INTERRÈGNE
Un interrègne de 23 ans suivit la mort de Conrad IV (1254). Plusieurs empereurs sont élus à la fois ; de nombreux États s'élèvent; l'Italie et l'Allemagne achèvent leur révolution : un lien commun les unit tous. Les diètes ou assemblées de la cour impériale furent les deux ressorts du corps germanique.
Enfin les électeurs donnèrent la dignité suprême à Rodolphe de Hapsbourg , en 1213 : ce n'était qu'un simple comte; il vainquit (1278) Ottocar, roi de Bohême, et s'empara de l'Autriche, de la Styrie, de la Carinihie et de la Carniole.
5° La famille s>e hapsbourg fut une des plus puissantes et des plus remarquables de l'Europe ; elle s'élève par des mariages, et se partage en deux branches fameuses : 1° celle d'Autriche espagnole, commencée par Charles- Quint (1519), et éteinte en 1700 par la mort de Charles II, roi d'Espagne; 2° celle $ Autriche allemande, commencée
dans la personne de Ferdinand , frère de Chartes-Quint, en 1556, et éteinte en 1740 par la mort de Charles VI.
Dans cet intervalle, les rois que l'on remarque sont :
1° Albert 7er d'Autriche (1298), dont la tyrannie fut cause de l'indépendance de la Suisse, en 1308.
%° Charles IV de Luxembourg (1 347), qui dissipa les revenus royaux et acheva de limiter l'autorité royale par la huile d'or (1355). A ce prince succédèrent Venceslas (1378), fou, cruel, ivrogne; Sigismond, sous lequel eut lieu la condamnation de Jean Huss et de Jérôme de Prague, et les hauts faits du général bohème Ziska, qui ordonna en mourant qu'on fit un tambour de sa peau.
3° Frédéric III, prince avare, injuste, ignorant, sous lequel les Turcs s'établirent en Europe, en 1453.
4° Maximilien (1493), qui agrandit la puissance de la maison d'Autriche par son mariage avec Marie de Bourgogne, fille de Charles-le-Téméraire, et unique héritière des Pays-Bas (1477).
5« Charles-Quint (1519), le plus puissant monarque de son siècle, et rival de François 1er; il abdiqua en 1556, et se retira au couvent de Saint- Just où il mourut en 1 558.
6° Ferdinand Ier, qui fixa la couronne impériale en Bohême et en Hongrie. (1558).
7e Mathias- Ferdinand III, sous lequel eut lieu la guerre dite de Trente-Ans, qui fut causée par l'ambition de la maison d'Autriche, de 1618 à 1648.
8° Charles VI (17 1 1 ), qui allait réunir une seconde fois l'Espagne à l'Empire : dernier mâle de sa maison, il laissa le trône à sa fille Marie-Thérèse, en 1740.
9* La maison d'austro- lorraine a pour premiers souverains François Ier de Lorraine, grand-duc de Toscane, et Marie-Thérèse qui soutint, avec un courage viril, ses droits à la couronne, et qui jut obligée de céder la Silésie à son redoutable ennemi, Frédéric IL
283 CONFEDERATION GËKMAMQUE.
La guerre de Sept- Ans, le démembrement de la Pologne, les conquêtes de Bonaparte, qui réduisit François II à ses états héréditaires en 1806, et enfin les coalitions contre la France, sont les quatre grands événements que l'on trouve jusqu'à ce jour dans l'histoire de cette dynastie. Ferdinand Ier, succéda à François en 1335; il abdiqua en 1848 en laveur de François-Joseph, aujourd'hui sur le trône; ce dernier prince est né le 18 août 1830.
CONFJ&DÉSftATIOlV GfiRttftîVIQIJIi.
En 1806, les princes du midi de l'Allemagne, au nombre de seize , formèrent une ligue appelée Confédération du Rhin. La paix de Vienne (1809) augmenta la puissance et le territoire de cette confédération. Les provinces du Nord- Ouest, ainsi que les villes anséatiques de Hambourg, de Brème et de Lubeck, furent, en 1810 réunies à la France. En 1812, Napoléon entreprit sa fatale expédition de Russie, et, sur sa réquisition, les nombreux contingents de la Confédération du Rhin se joignirent à son armée. Cent mille Allemands périrent dans les neiges de la Russie. Bientôt la bataille de Leipzick (1813) brisa tout à fait la domination française en Allemagne, et la Confédération du Rhin fut détruite. Tous les princes expulsés par Napoléon revinrent dans leurs états. Le Congrès de Vienne, ouvert le 1or novembre 1815, décida que les états de l'Allemagne seraient indépendants , mais unis entre eux par un lien fédératif. C'est ce qu'on appelle la Confédération germanique. Elle se compose actuellement de 40 états. Dans les objets majeurs, la diète se forme en assemblée générale, et Y Autriche y jouit de la présidence : les diètes ordinaires siègent à Francfort-sur-le-Mein.
Depuis 1832, les événements politiques et les troubles survenus à la suite des deux révolutions opérées en France
en 1830 et 1848, ont donné lieu à divers actes dont les dispositions principales sont relatives à la police intérieure
de la confédération (1852).
»AŒOTS.
Géographie. — Chronologie. — Généalogie.
Anciennement, le Danemarck était divisé en plusieurs petites souverainetés : chaque petite île avait son roi ; le Jutland en avait plusieurs. La Séeland était la résidence du plus puissant de ces petits princes, qui se livraient à la piraterie, comme tous les peuples du nord en général.
Les Danois firent un grand nombre d'expéditions contre la Grande-Bretagne et la France. Ils subjuguèrent une partie de l'Angleterre et y formèrent de petits royaumes ; quant à la France, ils ne firent que la ravager et la piller.
Ils étaient intrépides et habitués à vivre sur mer ; ils pratiquaient un culte grossier, empreint néanmoins d'une certaine grandeur sauvage.
Au 9° siècle , le Christianisme fut introduit presque par force dans le Danemarck (826) ; quelque temps auparavant, le roi Gorm ou Gormon s'empara de la souveraineté, et régna sur une grande partie de ce qui forme aujourd'hui le Danemarck. La Scanie était une de ses provinces; mais le Slewigh fut pris par les empereurs d'Allemagne et érigé en margraviat. D'un autre côté, Suénon, petit-fils de Gormon (980), conquit l'Angleterre, et son fils Canut (101 4) y ajouta la conquête de la Norwége, en sorte que ces trois sceptres furent réunis entre les mains de ce prince.
Dès le 1 1e siècle (1042), l'Angleterre eut de nouveau des rois particuliers, et cinq ans après la Norwége fut aussi perdue pour le Danemarck, que déchiraient des guerres intestines et qu'affaiblissaient le monachisme et la féodalité.
Waldémar Ier rendit (1157), quelqu'éclat à la puissance danoise. La fille de Waldémar III, Marguerite, ayant
épousé Haquin VIII, roi de Norwége, fut régente des deux royaumes, y joignit, par ia conquête celui de Suède, et voulut consolider cette union des trois royaumes du Nord par le fameux traité de Calmar (1397).
Cette union dura à peine un demi- siècle.
Dans le 15e siècle (1448), la Suède se détacha entièrement du Danemarck; dans la même année, l'ancienne dynastie des rois Skioldungs s'étant éteinte, les Danois élevèrent au trône Christiern Ier, de la race des comtes d'Oldenbourg qui ont toujours régné depuis; Christiern fut roi de Danemarck et de Norwége, et duc de Slewigh et de Holstein : ce dernier duché fut ensuite l'apanage d'une autre branche de la famille, qui l'a conservé jusqu'au 18e siècle, époque où il est rentré dans le domaine des rois de Danemarck, moyennant la cession du duché d'Oldenbourg.
La réforme religieuse s'introduisit, au 16e siècle, dans le Danemarck, sans beaucoup de difficulté.
Au commencement du 19e siècle (1801), le roi de Danemarck ayant refusé de faire cause commune avec l'Angleterre contre l'empereur des Français qui dominait sur tout le continent, Copenhague fut bombardée par les Anglais et le gouvernement forcé de livrer toute la flotte militaire; et comme les Danois continuèrent de tenir le parti de Napoléon, les puissances alliées à l'Angleterre, à la paix de 1814, enlevèrent la Norwége au Danemarck pour la donner à la Suède, et accordèrent au souverain danois, comme une sorte d'indemnité , le duché allemand de Lauenbourg. Frédéric-Charles-Christian, né le 6 octobre 1808, est aujourd'hui sur le trône (1852).
hongrois.
Géographie. — Chronologie.
La Hongrie, autrefois Pannonie, a été peuplée original-