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MÉROVINGIENS

Sous les Mérovingiens, on remarque , sous dix-huit rois , et pendant près de trois siècles, de 484 à 752 , quatre événements principaux :

i" V établissement du christianisme en France sous Clovis, après la victoire de Tolbiac (496).

V Vusage des partages de la monarchie entre les enfants des souverains, partages naturels qui furent cependant une source de discordes entre les frères et de malheurs pour les peuples. Mais ces démembrements n'avaient pas alors le caractère d'actes politiques ; car ils ne se faisaient absolument qu'à l'égard de propriétés personnelles, mobilières et immobilières. Trois fois ils eurent lieu : à la mort de Clovis (511), en quatre royaumes, d'Orléans , de Paris, de Soissons et de Metz; à la mort de Clotaire I8t (564), encore en quatre royaumes ; en Âusirasie et en Neustrie à la morf de Dagobert, en 638.

Les Francs orientaux, ou Auslrasiens, étaient appelés les Ripuaires , parce qu'ils étaient établis sur les rives de la Meuse et du Rhin.

Les Francs saîiens, ou occidentaux, étaient appelés Saliens, peut-être parce qu'ils venaient des bords de la rivière Sala ou Ysala. Les Ripuaires et les Salie?is, quoique ayant la même origine, ne se confondaient pas; ils étaient même rivaux, et cette rivalité produisit des guerres civiles qui se prolongèrent durant tout le 7e siècle. Et enfin, au commencement du 8e, la réaction s'accomplit par un changement de dynastie qui transporta la domination des Saliens aux Ripuaires, la royauté des Mérovingiens aux Carlovingiens, et le siège de la royauté franke des bords de la Seine aux bords du Rhin.

3° La puissance des Maires du Palais depuis 614, causée par la faiblesse des rois dits fainéants (656) : ces seigneurs ou ministres envahissent l'autorité royale (987).

4° Les victoires de Charles-Martel, duc des Français, à Narbonne et à Poitiers sur les Maures ou Arabes, qui s'étaient emparés de l'Espagne, et qui s'étaient avancés jusqu'à Tours, espérant conquérir la France (732).

Charles bat une seconde fois les Sarrazins près de Nar-

bonne et en délivre pour jamais la France (737). Le roi frank, Thierry II , meurt, et Charles gouverne seul pendant cinq ans, sous le titre de duc des Francs et des Austrasiens ; cet interrègne (de 737 à 742) était un acheminement vers la chute des Francs-Saliens.

CSAKLOVIŒGIEKS,

On remarque, sous quatorze rois, et pendant plus de deux siècles, de 752 à 987 :

1° Le règne de Pépin (752-768), qui fit reconnaître sa royauté par les leudes ou seigneurs, et par l'Église romaine ; celle-ci sanctionna son élévation au nom de la religion qui avait sanctionné celle de Clovis. C'est ainsi que cette seconde race porte un double caractère : celui d'une révolution religieuse et celui d'une révolution politique.

2° Le règne célèbre de Charlemagne (768-814), fils de Pêpin-le-Bref : politique, législateur, guerrier , protecteur des lettres, il réunit presque toute l'Europe sous ses lois. Il est couronné empereur d'Occident en 800 par le pape Léon III ; mais ses descendants ne furent pas dignes de lui. 3° L'établissement de la féodalité sous Charles-le-Chauve : l'hérédité des fiefs , sanctionnée par le traité ffAndelot (Haute-Marne), en 587, le fut de nouveau par l'édit de Quierzy-sur-Oise en 877 ; la féodalité éleva tellement la puissance des seigneurs qu'ils suivirent l'exemple des maires du palais : ils s'assirent sur le trône de leurs rois (987).

4° La perte de l'Allemagne, sous Charles-le-Simple (911). Le traité de "Verdun, signé en 843, par les fils de Louis-le-Débonnaire, avait donné naissance au royaume de Germanie, qui reconnut pour roi Louis4e-Germanique, ainsi que ceux tfAlemanie^ et de Bavière, qui, peu après, se fondirent avec le précédent, sous ce nom commun

d'Allemagne. Définitivement séparée de la France et de l'Italie, après la déposition de Charles-le-Gros, en 887, l'Allemagne fut gouvernée par les princes carlovingiens, Arnoul de Carinthie et Louis IV, dit l'Enfant, jusqu'en 911 , où l'empire devint électif.

5° L'établissement des Normands, ou peuples du Nord, dans la Neustrie normande , sous le faible Charles-le-Simple (10e siècle). Depuis longtemps ces Scandinaves ravageaient la France ; au lieu de les combattre, on achetait leur retraite ; ils devinrent audacieux, et Rollon, leur chef, se fit donne r la province française, devenue depuis la Normandie, à la paix de St-Clair-sur-Epte, en 911, avec la main de Gisèle , fille du roi de France.

6° L'autorité royale est abaissée , anéantie, et Hugues- Capet , un des vassaux les plus puissants, monte sur le trône en 987. Mais ce n'est pas seulement d'un côté la puissance des seigneurs, de l'autre la faiblesse des rois, qui causèrent la chute des Carlovingiens ; une révolution nationale s'était opérée peu à peu dans le langage et les mœurs des Francs. Au 9e siècle, la langue romane, parlée par le peuple, devint un lien national ; la dynastie franke, qui avait conservé la langue tudesque, fut regardée comme étrangère. Les nouveaux Français établis sur les bords de la Seine, démembrement de l'empire d'Occident (843), levèrent la tête, et dès-lors il y eut rivalité entre ces nationaux et les Carlovingiens. Eudes et Raoul furent proclamés rois, et bientôt la royauté de la conquête fit place à la royauté de la nation. C'est de cette troisième révolution que date véritablement le commencement de la monarchie française.

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