IRLANDAIS
L'histoire primitive de Y Irlande est entourée de fables; on sait seulement qu'au 4e siècle de notre ère, saint Patrick y introduisit le Christianisme. L'Irlande était alors divisée entre plusieurs chefs indépendants. Les Danois survinrent au 6° siècle, et s'emparèrent de presque toutes les côtes. En 1 160, Henri II, roi d' Angleterre à qui une bulle du pape Adrien /F(1 155) avait concédé Y Irlande, y envoya une armée et s'y rendit en personne (M 71). Les Irlandais durent se soumettre, et Jean-sans-Terre, fils de Henri II, fut le premier vice-roi d'Irlande ; il la réunit à l'Angleterre en
Cependant les Anglais n'avaient soumis qu'une partie de File. En 1315, Edouard Bruce, frère du roi d'Ecosse, débarqua chez les Irlandais restés libres, et fut reconnu roi à Dundalk; mais il fut vaincu et chassé (1318). Le mariage du duc de Cïarence, fils d'Edouard III, avec l'héritière des rois de YUlster (136I), acheva la soumission de Y Irlande.
Au 16e siècle, le refus des Irlandais d'accéder à la réforme de Henri VIII, attira sur eux de cruelles persécutions. Elisabeth dépouilla les catholiques de la faculté d'occuper des emplois publics. En 1650, Y Irlande, qui avait pris parti dès 1641 pour Charles Ier, fut mise à feu et à sang par une armée de Cromwell. Lors de la révolution de 1688, les Irlandais se déclarèrent pour Jacques II ; mais la victoire de la Boyne, remportée par Guillaume d? Orange (1690), anéantit leurs espérances. En VI 82, ils obtinrent un parlement indépendant ; néanmoins, encouragés par la France, ils s'insurgèrent en 1796. L'insurrection, mal secondée par une faible armée française, fui bientôt comprimée, et les échafauds se relevèrent. En 1800, le parlement anglais décréta l'union définitive des deux pays, et supprima l'ombre de parlement
que V Irlande avait conservée; on laissa, il est vrai, aux Irlandais la faculté d'envoyer des députés au parlement britannique, mais les catholiques furent privés de ce droit. Depuis cette époque, Tlrlande n'a cessé de réclamer l'émancipation des catholiques, et même le rappel de l'union. L'émancipation, longtemps promise et toujours ajournée, a enfin été accordée en 1829, sous le ministère de sir Robert réel. Cependant l'Irlande s'agita encore de temps à autre, et, par l'organe de son principal représentant, l'éloquent OXonnéll (mort à Gênes en 1847), elle a vivement protesté contre ['union.
Géographie. — Chronologie.
Les Polonais sont Slaves d'origine ; Lechus, frère du duc de Bohême Zeck, est regardé comme leur fondateur (v. 501); il vivait dans le 6e siècle, et passe pour avoir fondé Gnesne; mais l'histoire de Pologne ne commence à être intéressante qu'à Piast, en 842, qui porta sur le trône des vertus qui ont rendu sa mémoire chère aux Polonais. Le christianisme fut introduit chez eux vers 9G5, par Miécislas I. Au commencement du 11e siècle (v. 1001.), Boleslas icr reçoit la dignité royale d'OthonlII. Mais la famille la plus célèbre qui gouverna ce pays fut celle des Jagellons ; elle occupa le trône pendant 186 ans. La couronne devint ensuite élective (1572), et parmi les rois de cette époque nous remarquons :
1° Henri 1" de Valois, frère de Charles IX, qui s'enfuit précipitamment de Cracovie pour aller se faire sacrer roi de France (1573-1574).
2° Etienne Bathori, successeur du précédent. Il força les Russes à lui céder la Courlande et une partie de la Livonie, Il mourut d'un accès de colère, en 1586.
3° Sigismond III, qui devint roi de Suède en 1592, mais qui perdit bientôt ce trône par les intrigues de son oncle, Charles IX. Il fit la guerre aux Turcs (1620-1621), puis à Gustave-Adolphe qui le vainquit. Il mourut en 1637.
4° Wladislas Y II, fils de Sigismond, il fit la guerre avec succès à Michel Romanow, et triompha des Tartans et des Turcs. Il mourut en 1 648.
5o Stanislas II, Ponialowski , dernier roi de Pologne, élu en 1764, par l'influence de l'impératrice Catherine. Sous son règne eurent lieu les trois partages delà Pologne. Il abdiqua en 1795, et mourut deux ans après.
6° Jean Casimir, qui abdiqua en 1668 : il quitta la Pologne et se retira en France, où Louis XIV lui donna l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés ; il mourut à Nevers, sans postérité (1672).
7° Jean Sobieski, qui délivra Vienne assiégée par les Turcs (1683). Mal secondé par l'Autriche, dans ses guerres en Moldavie et en Bessarabie , il fut obligé de signer le traité de Moscou, qui fit déchoir la Pologne du haut rang qu'elle occupait dans le Nord.
8° Stanislas IeT Leczinski (1701), roi par la protection de Charles XII ; il ne put se soutenir sur le trône, fut obligé de fuir, et alla régner en Lorraine, où ses vertus le firent chérir (1709). Sa fille, Marie, épousa Louis XV, roi de France.
Le gouvernement électif fut la source des malheurs continuels qui ont affligé la Pologne. Elle fut successivement démembrée par trois partages (1772-1793-1795) entre la Russie, l'Aulriche et la Prusse. En 1795, elle fut entièrement rayée du nombre des gouvernements de l'Europe. Mais, en 1830, elle chercha à recouvrer son indépendance; pendant longtemps son courage héroïque sut résister à la nombreuse armée de Nicolas ; mais le nombre prévalut, et la Pologne est rentrée sous la domination de la Russie. La Russie possède aujourd'hui le duché de Varsovie, qui forme la vice-royauté de Pologne. En 1846, une nouvelle
$H6 russes.
révolte de la Pologne amena la suppression de la république
de Cracovie.
Géographie. — Chronologie. — Généalogie.
Les Russes paraissent être un mélange de Scythes, de Huns, de Gimbres, de Gètes, de Sarmates, de Slaves surtout, et d'autres nations barbares; le commencement de leur histoire est donc incertain ou peu intéressant. Plusieurs familles les ont gouvernés :
1 ° Celle de Rarick, fondateur de l'empire russe , au 9e siècle (860) Scandinave ou Warègue d'origine. Il quitte les bords de la Baltique, à la demande des peuples de Nowgorod; vainqueur, il soumet les peuples qu'il était venu défendre, et fonde la puissance russe.
2° Celle de Wladimir, dit le Grand et le Saint , qui est converti à la foi par les Grecs, et se fit baptiser : on le considère comme l'apôtre et le Salomon de la Russie, au 11e siècle (4015).
3° Celle de Ivan ou Jean IV, premier czar, en 1544. Cruel, mais civilisateur, il fit la guerre avec succès aux Tartares, aux Polonais et aux Suédois.
4° Celle de Michel Romanof, en 1613. C'est sous cette dynastie que la Russie sortit de l'obscurité. Pierre le-Grand, son petit-fils, civilisa ses peuples, établit une marine, fit bâtir en peu de temps des villes et des forts considérables, vainquit Charles XII à Pultawa, et mérita le titre de législateur et de restaurateur de la Russie : monté sur le trône en 1682, il mourut en 1125. Il commence l'œuvre d'agrandissement de la Russie, relie la Baltique , en fondant Saint-Pétersbourg, à la mer Caspienne et à la mer Noire, abat la Suède, affaiblit la Pologne, et se mêle à la
politique de l'Europe. Catherine, sa femme, fille d'une paysanne livonienne, lui succède en 1725; elle se montra digne du trône. Menzikoff, dont l'origine n'était pas plus noble que la sienne, gouverna en son nom. Ce ministre favori fut envoyé en Sibérie sous Pierre II, et mourut à Bérésof, en 1729.
Anne Ivanowna , duchesse de Courlande, nièce de Pierre-le-Grand, (1730-1740). Biren fut son ministre, et régna en son nom avec sévérité. Il fut renversé à la mort de sa bienfaitrice, par une révolution que dirigeait le comte de Munich. Exilé en Sibérie pendant vingt ans, il revint en Russie sous Pierre III, et mourut tranquille dans son duché (1762).
Le règne d? Elisabeth , fille de Pierre-le-Grand , qu1 dura vingt ans , fit aussi époque dans les annales de ce pays (1741 à 1762). On l'a sunommée la Clémente.
A la mort de cette princesse , la famille de holsteingotthobp monta sur le trône de Russie dans la personne de Pierre III, petit-fils de Pierre-le-Grand, et fils de Charles-Frédéric, duc de Hoistein-Gotthorp, et d'Anne de Russie, fille aînée de Pierre-le-Grand (1762).
Pierre perdit bientôt le trône et la vie, et laissa la couronne à sa femme, la célèbre Catherine II (1762 à 1796). Cette princesse fit la guerre avec succès à la Turquie et à la Suède, et prit part aux trois démembrements de la Pologne. Catherine est la gloire des annales moscovites ; c'est l'époque de la suprématie russe ; les conquêtes de Catherine sont immenses : on estime qu'elle réunit plus de dix millions de sujets. Elle porta ses armes jusqu'à la mer Noire , et fut en correspondance avec tous les savants de l'Europe. Elle était de la maison cTAnhalt-Zerbst. Paul Ier (1 779), qui lui succéda, se joignit à la coalition contre la France, et finit par conclure la paix avec elle; mais, victime d'une conspiration en 1801, il eut pour successeur Alexandr e Ier (1801), son fils. Ce prince eut à sou-
tenir une guerre terrible contre les Français, qui avaient porté leurs armes victorieuses jusqu'au centre de son empire. L'ambition de Napoléon et le climat de la Russie font triompher les Russes dans la campagne de 1812, et Alexandre conduit ses soldats à Paris. Ce prince mourut àTangarok, en 1825. Son histoire est liée à celle de l'Europe; ce fut un souverain magnanime et politique. La couronne échut alors, par la renonciation de Constantin, à Nicolas /er, son frère, aujourd'hui régnant (1 852). Son règne a été signalé par ses victoires sur les Turcs et par la révolution polonaise (1831). Une seconde insurrection (1846) à laquelle prit part Cracovie, fut comprimée, et Gramme incorporée à V Autriche. Une dernière tentative a fait bombarder cette ville en 1848. Nicolas est ami des arts et des lettres ; il marche dignement sur les traces de son frère.
Géographie. — Chronologie. — Généalogie.
Les Allemands proprement dits habitaient, dès le 3e siècle après J.-C., la partie de la Germanie appelée depuis la Souabe. Clovis Ier, roi de France (5° s.) , les vainquit à Tolbiac (496), et les annexa à son vaste empire. Charlemagne les réduisit encore à l'obéissance par la victoire de Paderfiorn (717). et se rendit déplus maître de l'Italie, après avoir fait prisonnier Didier, roi des Lombards. Ainsi, la France, la Germanie et l'Italie ne firent plus qu'un seul empire, et furent soumises à un même maître dans la personne de Charlemagne, qui forme la souche des empereurs d'Occident depuis 800. Lors du démembrement de l'Empire entre les fils de Charlemagne, plusieurs seigneurs se rendirent indépendants. Telle est l'origine des états d'Allemagne, dont l'un retint le titre d'Empire.
En 911, les Allemands secouèrent le joug des Français et se donnèrent un roi choisi parmi eux : c'est le commencement de l'histoire d'Allemagne proprement dite. Parmi les dynasties qui gouvernèrent l'Allemagne, dont le trône était électif, nous remarquerons :
1° La maison de franco™ , dont le premier roi fut Conrad fer (10e s. ) , 911 , qui mourut sans rien avoir consolidé.
2° La maison de saxe, (919), dont le premier roi fut Henri -l'Oiseleur, qui fut à la fois guerrier et législateur; il conquit la Lorraine, recouvra la Bohême et soumit ses vassaux turbulents ; c'est une époque brillante. Othon-le-Grand (936), est le héros de cette dynastie; ils conquiert l'Italie , se fait redouter des vassaux, et prend le titre d'empereur, qui est resté depuis au chef suprême de l'Allemagne. Ses fils, Olhon II,Othon III et Henri II, luttèrent avec énergie contre leurs vassaux ; le dernier, surnommé le Boiteux et le Saint, combla le clergé de faveurs (1002-1024).
3° La maison de franconie-salique, dont le premier roi fut Conrad II (1024). Le royaume d'Arles ou des deux Bourgogne est incorporé à l'Empire. Henri (1039), juste, bienfaisant, protecteur des lettres ; il fit renouveler la loi fondamentale qui défendait d'élire un pape sans le consentement de PEmperenr. Mais l'Allemagne est déchirée par les querelles entre l'empereur Henri IV (1056) et le pape Grégoire VII , au sujet des investitures. Les seigneurs profitent de ces dissensions pour se rendre indépendants. Henri F (11 06), mauvais fils, mauvais prince ; c'est lui qui signa le concordat de 1 122 au congrès de Worms, où il fut décidé que l'Empereur ne nommerait plus aux bénéfices.
4° La maison de souabe-hohenstauffen, dont le premier roi est Conrad III , qui se croisa avec Louis VII,
roi de France (1138). Sous cette période, l'Italie échappe entièrement à la domination impériale; le nombre des princes indépendants augmente, et l'autorité royale devint tout-à-fait nulle. Parmi les rois de cette famille, on remarque : 1 ° Frédéric-Barherousse (1 052), qui se croisa avec Philippe-Auguste et Richard-Cœur-de-Lion, et qui mourut en traversant le Cydnus; 2° Henri Vl{\ 1 90) , le Néron de l'Allemagne, qui retint Richard-Cœur-de-Lion en captivité; 3° Frédéric II (1212), un des plus grands rois de l'Europe, célèbre par ses guerres et par ses querelles avec le saintsiége. 4° Conrad i F (1250), dernier roi de cette branche» qui s'éteignit en la personne du jeune et intéressant Conradin. Le roi de Naples, Charles d'Anjou, frère de saint Louis, fit périr sur l'échafaud ce malheureux prince, âgé de 17 ans, qui voulait reconquérir 1® trône de ses pères (1268)