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RACE NATIONALE. CAPÉTIENS

La race nationale se divise en trois parties : 1° les Capets, 2° les Valois, 3° les Bourbons; elle compte trente-huit rois, et dure depuis près de huit siècles et demi.

Sous les CAPETS, nous remarquons :

1 ° V établissement des communes, association des habitants d'une même ville, sous le nom de Communiers. De là, l'introduction d'un élément nouveau dans la société féodale, la Bourgeoisie. Ce fut l'affranchissement du peuple, esclave jusqu'à cette époque; il put dès lors se défendre contre la tyrannie féodale, dont cette institution diminua l'oppression sous Louis VI le Gros (1108).

2° Les croisades , ou expéditions religieuses pour aller délivrer le tombeau de J.-G., qui se trouvait au pouvoir des Turcs. Elles hâtèrent les progrès des arts et de la civilisation en Europe, donnèrent une nouvelle impulsion au commerce et à la navigation, diminuèrent la puissance toujours croissante des seigneurs ; mais aussi elles occasionnèrent de grandes pertes d'hommes et d'argent. Elles commencèrent sous Philippe Ier (1095), et finirent sous Louis IX (1270), qui mourut de la peste à Tunis. On peut en compter huit :

La première eut lieu de 1096 à 1100, sous le pontificat d'Urbain IL Elle fut prêchée par Pierre l'Ermite, et eut pour chef Godefroy de Bouillon. Le fait le plus important est la prise de Jérusalem, en 1099.

La deuxième, de 1 147 à 1 149 , sous le pontificat d'Eugène III ; prêchée par saint Bernard, elle eut pour chefs Louis VII, roi de France, et Conrad, empereur d'Allemagne. Elle n'eut aucun succès.

La troisième, de 11 89 à 14 93, sous le pontificat de Clément III ; prêchée par Guillaume, archevêque de Tyr. Elle eut trois chefs: Philippe- Auguste, roi de France ; Frédéric-Barberousse, empereur d'Allemagne ; et Richard Cœurde-Lion, roi d'Angleterre. Elle n'eut aucun succès, malgré le brillant courage de Richard. Frédéric se noya dans le Cydnus (Asie-Mineure).

La quatrième, de 1202 à 1204, sous le pontificat de Innocent III , fut prêchée par Foulques de Neuilly. Elle eut pour chefs Baudoin IX3 comte de Flandre; Boniface II , marquis de Montferrat ; et le doge Dandolo , septuagénaire et aveugle. On prit Constantinople, et Baudoin IX , comte de Flandre, eut le titre d'empereur

La cinquième, sous le pontificat d'Honorius III, en 1217 , eut pour chefs Jean de Brienne, roi titulaire de Jérusalem, et André II, roi de Hongrie. Jean prit Damiette.

La sixième de 1 228 à 1229, sous Grégoire IX, eut pour chef Frédéric II, empereur d'Allemagne. Le sultan Mêlédin lui céda Jérusalem.

La septième, de 1248 à 1254, sous Innocent IY, eut pour chef saint Louis. Il pritDamiette, livra la bataille delaMassoure(1250); mais il. fut fait prisonnier et resta captif jusqu'à ce qu'il payât sa rançon (1254).

La huitième, de 1268 à 1270, sous Clément IV. — Saint Louis était accompagné de son frère Charles d'Anjou et du roi d'Angleterre, Edouard Ier. Le roi de France mourut de la peste sous les murs de Tunis.

3° Les Conquêtes de Philippe- Auguste, qui battit les Anglais et les Allemands à Bouvines,en 1214, et réunit à la couronne la Normandie, l'Anjou, le Maine, la Touraine. Il centralise la monarchie féodale, et mérite le surnom de second fondateur des Français.

4° La croisade des Albigeois (de 1208 à 1229), entreprise par Innocent III et Louis VIII. Le midi de la France tra~

vaillait à se former une nationalité par une croyance et un culte distincts ; leur hérésie est étouffée, et ils rentrent dans le système politique, social et religieux du Nord, malgré les efforts de Raymond VII, comte de Toulouse, par le traité de Meaux, ratifié à Paris, (1229).

5° Les Établissements ou législation de saint Louis, qui lui-même rendait la justice à ses sujets, assis au pied d'un chêne, au bois de Vincennes (1269).

6° La convocation des états-généraux, composés du clergé, de la noblesse et de la bourgeoisie, sous Philippe IV le Bel (1302). Les bourgeois étaient appelés tiers-état. Us affermirent l'autorité du roi et affaiblirent celle des seigneurs.

La bourgeoisie s'associe bientôt à l'autorité du pouvoir royal pour régler les graves intérêts de l'indépendance nationale et de l'ordre intérieur ; elle tend à devenir la classe unique, abaissant à sa condition ce qui est au-dessus d'elle, élevant jusqu'à elle tout ce qui est au-dessous. Elle profite de la ruine des communes trop égoïstes pour avoir de la durée,

7° L'article de la loi salique qui exclut les femmes de l'héritage de la terre de conquête ; il est regardé comme loi fondamentale de TEtat, par deux décisions mémorables : 1° à la mort de Jean Ier, en faveur de Philippe V, dit le Long, contre Jeanne de Navarre, fille de Louis X (1316); 2° à la mort de Charles IV, dit le Bel, en faveur de Philippe de Valois, contre Edouard III, roi d'Angleterre (1328).

La royauté, par cette double application de la loi salique, établit la règle fondamentale de l'hérédité masculine ; elle se soustrait au régime des fiefs, et assure à la France des dynasties nationales.

Sous les VALOIS, la France fut malheureuse au dehors et au dedans.

Au dehors, l°par les guerres d'Angleterre, ou guerres de 100 ans ; de 1328 à 1428, qui mirent la France en péril sous Philippe VI, vaincu à Crécy (1346), par Edouard III ;

sous Jean II, dit le Bon, vaincu et fait prisonnier à Poitiers ( 4356), par le prince de Galles; sous Charles VI , vaincu à Azincourt (1415 ), et dont la femme, Isabeau de Bavière, vendit la France aux Anglais par le traité de Troyes ( 1 420 ) ; sous Charles VII , réduit d'abord à la ville de Bourges , puis vainqueur des Anglais, qu'il chassa de France avec le secours miraculeux de Jeanne d'Arc, jeune Lorraine, de 1429 à 1435.

Dans cette longue guerre , la France , ramenée par la royauté aux traditions féodales, au moment où l'Angleterre les abandonne pour entrer dans les voies modernes, est humiliée dans son honneur militaire , amoindrie dans son territoire , et accablée dans ses alliées. Sous Charles VII , l'élan national , excité par Jeanne d'Arc, sauve la France ; \ù royauté relève toutes les classes de la société par des institutions fécondes , réprime la noblesse anarchique , et reconstruit son territoire.

2° Par les guerres d'Italie , qui furent la source des plus grandes pertes en hommes et en argent , sous Charles VIII, vainqueur cependant des ennemis à Fornoue (Parme) (1495), sous Louis XII , vaincu à Séminare et Cêrignoles ( 1 503 ) ( royaume de Naples ) , mais vainqueur à Agnadel et à Bavenne (1512); sous François Ier , victorieux d'abord à Marignan (1515) , mais vaincu et fait prisonnier à Pavie ( 1 525 ). Ces guerres , quoique funestes à la France, lui créent l'alliance des états protestants et des Turcs contre la puissance Austro-Espagnole, à laquelle le partage des états de Charles-Quint porte une grande atteinte.

3° Par les guerres d'Autriche sous Henri II. Vainqueur d'abord des Impériaux à Benti (1554 ), ce roi est vaincu à Saint-Quentin par les armées de Philippe II, roi d'Espagne, ligué contre la France avec l'Angleterre (1557).

Ces guerres , entreprises follement par cette ardeur appelée furie française , suscitent une coalition européenne contre l'agrandissement de la France. Elles furent désas-

treuses, mais elles contribuèrent à la politesse du langage, et firent naître le goût des arts en France.

Au dedans , par les guerres civiles qui désolèrent la France pendant trois siècles : 1° celle de Charles-le-Mauvais , roi de Navarre et gendre de Jean-le-Bon , qui voulait monter sur le trône (1381 ) ; 2° celle des paysans contre les seigneurs, guerre appelée la Jacquerie; 3° celle des Orléans ou Armagnacs et des Bourguignons, princes français rivaux, sous Charles VI; 4° celle des Protestants et des Catholiques, sous François II , Charles IX et Henri III ; la conjuration d'Amboise , sous François II , et le massacre des Protestants le jour de la Saint-Barthélémy ( 1 572 ), sous Charles IX, en sont les conséquences les plus funestes.

Mais la branche des Valois offre cependant des événements qui rachètent en quelque sorte les malheurs que nous venons de signaler.

Nous y remarquons :

\o La fixation de la majorité des rois à 14 ans , sous Charles V ( 14e s. ). Elle prévint les troubles des longues régences.

2° Les découvertes qui amenèrent des révolutions complètes dans l'esprit humain , telles que l'Artillerie , sous Philippe VI ; la découverte de la Boussole ( 1306 ) ; l'Imprimerie , sous Charles VII ( 1 436 ) ; la découverte de l'Amérique (1492); le passage aux Indes (1 498), sous Charles VIII; la poste aux lettres, sous Louis XI (1464).

3° La renaissance des arts et des sciences, particulièrement sous François Ier , et la chaîne non interrompue de nos écrivains.

Les BOURBONS. Cette famille est la plus ancienne de l'Europe ; elle règne sur plusieurs pays , et présente le souverain le plus grand, le meilleur, Henri IV! Pendant 203 ans qu'elle a occupé le trône de France, de glorieux événements ont été mêlés à d'affreux revers, et une catas-

îrophe terrible est venue donner au monde un grand exemple de la fragilité des grandeurs humaines et des crimes que peut enfanter une révolution , quelles que soient les conséquences heureuses qui peuvent en naître. Nous ne jetterons qu'un coup-d'œil sur les rois de cette branche. Nous y remarquerons :

1° Henri IV (1589), le père de ses peuples : il met de l'ordre et de l'économie dans les finances, de concert avec Sully, ministre digne de lui; au moment où il se dispose à abaisser la maison d'Autriche, il est assassiné par un monstre nommé Ravaillac, le 14 mai 1610.

2° Louis XIÏI : il laisse régner à sa place le ministre Richelieu , homme de génie , qui abaisse la maison d'Autriche (\ 631), diminue le pouvoir des grands, arrache La Rochelle aux protestants (1628), et prépare, par la fondation de l'Académie française (1635), le siècle de Louis XIV (1610 à 1643).

3° Louis XIV, dont le règne de 72 ans fat illustré par tous les genres de gloire. Sa minorité' fut orageuse : la régence d'Anne d'Autriche, sa mère, et le ministre Mazarin, causèrent la guerre de la Fronde (1648), c'est-à-dire une guerre civile entre le parlement et la cour. Son âge mûr fut brillant :1e roi gouverne par lui-même (1661); le ministre Colbert fait fleurir les sciences, les arts, le commerce, tandis que Louis XIV étonne l'Europe par ses victoires en Flandre, en Hollande, etc. (1672), jusqu'à la paix de Ryswick (1697). Sa vieillesse fut malheureuse : la succession d'Espagne (1700), les défaites de Ramillies (1706),^de Malpaquet (1709), batailles gagnées par Marlborough, général anglais, et par le prince Eugène, général des Impériaux, mettent la France dans une situation critique. Louis XIV meurt, laissant le trésor endetté d'une somme énorme (1715).

4° Louis XV, arrière-petit-fils de Louis XIV, dont l'enfance fut confiée à Philippe d'Orléans, prince aimable, brave, politique, mais immoral. Le système des finances

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d'un Écossais nommé Law (1720) ajouta encore à la position critique du trésor. La guerre de la succession d'Autriche (1740) vit briller la France à Fontenoy (1745), victoire due au maréchal de Saxe; mais la guerre de Sept-Ans (1756-1763), fut malheureuse pour les Français , qui eurent à combattre les Anglais et les Prussiens, et qui furent battus complètement à Rosbach (1757); ces désastres et l'épuisement des finances présageaient déjà une commotion (1774).

S0 Louis XVI, petit-fils de Louis XV ; il ne put éviter la plus terrible des révolutions, préparée sous ses deux prédécesseurs. Ce prince donna des secours aux Américains, insurgés contre l'Angleterre (1778-1783), et assura leur indépendance par le traité de Versailles (1783). Le désordre des finances amena la convocation des États-Généraux (5 mai 1789), et bientôt après, la Révolution; la sagesse, les vertus, les réformes salutaires de Louis XVI, tout fut inutile ; il mourut victime de la fureur des partis , que sa trop grande bonté ne put dominer. Il fut décapité à Paris, le 21 janvier 1793.

6° La République française, fondée en 1792, dura jusqu'en 1804; elle est remplie par des excès inouïs, par des atrocités sans exemple, et aussi par des actions de vertu, de courage, de patriotisme, dignes d'une grande circonstance, sous la Convention (1792), le Directoire (1795), et le Consulat (1799).

La Convention nationale (1792-1795) abolit la royauté, et proclama la République ; fit exécuter Louis XVI (21 janvier 1793), déclara la guerre à l'Angleterre, à la Hollande et à l'Espagne. Après avoir fait périr successivement la reine Marie- Antoinette (16 oct.), vingt-et-un députés Girondins (31 oct.), ou modérés ; les chefs mômes de la Révolution, Danton et Camille Desmoulins (5 avr. 1794); elle finit par déclarer Robespierre hors la loi, et, par là, mit un terme au règne de la Terreur (27 juiil. 1794). Avant de se séparer, elle rédigea la Constitution dite de l'an J//(26oct. 1795),

Le Directoire fut une époque de gloire pour nos armées, et de repos intérieur, après le terrorisme. Les plus célèbres généraux de ce temps sont Bonaparte, Kléber , Desaix, Masséna, Moreau. A son retour de l'expédition d'Egypte, le général Bonaparte renversa le Directoire, dans la célèbre journée du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799).

Le Consulat fut illustré par la victoire de Marengo (1 800), et terni par la mort du duc d'Enghien (1804).

7° V Empire français commence le 18 mai 1804. Bonaparte est proclamé empereur sous le nom de Napoléon I", et régne jusqu'au avril 1814.

La France est la première puissance du monde ; les victoires continuelles des Français, les nombreuses améliorations dans les lois, la prospérité du commerce, la culture brillante des arts, font oublier l'ambition du chef de l'État.

Victorieux partout , Napoléon écrase ses ennemis à Austerlitz (1805), crée les royaumes de Wurtemberg et de Bavière, etla confédération du Rhin(1 806). Zena(1806), Eylau (1807), Friedland (1807), voient ensuite les triomphes des armées françaises. L'injuste occupation de l'Espagne (1S08) , etla désastreuse campagne de Moscou (1812), portent les premières atteintes à la puissance colossale de l'Empereur. D'affreux revers amènent les étrangers jusque dans la capitale de la France (1814). Napoléon tombe deux fois (1814-1815), et les Bourbons remontent deux fois sur le trône. La bataille de Waterloo (1815), perdue par les Français , met un terme aux guerres de l'Europe. Napoléon, prisonnier de l'Angleterre, va mourir dans l'ile de Sainte-Hélène (5 mai 1821).

8° Le règne paisible et juste de Louis XVIII, de 1815 à 1824, répare les maux de la France. Une Charte constitutionnelle garantit les droits des Français. Elle est violée par lesministres de Charles X (1824-1830), et la branche aînée des Bourbons cesse de régner. Le Peuple français, après la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, donne la couronne * Louis-Philippe d'Orléans, descendant de Henri IV, de la

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branche cadette des Bourbons. Son règne, de 18 ans, (1830- 1848) est signalé surtout par la conquête graduelle de l'Algérie, la prospérité commerciale de la France, et les progrès de l'industrie nationale. En février 1848, l'agitation provoquée par les banquets, organisés en faveur de la réforme électorale, amène une révolution qui renverse Louis-Phi iippe et proclame la République. Louis-Napoléon Bonaparte en est élu président, le 10 décembre de la même année, et réélu le 21 décembre 1851 par le suffrage universel. Il est né en 1808.

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Les Lombards vinrent s'établir, au 6e siècle (561), sous la conduite d'Aïboin,dans la partie septentrionale de l'Italie, appelée par les Romains Gaule Cisalpine ; leur royaume comprenait par conséquent les duchés de Milan, de Parme et de Modène, les marches de T> évtse et de Vicnce, enfin la partie orientale du Piémont. Les rois lombards essayèrent de conquérir- l'Italie: Luitprand, l'un d'eux (712-744), augmenta son territoire aux dépens du pape et de l'empereur; mais Pepin-le-Bref . roi de France , reprit l'exarchat de [{avenue sous Astolphe (756). Gharlemagne renversa le royaume des Lombards, et plaça sur sa tête la couronne de fer, après avoir battu et fait prisonnier le roi Didier, en 774. La Lombardie dépendit alors de l'empire français. A la suite des guerres d'Italie, d'Allemagne et de France, les villes de la Lombardie se constituèrent en autant de républiques autocratiques, telles que celle de Milan, Padoue, Modène, etc.

En 1 805, un nouveau royaume de Lombardie fut érigé par Napoléon , et le prince Eugène de Beauharnais fut appelé à le gouverner. Après dix années de durée, ce nouvel état tomba, et depuis 1815, par le congrès de Vienne» l'an-»

tienne Lombardie forme, avec les états de Venise, un des grands fiefs de la monarchie autrichienne, sous le nom de royaume Lombardo-Vénitien.

En 1848, la Lombardie, aidée du Piémont, tenta de s'affranchir; mais, depuis la défaite de Charles-Albert à Novare (13 mars 1849), elle est retombée sous le pouvoir de l'Autriche,

Géographie. — Chronologie. — Généalogie.

Les Phéniciens, les Grecs, les Carthaginois et les Romains, avaient successivement occupé l'Espagne jusqu'au siècle de l'invasion des peuples germains, 5e s. de notre ère. Alors les Alains, les Suèves, les Vandales soumirent ce pays (410), mais dès 428, les Vandales avaient cédé la place aux Visigoths, qui bientôt se trouvèrent maîtres de la Gaule méridionale et de l'Espagne entière, moins le petit royaume des Suèves au N. 0. Le siège du royaume des Visigoths fut transporté de France en Espagne , sous Iheudis (531-548) , successeur à'Amalaric. Vaincus en 507 par Clovis, à Vouillé, les-Visigoths ne gardèrent de la Gaule méridionale que laGothieou Septimanie ; mais en 585, leur roi Léovigilde conquit le royaume des Suèves ; et fonda la monarchie des Visigoths qui se divisa par la suite en plusieurs familles.

La monarchie des Visigoths s'étendit jusqu'au midi de la France, et devint puissante et redoutable. Cependant au 8e s. (711), les Arabes, unis aux Maures, conduits par un comte espagnol, [nommé Julien, à qui le roi des Visigoths, Roderic ou Rodrigue, avait fait un affront, passèrent de la Mauritanie en Espagne, et remportèrent la fameuse victoire de Xérès de la Fronlera. Roderic y perdit le trône et la vie (712).

En moins de quelques mois, les trois quarts de l'Espagne furent soumis aux Maures ; il ne resta que les montagnes des Asturies, dans lesquelles quelques seigneurs visigoths se réfugièrent , sous la conduite de Pélasge , prince du sang royal.

Peu à peu les Visigoths descendirent de leurs montagnes; et malgré les efforts des Maures, divisés entre eux, ils fondèrent plusieurs royaumes, tels que ceux deLéon (913) de Castille (1034), d'Aragon (1035) et de Navarre (1134).

Au 15e siècle, en 1474, les états d'Aragon et ceux de Castille furent réunis par le mariage de Ferdinand V d'Aragon et d'Isabelle de Castille (1 469), qui chassèrent les Maures en 1492, établirent V Inquisition , et régnèrent sur toute l'Espagne chrétienne , réunie en un seul empire.

La découverte de l'Amérique, à la même époque (1792), fit jouer à l'Espagne un rôle prépondérant en Europe.

La famille d'Autriche succéda à celle d'Aragon et de Castille, par l'avènement de Philippe-le-Beau(1504), archiduc d'Autriche, fils de l'empereur Maximilien, et qui avait épousé Jeanne-la-Folle, fille d'Isabelle et de Ferdinand V le Catholique, de 1504 à 1506.

L'Espagne devint célèbre sous cette famille, on y remarque :

Charles-Quint, né à Gand en 1500. Il fut roi d'Espagne en 1516, et empereur d'Allemagne en 1519. Il fit François 7er, roi de France, prisonnier à la bataille de Pavie (1525), dirigea une expédition malheureuse en Afrique contre le corsaire Barberousse (1535), et fut obligé d'accorder la liberté de conscience aux protestants d'Allemagne (1552). Il abdiqua la couronne d'Espagne en faveur de son fils, Philippe II (1556), et celle d'Allemagne en faveur de son frère Ferdinand. Il se retira au couvent de Saint-Just, où il mourut, en 1558, après avoir voulu assister lui-même à ses funérailles.

Philippe II (1556-1598), fils de Charles- Quint, surnommé

le Démon du midi, parce qu'il était cruel : il épousa (1554) Marie, reine d'Angleterre ; envoya contre Elisabeth une grande flotte, r 'Invincible Armada (1 588), qui fut détruite par une tempête; gagna sur Henri II, roi de France, la fameuse bataille de Saint-Quentin (1557); acquit le royaume de Portugal (1580) et perdit les Pays-Bas (\5$\); mourut enfin en 1598, avec la réputation d'un bon politique, mais d'un prince ambitieux et sanguinaire.

Philippe III (1598-1621), qui bannit entièrement les Maures de l'Espagne : le duc de Lerme était son ministre. Philppe IV, qui perdit le Portugal (1640): Olivarès était son ministre.

Charles II (1665-1100), prince faible de corps et'd'esprit: avec lui finit la maison d' Autriche-Espagnole. Il laissa le trône à Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV (1700).

BOURSONS.

L'avènement de Philippe V (1700-1746) au trône donna lieu à la guerre de la succession d'Espagne. La maison d'Autriche- Allemande, qui se voyait exclue, se ligua avec l'Angleterre contre Philippe. Louis XIV prit le parti de son petit-fils et faillit perdre la France. Après des revers sans nombre, le duc de Vendôme gagna la bataille de Villa-Viciosa (1710), qui amena, en 1713, le traité (ÏUlrecht et la reconnaissance de Philippe V.

Ce prince fit la conquête du royaume de Naples et de Sicile en faveur de son fils don Carlos (1735). Le cardinal Alberoni était son ministre.

Ses deux fils, Ferdinand VI et Charles III (don Carlos), (1746-1759), montèrent successivement sur le trône; tous deux rétablirent la marine, encouragèrent les arts et les sciences, et protégèrent le commerce. En 1788, Charles IV

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fut couronné à la mort de son père, Charles III. C'était un prince faible ; mais on n'oubliera pas qu'il prit la défense de Louis XVI. En 1806, Napoléon le força d'abdiquer en faveur de son fils, Ferdinand VII, et celui-ci, en faveur de Joseph, frère de l'empereur des Français.

Charles (1808) fut retenu prisonnier à Marseille et Fërdinand à Valençay : le premier mourut à Rome (1819), et le second remonta sur le trône d'Espagne en 1814. A sa mort (29 septembre 1833), sa fille Isabelle II lui succéda sous la tutelle de Marie-Christine, sa mère.

Celle-ci , après une longue lutte contre don Carlos, frère du dernier roi, et contre le parti révolutionnaire, se vit forcée, en 1840, d'abdiquer la régence, qui fut alors déférée au général Espartero. Ce dernier perdit à son tour la faveur publique, et s'exila en 1843. Isabelle, proclamée majeure, rappela sa mère (1844), et épousa son cousin don François d'Assise (1846) ; elle est née le 10 octobre 1830,

ARABES

L'Écriture fait descendre les Arabes d'Ismaël, fils d'Agar et d'Abraham; les uns menaient une vie errante, les autres avaient des demeures fixes. Ils ne purent être asservis par les Romains avant l'empereur Trajan, qui les soumit (1er s. après J.-C.). Ils avaient repoussé le joug de Rome, lorsque Mahomet parut, et fit de l'Arabie le centre de ses superstitions et de ses conquêtes (7e s.).

En 622, ce législateur s'enfuit de la Mecque pour aller à Médine, où il fonda la religion qui porte son nom. Cette époque s'appelle hégire ou fuite : c'est l'ère des Mahométans.

Ses successeurs furent nommés califes ou vicaires ; c'est sous leur règne que les Arabes, nommés aussi Sarrazins,

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