‹ Esquisses et sentencesChapitre 1 sur 57 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Stultorum infinitus est mimerus ct perversi difficillim^ corriguntur^

(Salomon, Proverbes.)

Si vous saviez, mon fils, combien peu d'esprit gouverne le monde !

(Paroles (rOxENSTiERN mourant a son ills.)

Peut-Stre nous jugera-t-on tem6raire de vouloir trailer un sujet sur lequel se sont exerces dejk bien des penseurs et ecrivains renommSs, de pretendre, nous chetif, marcher sur les traces

des Pascal, des La Rochefoucauld, des Joubert et de tant d'autres.

Que le lecteur daigne consid6rer k quel point la matiere est in6puisable.

L'incon sequence et la sottise humaines sont, k coup stir, ce qui, en ce has monde, a le moins

de bornes, ce qui, parmi les choses du temps, pent nous donner Tid^e la plus approximative de Tinfinie grandeur de Dieu. Quelqu'abondantes r6coltes que Ton ait fait dans un pareil champ, soyons bien stirs qu'il y restera toujours beaucoup k glaner.

Nous nous sommes efforce de peindre les bommes tels qu'ils sont et ont toujours 6t6, non point tels qu'ils devraient 6tre ou que Ton aurait lieu de les desirer. Le reproche de parti-pris ou de malveillance systematique ne saurait done, ce semble, nous 6tre 6quitablement adress6. Du reste, Texperience nous d6montre assez claire- ;

ment que les d6fenseurs les plus ardents, en apparence, de la bont6 inn6e du coeur humain, sont pr6cisement ceux qui, jugeant de celui d*autrui par le leur propre, en ont, au fond, la moins favorable idee.

Of IMS.

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