‹ Esquisses des premiers principes d'horticultureChapitre 3 sur 35 · I. NATURE G^NIÉRALE DES PLANTES · texte numérisé non relu

I. NATURE G^NIÉRALE DES PLANTES

1 . L'Horticulture est l'application de l'art de cultiver , de multipUeF et d'acclimater les végét£iux. L'agriculture et ' l'arboriculture sont des branches de l'horticulture.

En France, et généralement sur le continent, la culture des plantes est considérée comme une science générale; Vagriculture s'entend plus spécialement de la culture en grand des végétaux utiles à rbomme ; V horticulture de celle des plantes d'agrément qui se conservent dans les

jardins ; VarboricuUutv n'ayant rapport qu*h l'entretien , la mnltiplication et l'acclimatation des arbres, fait partie de l'agriculture et de Phorticulture. D'après la manière de voir de M. Beeandolle, l'borticohiire rentre dan b botanique agricole , par la seule raison qu'elle s'occupe de la culture des végétaux.

â. Le règne végétal se compose d'êtres vivans , dépourvus de sensation , de mouvement spontané et de locomotion; on appelle ces êtres des plantes.

8« Les plantes sont des corps organisés formés par des masses de tissu perméable aux matières fluides ou gazeuses.

4. Le tissu végétal consiste , soit en petites vésicules , soit en tul)esadhérens les uns aux autres par leur surface contiguê, ou laissant entre eux des passages intermédiaires où il n'y a pas de contact.

IS. Le tissu est nommé ceUmtmre , quand il se compose de petites vésicules

qui s'approchent de la figure d'une 9phère ou qui sont evideniment des modifications de celle-ci, que l'on suppose produites par l'extension ou la compression latérale des yésicules.

Les beaux travaux de MM .Turpin, Mirbel,etc., ont démontré que les vésicules du, tissu cellulaire renferment de petits corpuscules diversement colorés, solides, et destinés à devenir des vésicules semblables à celles qui les eontiennent. J'ai prouvé que pour que ce,changeraent s'opère, il faut que les vésicules s'étendent et que peu à peu leur enveloppe, devenue mucilagineuse, soit absorbée par les corpuscules qui grandissent. M. Deeandolle croit que ce que j'ai démontré pour les végétaux les plus aimides peut s'appliquer au règne végétal tout emier* Toutes les couleurs des plantes proviennent de celles de ces corpuscules , mais lorsque l'épiderme est coloré autrement qu'en blanc ou en vert , sa couleur est due à une liqueur.

6. Quand le tissu est formé récemment, il est dans un état très lâche et possède un pouvoir très actif d'absor^

ber , probableHient par snite de TexoessÎTe perméabilité de ses membranes et de la cohésion imparfaite de ses cellules.

G^est à cause de la grande perméabililé da Umu végétal que l'on peut construire des Aygromètrea ou instrumens propres à indiquer le degré d'humidité de Pair, avec des barbes d'a- ▼oine , de géranium , etc. Une plante marine {Lamtnaria Saceharina), commune sur nos côtes, s'allonge ainsi de plus de 6 pouces quand, après TaToir sécbée, on la plonge dans l'eau.

7. Le tissu cellulaire, autrement appelé parenchyme^ constitue les parties molles et frag^es des plantes , comme la moelle, la pulpe, les espaces entre les veines des feuilles , la principale portion des pétales , et autres organes semblables.

8. Les plantes succulentes sont celles dont le tissu cellulaire est excessivement développé.

On les Domme plus eommonémenl pianUê grasMtf comme les aloés, les cactus, «te.

9. "Ce tissu peut être considéré comme formant l'espèce la plus essentielle des tissus , parce qu'aucune plante n'existe sans lui et que plusieurs d'entre elles ne sont composées que de lui.

Ainsi , il 7 a des plantes qui , telles que les' ehatnpignons, }es algues, etc., n'ont quedu tissu cellulaire dans toute leur masse; on les^ nommera plantes cellulaires, II y en a d'autres qui sont uniquement formées de tissu cellulaire dans leur premier âge , mais qui offrent des fibres dans la seconde période de leur vie ; on les appellera plantes semi-vasculaires .* exemple, \ei fougères, les équisétacées, etc. Enfin , il y a des végétaux qui offrent toujours et à toutes les périodes de leur yie , du tissu cellulaire et des vaisseaux ; ce seront des plantes dites v<mculaires : exemple , la plupart des plantes. Il faut remarquer que les végétaux , classés d'après l'ordre de leur complication, se suivent de cette manière : cellulaires, demi-vasculaires , vasculaires.

10. Le tissa eirt nommé /Sèr«%Miiie, quand il se compose de tnbes minces qui sont coniques , fenués à chaque extrémité , et placés les uns à côté des autres.

Les anglais disent fibre hgmeMêû{wo9djSbre) où les fraoçais disent simplement fibre; en effet, il y a souvent fibre sans quHl y ait bois.

11. La fibre ligneuse est ce qui cause la raideur et la ténacité de certaines parties des plantes ; elle a été découverte dans les veines des feuilles , dans Fécorce, et elle constitue la principale partie du bois.

Toutes les fibres n^ont pasuneténaeité égaie. La BiJlardière a trouvé que si on fil de soie peut porter sans se rompre on poids de S4 unités, un fil de phormium tenox en portera 33 4/5, celui du chanvre 13 1/3, du Un 11 3/4, de Valoës pitte {agave americana) 7. 0.

\%, Le tissu vasculaire est celui dans

I^oel un fil dur €^t .élastique 4e trouve généralement contourné en «piraledans un tube qui est fermé et conique à chaque bout ; ou bien ce tissu est formé de rangées de cellules cylindriques placées bout a bout et devenant en dernier lieu des tubes continus par la perte de leurs extrémités.

13. La plus remarquable des formes du tissu vasculaire est celle des vaisseaux spiraux qui ont la propriété de se dérouler avec élasticité, quand on les étend.

Ces vaisseaux spiraux sont plus particulièrement connus sous le nom de trachéeê : ce sont les organes de la respiration chez les plantes.

14. Les autres espèces de tissu vasculaire sont incapables de se dérouler, mais elles se brisent lorsqu'on veut les étendre.

15. On n'a pas troarë des Taisseau spiraux dans la partie ligneuse de Técorce et rarement dans la racine des plantes.

16. Le tissa yascolaire d'autres formes se retrouve dans la racine , la tige , les reines des feuilles, les pétales et les autres parties composées de feuilles. On n*en a pas trouvé dans Fécorce.

17. La fonction ordinaire de ce tissu est de charrier les fluides ou l'air , et de servir de réceptacle de sécrétions.

18. Le tissu cellulaire charrie les fluides dans toutes les directions, absorbe avec une grande ^ rapidité , devient la première cause de l'adhésion qui se manifeste entre les parties contiguës et sert de principal réceptacle .des matières sécrétées.

Les dernières découvertes de M. Sohaltz sur

la circoUitioD des Tégéuux , ont Aiit voir que le liquide circulatoire ou le latex, comme rappellent les botanistes, se meut dans des vaisseaux particuliers, diversement anastomosés, et parcourant toutes les parties des plantes où se trouTent des vaisseaux spiraux fendus. Ces ▼aisseaux du fluide circulatoire sont nommés kUieifêreê ; ils sont situés entre les trachées et les ▼ésicnles alongées du tissu cellulaire. (Yoyei VHorticulteur Belge, Tom !«', p. 315-317.)

19. L'adhésion aura lieu à toutes les époques du printemps , lorsque le tissu cellulaire de deux différentes parties ou de deux différentes plantes est tenu en contact durant quelque temps; mais comme il n'y a que des tissus à peu près d'une même nature qui peuvent se souder, se ^ffer et s'enter, opérations qui reposent sur l'adhésion de parties contîguês , celle-ci ne peut se faire qu'entre les variétés d'une même espèce végétale , 011 entre des espèces très analogues ; et même seulement alors que les

parties correspondantes du scion ou da bourgeon et du sujet sont en contact immédiat.

20. La fibre ligneuse charrie le fluide dans la direction de sa longueur , donne de la raideur et de la flexibilité au sya^ tème général et devient un organe protecteur pour les trachées et les autres vaisseaux délicats.

Cela 'eftt si vrai qve dans looa les yé||;étav« dicotjlés, les trachées occupent le centre des filets ligneux; autour d'elles sont les vaisseaux où circule le suc ou latex.

SI . Les vaisseaux spiraux contiennent et transportent Fait oxigéné.

J'ai remarqué sur les myrwpkifUum, Vhauê* tonia paluatrts, etc. , plongés dans Teau , que l'action de dégager par des vaisseaux coupés de l'air oxigéné, était intermittente. Ce n'est que de 2 en 2, de 3 en S ou de 4 en 4 secondes que les bulles d'air oxigéné sortent de la plante.

dbyGoQgle

C«tM îDtfraiUeBC* d'Mtion eal fort résalière de 11 heures da mtia à 3 heures de Taprèsmidi.

âS. Les autres Taisseaux condoiseiit probabiament du fluide , quand ils sonl jeuues , et de Tair, quand ils sont à^.

23. Comme les organes dofut chaque tissu est compose, sont parfaitement simples, sans ramifications et d'une figure régulière, ayant,* quand ils sont alongés, leurs deux extrémités exactement semblables , ils sont plus ou moins capaUes de charrier des matières gazeuses ou deys fluides dans chaque direction; et conséquemment , un courant peut être renversé chez eux sans inconvénient : ainsi, des boutures ou des tiges renversées continueront de croître.

24. Toutes les parties des plantessont formées de tissus qui peuvent être mous,

comme la pulpe, ou durs, comme le noyau osseux d'une pèche.

âè. Pour ce qui regarde les opérations de l'horticnltnre , nous étudierons les parties des plantes aux chapitres : Raci^ ne$(ll)', Tiges {lll);Bourgeonsàfeuiiies{iy); Feuilles (V) ; Fleurs (VI) ; Sexes (VU) ; Fruits (VIII) ; et Graines (IX).

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