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On peut dire d’une action qu’elle est

DE PHILOSOPHIE MORALE. Sàî3

relativement bonne, lorsque les intentions de l’agent ont été sincèrement droites, soit que l’action en elle-même s’accorde ou ne s’accorde pas avec ce qu’exigeaient vraiment les circonstances.

455. D’après ces définitions , une action peut être bonne dans un sens et mauvaise dans l’autre : ambiguité à laquelle les moralistes n’ont pas fait assez attention, quoiqu’elle revienne assez souvent pour être remarquée.

456. C’est la bonté relative d’une action qui détermine le mérite de l’agent; mais c’est sa bonté absolue qui détermine l’utilité dont elle peut être, et pour l’agent lui-même, et pour la société. On ne peut dire de l’utilité qu’elle est une qualité de la vertu , que quand la bonté absolue coïncide avec la bonté relative.

457. Quand on a le désir sincère d’accomplir les règles du devoir, on met en usage tous les moyens qu’on possède et tout le discernement dont on est doué , pour rendre sa conduite conforme aux lois de la moralité absolue. L’homme qui ne le fait pas est coupable de négligence. Mais, dans tous les cas, notre devoir est de faire ce qui nous paraît bien dans la circonstance présentent si , en suivant ce principe, nous venons à encourir quelque blâme, ce ne

sera pas pour avoir agi conformément à un jugement erroné, mais pour avoir probablement négligé d’employer les moyens que nous possédions pour prévenir les erreurs dont notre jugement est susceptible.

458. Il suit aussi de ces principes qu’une action a beau être matériellement bonne, l’agent n’en a pas pour cela le mérite, s’il ne l’a faite avec la volonté d’accomplir un devoir. L’approbation morale ne tombe que sur les actions que cette intention accompagne.

SECTION VII

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