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1. — Ce que nous savons le mieux et courrons le moins risque d'oublier, c'est d'ordinaire ce que nous savons sans ravoir jamais appris.
2. — II en est du g6nie comme de. ces plantes auxquelles diverses conditions de milieu se Irouvent necessaires pour germer et porter du fruit. Les circonstances ne le cr^ent pas, mais elles seules lui permettent de se d6velopper. Voili pourquoi certaines ^poques apparaissent si f^condes en beaux esprits, tandis que tant d'autres s'en montrent totalement d^pourvues.
3. — Bien que nos qualiles morales et les facult^s de notre esprit soient absolument distincteSy quant h leur essence, de notre organisation et de notre etat physique, on ne saurait imaginer a quel point elles se trouvent influencees par ces derniers. II ne s'est jamais rencontre , affirmet-on, de grand homme de guerre avec un mauvais estomac, ni d'orateur Eminent afflige d'une sant^ d6bile, et, sans aller plus loin, combien de fois nV t-on pas deja fait cette remarque que, si dans le domaine deslettreset des arts, nombre defemmes ont fait preuve de grands talents, aucune toutefois n'a pu s'elever jusqu'au g6nie ?
4. — Se montrer sup6rieur h quelques ^gards ^t nul ou mediocre h tous les autres, c'est ce qui constitue une rosse, quand on parle chevaux, et un homme eminent, lorsqu'il s'agit d'individus appartenant a notre espece.
5. — II y a des gens parfaitement nuls, il n'y en a pas d'universels.
6. — II en est de la nullite absolue comme du blanc au iir k la cible ; peu de gens peuvent se flatter de I'atteindre, mais beaucoup en approchent.