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DES ILES DE LA MER MEDITERRANEE

ARCHIPEL DES BALÉARES. Les Grecs appelaient ces îles Gymnesiœ, parce que les habitants allaient nus ; ils les nommaient aussi Baléares, d'un mot qui signifie lancer, à cause de l'adresse des habitants à manier la fronde.

Les Carthaginois firent longtemps la guerre aux Baléares, et César s'en servit avantageusement contre les Gaulois. Dans le 5e siècle, les Vandales s'en emparèrent, et dans le 8% les Maures s'y établirent; mais ces derniers en furent chassés, en 4235, par Jacques Ier, roi d'Aragon. Cet archipel appartient aujourd'hui à l'Espagne.

Les CORSES. La Corse a appartenu successivement aux Carthaginois, aux Romains, aux Vandales, aux Goths, aux Lombards, aux Sarrazins, aux Français, sous Charles- Martel; aux Colonnes (famille romaine), 8e siècle; aux papes, aux Pisans, aux Génois et aux rois d'Aragon. Les Génois finirent par posséder l'île.

Mais les Corses ne supportaient qu'impatiemment le joug. Pendant quatre siècles que dura la domination 'génoise, ils tentèrent plusieurs fois de s'y soustraire ; mais ce fut en vain. Ils suivirent la destinée de Gènes, et passèrent comme elle aux Français , aux Milanais et aux Napolitains.

Une révolte ayant éclaté en 1729, les Génois appelèrent les Impériaux à leur secours pour les aider à soumettre les rebelles ; ils y parvinrent, en effet, et firent signer , en 4734, un accommodement dont les conditions ne furent pas observées.

A la faveur des troubles, un baron allemand, nommé Newhoff, parla de liberté aux Corses et parvint à se faire proclamer roi ; mais à son retour d'un voyage en Hollande,

il trouva l'île au pouvoir des Français, que les Génois avaient appelés. Neivhoff s'enfuit à Londres, où il mourut en 1755.

Une nouvelle sédition éclata bientôt : les Français furent de nouveau appelés. En 1764, on essaya de pacifier la Corse ; elle déclara ne vouloir aucun maître. Les Génois prirent le parti de la céder à la France (1768), dont elle forme aujourd'hui un département.

Paoli , que les Corses avaient choisi pour leur général (1755", tenta de les affranchir, et invita J.-J. Rousseau à venir l'éclairer dans ses travaux régénérateurs. Quand Gênes eut cédé la Corse à la France, il fut vaincu par le comte de Vaux, et fut contraint de se réfugier en Angleterre. Il mourut aux environs de Londres, en 1807.

La SARDAIGNE. Cette île fut, dans l'origine, peuplée par les Phéniciens, et conquise par les Carthaginois, à qui les Romains la prirent dans la première guerre punique.

Dans les temps modernes, elle a été au pouvoir de l'Espagne, jusqu'en 4719, qu'elle fut cédée au duc de Savoie, qui porte le titre de roi de Sardaigne, de Chypre, de Jérusalem, et de duc de Savoie. La Sardaigne n'a jamais été à Napoléon. Dépouillés de leurs états de terre ferme par la France, les rois Charles-Emmanuel et Victor-Emmanuel résidèrent dans cette île (1798-1814). Depuis, elle a suivi les destinées des autres états sardes.

CANDIE. Après la chute de l'empire romain , Candie passa aux empereurs d'Orient, qui la conservèrent jusqu'au commencement du 9* s. (825). L'apôtre saint Paul y avait introduit le christianisme. Les Arabes, qui s'en emparèrent dans le 98 s , en furent chassés dans le 408. Depuis , elle passa successivement aux Génois, aux Vénitiens, qui la possédèrent près de cinq siècles. Au 478 s., les Turcs s'en rendirent maîtres, après une guerre désastreuse de vingtquatre ans-, en 1669, ils s'en firent assurer la possession

par un traité, et depuis elle est restée toujours en leur pouvoir, malgré les troubles des dernières guerres.

RHODES. Les Rhodiens ont joué un grand rôle dans Phistoire. Us furent les derniers à se soumettre aux Romains, sous Vespasien (1er s.). Le chevaliers de Saint- Jean-de- Jérusalem s'y maintinrent d'abord , malgré tous les efforts de Mahomet II (15e s.) ; mais, assiégés de nouveau par le sultan Soliman-le-Grand, en 1523, ils cédèrent au nombre et s'ensevelirent sous les ruines de leur ville. Rhodes a partagé depuis le sort de tous les peuples de la Grèce : elle appartient aux Turcs.

CHYPRE. Chypre fut peuplée de Phéniciens avant que les colonies grecques vinssent s'y établir. Elle passa aux Macédoniens, aux Ptolémées, rois d'Egypte, auxquels les Romains l'enlevèrent. Depuis la chute de l'empire romain, elle fut quelque temps occupée par les Arabes ; mais les empereurs grecs les en chassèrent, et, pendant les croisades, Richard Pr, roi d'Angleterre, la prit sur Isaac Comnène, à la fin du 12e s. (M 91), et la vendit à la maison de Lusignan, pour la dédommager de la perte du trône de Jérusalem. A la mort du roi Jean, cette île devait appartenir au roi de Sardaigne par le mariage d'un prince de sa maison avec une héritière de Lusignan , mais cette princesse en céda, en 1480, la souveraineté aux Vénitiens , qui furent dépouillés, en 1570, par les Turcs, auxquels elle appartient encore, quoique les rois de Sardaigne s'intitulent rois de Chypre.

©bservatiOES.

L'élève fera un tableau synoptique de ces peuples secondaires; il écrira les analyses historiques sur les deux colonnes latérales, et au centre, il tracera avec soin la carte du monde ancien, sur laquelle seront dessinés seulement les pays dont il aura transcrit l'histoire.

HISTOIRE MODERNE

TOfÉtÉL

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