DU LIBRE ARBITRE DE LHOMME
239. Toutes les recherches précédentes, sur la constitution morale de l’homme, impliquent la supposition , qu’il a la liberté de choisir entre le bien et le mal , et que, s’il accomplit une action qu’il sait être injuste, il se rend à bon droit digne de punition. On ne saurait mettre en doute, que cette supposition s’accorde avec l’opinion commune de l’humanité.
240. Néanmoins, depuis les premiers âges, la certitude de cette croyance a été mise en question par un petit nombre d’esprits spéculatifs , qui n’ont voulu voir dans nos actions que des résultats nécessaires de notre constitution et des circonstances extérieures qui agissent sur elle. D’après leur système, ce que nous appelons délits moraux fait partie de notre destinée tout autant que les propriétés intellectuelles et corporelles que nous avons reçues de la nature. L’argument à l’appui de cette doctrine a été présenté sous différentes formes et fréquemment mis en avant, avec toute la confiance qu’une démonstration pourrait inspirer.