‹ Esquisses et sentencesChapitre 17 sur 57 · Le desespoir est plus frequent que le repentir · texte numérisé non relu

Le desespoir est plus frequent que le repentir

114. — Nous confondons volontiers le desappointement avec le remords et le regret avec le repentir.

115. — Tout bien consider^, le regret d'une faute commise n'est gu^re autre chose que le d6pit des ennuis qu'elle nous a occasionn6s, joint au ferme propos de recommencer des qu'on jugera pouvoir le faire impun^ment.

116. — Ce que nous regrettons, c'estbien moins d'avoir commis la faute que de ne plus pouvoir la commettre encore ; tons, plus ou moins, nous

ressemblons h ce pacha dont parle Michaux dans sa correspondance, et qui s'6tant rendu malade k force de boire, voulait qu'on lui indiqu^t un remede non pour gu6rir, mais pour pouvoir continuer a s'enivrer impunemeni.

117. — Certaines personnes jugent volontiers irr^parables les fautes par elles commises pour n'avoir point a se corriger des defauts qui les leur ont fait commeltre.

118. — Ce n'est pas une mediocre preuve de jugement que de vouloir s6rieusement r6parer les fautes commises, des qu'on s'est apergu qu'elles sont irr^parables.

119. — Le ch^timent exaspfere les hommes plus souvent qu'il ne les corrige.

120. — Blamer avec aigreur autrui des d6fauts et des vices que nous avons eus, est encore le meilleur moyen de nous consoler de ne plus pouvoir les avoir encore.

121. — II semble bien que la nature en faisant rhomme perfectible ait voulu se consoler de n'avoir pu s'empecher de le creer, encore plus, incorrigiblH.

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