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Fig. 29 a.
peut-être plus remarquable encore par la manière d'alternance des cellules , a fait deviner une imbrication possible en terre cuite derrière cette disposition (fig. 3i a). La
figure 32 conduit aux Fig - 3 '- R g . 3, «.
mailles du treillis (fig. 32 a), de même que la figure 33 donne les mailles de la figure 33 a, employée dans la planche Treillis. La figure 34 a, née de la figure 34, trouve son application à la planche Papier peint. La figure 35 fournit la figure 35 a, que l'on retrouve à la
Fig. 3a.
Fig. 3*<
vfli
Fig. 33.
Fig. 33 a. Fig- 34 «• Fig. 3 4- Fig- 35.
planche Siège, et le même élément, enfermé dans un hexagone n ayant que quatre de ses côtés égaux, se retrouve à la planche Carrelage. La figure 36, d'un aspect plus métallique, semble appeler le repoussé ou la ciselure, est un élément certain de joaillerie (fig. 36 a). Certains fragments de ces Bryozoaires peuvent faire créer un anneau sur
lequel on conçoit très bien,
à la crête des cannelures, la
présence de pierres fines ou
d'émaux. D'autres peuvent
se traduire en métal
repoussé : on en trouvera,
par la planche Plaque de
porte, deux exemples
d'exécution simple, sans
saillie, qui crée un objet
doux au toucher. Fig. 36. Fig. 36 a.
Fig. 3 7 .
D'autres colonies sont soumises à un système triangulaire et, suivant l'état des cellules, présentent une progression vraiment remarquable (fig. 3y), tout à fait d'accord avec
la donnée ornementale qui veut les pleins à la base et les parties les plus ajourées au sommet. On trouvera une application de la figure 37 à la planche Porte, avec la colonne en terre cuite.
Voici, enfin, un dernier ordre d'application s'appliquant à un groupe extrêmement curieux, celui des Echinides.
La carapace a la forme fondamentale d'une pyramide à cinq pans, mais lentement chaque espèce s'est modifiée pour devenir une demi-sphère, un peu aplatie, ou un ellipsoïde assez parfait. Indépendamment de cette forme extrêmement résistante aux efforts extérieurs, cette surface est taillée avec un art dépassant par sa richesse et sa diversité les bronzes mauresques les plus finement ciselés, ou les écailles des vieilles armures japonaises. La carapace d'une Échinide présente une parfaite unité géométrique. Le nombre cinq règne partout : cinq grandes nervures assemblées sur une plaque pentagonale, et, entre ces grandes nervures, d'autres assemblages de plaques pentagonales irrégulières. Chacune de ces écailles est à elle seule un ensemble. Au milieu du pentagone irrégulier qui la détermine, une demi-sphère repoussée fait saillie, sert d'embase aux longues pointes fuselées et ciselées qui hérissent la carapace. Autour de cette demi-sphère, une petite gorge, et, concentriquement, une série de points d'abord saillants, ensuite ajourés. C'est la forme et 1 ornementation du bouclier étrusque.
Entre deux écailles accolées, une autre vient loger sa partie angulaire (fig. 38), et ainsi se constitue cette rare imbrication qui fait songer à des revêtements céramiques, uniformes ou en bandes, doucement repoussés pour donner
Fig. 38 a.
à l'émail une petite cavité et scintiller à la lumière (fig. 38 a, et Planche Brique ornée). On peut voir aussi la boucle de ceinture de la planche Bijou, le clou ciselé de la planche Clou, et même, lorsque la vision d'une Échinide entraîne vers des sujets plus vastes, la décoration d'une niche en marbre, avec incrustation de plomb ou parsemée de points d'or. (Planche Incrustation de plomb.)
La plaque centrale est admirablement divisée, ayant ses nervures, ses joints, ses points d'attache avec les cinq grandes nervures ou les imbrications intermédiaires. Cette plaque est complète en ellemême, puisque la figure 39 peut inspirer un bijou (Planche Agrafe) ou la plaque ajourée de l'un des heurtoirs.
Cette revue pourrait être continuée sans fin. Après les Echinides, les Crinoïdes qui sont une formation du même ordre, avec des sections étoilées dont on concevra facilement la richesse, en voyant qu'une tige de Crinoïde est une colonne à section souvent pentagonale. On pourrait aller aux confins de ce monde intermédiaire, animal et végétal, puisque divers groupes d'algues sont, dit Hseckel,
Fig. 3 9 .
« si microscopiques qu'ils pourraient tenir au nombre d'une centaine de mille sur une tête d'épingle. » Pour citer seulement les plantes appelées thaï lophy tiques (champignons, lichens et algues), elles sont d'une régularité déconcer- rxX /V-^3.
tante, avec une très grande originalité de combinaisons (fig. 40, 41, 42). L'une d'elles, même, celle de la figure 43,
Fig. 4a .
Fig- 43.
possède à première vue de grandes ressemblances avec l'Échinide de la figure 39. Cependant les classifications présentes de la science les supposent bien loin l'une de l'autre. Retenons cette vue de Goethe que « les espèces organiques parentes par la forme sont réellement consanguines, et issues d'une forme ancestrale commune. »
Les exemples sont assez nombreux pour ceux qui s'intéresseront à ces études. 11 est maintenant une conclusion à en extraire.
Plus l'on regarde ces figures, mieux l'on aperçoit qu'une loi de mécanique, qui est une loi vitale, a prescrit dans chacun de ces volumes la suppression de toute matière inutile, pour ne laisser que les arêtes et surfaces sur lesquelles doivent porter les efforts, et leur ajouter, en certains cas, les éléments propres à assurer la rigidité de l'ensemble. Rien de trop. C'est la grande leçon.
Tel nous apparaît, dans sa splendeur cachée, ce monde, minuscule, invisible. Lorsqu'il vient à la lumière, et que le microscope le révèle, il s'épanouit en mille et mille fantaisies, basées sur la raison, gardant l'imprévu de l'esquisse, le charme de la spontanéité. Étranges coupoles ajourées, arcatures légères, tous ces riens sont tellement bien proportionnés qu'ils peuvent se prêter à tous les développements, atteindre aux proportions colossales. 11 y a des plans d'édifices pour abriter l'humanité dans le moindre atome de la boue animée qui s'amoncelle au fond des mers.
Le génie des savants a découvert cela. L'impérieux désir de connaître a mené l'homme vers cet inconnu caché, lui a révélé que le système des mondes avait son point de départ dans l'infini du néant. Alors que Le Verrier établissait la présence d'Uranus dans le champ immense des astres connus, Ehrenberg, et plus tard, Hxckel, révélaient, par les Radiolaires, une beauté et une harmonie nouvelles.
Ainsi se vérifie la vue de Renan, dans Y Avenir de la Science:
L'anatomie comparée tire bien plus de résultats de l'observation des animaux inférieurs que de l'observation des êtres supérieurs.
J'ai mis en épigraphe l'observation de Pascal et la prophétie de Michelet. Le travail de M. René Binet peut encore se réclamer de Proudhon, écrivant dans son livre du principe de l'art et de la destination sociale :
C'est donc l'œuvre de la Nature que continue J'Artiste, en produisant à son tour des images suivant certaines idées à lui, qu'il désire nous communiquer, mais, pour que cette sorte de continuation soit en harmonie avec la Nature, nous devons chercher à en pénétrer les secrets, pour ne pas nous écarter de la