SARDES
qui, alliés à l'archiduc Charles dans la guerre de la accession d'Espagne (1700), la rangèrent sous l'autorité de ce prince. Onze ans après, elle fut reconquise à Philippe V, par une flotte qvCAlberoni équipa à cet effet; et enfin, en 1720, elle fut consignée au roi de Sicile et de Savoie, Victor- Amédée II, par le prince d'Oltaïano, qui l'avait reçue des Espagnols au nom de l'empereur Charles Y IL
La Sardaigne fut érigée en royaume (1720). Depuis, on a compris sous le titre d'États sardes, ou royaume de Sardaigne, la réunion en une même souveraineté de Pile de Sardaigne, de la Savoie, du Piémont, du Montferrat, la principauté d'Oneglia, le marquisat de Saluces , et le fief de Langhes. Le règne de Victor-Àmédée III (1793-1796) a été signalé par sa lutte impuissante contre la république française, dont il se fit bientôt l'allié , et par l'état de dépérissement où, à sa mort, il laissa le royaume. Les mains de Charles-Emmanuel IV (1796-1802) n'étaient point assez vigoureuses pour le relever sur le penchant de sa ruine. Une révolution éclata sous son règne, et il fut réduit à l'île de Sardaigne.
La bataille de Marengo (1800) décida du sort du Piémont. Bonaparte y établit une sorte de gouvernement provisoire ; et, dès que la famille de Savoie eut perdu son unique protecteur par la mort l'empereur de Russie, Paul Ier (1801), un décret fut rendu qui réunissait à la France ses possessions d'Italie.
Quant à Pile de Sardaigne, elle demeura paisible et oubliée sous l'autorité de Victor-Emmanuel (1802-1821), frère et successeur de Charles- Emmanuel. Le royaume de Sardaigne fut reconstitué après les grands événements de 1814. Outre son île, Victor-Emmanuel eut en partage, après le congrès de Vienne, tout le Piémont et le territoire de Gênes. Une révolution, éclatée en 1821, à la tête de laquelle se trouva le ministre constitutionnel Santa-Rosa, contraignit Victor-Emmanuel d'abdiquer en faveur de son frère, Charles-
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Félix, qui eut pour successeur (1831) Charles-Albert, de la branche collatéraledeSavoie-Carignan.Il étaitné en 1798. Il fit d'utiles réformes dans les lois, l'armée, l'administration ; en 1848, après la révolution de Février, il embrassa ouvertement la cause de l'indépendance italienne, et surtout de la Lombardie; il obtint d'abord de brillants succès, et battit les Allemands à Somma-Compagna, le 30 avril 1848, à Giotto, le 30 mai ; mais, mal secondé par les troupes lombardes, il fut battu à son tour à San-Donato, par le maréchal Radetzki, le 4 août ; il évacua Milan, et sollicita un armistice qui lui fit perdre presque tous ses avantages. Ayant repris les armes , il fut définitivement battu à Novare, le 23" mars 1849. 11 abdiqua le jour même, en faveur de son fils, Victor-Emmanuel II, et mourut peu de temps après, à Opnrto, en Portugal. On a dit de lui : « Ce prince s'est battu en héros, a vécu en moine, et est mort « en martyr. » Victor-Emmanuel II , aujourd'hui sur le trône (1852), est né le 14 mars 1820.
SAXONS
La Saxe est une ancienne principauté de V Empire Germanique. Elle se divisait en duché ou cercle électoral, et en Haute et Basse-Saxe.
Vers le 5m* siècle, les Saxons, refoulés vraisemblablement eux-mêmes par l'irruption des Huns et des Alains, se précipitèrent, avec les Angles, sur les Iles Britanniques, en subjuguèrent les habitants, et y établirent sept petits états, connus sous le nom (ïheptarchie (455-484).
C'est vers la même époque qu'une portion de cette horde cimbrique se fixa dans la contrée de la Basse-Germanie, qui a conservé le nom de Saxe. Les Saxons s'étaient déjà rendus redoutables aux Francs , lorsque Charkmagne , après une guerre sanglante de trente ans, les contraignit
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à lui payer un tribut, et à accepter la croyance de l'Évangile (804).
Dès le principe de l'organisation de Vempire germanique, les Saxons, dont le territoire s'étendait depuis l'Elbe jusqu'au Bas-Rhin, furent gouvernés par des ducs à qui le roi déléguait temporairement la charge de gouverner en son nom, et qui, peu à peu, réussirent à rendre leur charge héréditaire. Le premier qui, suivant les généalogistes, transmit à ses descendants l'autorité ducale fut Ludoife, issu du sang de Witikind (843).
Cette maison de Saxe s'éleva sur le trône de Germanie dans la personne de Henri-V Oiseleur (919). Elle donna cinq empereurs à l'Allemagne.
Othon Ier ayant revêtu Herman Bellingen, l'un de sqs ministres, du titre de duc de Saxe (962), le duché demeura , pendant un siècle et demi, dans la famille de ce dernier, et passa ensuite à la maison de Bavière , par le mariage de la fille de Lothaire avec Henri-le-Guelfe [(li!&).
Dans le 12me siècle (1176), Frédéric-Barberousse dépouilla de la souveraineté Henri-le-Uon , sous prétexte qu'il l'avait mal secondé dans sa lutte contre le pape Alexandre III , les Lombards et le duché de Saxe ; mais la Poméranie et la Westphalie, érigées en duchés particuliers, furent données à Albert-l'Ours, de la maison tfArcanie ou de Bellenstadt.
Bernard, comte d'Ascanie, fils de cet Albert, et que les généalogistes font descendre ;de Witikind, fut le premier électeur de Saxe (1180).
Albert III étant mort sans postérité, en 1418, la maison ftAscanie se partagea entre les deux maisons de Saxe- Anhaltet de Saxe-Lauenbourg.
L'empereur Sigismond, après la mort d'Albert III, avait transféré Pélectorat à Frédéric-le-Belliqueux, landgrave de Thuringe et margrave de Misnie, tige de la branche de Saxe- Wittemberg.
Frédéric-Auguste, électeur de Saxe et descendant de Frédéric Ier, après avoir accédé, en 1806, à l'acte d'organisation de la fédération rhénane, reçut de Napoléon le titre de roi que lui a conservé, en 1814, le congrès de Vienne. Mais ce même congrès lui retira, pour les redonner à la Prusse, les deux cinquièmes de ses états, parce que, seul de tous les alliés de la France, il était resté fidèle à la cause de Napoléon.
Une révolution a d'éclaté dans ce royaume, et Antoine, frère de Frédéric-Auguste, mort en 1827, s'est vu obligé, pour calmer ses sujets , de nommer co-régent du royaume, le 13 septembre 1830, son neveu Frédéric, qui s'est attiré la confiance des Saxons. Il est né le 18 mai 1797.
«BECS E©BEi^E§;
A la décadence de Rome, le siège du gouvernement ayant été transféré à Byzance (330), on vit naître un empire grec et chrétien qui donna une nouvelle existence à la Grèce. Les Latins et les Turcs vinrent successivement l'affaiblir. Des seigneurs français, vénitiens, génois, dominèrent sur la Grèce propre, la Morée, V Archipel. Les Vénitiens conservèrent leurs possessions commerciales jusqu'au 1 8e siècle. Depuis cette époque surtout, la nation grecque tomba sous le joug des Turcs : elle s'endormit et perdit en grande partie sa civilisation.
Cependant les Manioles en Morée, les Soulioles en Épire, les Spakiotes à Candie, défendaient leur liberté, tandis que leurs frères, courbés sous le despotisme des Turcs, accablés d'impôts par les pachas, ne pouvaient que gémir. Quelques insurrections partielles furent étouffées; mais bientôt, en 1814, de jeunes Grecs, qui avaient voyagé en Europe, formèrent une association patriotique. De nouveaux
Tyrtées firent entendre des chants d'indépendance, comme Rigas, dans le 18e siècle. L'insurrection éclata sous le prince Ypsilanii, en 1821. Les plaines, les montagnes sont à la fois le théâtre de la révolte. Les esprits s'irritèrent davantage encore par la décapitation du vénérable Grégoire, patriarche de Constantinople. Une guerre d'extermination ravagea la Grèce. Toutes les places fortes virent le courage des Hellènes. Athènes, Missolonghi surtout, qui fut vainement assiégée en 1822 par les Turcs, et défendue héroïquement par. Marco Botzarès , fut témoin du dévouement et de la mort de lord Bijron, poète célèbre d'Angleterre (19 avril 1824).
Une constitution fut rédigée en 1822, dans une assemblée nationale tenue à Épidaure; le siège du gouvernement fut établi à Corinthe. Cependant les Turcs continuaient leurs massacres à Chio, d'où ils enlevèrent 40,000 chrétiens, qu'ils menèrent en esclavage. C'est alors que Canaris fit sauter le vaisseau du capitan-pacha.
Les puissances chrétiennes restèrent d'abord impassibles; quelques particuliers embrassèrent seulement la cause des Grecs. Parmi eux, nous remarquerons lord Byron, qui termina sa vie en Grèce , le colonel Fabvier, lord Cochrane.
Du côté des Grecs, l'histoire nomme Botzaris, Odyssée, Colocotroni, Mavromichalis, Mavrocordatos, Miaoulis. Enfin, le 6 juillet 1827, il fut résolu par l'Angleterre, la France et la Russie, de s'interposer ensemble entre les Turcs et les Grecs, pour mettre fin aux calamités de la guerre. Les flottes réunies des trois puissances se rendirent dans les parages de la Grèce ; et, sur le refus des Turcs de reconnaître l'armistice, elles détruisirent la flotte turco-égyp tienne, le 19 octobre, dans le port de Navarin. L'assassinat de Capo-dTstria, chef des Grecs (1831), jeta ce pays dans de nouvelles dissensions que l'Europe dut faire cesser pour son honneur et dans son intérêt politique. La France, Y Angleterre et la Russie, après quelques négociations, donnèrent
COLONIE d'alger. 345
le trône de la Grèce au prince Othon, fils de Louis, roi de Bavière. Espérons que, sous ce roi, les Grecs, pourront se livrer en paix au commerce et à l'industrie que favorisent le sol et le climat de leur beau pays. Othon est né le 1*r juin 4815; il a pris les rênes du gouvernement le rr juin 1835.
HANOVRXENS.
Voyez les Vicissitudes, page 96.
L'état d'Alger est formé de la Numidie et des Mauritanies Césarienne et Sitifensis des anciens. Après avoir obéi longtemps à des rois indigènes (Micipsa, Jugurtha, Massinissa, Juba, Sijphax, etc.), ce pays fut conquis par les Romains, sous lesquels il fut très florissant, puis par les Vandales, (429-534), et enfin par les Arabes (690). Alger, qui paraît être situé sur l'emplacement de VIcosium des anciens, ne commence qu'assez lard à figurer sous son nom arabe (Al-Gésair, les îles). Cette ville était en 935 la capitale d'une petite principauté 'formée par Zeiri, qui avait secoué le joug des califes Fatimites.
Il se forma, en outre, plusieurs autres états indépendants : Tennis, Tlemcen, Constantine, etc.
Les Espagnols furent un instant maîtres d'Alger, au commencement du 16e siècle (1510) ; mais ils en furent chassés par le célèbre corsaire Barberousse (1516). Charles- Quint voyant ses possessions d'Afrique menacées, envoya contre lui une armée considérable : Barberousse fut battu et tué à Tlemcen (1518).
Son frère, Gherédin, dit le second Barberousse fut, avec Doria, le plus grand marin de son époque. Pour mieux se