On reconnaît que nous avons cinq sens
* Sur les lois particulières et générales de la perception^ ▼oyez Reid , Recherches sur l'entendement humain, ^ cliap. u, m, IV, V et VI (OEuv. comp. , t. II) ; Essais sur les /acuités ^
el tous les philosophes judicieux ont adopté cett« énumération populaire. Quelques écrivains, il est vrai , ont essayé de réduire tous nos sens à un seul, celui du tact; mais on ne peut voir dans cette spéculation qu'un raffinement inutilct Rien n^est moins propre à jeter quelque jour sur l'objet de cette recherche.
13. Dans le tact et le goût, il faut, pour que la perception ait lieu, que l'organe soit en con* tact immédiat avec l'objet. Dans les trois autres sens, nous percevons l'objet à distance par l'intermédiaire d'un véhicule matériel.
1&* Si l'on veut se faire une juste idée des moyens par lesquels nous acquérons la connaissance des choses externes, il faut soigneusement distinguer la signification des deux mots sensation et perception. Le premier n'exprime autre chose que la modification produite dans l'ame par l'impression de l'objet sur l'organe, modification dont nous concevons que l'ame ait conscience, sans rien connaître hors d'elle. Le second exprime la connaissance que nous acquérons des qualités de la matière, à l'occasion des sensations. L'usage arbitraire qu'on a fait de ces deux
Essai n (Œuv. comp., t. III et IV); Dugald-Stewart, Elémens de la philosophie de l'esprit humain^ chap. i*' ^ JÈssais philo^ sopbiffues , Essais I et II.
i6 ESQUISSES.
mots a jeté une grande confusion dans les recherches philosophiques.
De F odorat^ du goût et de Famé.
15. Les qualités des corps perçues par Todolat, le goût et Touïe, ne sont pour nous que les causes inconnues de certaines sensations. Aussi leur a-t-on donné le nom de qualités secondes, pour les distinguer de celles dont nous connaissons directement et immédiatement la nature, à propos des sensations auxquelles elles sont associées. L'étendue et la figure sont des qualités de cette dernière espèce; elles ont reçu avec quelques autres le nom de qualités premières de la matière.
16. Le goût, l'odorat et l'ouïe, ne pourraient, à eux seuls, nous donner la moindre connaissance des objets extérieurs.
17. Mais ils peuvent suggérer à l'esprit ou lui donner l'occasion de former les idées simples ou notions de nombre , de temps j de caasa^ liléf d* existence y d* identité personnelle, et quelques autres.
Du loucher.