‹ Esquisses des premiers principes d'horticultureChapitre 1 sur 35 · DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR

Aux seizième et dix-septième siècles ,la Belgique était , comme de nos jours , la jardin de l'Europe. A la première de ces époques, nous dit De Lobel, ce pays Qontehait plus d'espèces et de yariétés de plantes , d'arbres et d'arbustes , que la Grèce , l'Espagne , l'Allemagne , l'Angleterre,- la France, l'Italie et les opntrées voisines. Aujourd'hui ,- la Belgique est, après l'Angleterre, le pays où l'on cultive le plus de végétaux , soit comme objets de luxe, soit comme objets de commerce. En 1 880, ee genre d'industrie ne mettait en circulation pour la ville de Gand seule qu'un demi-million defrancs ;

— rien 18S4, son rapport montait déjà à 1,300,000, et cette année (1835) les relations que les jardiniers de Gand ont établies ayec la Hollande, la France, l'Angleterre , la Bavière , la Prusse , le Wurtemberg, l'Italie et la Russie, se sont singulièrement accrues .Depuis deux ans, de riches propriétaires ont envoyé en Amérique des naturalistes collecteurs , et ce moyen , nouveau pour nous , af* franchira bientôt notre patrie, du moins en partie, du tribut qu'elle payait jusqu'à ce jour à l'Angleterre comme le reste du continent. Plus de 260 serres se sont élevées à Gand et dans ses en* vir«ns ; Liège, Bruxelles, Toumay , Anvers et Louvain , obéissent à l'impulsion donnée par la capitale des Flandres; enfin ce qui achèvera de montrer l'aptitude que nous tenons de la nature pour tout ce qui regarde la culture en général et YHoriiculiure en particulier,' c'est que si nos compatriotes sont avares

— vij —

de publications, le peu qu'ils écriTMit est reproduit avec avidité par les meilleurs journattx qui s'éditent sur cette matière en France , en Angleterre et en Allemagne.

Tout cela démontre au moins que notre incessante activité n'est pas sans fruits ; il est fâcheux néanmoins , et il faut bien oser le dire, qu'elle ne soit pas fécondée par une instruction plus générale et plus répandue , car on doit avouer que c'est à la routine^t à une espèce d'instinct que nos jardiniers doivent leurs succès^ C'est l'agriculture, nationalisée chez nous dès avant l'invasion des Romains , qui nous a conduits et guidés dans les pratiques horticulturales. Le lucre est le seul but auquel on s'efforce d'atteindre, et l'on feint d'ignorer que des connaissances solides , qui d'ailleurs ne sauraient jamais nuire, sont de puissans mobiles pour servir nos intérêts. C'est ce que l'on a compris

— vuj

en An^^etem, si riche en ovrvagfes élë^ menlaires mis à la portée de toates lès inleUigences comme de toutes les for* tones, et oà il n'y a pas d'art, pas de profession qui n'ait tiré parti des secours que la science est Tenue leur offrir.

Parmi ces oÙTrages élémentaires, j'ai distin^éroposonledeM. Lindley, parce qu'il se rapportait à l'Horticulture, si aimée dans notre pays, et pourtant scientifiquement si délaissée, que depuisl 075, c'est-à-dire depuis la publication du traité flamand sur la culture -des fleurs et des arbres d^omement par le père Reyntkens, pas un ourrage élémentaire et général n^a été donné au public sur cette matière. Une autre circonstance qui ni'a conduit à traduire les Eêquismt de M. Lindley; c'est que toiates les productions de ce célèbre botaniste sont frappées au coin de l'exactitude la plus sévère et de l'élégance la mieux en-^ tendoe* Si j'ai cm devoir augmenter soi^

eplisciile de notés explicatives ou additionnelles , c'est en grande partie pour détruire la monotonie d'une lecture d'aphorismes laconiques, et pour mieux adapter ce genre d'écrit à notre manière de penser, manière que j^ai ëté à même' de connaître par le succès que n'a cessé d'obtenir, depuis sa création, r-ETorftctt/tèur -Beige, journal qui, en beaucoup d'endroits, renferme les développemens des principes si brièvement énoncés dans ces Esquisses.

J'aurai atteint mon but si cette publication peut servir à propager le goût de l'étude; c'est surtout à la jeunesse qu'elle s'adresse ; l'élève en Botanique y trouvera l'énoncé des lois principales de la physiologie , le jeune jardinier y apprendra les applications de la science à l'art , le botaniste et l'amateur instruits voudront bien n'y voir qu'un petit recueil mémoratif des principes. Ce livre n'est donc pas écrit pour les savans ,

et je m'estimerai heureux 8*il peut contribuer à donner aux abords de la science un peu de cette popularité qu'il faut d'autant moins désespérer de produire, que d'autres sciences physiques ou chimiques l'ont déjà acquise.

Gand , ce U avril 18S5.

Page 1