EN EUROPE
Les PÉLASGES, habitants primitifs de la Grèce et de l'Italie, apparurent en Grèce au plus tard en 1900, avant J.-C, en Italie, vers 1600. Les Pélasges orientaux peuplèrent successivement la Thrace, la Macédoine, l'Illyrie, l'Épire, la Thessalie, la Grèce propre et le Péloponèse; au bout d'un certain temps, la race dorienne les déposséda, et ils ne conservèrent plus que YArcadie, dans le Péloponèse, et quelques cantons de la Thessalie et de la Macédoine. Les Pélasges occidentaux ou d'Italie ont formé , entre autres peuples, les Tyrrhènes, les Sicules, les Sicanes, les Opiques, etc. Les Tyrrhènes furent assujétis par les Rhasèms ou Étrusques.
Les THRACES, à l'E. de la Macédoine. Peuplé d'abord par les Pélasges, et jouissant même d'un certain degré de civilisation (c'est là que la fable place Linus, Orphée, etc.),
ce pays retomba ensuite dans la barbarie. La Thrace au 5B s. av. J.-C, subit, en partie, la domination persane; sous Philippe et Alexandre, elle devint, en quelque sorte, province macédonienne. A la mort du dernier, elle échut à Lysimaque. Elle fut réduite en province romaine sous Claude (1er s. ap. J.-C). Il y avait sur les côtes plusieurs villes grecques : Amphipolis , Abdère , Byzance , etc. Les Thraces étaient farouches et belliqueux.
Les ÉPIROTES, le long de la mer Adriatique, à PO. de la Macédoine et de la Thessalie. Pyrrhus, qui fit avec succès la guerre aux Romains, fut un de leurs rois les plus célèbres (272). Ils furent soumis aux Romains par Paul- Emile (168). Ensuite les Vénitiens s'emparèrent de l'Épire jusqu'au 15e siècle, qu'elle subit le joug des Turcs.
Les THESSALIENS. C'est de la Thessalie, située au nord de la Grèce, que partirent les Hellènes pour s'étendre sur toute la Grèce; à l'époque de la guerre de Troie (1280), elle contenait dix petits royaumes, dont la plupart appartenaient aux héros les plus renommés de ce siècle, tels qu'Achille et Plulociéte. Les Thessaliens ne surent pas conserver longtemps leur liberté politique. Larisse et Phères étaient leurs villes principales.
Larisse était la capitale du royaume d'Achille ; c'est là que Philippe V, roi de Macédoine, signa, en 197, la trêve honteuse qui suivit la bataille de Cynocéphale.
A Phères, il s'éleva , dans le 5a s. (408), un tyran nommé Jason, qui étendit au loin sa domination. L'un de ses frères, Alexandre, fut vaincu par Pélopidas, et assassiné (en 346), à l'instigation de sa femme, Théhè, par ses frères Lycophron et Tisiphonus. Ces derniers furent chassés par Philippe, roi de Macédoine. Depuis, la Thessalie suivit le sort de la Grèce.
Les ÉTOLIENS. Les Étoliens situés à PO. de la Grèce,
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étaient barbares et grossiers ; ils exerçaient leur brigandage sur terre] et sur mer. Pênée, Méléagre, Diomède, sont célèbres parmi eux. Ces peuples résistèrent longtemps aux Macédoniens et aux Romains ; ils formèrent une ligue qu i devint formidable aux Achéens. Ils furent soumis par les Romains, comme les autres peuples de la Grèce (1 89).
Les PHOCIDIENS appelés plus communément Phocéens. Les Phocéens , au centre de la Grèce propre, descendaient de Phocus, chef d'une colonie de Corinthe. Ils furent gouvernés d'abord par des rois , et se constituèrent ensuite en une espèce de république dont on ne connaît pas la forme. La ville de Delphes formait un petit état indépendant. Les Amphictyons déclarèrent la guerre aux Phocéens , parce qu'ils avaient pillé le temple de Delphes; elle se termina dix ans après, par l'entremise de Philippe, roi de Macédoine; c'est ce qu'on appelle la guerre sacrée (355-345).
Les BÉOTIENS. Aux peuplades anciennes de la Béotie, située au N. de VAttique, se mêlèrent les Phéniciens, conduits en Grèce par Cadmus. La famille de ce héros y régna pendant longtemps, et l'histoire des rois de Thèbes, ses successeurs, est une des branches de la mythologie grecque. Le gouvernement monarchique fut aboli en Béotie (vers 1126), dans le 12e siècle, à la mort de Xuthus. Depuis, chaque ville de cette province formait un état, ce qui faisait une ligue dans laquelle se trouvait Thèbes. Onze magistrats, appelés Bèotarques, étaient à la tête de la confédération. Plusieurs guerres eurent lieu entre ces petites républiques; elle se réunirent souvent contre celle de Thèbes, qui excitait leur jalousie. Épaminondas et Pélopidas firent sortir leur pays de l'obscurité, mais il y rentra après leur mort (363).
Les CORINTHIENS. La maison de Sisijphe régna pendant longtemps sur Corinthe, ville située au N.-E. du Pe-
loponèse. Les Doriens mirent fin à sa domination par la conquête qu'ils firent de cette ville. Deux familles de la race d'Hercule occupèrent ensuite le trône. Chaque année, depuis le 88 s., on choisissait un prytane ou magistrat suprême, jusqu'au 7e s., où Cypsêlus devint maître du pays. En 627, Périandre, son fils, se rendit odieux par son avarice et ses cruauté ;. Les Corinthiens, fatigués de la tyrannie de leurs chefs, s'affranchirent de leur joug en 584. Les Corinthiens étaient les plus riches commerçants de la Grèce. La situation de leur ville était très favorable; ils avaient de nombreuses colonies. C'étaient à l'O. , Corcyre, Épydamnus, Leucas, Syracuse ; et àl'E., Potidée. La magnificence et la dissolution des Corinthiens étaient portées au plus haut degré ; il fallait être riche pour partager leurs fêtes et leurs plaisirs ; c'est ce qui donna lieu à ce proverbe : « II n'est pas permis à tout le monde d'aller à Corinthe. »
Jtfummius, consul romain , pilla cette ville et la détruisit presque entièrement, 146 ans avant J.-C; mais Jules-César y envoya une colonie, et fit tous ses efforts pour la relever de ses ruines et lui rendre sa première splendeur.
ACHÉENS. VAchaïe, située au N. du Péloponèse, fut d'abord connue sous le nom &JEgialèe. Les Ioniens y régnèrent jusqu'à ce que les Achéens, chassés à'Argos par les Doriens, les repoussèrent à leur tour et s'établirent dans le pays, sous Tisamène, fils d'Or este. Le dernier des successeurs de ce prince se nommait Gygès ; sa cruauté fut cause de l'abolition du pouvoir monarchique. Les douze villes tfAchaïe formèrent alors une confédération ; mais elles furent soumises par les rois de Macédoine, successeurs d'A- Uxandre~le-Grand. En 281 , av. J«.-C. , ayant chassé les tyrans, ils formèrent de nouveau une ligue célèbre , dans laquelle entrèrent plusieurs peuples du Péloponèse , et qui se rendit pendant 135 ans redoutable. Parmi les grands
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hommes qui forent à la tête de la ligne achéenne, nous citerons Aratus et Philopémen. Elle combattit pour l'indépendance de la Grèce, menacée par les Romains; mais elle fut détruite par le consul Mummius, l'an 146.
MESSÉNIENS. Les Messéniens habitaient le plus beau pays de la Grèce ; ils doivent leur célébrité aux trois luttes sanglantes qu'ils soutinrent contre les Spartiates, leurs voisins ; l'issue de ces guerres fut malheureuse pour eux. Les uns furent réduits en esclavage et se confondirent avec les Ilotes ; les autres quittèrent le Péloponàse, et se retirèrent en Sicile, où ils fondèrent la ville de Messine, autrefois Zancle.
Les CRETOIS, dans l'île de Crète, au S.-E. du Péloponèse, en Europe. Ils passaient pour avoir cent villes, dont les principales étaient : Gortyne, Cydonie et Gnosse. Les habitants de l'île de Crète étaient de race mixte, et se composaient d'indigènes, de Phéniciens et de Grecs, parmi lesquels les Doriens dominaient. Ils furent d'abord gouvernés par des rois, parmi lesquels on remarque M inos, leur législateur (15° siècle avant J.-C). Les Athéniens ayant fait périr son fils, Androgée, il vengea la mort de ce prince en ravageant FAttique, et. en imposant à Egée, roi d'Athènes, un tribut annuel de sept jeunes filles et de sept jeunes garçons qu'il réduisait en esclavage; sa législation a, dit-on, inspiré celle de Lycurgue. Idoménée, un de ses successeurs, qui vivait au temps de la guerre de Troie, s'étant rendu odieux aux Cretois, ils se constituèrent en république, et confièrent le gouvernement à un sénat et à dix cosmes, ou magistrats annuels. Cette république, qui ne joua jamais qu'un rôle peu marquant dans l'histoire de la Grèce, fut soumise aux Romains (66 avant J.-C), par Q. Mêtellm Créiicus. Les Cretois passèrent ensuite successivement sous la domination des empereurs d'Orient ( 4a siècle ) et des Arabes (9e siècle). C'est alors que leur île changea
son nom de Crète en celui de Candie, après la fondation de la ville de Candie (Chandah, retranchement), bâtie en 823, par les Arabes, qui s'étaient emparés de tout le pays. Nicéphore Phocas, empereur d'Orient, la reprit sur les Arabes en 961. Venise l'obtint en partage (1204), après la prise de Constantinople par les Croisés. Les Turcs la lui enlevèrent de 1645 à 1669. Elle appartint un instant au pacha d'Egypte, qui la rendit au sultan en 1841. Elle s'est, depuis, insurgée.
Les SYRACUSAINS, en Europe, dans la Sicile, au S.-E. ; capitale, Syracuse. Les Athéniens mirent le siège devant cette ville (419). Les Romains la prirent deux siècles après, et la conservèrent jusqu'à l'invasion des Barbares. Le gouvernement des Syracusains fut tour à tour républicain et tyrannique ; parmi leurs rois , nous citerons Denys-k-Tyran (405) et Denys-le-Jeum (368). Une anarchie terrible suivit l'expulsion de ce dernier. Dion, Timoléon, Agathocle, Hiéron II, relevèrent Syracuse. Les Carthaginois s'emparèrent de la partie occidentale, et Hiérony me, petit-fils de Hiéron (gfSJ, ayant pris parti pour Carthage, les Romains, commandés par Marcellus, s'emparèrent de Syracuse malgré le génie d'Archimède, l'an %\% avant J.-C. Syracuse, déchue aujourd'hui de sa grandeur, est sur un îlot, séparé de la Sicile par un canal. Le irem- * blement de terre de 1693 a renversé ses édifices anciens. Syrcause appartient aujourd'hui au roi des Deux-Siciles.
Les CALÉDONIENS étaient Celtes d'origine; leurs mœurs étaient barbares : ils furent battus par le général romain Agricola, et ensuite par l'empereur Sévère (39 s.), qui fit élever une célèbre muraille entre l'Ecosse et l'Angleterre : il en reste encore quelques vestiges.
Les BRETONS étaient Celtes d'origine ; ils se gouver-
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nèrent par leurs propres lois jusqu'à la conquête de leurs côtes méridionales par Jules César (55 ans avant J.-C.). Un siècle plus tard , sous l'empereur Domitien, Agricola s'empara presque entièrement de leur île, et, sous Constance Chlore ou le Pâle (3e siècle), la Bretagne devint une province romaine. Dans le 5e siècle, lorsque les Barbares envahirent l'empire d'Occident (41 \), les Romains retirèrent leur garnison de la Bretagne. Désolés par les excursions des Calédoniens, les Bretons appelèrent à leur secours les Angles et les Saxons, peuples germains, et furent soumis par leurs défenseurs (449). Les uns se retirèrent dans la principauté de Galles, les autres dans la Gaule Armorique, que nous nommons aujourd'hui Bretagne.
Les GERMAINS, peuples du centre de l'Europe, guerriers, simples, mais durs et sanguinaires. Attaqués presque continuellement par les Romains, pendant deux siècles et demi, et jamais soumis, ils les attaquent à leur tour, les défont scus l'empereur Auguste, conduits par Arminius, se jettent par hordes sur les provinces de l'empire d'Occident et s'y établissent. La plupart des nations de l'Europe descendent de ces peuples redoutables. Nous appelons aujourd'hui Allemands, -en général, les peuples qui occupent le pays des Germains.
Les GAULOIS, Celtes d'origine, à l'O. de l'Europe, étaient belliqueux et entreprenants. Depuis le 6e siècle avant J.-C., ils firent cinq expéditions importantes.
La première, sous le commandement de Bellovèse; ils passèrent les Alpes et allèrent fonder une colonie au nord de l'Italie. Us y bâtirent Milan, Crémone, Padoue, etc. (587 avant J.-C-)-
La deuxième, sous Sigovèse, à la même époque; ils traversèrent la forêt Hercynie, et fondèrent une colonie au centre de la Germanie, en Bohême et en Pannonie (587)*
La troisième , sous le commandement de Brennus Ier , descendant de Bellovèse ; ils vainquirent les Romains aux bords de Y Allia, prirent Rome, et après quelques mois de séjour, l'incendièrent. Ils furent repoussés par le général Camille (390).
La quatrième, sous le commandement de Belgius et de Brennus II; ils ravagèrent la Macédoine et la Thrace, et allèrent jusqu'en Grèce pour piller le temple de Delphes. Cette expédition fut malheureuse (279).
La cinquième, dans le 3e siècle ; ils allèrent fonder une colonie dans l'Asie-Mineure, où ils avaient été mettre Nicomède sur le trône de Bithynie (278). La Galatie ou Gallo-Grèce était devenue leur demeure.
Enfin ces peuples redoutables furent soumis par Jules- César, qui réduisit les Gaules entières sous la domination romaine (58-51). Dans le 5e s. après J.-C«, la Gaule fut envahie par les Francs, les Bourguignons et les Visigoths, et forma le royaume de France, sous Clovis Ier (481).
Les IBÉRIENS ou HISPANIENS (Espagnols) étaient en partie d'origine phénicienne. Ils furent successivement soumis par les Carthaginois et les Romains, et leur pays fut le théâtre de guerres longues et terribles entre les deux peuples. Dans le 5e s. l'Espagne fut envahie par les Suèves, les Alains, les Vandales et les Yisigoths. Ces derniers s'y établirent définitivement.