Le sens du tact est répandu sur toute la
surface du corps; mais la main est plus particulièrement son organe , soit à cause de sa structure anatomique, soit parce que nous donnons plus d'attention aux impressions qui s'y produisent.
19. Quelques-unes des qualités perçues par ce sens sont premières j les autres secondes. Mais il y a une circonstance commune à toutes les perceptions du tact. Non seulement nous sommes informés de l'existence de certaines qualités ^ mais nous le sommes aussi de la partie de notre corps qu'affecte l'objet extérieur. Voici , je crois , l'explication de ce fait : nous rapportons au tact beaucoup de sensations diverses qui n'ont entre elles que peu ou point de ressemblance, comme la chaleur, la douleur, la démangeaison. Toutes nous révèlent la situation locale de la cause qui les excite; et pour cette seule circonstance commune, nous les rangeons dans la même classe.
20. L'usage de la main est double : 1* elle nous sert à connaître les qualités des corps et à découvrir les lois du monde matériel; et sous ce rapport aucun autre sens ne peut remplacer le tact ni se passer de son assistance ; 2° elle est notre instrument dans la pratique des arts mécaniques. Son utilité sous ces deux rapports est si grande, que quelques philosophes, amis des