même que la différence qui les sépare de leurs adversaires paraîtra plus apparente que réelle, quand on aura pris la peine de fixer le sens des mots ambigus et mal définis , employés de part et d’autre.

242. D’autres philosophes ont admis dans toute leur étendue , les conséquences généralement regardées comme des dépendances inséparables de ce système, ou, pour mieux dire, le système a été par eux proclamé, pour établir ces conséquences. Mis en avant sous cette forme, il offre à l’esprit humain le sujet de discussion le plus intéressant qui puisse l’occuper, et un de ceux , où nos opinions spéculatives ne peuvent guère manquer d’affecter matériellement et notre conduite et notre bonheur.

243. Le docteur Cudworth, qui écrivait vers la fin du xvne siècle, observe que le scepticisme qui fleurissait de son temps « se rattache à la « doctrine de la nécessité comme à sa racine a naturelle. » On s’apercevra sans doute que la

même remarque s’applique à la philosophie sceptique de notre âge.

244. Il suffit dans ces Esquisses, de marquer la place que la question semble naturellement occuper dans l’ordre des études morales. Des observations détachées ne répandraient qu’une faible lumière, sur une controverse industrieusement obscurcie par tout ce que le sophisme a de subtilités.

Page 1