La nature et l'objet de Timagination se
manifestent avec plus d'évidence dans les arts
qui tirent leurs élémens de beauté des perceptions
de la vue. Les opérations de l'imagination dans
ce cas particulier servent à faire comprendre
par quels procédés, dans la conduite morale,
certaines âmes s'écartent des modèles que leur
fournit Texpérience, et se fraient vers un but
nouveau des routes que personne n'a encofe
essayées. C'est par suite de ces opérations^ qui,
tout inaperçues qu'elles sont, se renouvellent
incessamment dans la conscience de tous les
hommes, que les affaires humaines offrent un
spectacle si plein de variété et de mouvement, et
grandissent ou déclinent, selon que les notions
régnantes de vertu et de bonheur sont justes ou
erronées.
SECnON IX.
pu JUGEMENT ET PU RAISONNEMENT'.
69. Les logiciens définissent le jugement, un acte de Fesprit par lequel une chose est affirmée ou niée d'une autre chose. Bien que cette définition ne soit pas à l'abri de toute exception ^
^ Voyez Reid , Recherches sut l'entendement , chap. ii et conclusion; Esstàs y'S»f»di YI et VII; Dugald-Stewart , Elémens de la philosophie y tout le tom. III, trad. par M. Farej.
elle est aussi bonne que la nature du sujet le cpmporte.
70. Parmi nos jugemens, il en est qui se forment aussitôt que les termes de la proposition sont compris 9 ou qui résultent si nécessairement ûe la constitution de notre nature, qu41s règlent nos actions dés notre enfance, sans que jamais nous y ayons réfléchi. Dans d'autres cas, nos jugemens sont le fruit d'une longue suite d'idées que nous parcourons pas à pas. De là, deux espèces d^ét^idence : Févidence intuitive, et l'évidence déductWe.